En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
© Reuters
Trans-amérique Express
Pourquoi le malaise d’Hillary Clinton est bien plus qu’une question de santé
Publié le 16 septembre 2016
Pour les Américains, derrière la question - préoccupante - de la santé d’Hillary Clinton, il y a celle plus inquiétante de son obsession maladive pour la dissimulation et le mensonge.
Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990,...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Gérald Olivier
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990,...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Pour les Américains, derrière la question - préoccupante - de la santé d’Hillary Clinton, il y a celle plus inquiétante de son obsession maladive pour la dissimulation et le mensonge.

Hillary Clinton est en "parfaite santé". Son médecin, le Dr Lisa Bardack, l’assure. Elle la suit régulièrement, et après l’avoir examinée cette semaine, elle l’a trouvée en "condition physique normale" malgré une "légère pneumonie bactérienne non transmissible." Sa "santé mentale" est "excellente" et elle est "apte à occuper la fonction présidentielle".

En publiant ce communiqué rassurant l’état-major de campagne, la candidate présidentielle démocrate a voulu mettre un terme à l’affaire du "malaise" qui perturbe sa campagne depuis dimanche. Mais cette affaire dépasse le simple cadre médical. Certes, voir Hillary Clinton s’évanouir et s’effondrer a surpris et préoccupé nombre d’électeurs, mais ce qui les a encore plus inquiété a été la façon dont son entourage a traité l’affaire. A savoir qu’ils ont voulu dissimuler et même nier les faits jusqu'à ce que ceux-ci leur explosent au visage. Ce n’est pas tant le malaise qui pose problème, c’est le mensonge qui l’accompagne. La vraie question n’est pas celle de la santé d’Hillary, mais de la confiance dont elle est digne.

Pour comprendre toute la portée de ce qui s’est passé, il faut reprendre par le détail le fil des événements. Cela se passe dimanche 11 septembre à New York, lors de la commémoration des attentats de 2001. Il est 9h30 et Hillary s’éclipse avant la fin de la cérémonie. Sans explication. Les médias s’interrogent aussitôt en direct sur les raisons de ce départ. La question de la santé de la candidate est évidemment évoquée.

Depuis plusieurs semaines cette question encombre la campagne comme un éléphant au milieu de la route. Incontournable et pourtant ignorée. Elle a été soulevée pour la première fois par Donald Trump et les Républicains à l’issue de la convention démocrate, dont Hillary Clinton était sortie particulièrement épuisée. A presque 69 ans, Hillary n’aurait plus l’énergie nécessaire à la fonction présidentielle, disent ses adversaires… Mais le sujet reste tabou. Les journalistes, faisant preuve d’une bienveillante complicité avec la candidate démocrate, hésitent à aborder la question de front. Pour ne pas être taxé de "sexisme" en attaquant une femme, sur ses capacités de résistance physique ; pour ne pas non plus se sentir instrumentalisé en jouant le jeu du candidat républicain ; et enfin par respect d’un code déontologique non écrit qui veut qu’on n’importune pas le candidat sur une question personnelle tant que celle-ci n’est pas urgente. Ainsi, Hillary Clinton est régulièrement prise de quinte de toux – certaines pouvant durer plusieurs minutes - lors de ses réunions publiques mais celles-ci ne sont jamais montrées. Après tout avoir un chat dans la gorge n’est pas une maladie et cela n’empêche pas de gouverner. Certes Hillary a connu des alertes par le passé - un accident cardio-vasculaire en janvier 2013 - mais elle ne souffre d’aucune maladie susceptible de remettre sa candidature en question et dès lors il serait indécent d’insister sur le sujet…

Mais en ce dimanche 11 septembre, son retrait discret des cérémonies relancent les spéculations les plus folles. L’entourage d’Hillary Clinton organise alors une petite sortie de la candidate devant les caméras pour montrer qu’elle va bien. Lunettes de soleil sur le nez, Hillary sourit, salue de la main et embrasse même une petite fille astucieusement placée là, dans un moment de théâtre politique parfaitement mis en scène... Le message est limpide, "circulez ! Tout va très bien"…

Mais voilà qu’une vidéo postée sur Twitter montre la candidate lorsqu'elle a quitté la cérémonie. Elle y apparaît défaillante et tombe même au moment de monter dans le mini van venu la récupérer. Ses gardes du corps la relèvent tandis que son staff s’interpose devant les caméras pour masquer l’incident.

La vidéo est plus qu’embarrassante. Pas seulement parce qu’elle montre la candidate saisie de vertige et victime d’un évanouissement. Mais surtout parce qu’elle contredit le message de la "photo op" laborieusement préparée. Dans la minute, toutes les rédactions se mettent en branle et la campagne d’Hillary Clinton est bombardée de question sur ce qui s’est vraiment passé. Résultat, le camp démocrate publie un nouveau communiqué indiquant cette fois que Hillary Clinton souffre d’une pneumonie, ce qui la contraint à suspendre sa campagne pour quelques jours et annuler un déplacement prévu en Californie… Le communiqué précise que le diagnostic d’une pneumonie remonte au vendredi 9 septembre, soit 48 heures plus tôt !

