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Bonnes feuilles
Ce jour de 1994 où Charles Pasqua assiste à la volte-face d'Alain Juppé, "pourtant cul et chemise avec Balladur"
Publié le 25 septembre 2016
Ce récit explore sa longue carrière politique, entre ombre et lumière, de l’engagement gaulliste à la litanie des affaires qui aura occupé la fin de sa vie publique. Les racines corses, Chirac, le SAC, Malik Oussekine… L’homme d’État, enfin, se livre sur lui-même, sa vie au côté de son épouse, la disparition de son fils, ses regrets. Du Pasqua parlé dans le texte, parfois abrupt, souvent tendre. Extrait de "Le serment de Bastia", de Charles Pasqua avec Jean-François Achilli, aux éditions Fayard 2/2
Charles Pasqua, résistant, fidèle parmi les fidèles du général de Gaulle, député puis sénateur des Hauts-de-Seine, fut l’homme-clef du RPR et deux fois ministre de l'Intérieur. Il n’aura pu voir la publication de cet ouvrage très personnel.
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Jean-François Achilli est journaliste politique à France Inter. Depuis septembre 2011, il anime l'émission Radio France politique.
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Charles Pasqua
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Charles Pasqua, résistant, fidèle parmi les fidèles du général de Gaulle, député puis sénateur des Hauts-de-Seine, fut l’homme-clef du RPR et deux fois ministre de l'Intérieur. Il n’aura pu voir la publication de cet ouvrage très personnel.
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Ce récit explore sa longue carrière politique, entre ombre et lumière, de l’engagement gaulliste à la litanie des affaires qui aura occupé la fin de sa vie publique. Les racines corses, Chirac, le SAC, Malik Oussekine… L’homme d’État, enfin, se livre sur lui-même, sa vie au côté de son épouse, la disparition de son fils, ses regrets. Du Pasqua parlé dans le texte, parfois abrupt, souvent tendre. Extrait de "Le serment de Bastia", de Charles Pasqua avec Jean-François Achilli, aux éditions Fayard 2/2

Le 20 décembre 1994, Maréchal a été arrêté à Roissy alors que Schuller tentait de lui remttre un million de francs. Au final, le juge Halphen est dessaisi du volet Hauts-de-Seine de l'affaire. Le Syndicat de la magistrature me met directement en cause. L'affaire empoisonne le climat politique à trois mois du premier tour de l'élection.

Et le désastre annoncé se produit. Edouard Balladur, donné archifavori dans les sondages, est empêtré dans son costume de Premier ministre. Il va devoir s'expliquer sur les affaires. Pendant ce temps, Jacques Chirac mène tambour battant une campagne de terrain sur le thème de la fracture sociale. Au mois de février, les courbes de popularité des deux rivaux s'inversent. La dynamique est du côté de Chirac.

Je me rends compte que c'est terminé pour Balladur et, au fond, cela m'est égal. La majorité se déchire. Les deux camps ennemis se font face. J'assiste à la volte-face d'Alain Juppé, pourtant cul et chemise avec Balladur. Le ministre des Affaires étrangères , qui se faisait fort d'aller décourager Chirac de se présenter, a rejoint le camp des futurs vainqueurs. Dans le même temps; Nicolas Sarkozy, pourtant proche de Chirac, s'est trompé de camp en faisant le choix de Balladur, jusqu'à en devenir le porte-parole de campagne. Il se fera siffler et huer copieusement par les militants du mouvement.

Le premier tour de l'élection présidentielle, le 23 avril 1995, est sans pitié. Lionel Jospin pour le Parti socialiste est en tête avec 23,3 %. Jacques Chirac se hisse à la deuxième place, totalisant 20,84 % des suffrages, deux points devant Edouard Balladur à 18,58 %. Jean-Marie Le Pen arrive en quatrième position avec 15 %.

SIx cent mille voix séparent les deux rivaux. La victoire était à notre portée, il s'en est fallu de peu. Le désaveu est cinglant pour le Premier ministre sortant qui se voyait déjà président. Je lui conseille de ne pas attendre pour se désister en faveur de son ami de trente ans. Il prend la parole le soir même, en direct de son QG de campagne, rue de Grenelle, devant ses militants qui se mettent à siffler au moment où le battu prononce les noms de Jospin et Chirac. C'est à ce moment que, très irrité, Balladur lance à deux reprises sa formule restée célèbre : "Je vous demande de vous arrêter."

Le 7 mai, Jacques Chirac bat sèchement Lionel Jospin de cinq points. Edouard Balladur avait un boulevard. Mais, plus que sa focntion à Matignon, plus que le poison des affaires, c'est la politique qui l'a fait battre.Les problèmes de chômage n'ont pas été résolus, alors que les privatisations allaient bon train.

Après la débandade, je résume mon sentiment dans une formule que je livre à Jeanne, mon épouse : "Eh bien, voilà, c'est fait, n'en parlons plus."

Extrait de Le serment de Bastia, de Charles Pasqua avec Jean-François Achilli, publié aux éditions Fayard, septembre 2016. Pour acheter ce livre, cliquez ici

 

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jurgio
- 25/09/2016 - 14:28
Barre, baladur...
La bêtise française électorale n'en veut pas.
zouk
- 25/09/2016 - 12:06
Juppé, Balladur, Chirac
Il est probable que cette trahison de Juppé a conduit pour notre plus grand malheur à l'élection de J. Chirac, Balladur n'aurait jamais été un "roi fainéant". Il avait superbement su négocier avec Fr. Mitterand, en Premier Ministre de cohabitation qu'il fut et avait été le plus proche de G. Pompidou, notre dernier grand Président.