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Quand Démocrates et Republicains s'accordent pour constater que les services de renseignement ont menti sous la pression de l'administration Obama pour minimiser la menace de l'Etat islamique

Publié le 13 août 2016
Un général américain a fait pression sur les analystes du renseignement militaire pour minimiser la menace de l'État islamique et Al-Quaeda, selon une commission d'enquête du Congrès.
Nancy A. Youssef est une journaliste égypto-américaine. Elle est correspondante pour The Daily Beast.
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Nancy A. Youssef
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Nancy A. Youssef est une journaliste égypto-américaine. Elle est correspondante pour The Daily Beast.
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Un général américain a fait pression sur les analystes du renseignement militaire pour minimiser la menace de l'État islamique et Al-Quaeda, selon une commission d'enquête du Congrès.

Copyright Daily Beast - par Nancy A. Yousef

Selon trois sources du Daily Beast, le groupe de travail républicain du Congrès, comme son homologue démocrate, a conclu que des rapports du renseignement miltaire américain avaient effectivement été modifiés avant d'être transmis au commandement, pour présenter sous un jour plus positif les opérations contre l'État islamique et al-Quaeda, et contre l'avis d'officiers moins gradés qui estimaient pour leur part que les faits sur le terrain justifiaient leur pessimisme.

Le rapport, d'environ dix pages, sur la controverse devrait être publié à la fin de la semaine prochaine, ont précisé deux officiels. Il ne contient aucune preuve formelle que des haut gradés de l'administration Obama puissent avoir ordonné de falsifier des informations, mais l'enquête, qui a duré cinq mois, corrobore les conclusions de précédents rapports : que les analystes du Renseignement s'étaient sentis contraints à minimiser le danger de la menace de l'État islamique.  “L'enquête est toujours en cours, mais en substance, ce rapport confirme les accusations" que des rapports du Renseignement ont été modifiés, selon une source proche de la commission d'enquête. Une autre personne a annoncé que l'enquête pourrait se poursuivre après la publication du rapport.

Les démocrates du Congrès, qui ont conduit leur enquête de leur côté, sont parvenus à la même conclusion. Le commandement central, CENTCOM, ''n'a pas suffisament pris en compte des opinions différentes'', a déclaré dans un communiqué Adam Schiff, leader des démocrates au sein de la commission de la Défense du Congrès.

Le groupe de travail républicain, constitué de membre de la Commission des forces armées, du Comité du Renseignement et de la sous-commission des acquisitions de la Défense, a été créé après la révélation par le Daily Beast que plus de 50 analystes du renseignement avaient déposé plainte. Ils se plaignaient que leurs rapports sur l'État islamique et la branche syrienne de Al Quaeda avait été dénaturés par leurs supérieurs. Certains ont confié au Daily Beast  qu'ils travaillaient dans une atmosphère hostile et toxique, qu'ils se sentaient "violentés" pour rédiger des conclusions qui ne correspondaient pas aux faits. Certains de ses renseignements ont été intégrés dans les briefs du président Obama. Cependant, les officiels du gouvernement ont assuré à plusieurs reprises qu'ils maintenaient leur confiance dans les rapports du commandement central, CENTCOM, et que, selon eux, aucune décision politique n'avait été prise sur la foi de renseignements éronnés ou faux. "On note une tendance persistance pour quatre campagnes contre l'État islamique en 2014 et 2015. Les évaluations approuvée pour le J2 (la cellule centrale de renseignement du CENTCOM) ou par la hiérarchie étaient toutes plus positives que celles présentée par (la communauté du Renseignement)" note le rapport. Les législateurs ont remarqué que la CIA avait de son côté décrit publiquement l'État islamique comme une organisation plus forte et résistante que le CENTCOM ne le faisait. 

