En direct
Best of
Best of du 6 au 12 avril 2019
En direct
Berges barges
L'étrange guerre de la mairie de Paris contre les voitures
Publié le 26 janvier 2012
La municipalité de Paris souhaite poursuivre la piétonisation des voies sur berges. Et cela malgré la lettre du Premier ministre, François Fillon informant que l'Etat s'opposerait au réaménagement des quais rive gauche.
Pascal Salin est Professeur émérite à l'Université Paris - Dauphine. Il est docteur et agrégé de sciences économiques, licencié de sociologie et lauréat de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.Ses ouvrages les plus récents sont  La...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Pascal Salin
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Pascal Salin est Professeur émérite à l'Université Paris - Dauphine. Il est docteur et agrégé de sciences économiques, licencié de sociologie et lauréat de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.Ses ouvrages les plus récents sont  La...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La municipalité de Paris souhaite poursuivre la piétonisation des voies sur berges. Et cela malgré la lettre du Premier ministre, François Fillon informant que l'Etat s'opposerait au réaménagement des quais rive gauche.

Le premier ministre, François Fillon, a fort heureusement suspendu les études et travaux relatifs à la transformation d'une partie de la voie sur berge de la rive gauche de Paris. Comme on le sait, la municipalité souhaite supprimer la circulation automobile sur une portion de cette voie et installer un "espace ludique" composé d'un escalier monumental, d'îles flottantes et de diverses installations destinées aux piétons.

Il est clair que ce projet relève purement et simplement d'une approche idéologique destinée à faire plaisir aux écologistes membres de la majorité municipale. Ceux-ci vouent une véritable haine à la voiture, tout au moins à la voiture privée, sans doute parce qu'elle est signe d'individualisme, contrairement à ce qu'ils chérissent, les transports collectifs. Bien entendu, une apparence de rationalité est donnée à cet ensemble de sentiments vagues par référence au mot d'ordre à la mode : "sauver la planète". En rendant la circulation des voitures plus difficile, on découragerait un certain nombre de conducteurs d'utiliser leur véhicule privé et on réduirait donc la pollution atmosphérique.

Mais si l'on veut rationaliser les décisions – ce qui est évidemment souhaitable – il convient d'en faire une analyse économique rigoureuse, c'est-à-dire une analyse tenant compte des besoins de ceux qui sont concernés. Ces besoins étant complexes et divers, il n'est pas suffisant de se rallier au mot d'ordre "guerre aux voitures". Mais il est une caractéristique commune à tous les individus, à savoir qu'ils disposent d'un bien rare par excellence, le temps.

Et le souci de chacun consiste à utiliser au mieux le temps disponible, par exemple pour se distraire ou pour circuler afin de se rendre vers des activités de travail ou de loisir. C'est précisément parce que le temps est rare que la voiture a été inventée. Elle est, de ce point de vue, un extraordinaire instrument de maîtrise du temps, mais aussi un instrument de liberté, permettant à chacun de se rendre le plus facilement possible d'un point à un autre. Vouloir créer des obstacles à la circulation automobile par rapport à ce qui existe (la voie sur berge), c'est donc empêcher un nombre considérable d'individus de satisfaire au mieux leurs besoins.

Précisément parce que les besoins de chacun sont divers, on peut souligner que les milliers d'automobilistes qui utilisent chaque jour la voie sur berge bénéficient aussi du grand plaisir de contempler un merveilleux paysage urbain. Pourquoi les en priver afin de le réserver aux quelques individus (ou même aux quelques bandes…) qui fréquenteraient ces lieux ?

Ceci serait d'autant plus absurde qu'il serait évidemment possible de trouver des solutions techniques pour pouvoir, à la fois, préserver l'espace de circulation des véhicules et pour bâtir en terrasse au-dessus des voitures, ou sur la Seine, les fameux espaces ludiques. Mais, précisément, si la Mairie de Paris n'a pas voulu chercher une solution susceptible de satisfaire aussi bien les uns que les autres, c'est bien évidemment parce que son souci primordial n'est pas d'offrir aux parisiens un nouvel "espace ludique", mais parce qu'elle veut surtout punir les méchants automobilistes et qu'il fallait bien trouver un prétexte pour cela.

