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Dépassé par Macron, menacé par Montebourg : comment Manuel Valls s’est retrouvé dans la posture du soutien "obligé" à François Hollande

Publié le 13 mai 2016
Alors que début mars, le Premier ministre menaçait de quitter le gouvernement, il entend désormais défendre le bilan de François Hollande. Coincé entre Emmanuel Macron et Arnaud Montebourg, il n'a pas d'autre choix que de jouer les soutiens fidèles, mais il n'a sans doute pas dit son dernier mot.
Christelle Bertrand
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Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande,...
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Alors que début mars, le Premier ministre menaçait de quitter le gouvernement, il entend désormais défendre le bilan de François Hollande. Coincé entre Emmanuel Macron et Arnaud Montebourg, il n'a pas d'autre choix que de jouer les soutiens fidèles, mais il n'a sans doute pas dit son dernier mot.

C'est le printemps et les initiatives fleurissent. De "Hé ho la gauche" à la BAP, malheureux acronyme de la Belle Alliance Populaire de Jean-Christophe Cambadélis, en passant par le dernier-né "Du progrès en plus", mouvement lancé par le président du groupe PS à l'Assemblée Bruno Le Roux, un an avant la présidentielle de 2017, les soutiens à une candidature de François Hollande éclosent de toute part. Et le Premier ministre n'entend pas être en reste. Dans l'avion qui l'emmenait jeudi 28 en Nouvelle Calédonie, Manuel Valls annonçait aux journalistes présents : "Je vais faire d’ici à juillet entre quatre et six réunions publiques en régions, avec des ministres, des élus. Il faut nous battre, être moins dans la comparaison avec la droite et plus dans la défense de ce que l’on fait. Défendre le bilan, je l’ai fait, je l’ai toujours fait, et je vais le refaire". Drôle de changement de ton.

Il y a quelques semaines encore, l'entourage de Manuel Valls n'avait pas de mots assez durs pour expliquer l'impasse devant laquelle se trouvait François Hollande. Dans l'impossibilité, selon certains, de se représenter à la présidentielle, dans l'incapacité, selon d'autres, de l'emporter. "Il est tombé tellement bas dans les sondages… Lorsqu'il parle à la télé, on ne comprend rien", osait un proche du locataire de Matignon. D'autres soulignaient la fragilité du président de la République lors des attentats de Novembre et le rôle déterminant joué, à ses côtés, par Manuel Valls. Début mars, la tension montait d'un cran lorsque, en pleine discussion sur le projet de Loi El Khomri, le Premier ministre, lors d'une réunion organisée au ministère des relations avec le Parlement, faisait une allusion explicite à son possible départ de Matignon puis attaquait le Président qui, selon lui, "doit porter davantage les réformes qu'il lance". Manuel Valls était-il à deux doigts de quitter ses fonctions afin de préparer 2017 ? Certains le croient. Les proches de Hollande, eux, ont préféré se préparer au pire.

En janvier, ils menaçaient : "s'il continue, on va soutenir une candidature Macron. Au jeu du plus jeune et plus novateur, il va trouver son maître". Ce fut chose faite, à moins que l'arme ne se soit dégoupillée seule. Le résultat est le même. Voilà Manuel Valls concurrencé sur sa droite par un ministre de l'Economie plus populaire que lui. Ne manquait plus qu'Arnaud Montebourg pour le challenger à gauche. Pour rivaliser avec sa fibre républicaine et ses accents gaulliens. Celui-ci s'est, en effet, dit ce week-end "prêt à prendre ses responsabilités".

Face à ses deux rivaux, Manuel Valls n'a donc plus qu'une stratégie possible, être le soutien zélé du président de la République, le faiseur de roi. Celui grâce à qui François Hollande sera réélu. A la guerre des égos, lancée par Macron et Montebourg, il oppose le sens de l'Etat et la défense des intérêts de sa famille politique. Le rôle est beau, mais risqué. Car si François Hollande n'est pas réélu, Manuel Valls sera lui aussi comptable de son échec et se trouvera hors-jeu, fillonisé en quelque sorte. Impossible, pour lui, d'expliquer que François Hollande a mal fait le job après avoir fait campagne pour lui avec force et enthousiasme. Si François Hollande l'emporte, quel rôle pour son fidèle soutien qui aura été usé jusqu'à la corde ? Et quelle chance pour lui d'emporter des élections en 2022 après 10 ans de hollandisme ? Bref, Manuel Valls n'est face qu'à de mauvaises solutions.

C'est sans doute pourquoi ses proches, tout en faisant mine de soutenir un François Hollande qui, selon eux, se serait rallié aux thèses de leur leader en assumant "une trajectoire basée sur une méthode réformiste, récusant l'horizon du grand soir", nuancent leurs propos comme on prend rendez-vous, d'un : "on verra où il en est dans quelques mois". Comme si Manuel Valls n'avait toujours pas abandonné l'idée d'y aller lui-même, pariant sur l'essoufflement de ses rivaux et de François Hollande. Un pari qui n'est pas si fou.

Car Emmanuel Macron comme Arnaud Montebourg, dépourvus de réseau militant, vont avoir du mal à faire campagne et, avant cela, à récolter les 500 signatures nécessaires à toute candidature à la présidentielle, d'autant que l'exercice a été compliqué par une réforme promulguée le 26 avril qui exige que les parrainages soient rendus publics. Difficile désormais pour un député, par exemple, qui souhaiterait être réinvesti par son parti, de soutenir une candidature externe. Manuel Valls peut donc laisser, sans trop d'inquiétude, ses deux rivaux prendre de l'avance et jouer les Brutus, selon le mot de Jean-Christophe Cambadélis, en attendant son heure. "On verra dans quelques mois", disent ses proches ? Sans doute rêvent-il que François Hollande, n'ayant réussi à redresser ni la courbe des sondages ni celle du chômage, finisse par jeter l'éponge et passe le flambeau à son fidèle Valls. 

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zouk
- 10/05/2016 - 11:05
M. Valls....
Vaines élucubrations
Ici Londres
- 10/05/2016 - 09:24
Le bal des maudits...
en attendant la métamorphose des cloportes ...