Les enquêteurs n'ont pas eu accès à tous les documents, mais se sont intéressés à la période durant laquelle l'État islamique a consolidé son emprise sur les villes irakiennes de Fallujah, Tikrit et Erbil, au nord de la province kurde. Ils ont découverts que des hauts gradés du CENTCOM accordait la préférence aux rapports d'opérations, dont des rapports sur le nombre de bases de l'État islamique touchées durant les frappes aériennes chaque jour. Mais ces rapports quotidiens et chronologiques n'offraient pas une vision de la trajectoire de l'opération globale, qui, selon les analystes, ne conduisaient pas à une victoire des Américains contre le groupe terroriste. 

La commission parlementaire  ne peut pas directement sanctionner des comportements inacceptables d'officiels. Mais la présence dans la commission d'enquête de membres de la commission des acquisitions pour la Défense signifie que si les militaires ne réagissent pas aux conclusions, les législateurs pourront sanctionner CENTCOM par la voie budgétaire. Au CENTCOM, des interlocuteurs du Daily Beast n'ont pas pu commenter ce rapport car ils ne l'ont pas encore lu.

Une autre enquête parallèle est en cours, celle de l'inspecteur général du Département de la Défense. Il examine à l'heure actuelle la plainte et pourrait publier ses conclusions dès cet automne. Ce rapport d'inspection interne pourrait formuler des recommandations que le CENTCOM devra suivre.

Toutefois, les analystes du département du renseignement au CENTCOM pensent que l'inspecteur général n'aura pas autant de pouvoir d'investigation que le groupe de travail du Congrès. Ils assurent au Daily Beast que le directeur du service du renseignement du CENTCOM, le Major Général  Steven Grove, et son adjoint, un civil, Gregory Ryckman, ont fait disparaitre des mails et des dossiers des ordinateurs avant que l'inspecteur général n'y ait accès. Même le groupe de travail du Congrès a eu du mal à mener cette enquête. Selon ces analystes, des dirigeants du CENTCOM étaient présents à certains moments dans la pièce où ils témoignaient devant les enquêteurs du Congrès, ce qui a empêché certains de parler librement.

Ce que l'on ne comprend pas, c'est pourquoi le CENTCOM a voulu édulcorer les conclusions des analystes. S'agissait-il d'une décision prise par Grove ou Ryckman ou les ordres venaient-il de plus haut ?

On sait très bien que l'émergence de l'État islamique a créé un embarras politique et un problème de sécurité à la Maison blanche. Tout cela arrivait un an après la réelection d'Obama et une campagne qui se félicitait du retrait des troupes américaines d'Irak et d'Afghanistan.

Le rapport des républicains attribue le problème de la plainte en partie au changement de direction et au processus qui a mené à la création de ces rapports incriminés. Dans les semaines suivant la prise de Mossoul par l'État islamique, en juin 2014, la direction du renseignement a obtenu plus de pouvoir sur la façon dont les notes des analystes moins gradés étaient produites puis envoyées à l'Etat-major. Cela a irrité certains analystes qui, bien que d'un grade inférieur aux dirigeants du CENTCOM, étudiaient l'État islamique et d'autres organisations terroristes depuis des années. 

Dans le cadre des mutations saisonnières, Grove a quitté les services de renseignement du CENTCOM cet été. Il est maintenant en poste au Pentagone, comme directeur de l'examen quadriennal de l'armée. Son successeur est le Major Général Mark R. Quantock. Ryckman est toujours en poste. Quand le dépôt de plainte des analystes a été rendu public, le président Obama, le Secrétaire à la Défense Ash Carter et l'actuel commandant du CENTCOM, le général Joseph Votel, ont demandé que les renseignements soient, selon l'expression utilisée par Carter, “sans fards”.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (2)
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gerint
- 14/08/2016 - 11:11
Si WikiLeaks dit vrai
Sur les mains d'Hillary Clinton Obama et son équipe ont même financé DAECH contre les Chiites au pouvoir. Alors....
Liberte5
- 13/08/2016 - 16:40
B. Obama n'a jamais voulu combattre l'E.I
Il a fait semblant mais il ne s'est jamais attaqué aux islamistes pour les éliminer. S'il n'est pas musulman, en revanche il aime bien les musulmans. Les frères musulmans ne sont pas ses ennemis , loin de là. Dans ces conditions D. Trump a raison de dire que l'E.I. est son enfant.