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Donald Trump président ? S'il y parvient, il pourra remercier les jeunes de la génération des Millenials
Publié le 19 septembre 2016
Un nombre inquiétant de jeunes électeurs et de supporteurs de Bernie Sanders sont réticents à l’idée de voter Hillary Clinton. Ils risquent de découvrir brutalement qu’il y a bien pire.
James Kirchik est journaliste pour The Daily Beast.
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Un nombre inquiétant de jeunes électeurs et de supporteurs de Bernie Sanders sont réticents à l’idée de voter Hillary Clinton. Ils risquent de découvrir brutalement qu’il y a bien pire.

Copyright The Daily Beast, auteur James Kirchik

Donald Trump pourrait bien avoir été fabriqué par des libéraux démocrates dans un laboratoire pour servir comme le candidat à la présidence le plus repoussant, le plus impopulaire de toute l’histoire des Etats-Unis.               

Alors pourquoi diable Hillary Clinton a-t-elle du mal à le devancer ?

Le responsable de cette situation inquiétante, c’est certainement, en grande partie, Hillary Clinton elle-même. C’est une candidate épouvantable, avec sa langue de bois et ses calculs cyniques, sans oublier, disons-le aimablement, son éthique contestée.

Mais il y a quelque chose de très important qui joue en sa faveur. Elle se présente face à Donald Trump.

Je ne vais pas détailler les accusations portées contre le candidat républicain, je l’ai déjà fait si souvent. Faut-il le rappeler, jamais un candidat si peu capable d’être président a été choisi par un grand parti américain. Il est raciste et autoritaire. Il représente une menace pour le monde libre.

Bien qu’elle affronte un candidat qui combine le racisme de George Wallace avec les sympathies pro-russes d’Henry Wallace, Hillary Clinton a du mal à franchir la barre des 48% dans un sondage national. Dans cette course où il y a quatre candidats, elle n’a pas de mal à se battre en duel face à Trump, vu le nombre limité de votants qui soutiennent le libertarien Gary Johnson et la représentante des Verts, Jill Stein. Le problème est dans la tranche d’âge des gens nés entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990, ceux que les sociologues américains appellent les Millennials. 26% des votants, âgés de 18 à 29 ans, disent qu’ils voteront pour Gary Johnson, et 10% qu’ils soutiendront Jill Stein.

Qu’est ce qui explique que les Millennials prennent le risque de faire élire Trump ? Une bonne partie est motivée par le cynisme, si ce n’est par la haine que leur inspire Hillary Clinton et tout ce qu’elle représente. 77% des électeurs âgés de 18 à 34 estiment que l’on ne peut pas faire confiance à Clinton. Ils ne sont que 65% à penser de même parmi tous les autres électeurs. Il y a aussi l’amertume de ceux qui ont soutenu Bernie Sanders, le rival d’Hillary Clinton dans la primaire dédmocrate. 52% d’entre eux, seulement, disent qu’ils vont soutenir le candidat choisi par leur parti. Sanders l’emporte de manière écrasante chez les Millennials. Il était samedi dans l’Ohio pour essayer de convaincre ses électeurs de se boucher le nez d’une main et de voter pour Clinton de l’autre.

Je soupçonne que l’incapacité d’Hillary Clinton à rallier les partisans de Sanders vient en partie de  la frange anti-impérialiste de gauche qui la voit comme une belliciste.

Mais il y a quelque chose de plus profond et de plus sombre dans l’opposition des Millennials envers Clinton, et l’acceptation du risque de voir Trump élu. On peut parler d’un mélange de morale relative, d’ignorance de l’histoire et de narcissisme.

Les Millennials sont la première génération d'après-guerre arrivée après la Guerre Froide. Ceux que l’on appelle les baby-boomers, en revanche, ont grandi en écoutant leurs parents évoquer l’héroïsme américain pendant la Seconde Guerre mondiale et ils ont lu tous les jours des choses sur les dégâts provoqués par le communisme international. Pendant leurs années de formation, les États-Unis ont été enfermés dans la confrontation de la Guerre Froide face à un empire soviétique expansionniste, et le monde a vécu sous la menace d'un holocauste nucléaire. Le mouvement anti-guerre du Vietnam peut avoir nourri leur scepticisme sur le rôle de l'Amérique dans le monde, mais l'idée que la puissance américaine était nécessaire pour protéger la liberté dans le monde reste majoritaire chez eux.

