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Recherche d'équilibre
Pourquoi la remontée du pétrole à 50$ est une bonne nouvelle pour les producteurs comme pour les consommateurs
Publié le 03 juin 2016
Bien qu’il est remonté récemment, le prix du pétrole s’établit à un niveau relativement bas, à 50$ le baril. Selon les experts ce prix est à la fois favorable aux consommateurs et aux producteurs. Pourtant, il semble évident que certains pays dont l’économie dépend presque exclusivement du pétrole sont largement perdant.
Stephan Silvestre est ingénieur en optique physique et docteur en sciences économiques. Il est professeur à la Paris School of Business, membre de la chaire des risques énergétiques.Il est le co-auteur de Perspectives énergétiques (2013, Ellipses) et de...
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Stephan Silvestre
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Bien qu’il est remonté récemment, le prix du pétrole s’établit à un niveau relativement bas, à 50$ le baril. Selon les experts ce prix est à la fois favorable aux consommateurs et aux producteurs. Pourtant, il semble évident que certains pays dont l’économie dépend presque exclusivement du pétrole sont largement perdant.

Atlantico : Le baril de pétrole de Brent a dépassé ce jeudi 26 mai la barre des 50$ pour la première fois depuis novembre 2015. Or, selon le Wall Street Journal, un prix compris dans la fourchette des 50 à 60$ serait une bonne nouvelle aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs. Ce "calcul" est-il justifié ?

Stéphan Silvestre : Depuis des décennies, on fantasme sur une fourchette ‘idéale’ de prix, qui correspondrait à un équilibre satisfaisant tant pour les producteurs que pour les consommateurs. En réalité, il n’existe pas d’équilibre parfait entre l’offre et la demande. Pour les consommateurs, plus le prix est bas et mieux c’est : qui se plaindrait d’un carburant bon marché ? Et pour les producteurs, plus il est élevé et mieux c’est. Aucun d’entre eux n’a souffert d’un baril à 140$. En revanche, la situation est plus nuancée pour certains pays : les États-Unis sont à la fois les plus gros consommateurs et les plus gros producteurs. Un baril trop haut pénalise la consommation, ce qui pèse sur l’activité économique, tandis qu’un baril trop bas met en danger le vaste secteur industriel de l’énergie et les emplois indirects qui en dépendent. L’Arabie Saoudite a aussi souvent émis des réserves sur un cours trop élevé : l’expérience du contrechoc des années 1980 a servi d’expérience au royaume pétrolier et à ses alliés et ils savent qu’un envol des cours provoque une baisse de la demande. Enfin, il y a les pays dans lesquels les monarchies du Golfe dépensent leurs pétrodollars, en armements, aéronautique, produits de luxe ou encore en investissements directs. La France et ses voisins européens sont dans ce cas. Ces pays ne recherchent donc pas à la chute des cours. Toutefois, toutes les tentatives pour canaliser les cours dans une bande raisonnable ont toujours échoué. D’une part en raison d’effets de latence dans la réaction de l’offre aux variations de la demande : le cycle d’exploration-production met plusieurs années à répondre au signal prix ; et d’autre part en raison de l’imprévisibilité des flux financiers : d’énormes masses financière peuvent se déverser ou se retirer des marchés des matières premières au gré des perspectives sur les autres actifs financiers (obligations, monnaies, produits dérivés…). 

À l'inverse, quels sont ceux qui ne peuvent se contenter d'un tel prix ? Quels sont les moyens dont disposent ces pays pour pouvoir peser sur une hausse des prix ? 

Sur un plan strictement industriel, la majeure partie des gisements sont rentables à ce prix. Le problème se pose surtout pour les États dont les ressources budgétaires sont liées à la rente pétrolière : le Venezuela, l’Iran, l’Irak, l’Algérie, le Nigeria et d’autres pays africains, ainsi que la Russie, dans une moindre mesure. Ceux-là prennent la hausse des cours comme une bouffée d’oxygène et ne se plaindraient pas d’une hausse au-delà de 80$ le baril. Mais, comme nous l’avons vu, leurs moyens d’action sont faibles face à l’ampleur des flux financiers sur les marchés. Leur seule arme est l’entente sur le niveau de production. Mais, comme nous venons de le constater lors de la réunion de Doha, une telle entente est de plus en plus incertaine en raison des divergences politiques entre les pays producteurs. 

Un prix de 50$ le baril est-il susceptible de rassembler à nouveau les membres de l'OPEP autour d'une position commune ? En quoi les différents accords, qui ont pu inclure la Russie, ou concerner directement l'Iran, ont-ils changé la donne pétrostratégique ? Une normalisation de ces relations est-elle possible sur de nouvelles bases ?  

Pour le moment, ces tentatives d’accord sont restées vaines et l’actuelle dynamique haussière des prix est peu propice à une entente. On a vu que les producteurs n’arrivaient déjà pas à s’entendre alors que les prix étaient au plancher, alors s’ils montent, ils n’auront aucune raison de brider leur production au profit de leurs concurrents (pays externes à l’alliance : USA, Canada, Mexique, Norvège, Brésil, Chine…). L’Iran a annoncé clairement son souhait d’augmenter sa production. Donc, si les monarchies sunnites du Golfe venaient à restreindre leur production, l’Iran, mais aussi l’Irak, en bénéficieraient immédiatement, perspective insupportable pour Riyad. De surcroît, l’Agence Internationale de l’Énergie vient de rehausser sa perspective de hausse de la demande mondiale pour l’année 2016, qui devrait augmenter de +1,4 million de barils par jour, contre +1,2 précédemment. Parallèlement, la production américaine continue de baisser en raison de la chute des investissements dans les hydrocarbures non conventionnels, ce qui conforte la stratégie saoudienne. Ce contexte n’incitera aucun producteur à modérer ses exportations.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Pessimiste actif
- 30/05/2016 - 14:28
Fâché avec la grammaire?
Bien qu'il SOIT remonté récemment!??....