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© Reuters
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(Dés)Union des droites

Le Rassemblement Bleu Marine perd le SIEL de Paul-Marie Coûteaux et ne rassemble plus que lui-même...

Publié le 11 novembre 2016
Ce samedi, le Siel a décidé officiellement de quitter le Rassemblement Bleu Marine. Le départ de cet allié pose désormais la question de la raison d'être de cette union, tant le Front national paraît aujourd'hui bien seul aux commandes.
Journaliste indépendant, spécialisé dans l’étude des droites françaises, Bruno Larebière a été durant dix ans rédacteur en chef de l’hebdomadaire Minute. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Jean-Paul II (éd. Chronique, 1998) et De Gaulle (éd....
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Bruno Larebière
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Ce samedi, le Siel a décidé officiellement de quitter le Rassemblement Bleu Marine. Le départ de cet allié pose désormais la question de la raison d'être de cette union, tant le Front national paraît aujourd'hui bien seul aux commandes.

La fiction du Rassemblement Bleu Marine vient d’être rattrapée par le rude principe de réalité avec le départ du Siel, un parti dont les initiales signifient Souveraineté, Identité Et Libertés et qui est présidé par le conseiller régional d’Ile-de-France Karim Ouchikh. Samedi, le comité directeur du Siel a voté à 94 % pour la sortie de ce parti du Rassemblement Bleu Marine (RBM), à 96 % pour le maintien de son soutien à la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle, et à 100 % pour des candidatures autonomes de celles du FN aux législatives de l’an prochain. Le Rbm n’est plus qu’une coquille vide ou l’autre nom du Front national.

Créé en 2012, le Rbm, sous couvert de vouloir "rassembler l'ensemble des patriotes attachés à la souveraineté du peuple français et au respect des valeurs de la République française", était en fait un sas pour qui manifestait le désir de rejoindre Marine Le Pen sans vouloir adhérer au Front national. Le Rbm offrait à ces transfuges l’apparence de l’autonomie par rapport au FN ; mais l’apparence seulement.

Outre que le Rbm est présidé par Marine Le Pen et que son siège n’est autre que celui du FN, il n’a jamais disposé de la moindre liberté de mouvement par rapport au FN. Le Rbm a toujours été une sorte de marque commerciale du Front national, de telle sorte qu’à chaque scrutin où se présentaient des candidats ou des listes Rbm, il leur était rappelé qu’ils devaient s’enregistrer à la préfecture sous l’étiquette Front national, et non pas sous celle du Rbm qui n’était valable que pour le matériel de propagande. Le Rassemblement Bleu Marine, ce n’était que pour les électeurs.

Le côté amusant du départ du Siel du Rassemblement Bleu Marine est qu’il se produit sous la présidence de Karim Ouchikh, installé à ce poste par Marine Le Pen elle-même dans le but de maîtriser ce parti. Lorsque Karim Ouchikh a pris la présidence du Siel, en 2014, ce fut à l’instigation de la présidente du Front national (et avec le soutien de la totalité des plus hauts responsables du FN). Elle ne supportait plus l’indépendance de son président-fondateur, l’ancien député villiériste Paul-Marie Coûteaux, dont elle avait d’abord fait un proche conseiller avant de s’en séparer, et qui était suspecté de vouloir opérer un rapprochement avec la droite parlementaire.

Il y a bien sûr des différences entre les deux hommes : Coûteaux est un intellectuel en politique, Ouchikh est un intellectuel et un politique. Mais il y a aussi des points communs : tous deux sont estimés au sein de la "droite hors les murs", Coûteaux y disposant de réseaux anciens – c’est d’ailleurs ce qui intéressait au premier chef Marine Le Pen, toujours désireuse d’effectuer des "prises de guerre" –, Ouchikh ayant noué des liens étroits avec la plupart de ses figures de proue. Ce n’est pas un hasard si, en mai dernier, tous deux se sont retrouvés au Rendez-Vous de Béziers de Robert Ménard.

Si le Siel a décidé de quitter le Rbm, c’est tout simplement, comme l’a dit mercredi dernier Karim Ouchikh dans un entretien à l’hebdomadaire Minute, que sa "capacité à avaler des couleuvres [avait] aujourd’hui largement atteint ses limites". "La direction nationale du FN", a-t-il expliqué, veut "n’avoir que des ralliés et non des alliés", ajoutant : "Le Siel entend être un parti de droite populaire, respecté pour ce qu’il est, et non une officine servile chargée de rabattre pour le FN les notables de droite !" Et, sur le fond, Karim Ouchikh et le Siel prônent une "politique de civilisation", portant des thèmes "devenus soudainement tabous au Carré [le siège du FN, Ndla] : l’identité charnelle de la France, l’incompatibilité de l’islam avec la République, le Grand Remplacement, la remigration".