Les Millennials, en revanche, ont passé leurs premières années parfaitement inconscients du monde et de ses dangers. Cela a changé, bien sûr, le 11 Septembre. Mais contrairement à d'autres groupes d'âge, plus de la moitié d'entre eux pensent que ce sont des actions américaines qui pourraient avoir provoqué ces attentats. "Les personnes plus âgées pensent 'Nous sommes un grand peuple, nous avons été attaqués par des fous, et maintenant nous devons y faire face et nous devons être prudents''', déclarait à Voice of America Trevor Thrall, co-auteur d'une étude sur les Millennials et la politique étrangère, l'an dernier. "Les Millennials sont la seule génération dont la majorité pense que les États-Unis doivent avoir fait quelque chose de mal pour provoquer les attentats du 11 septembre". L’étude de Thrall conclut que les Millennials "perçoivent le monde comme beaucoup moins menaçant que leurs aînés", "sont plus favorables à la coopération internationale que les générations précédentes" et "sont aussi beaucoup moins favorables à l'utilisation de la force militaire". Les Millennials sont aussi, comme Trump, profondément sceptiques face à l’idée que les Etats-Unis soient exceptionnels. Un sondage Pew en 2011 a révélé que seulement 32% des Millennials croient que l’Amérique est supérieure à d'autres pays, par rapport à 64% chez les baby-boomers.

Mais la principale raison de l'apathie des Millennials face à la possibilité d'une victoire de Trump, je pense, est un manque de compréhension historique. Les Millennials, en particulier les Américains, sont trop jeunes pour avoir le moindre souvenir de la Guerre Froide, sans parler de la Seconde Guerre mondiale, quand les fascistes dirigeaient l'Europe et ont provoqué la mort millions de personnes par la suite. Quand Trump fait penser certains aux mouvements fascistes passés, cela n'a aucune résonance chez les Millennials.

L' un des résultats de sondages les plus inquiétants que j'ai jamais lu est le World Values Survey qui dit que seulement 31% des Américains nés dans les années 1980 disent qu'il est "essentiel" de "vivre dans un pays qui est gouverné démocratiquement". Il faut comparer ce chiffre avec l’Europe où 44% des personnes interrogées considèrent que c’est essentiel, car la mémoire du totalitarisme est à la fois physiquement et temporellement plus proche. Nous, Millennials américains, considérons notre liberté et notre prospérité comme acquises. Ma génération a si peu d'expérience de l'autoritarisme que plus des deux tiers d'entre nous disent que vivre dans une société non démocratique ne les dérangerait pas. Parce que nous manquons de références historiques, quand nous voyons Trump, nous pensons que c’est seulement la star stupide d’un show de télé-réalité, pas un dictateur en devenir. Si Trump gagne, nous aurons ce que nous méritons.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Orchidee31
- 19/09/2016 - 22:30
Article orienté
Je ne vois pas en quoi D.Trump serait plus dangereux que Clinton avec tous ses mensonges et malversations - elle prend les américains pour des "cons" quand elle dit vouloir se rapprocher et œuvrer pour l'Amérique profonde elle en est à 100.000 lieux - et je ne comprends pas non plus de quel droit les journaleux dont les français en particulier se permettent toutes les horreurs qu'ils profèrent sur Trump qui a sans doute plus de valeur qu'eux tous réunis - ils devraient faire preuve d'un peu plus de jugeote des fois qu'il serait élu - ce que je souhaite à l'Amérique -
JeanBart
- 19/09/2016 - 16:50
Procès d'intention
"jamais un candidat si peu capable d’être président a été choisi par un grand parti américain" : il semble pourtant que W Bush était très limité, et très mal entouré (ce qui va souvent de paire). Il parait également que Johnson n'était pas très éclairé non plus. Que Trump ne soit pas un phare intellectuel, je l'admets volontiers. Mais malgré toutes les oppositions rencontrées, il sort gagnant.
ENfin, on disait la même chose de Reagan. S'il n'était plus le plus intelligent, il a été visionnaire. Et un visionnaire serait la meilleure chose qui puisse arriver en cette époque troublée.
brennec
- 19/09/2016 - 14:33
article qui ressemble plus a un tract électoral.
"morale relative, d’ignorance de l’histoire et de narcissisme" affirmation gratuite qui a l'avantage de stigmatiser ceux qui ne votent pas comme l'auteur.