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“Straight outta Vagina” : les Pussy Riot rappellent à Trump d’où il sort
Publié le 29 octobre 2016
Le groupe punk russe répond à la misogynie de Donald Trump avec une nouvelle chanson et un nouveau clip qui célèbre "le pouvoir du vagin".
Amy Zimmerman est correspondante pour The Daily Beast.
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Le groupe punk russe répond à la misogynie de Donald Trump avec une nouvelle chanson et un nouveau clip qui célèbre "le pouvoir du vagin".

Amy Zimmerman - The Daily Beast

Les "Pussy Riot" contre-attaquent, et n’ont pas attendu jusqu'au 8 novembre, jour de l'élection américaine. Mardi 25 octobre, Nadia Tolokonnikova du groupe Pussy Riot a sorti la chanson "Straight Outta Vagina’’ (Tout droit sorti du vagin), sa réponse à une élection américaine vaginalement orientée et phallocentrique.

Le morceau a été enregistré en février dernier, en collaboration avec le musicien et producteur Dave Sitekmais, mais c'est un coup prémonitoire de la culture pop porté à un candidat totalement incapable de garder les mains dans ses poches. Nadia Tolokonnikova, leader de ce collectif punk rock féministe russe, est particulièrement bien placée pour critiquer Donald Trump et sa joyeuse bande de "trumpkins" adorateurs de Poutine. En 2012, elle était l’une des cinq membres du groupe à improviser une performance dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou pour protester contre les dirigeants de l’église orthodoxe russe et leur soutien électoral à Poutine.

C'est pour cette performance que Nadya Tolokonnikova et Maria Alyokhina, co-fondatrice du groupe, ont été arrêtées et inculpées pour "hooliganisme", le délit de référence pour les "sales bonnes femmes" un peu partout. Après avoir passé près de deux ans dans une prison russe, l'architecte derrière cette “Punk prayer” (prière punk) qui a fait le tour du monde est de retour pour démolir le patriarcat, avec les habituelles cagoules des Pussy Riot et des postiches de toisons pubiennes bien placées.  

we worked HARD on my vagina for months, and now she's (she! not "it") ready to be released. and she will grab back. pic.twitter.com/b6fBiA4zLw

— Pussy Riot (@pussyrrriot) 24 octobre 2016

Twitter ‘’Pussy Riot’’ : on a travaillé DUR sur mon vagin pendant des mois, et désormais il est (il et non pas ‘’ça’’) prêt à sortir. Et il est prêt à en découdre.

Selon Nadya Tolokonnikova, “cette chanson peut être considérée comme une réponse à Donald Trump. Mais je crois que le concept de la sexualité féminine est bien plus fort que n’importe quel mégalomane populiste… Le vagin est plus fort que Donald Trump”.

Le vagin est peut être plus puissant que Trump mais la relation entre ces deux-là est devenue une permanence de cette élection présidentielle de plus en plus surréaliste. En dépit de son lourd passé de maltraitances, de diffamations et d'une façon générale de manque de respect pour les femmes et leur entrejambe, le candidat républicain en campagne a aussi donné une nouvelle visibilité et un coup de pouce inattendu au vagin.

La déflagration s’est produite après la diffusion de son enregistrement de 2005, désormais tristement célèbre, dans lequel l’ancien homme d’affaires se vantait de son aptitude à attraper les belles femmes ‘’par la chatte". Avec l’utilisation quotidienne du mot ''pussy'', la campagne électorale de Donald Trump promet de faire pour tout ce qui a trait au vagin ce qu’il a accompli temporairement avec les bonbons Tic-Tac (dont il dit qu'il en avalait quelques uns avant d'embrasser de force une femme, ndlr) et l'ancienne star de la télé réalité Scott Baio (qui a fait une intervention à la Convention republicaine, ndlr).

Bien entendu, les Pussy Riot ne se contentent pas de profiter de cette actualité pour obtenir des clics supplémentaires en ligne. Il y a un impératif politique, s’attaquer à la propagation d' "idées patriarcales et misogynes", que Nadya Tolokonnikova a diagnostiqué comme "une maladie sexuellement transmissible" sévissant de Moscou jusqu’à la Tour Trump de New York. Elle constate que ‘’les politiciens prônent un gouvernement fort, Donald Trump a ouvertement soutenu les méthodes autoritaires de Vladimir Poutine. Et ça fait peur. Ce n’est pas le monde dans lequel je veux vivre’’.

Quiconque songe à fuir l’enfer des États-Unis en 2016, devrait envisager de déménager dans le monde féministe fantaisiste et psychédélique de “Straight Outta Vagina”. La vidéo, pleine d’énergie, mélange l'iconographie chrétienne, une mode ‘’queergender’’ et des ballons bleus pour produire des effets miraculeux. Des filles se pavanent devant des urinoirs et exhibent leurs muscles tandis que les hommes agrémentent la séquence en costumes noirs et chaussures à talons rouges. Une petite fille se transforme en MC en cagoule et crache un rap féministe aux références tirées des oeuvres de Maya Angelou et Eileen Myles (“I wear my vag as a badge of honor”, je porte mon vagin comme une médaille d’honneur).

Straight Outta Vagina” peut vous plaire par ses mises en scène girl power et ses piscine-parties sans eau mais son grand pouvoir sont les paroles, très vulvaires. Des paroles comme ’’Vagina gonna take the stage because vagina’s got a lot to say” (les vagins vont envahir la scène parce que les vagins ont beaucoup de choses à dire)’’ - un nouveau slogan pour la campagne électorale d’Hillary Clinton ?—et “Don’t play stupid, don’t play dumb, vagina’s where you’re really from”- (ne fais pas l’idiot, ne joue pas les crétins, le vagin, c'est vraiment d’où tu viens).

Les Pussy Riot appellent toutes les identités sexuelles à soutenir le pouvoir débridé de "la chatte", comme la campagne pour l'égalité des sexes "HeForShe" d’Emma Watson, mais moins dans l’esprit "Emma Watson" et plus dans celui des postiches vaginales couleur pastel.

Par chance (ou malchance) pour nous, les petits doigts tripoteurs et agiles sur Twitter de Donald Trump ont donné aux punkettes beaucoup de grain à moudre. Dans un futur proche, les Pussy Riot devraient sortir deux nouvelles vidéos pour réagir contre les injustices combinées de la politique américaine et russe. Même si les Pussy Riot vont évidemment attaquer leurs sujets de prédilection, comme le populisme, le nationalisme et le patriarcat, il est difficile d’imaginer qu’elles réussissent à provoquer autant d'intérêt que ce sujet NSFW, tabou, que sont les choses du vagin.

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vangog
- 30/10/2016 - 21:37
l'hystérie...
le pouvoir de l'utérus!
Deudeuche
- 29/10/2016 - 16:15
un peu
con!