Le diable est dans les détails et celui-ci est d’importance. Car il révèle la duplicité de la candidate et de son entourage. Tous savaient depuis deux jours qu’elle était effectivement "malade", mais ils ont préféré le taire. Même lorsqu'elle a eu un malaise en public, ils ont continué de nier. Ce n’est que pris en flagrant délit de mensonge qu’ils n’ont consenti à laisser filtrer leur part de vérité. Sans la vidéo, il est probable qu’ils auraient continué de nier et que la pneumonie d’Hillary n’aurait jamais été rendue publique.

Du coup l’affaire du malaise ne concerne pas la seule santé d’Hillary mais bien plus son incorrigible tendance aux dissimulations et aux mensonges, sa volonté maladive de "contrôler le récit", au mépris de la vérité et des électeurs. Chassez le naturel il revient au galop…

Etre malade n’est pas un délit. Même pour un candidat présidentiel. Mentir sur sa maladie peut en être un car cela remet en cause le lien essentiel entre un électeur et un candidat, celui de la confiance. L’affaire du malaise est particulièrement dommageable à Hillary car elle souligne un trait de sa personnalité déjà connu et décrié. En politique, une gaffe, un lapsus, ou un faux pas, ne sont préjudiciables que s’ils renforcent chez les électeurs un sentiment négatif déjà présent. Comment confier l’exécutif de son pays à une personne en qui on n’a pas confiance ? Hillary devait profiter de la campagne électorale pour rétablir et renforcer ce lien de confiance avec les électeurs, pour "s’ouvrir" auprès d’eux et "s’humaniser". Elle n’y parvient pas, et chacun de ses agissements contribue au contraire à le fragiliser davantage.

Il n’en reste pas moins que si les questions de santé préoccupent les Américains cette année c’est aussi parce que la campagne présidentielle 2016 oppose les deux candidats les plus âgés de l’histoire. Donald Trump, a célébré son 70e anniversaire le 13 juin. Hillary Clinton aura 69 ans le 26 octobre. A eux deux, ils ont 139 ans. En 2012, Obama et Romney en totalisaient 112. D’autres candidats plus âgés se sont présentés à la Maison Blanche. En 2008 John Mc Cain avait 74 ans. En 1996 Bob Dole, le candidat républicain, en avait 73.

Ronald Reagan élu en 1980 reste le président le plus âgé de l’histoire. Son investiture eut lieu trois semaines avant son 70e anniversaire. Si Hillary l’emporte, il conservera son titre, mais si Trump est élu, c’est lui qui deviendra le président le plus âgé de l’histoire des Etats-Unis. Mais qu’on se rassure. Son propre médecin a publié un communiqué assurant que son état de santé était "le meilleur de tous les présidents" et Trump est venu lui-même présenter son propre bulletin de santé lors d’une émission de télévision "Le Dr Oz Show" (enregistrée le 14 septembre et diffusée le 15).

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
02.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
03.
Connaissez vous Marie Kondo (la Japonaise qui a déclenché une folie du rangement dans le monde qui ne devrait pas tarder à atteindre la France) ?
04.
Et si le Rassemblement National était en train de faire un bien mauvais coup à l’euro en renonçant à exiger que nous en sortions ?
05.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
06.
Iran, pourquoi la menace d’une intervention militaire brandie par John Bolton pourrait marcher
07.
Gérard Larcher, l'Homme qui tient tête à Emmanuel Macron et ...à Laurent Wauquiez
01.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
02.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
03.
Le Royaume-Uni se prépare à un Brexit sans accord et ne voit plus comment arrêter cette chronique d’un chaos annoncé
04.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
05.
Littéralement explosif : le sondage exclusif qui montre que la condamnation de la violence par les Français... baisse (et que le nombre de ceux qui disent la comprendre augmente)
06.
Inégalités : la France est allée au maximum de ce que la redistribution fiscale permettait. Voilà ce qui pourrait être fait désormais
07.
Robots payeurs : mais que s’est-il vraiment passé sur la cagnotte de soutien aux policiers ?
01.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
04.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
05.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
06.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
01.
Grand débat national : l’équation impossible d’Emmanuel Macron
02.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
03.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
04.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
05.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
06.
Si la France vit un moment révolutionnaire (et voilà pourquoi c’en est bien un), quelle stratégie politique pour éviter le chaos et en sortir par le haut ?
Commentaires (5)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
A M A
- 17/09/2016 - 16:44
De malades mentaux à la
De malades mentaux à la Maison Blanche ne sont pas des garanties de paix et d'équilibre pour le monde. F.D.Roosevelt en fut un célèbre. Il laissa la terre s'enflammer et se détruire pour n'intervenir que lorsque seule l'intervention de la force américaine puisse éteindre le conflit et assurer son hégémonie mondiale.
cloette
- 17/09/2016 - 10:23
Elle est grillèe
Ce sera donc Trump , un sacré changement !
adroitetoutemaintenant
- 16/09/2016 - 17:28
L'épilepsie la rapproche d'un célèbre salaud
Comme le pseudo-prophète de la secte. C’est peut-être pour cela qu’elle a comme conseillère la fille d’une éditrice Saoudienne qui le lendemain de l’attentat des tours publiait un article comme quoi c’était un coup des américains. La fille est aussi éditrice assistante de son ordure de mère ! Il n’y a pas que Hollande qui vend son pays !!!