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Casse tête
Pourquoi Alain Juppé réfléchit déjà à la meilleure manière de rassembler la droite à l'issue de la primaire
Publié le 14 octobre 2016
Le Maire de Bordeaux prépare la présidentielle et se demande comment attirer à lui les électeurs orphelins de Nicolas Sarkozy sans pour autant faire fuir les centristes. Il n'est pas prêt à céder sur le terrain des idées. Il s'apprête donc à accorder des maroquins aux soutiens de l'ancien président.
Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande,...
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Le Maire de Bordeaux prépare la présidentielle et se demande comment attirer à lui les électeurs orphelins de Nicolas Sarkozy sans pour autant faire fuir les centristes. Il n'est pas prêt à céder sur le terrain des idées. Il s'apprête donc à accorder des maroquins aux soutiens de l'ancien président.

"Selon le bon vieux principe Guydrutien, une haie après l'autre", sourit Benoist Apparu, l'un des soutiens d'Alain Juppé, en ce petit matin d'octobre. Alors que les écarts dans les sondages se creusent et qu'Alain Juppé commence à apparaître comme le futur vainqueur des primaires de la droite, ses conseillers ne veulent pas aller trop vite en besogne. Comment rassembler la famille après le second tour de la primaire, comment convaincre des électeurs qui auront été chauffés à blanc, dans un camps comme dans l'autre, de se rallier au vainqueur, le sujet est encore tabou. L'ancien ministre jure que la question a à peine été abordée au QG de campagne, histoire de ne pas faire mine de vendre la peau de l'ours. Mais lorsqu'on interroge d'autres membres de l'équipe, ils reconnaissent : "C’est l'un des leitmotivs de Juppé. Il nous répète presque à chaque réunion : 'le 27, il nous faudra être tous réunis'".

 

Alors comment faire lorsque les candidats mènent des campagnes aussi différentes, lorsque les électeurs sont aussi remontés contre le candidat adverse ? Comment éviter que les électeurs de Nicolas Sarkozy ne se reportent en masse sur Marine Le Pen ou que les électeurs d'Alain Juppé, si l'ancien Président emportait finalement la primaire, ne lui préfèrent François Hollande ? "Ce sont deux droites qui s’affrontent aujourd’hui et quelque soit celle qui gagnera, il y aura des pertes", reconnaît le conseiller de l’ancien Premier ministre, Gilles Boyer, qui a déjà fait une croix sur une partie des électeurs de Nicolas Sarkozy.

 

Il faut dire que le Maire de Bordeaux ne semble prêt à aucune concession idéologique. "Sur les questions économiques, il y a des divergences mais aussi des convergences, sur le plan sociétal, en revanche, nous respecterons le choix des électeurs qui auront validé le projet. Il y aura des adaptations, mais le projet ce sera celui du gagnant", affirme Fabienne Keller. Gilles Boyer confirme : "Il n'y aura pas deux campagnes, ce sera un continuum. C'est le projet du vainqueur qui s'appliquera. Le meilleur exemple, c'est le ralliement d’Hervé Mariton. Pour l'obtenir, Alain Juppé n'a pas changé d'avis sur le mariage pour tous ou la Flat Taxe. Nous nous enrichirons des bonnes idées des autres mais pas des mauvaises". Et un autre soutien d'abonder : "Cela montre que Juppé ne vend pas son âme pour être président".

 

Il faut dire que le maire de Bordeaux a une sacrée pression derrière lui, notamment des centristes qui ne soutiendront pas un candidat qui s’égarerait sur les terres de la droite dure. "Si le score est serré, il est évident que les Sarkozystes vont coller Juppé pour tenter de lui imposer leurs idées mais il ne doit pas céder", martèle-t-on au Modem. D'autant, souligne l'un des conseillers du maire de Bordeaux, que celui-ci, s'il doit se réconcilier avec les électeurs de Nicolas Sarkozy, va devoir aussi s'adresser"aux déçus du sarkozysme sinon on fera 49%", une référence cruelle au score obtenu par l'ancien Président de la République face à François Hollande en 2012. Ambiance. A tel point que Fabienne Keller préfère, pour sa part, miser sur "l'esprit de Noël" pour apaiser les tensions et réconcilier les adversaires d'hier.

 

Mais s'il ne semble pas prêt à faire énormément de concessions idéologiques, Alain Juppé pourrait se montrer plus ouvert quant aux postes à attribuer aux uns et aux autres. "L'erreur fatale de Chirac en 1995, ça a été de ne pas tuer immédiatement les balladuriens, en dissolvant l'Assemblée, ou de leur pardonner en prenant Nicolas Sarkozy à Matignon et dix balladuriens au gouvernement. Évidement, il faut toujours pardonner, nous allons donc devoir donner des gages", explique un proche d'Alain Juppé. Un vrai casse tête que cette question de maroquins, car les soutiens d'Alain Juppé espèrent aussi leur part. "Il faudra une majorité présidentielle équilibrée, qui marche sur deux jambes, composée d'un Pole républicain et d'un pole centriste. Il faut revenir au RPR et à l'UDF", affirme Marielle de Sarnez.

Une question semble, en tous cas, tranchée, c'est celle de Laurent Wauquiez qui, au nom du rassemblement nécessaire, défend l'idée de conserver son poste de numéro 1 des Républicains en cas de victoire de Juppé. Pas gagné si l'on en croit le staff de campagne du maire de Bordeaux : "Bien sur, il y a le sujet du rassemblement mais on doit aussi se demander qui tiendra la barre quand les problèmes commenceront et il ne faut pas que ce soit quelqu’un qui se retournera contre nous dès la première secousse". Exit Wauquiez donc. Un vrai casse tête !

 

Du coté de chez Nicolas Sarkozy, les choses semblent plus simples où moins urgentes. "Il est vrai que nous sommes vraiment concentrés sur la primaire, nous n'avons pas encore réfléchi à la suite", explique un soutien qui pense cependant que si Nicolas Sarkozy l'emporte : "les élus se rallieront car ce qu'ils veulent avant tout c'est garder leur circonscription. En ce qui concerne les électeurs, ils détestent tellement Hollande qu'ils se rallieront au candidat de droite". François Hollande, lui, fait le pari inverse.

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bd
- 02/11/2016 - 18:37
Labeliser les politiciens?
Pour éviter, comme cela se présente aux U.S., de focaliser les débats sur des postures, des attitudes ou des comportements au détriment des vraie questions de fond, il faudrait une sorte de "sur-parti" qui garantit le contrôle de la qualité psychiatrique des candidats comme le ferait un label. 
Ce "label" garantirait au citoyen qu’un candidat -quelle que soit sa couleur politique- validé par ce label serait psychologiquement sain. 
Le premier critère serait l'aptitude à l'empathie. 
Un politicien sans empathie n'est intéressé que par lui-même et le pouvoir au prix de n'importe quelle manipulation. 
Les «sans empathie» sont souvent des propagateurs de haine. 
Ils sont aussi souvent attirés par la complosphère. 
Si l’on pouvait éviter ce genre de personne toxique en politique…
ISABLEUE
- 13/10/2016 - 15:23
Non pas du tout
Je reste persuadé que NS VA GAGNER;

Non, pas de hold up, pas d'histoire d'argent
Paulquiroulenamassepasmousse
- 13/10/2016 - 13:31
@isableue
Vous voulez dire "haut les mains" avec Sarko ce serait un hold up...