Face au départ annoncé du Siel du Rbm, le Front national aurait pu faire mine de s’en féliciter habilement, en s’appuyant sur le soutien renouvelé à la candidature de Marine Le Pen pour expliquer qu’il perdait certes un allié, mais y gagnait un partenaire. Au lieu de cela, le FN, par la voix du très proche entourage de Marine Le Pen, identifié ou non, a multiplié les déclarations assassines et humiliantes, sur le thème : bon débarras ! A en croire le FN, le Siel, ce "groupuscule", n’était plus composé que de "virés", de "tarés", de "racialistes" ou de "dingues", dont il s’accommodait pourtant de la présence au sein du Rbm la veille encore.

On notera à cet égard que le FN reprend très exactement les éléments de langage et la pratique qu’il reproche à la gauche de mener à son encontre, celle de la diabolisation, allant jusqu’à propager l’idée que Karim Ouchikh, dont le patronyme indique suffisamment qu’il est d’origine kabyle, se fait le cheval de Troie du racialisme. Maintenant que Ouchikh a été rejeté dans les ténèbres de l’extrême droite, que va-t-on entendre sur Robert Ménard, qui sort la semaine prochaine un ouvrage, Abécédaire de la France qui ne veut pas mourir, où il juge "incontestable" le "grand remplacement de population en cours".

Lors de la réunion de conciliation qui a précédé cette rupture et qui a donc échoué, tenue entre le Siel, le Rbm et le FN, Nicolas Bay, secrétaire général du FN, avait reproché au Siel de faire preuve d’ "indiscipline", preuve que la "discipline de parti", pour le Front national, est une notion très extensible, qui lui interdit dans les faits d’avoir un quelconque allié. Il ne peut y avoir, auprès du FN, de Siel ni aucune autre formation, au contraire du Parti socialiste qui a su garder sous contrôle, tout en faisant preuve de souplesse, les radicaux de gauche – hormis à la présidentielle de 2002, et on sait ce qu’il lui en a coûté ! – ou des Républicains qui couvrent d’égards les petites formations comme le Cnip. Le FN est hégémonique et ne veut pas tolérer la moindre poche de résistance, comme peut en témoigner Jacques Bompard, le député-maire d’Orange, qui, faute de pouvoir être asservi, doit être liquidé.

Pour le FN, il ne peut être d’alliés que vassaux. Le Rbm ne compte d’ailleurs plus, à ce jour, que le FN et ses vassaux, cette kyrielle de collectifs thématiques qui sont tous (à une exception près, le Collectif Audace des "Jeunes Actifs patriotes", qui est en train d’être mis au pas) dans l’orbite de Florian Philippot.

Après que Karim Ouchikh avait été vu sur le plateau de TF1, lors du premier débat de la primaire de la droite et du centre, parmi les invités de Jean-Frédéric Poisson, lequel avait préalablement affirmé qu’il fallait "en finir avec ce cordon sanitaire qui n'a ni sens ni raison d'être" avec le Front national, Florian Philippot a attendu le moment opportun pour déclarer qu’il ne partageait "rien" avec le président du Parti chrétien-démocrate et que celui-ci n’était "pas compatible" avec le FN. Comme pour clairement signifier à ceux qui, au FN, seraient tentés par des alliances à droite – Marion Maréchal-Le Pen ne cache pas avoir "beaucoup d'accointances politiques" avec Jean-Frédéric Poisson –, que c’est hors de question.

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Fran6
- 06/11/2016 - 18:19
@ cloette
exact sur le programme FN, j'attends pour prendre une décision définitive mais un point fort à mon avis déjà: abolition de pouvoir faire venir les détachés chez nous, pour moi est artisan comme pour mes "camarades" TPE PME, c'est crucial et décisif, que les LR se le disent, eux qui sont responsables d'un acte anti-démocratique majeur! 2007
cloette
- 06/11/2016 - 18:03
se méfier du battage médiatique
Il y avait 40 économistes et je ne sais combien de "intellectuels" qui avaient signé un soutien à Hollande en 2012, et écrit de nombreuses tribunes dans Le Monde, on constate le brillant résultat de leurs avis éclairés . Le Monde refuse une tribune de Marine Le Pen aujourd'hui, ce n'est pas un bon signe de démocratie, mais c'est bon signe pour le pays !
cloette
- 06/11/2016 - 17:43
Anguerrand
les primaires , c'est tout nouveau, et c'est une erreur, Hollande en a été le précurseur, on voit ce que cela a donné . Aux US elles ont donné Trump et H Clinton , on voit ce que cela donne . Dans un parti, une personne doit s'imposer de façon naturelle . Ensuite elle est élue ou non par le peuple aux élections nationales . En revanche votre critique de son programme est légitime sauf qu'elle n'a pas encore donné son programme ! On verra .