Or, ceci est d'autant plus absurde qu'il y a fort à parier que la suppression d'une partie de la voie sur berge ne réduirait en rien le niveau de pollution atmosphérique, bien au contraire. En effet, parce que l'usage d'une automobile privée apporte des gains très appréciés (gain de temps, adaptabilité des parcours aux besoins), il est très probable que peu d'automobilistes renonceraient à utiliser leur véhicule du fait de la suppression d'une portion de voie sur berge. Ils seraient donc obligés de supporter le gaspillage de leur précieux temps, qui leur serait ainsi imposé, en se reportant sur d'autres voies. Mais ces dernières seraient évidemment encombrées et il est très probable que la suppression de la voie sur berge se traduirait par d'importants embouteillages sur une grande partie de la rive gauche de Paris (comme on peut d'ailleurs le constater les jours où la voie sur berge est fermée à la circulation).

Or, ces embouteillages sont évidemment une grande source de pollution. Et si l'on veut vraiment lutter contre la pollution il y a bien d'autres méthodes, plus efficaces et moins nuisibles. C'est dire que le projet de la mairie de Paris aurait essentiellement des conséquences négatives, en-dehors de la satisfaction éventuelle des quelques oisifs qui fréquenteraient l'espace ludique. Il faut donc souhaiter qu'il soit non seulement suspendu, mais annulé définitivement.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
02.
Les puissants relais de l'Algérie en France ; Ces amis de Ghosn que tout le monde craignait chez Renault; L'avertissement de Philippe à Castaner; Technip: et un mégagâchis industriel de plus; Notre-Dame partout dans les hebdos, le catholicisme plus rare
03.
Ils reconnaissent l'une des écoles de leur village dans un film porno
04.
Reconstruction de Notre Dame : Emmanuel Macron prend-il le risque du « too much » ?
05.
Le blues des gendarmes de Matignon ne faiblit pas
06.
Notre Dame brûla et obligea la France à se souvenir qu'elle fut catholique…
07.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
01.
Notre-Dame de Paris : des dirigeants de l’Unef se moquent de l'incendie
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
L’insoutenable légèreté de la majorité LREM ?
04.
Ce que pèse vraiment le vote musulman dans la balance démocratique française
05.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
06.
Cardinal Robert Sarah : “Ceux qui veulent m’opposer au Pape perdent leur temps et leurs propos ne sont que le paravent qui masque leur propre opposition au Saint-Père”
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
03.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
04.
Incendie de Notre-Dame : et notre mémoire ancestrale fit irruption dans la post-modernité
05.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
06.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
Commentaires (13)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
tod
- 30/01/2012 - 13:55
Paris la plus embouteillée d'Europe
PARIS est la ville LA PLUS EMBOUTEILLEE D'EUROPE
Voila le résultat des couteuses dépenses de M. Delanoé
Les premiers pénalisés sont les banlieusards qui n'ont pas les transports et les moyens de se passer de leur voiture

Il est évident qu'un bobo plein de fric à Paris ne ragit pas comme un banlieusards sans transport en commun, c'est évident

Un ami transporteur me confirme qu'au niveau du camionage, avant 2 camionettes pouvait aire leur tournée. Maintenant, il en faut 3. On appel cela de l'Ecologie

Je ne parle pas des dégats du tramway sur la ciruculation, alors qu'on a toujours les lignes inutilisées de la petite ceinture juste à coté

Il faut virer ce Delanoe, il est fou
quesako
- 28/01/2012 - 01:04
Ce que vous n'avez pas compris, c'est amener la banlieue
Très en accord avec Terra Nova il faut imposer aux Parisiens la mixité, donc tout faire pour amener les quartiers dans Paris. Il va y avoir la suppression des zones RER afin que toute la banlieue puisse bien venir dans Paris, avec ce plaisir sadique du bobo de gauche de pouvoir faire chier les "riches", bien que les bobos soient souvent bien plus riches.
Je propose que dans le jardin de la Place des Vosges on installe de quoi faire des kebabs afin que les quartiers s'approprient au mieux Paris !
Indigène Indigné
- 27/01/2012 - 12:10
@newparadigm
Les bobos à vélos sont des extrémistes la plupart du temps. Forts de leur nouveau droit (la piste cyclable) sur les voitures, ils déconsidèrent le piéton. Ils sont dangereux et arrogants. Ils craignent grave et son prêts à te gueuler dessus si tu flanes sur Leur portion.
En général, on les sent bien venir, on sent bien arriver sur soi le cycliste extrémiste bobo écolo parisen. Et quand c'est comme ça, petit conseil que je refile juste là comme ça, préparez vous à lui envoyer une mandale, lui refiler une beigne dont il se souviendra.
Et bien croyez moi ou pas, mais ce type de cycliste sent bien la chose venir lui aussi et en général maugrée, ronchonne mais vous évite en toute sécurité.