En direct
Best of
Best of du 28 mars au 3 avril
En direct
ça vient d'être publié
pépites > Sport
Machisme
Clémentine Sarlat dénonce le harcèlement moral et les remarques sexistes qu'elle a subies à "Stade 2"
il y a 7 heures 2 min
décryptage > Politique
La voix de son maître

Derrière le cas Lallement, l’insupportable infantilisation des Français

il y a 8 heures 36 min
light > Culture
Industrie à l'arrêt
Disney repousse une douzaine de films Marvel à cause de l'épidémie
il y a 9 heures 31 min
décryptage > Culture
Atlanti-Culture

"Une histoire populaire du football" : Populaire et subversif : vive le foot !

il y a 11 heures 21 min
pépites > France
Drame
Drôme : deux morts et sept blessés dans une attaque au couteau perpétrée par un demandeur d'asile soudanais
il y a 11 heures 44 min
pépite vidéo > Media
Racisme
"Ils enterrent des Pokémon" : un journaliste de BFMTV dérape pendant l'hommage aux victimes chinoises du Coronavirus
il y a 13 heures 6 min
décryptage > Religion
Besoin de sens

Sauver Pâques : les catholiques se mobilisent pour communier malgré le confinement

il y a 13 heures 44 min
décryptage > Environnement
Rions vert

C comme con, con comme Cochet : il confond le CO2 et le coronavirus !

il y a 14 heures 1 min
décryptage > High-tech
Applis stars du confinement

Voilà comment Zoom et House party peuvent menacer vos données professionnelles ou personnelles

il y a 14 heures 17 min
décryptage > Politique
Dérapages à répétition

Ce risque politique énorme que prend le gouvernement en ne limogeant pas le Préfet Lallement

il y a 14 heures 37 min
pépites > Politique
Défiance
Covid-19 : une majorité de Français jugent que le gouvernement gère mal l'épidémie
il y a 7 heures 58 min
light > Media
Solidarité
Le groupe Canal+ va reverser ses recettes publicitaires de 20h à la Fondation de France
il y a 9 heures 20 min
pépite vidéo > International
Le monde d'avant
Coronavirus : en Suède, sans confinement, la vie continue comme si de rien n'était
il y a 9 heures 50 min
décryptage > Culture
Atlanti-Culture

"Maus", Tomes 1 et 2 : Un roman graphique hors norme

il y a 11 heures 25 min
pépites > Défense
Touchés
Coronavirus : 600 militaires français atteints
il y a 12 heures 1 min
décryptage > International
Vital

Pour éviter les famines, ne pas interrompre le commerce mondial de céréales

il y a 13 heures 36 min
décryptage > Santé
Aller de l'avant

Covid-19: Il faut accélérer, ce n’est jamais trop tard

il y a 13 heures 51 min
décryptage > Education
Imaginaire

Si le coronavirus fait irruption dans les jeux de vos enfants, ne vous faites pas de soucis

il y a 14 heures 7 min
décryptage > Société
Pas de retour à la normale rapide

Déconfinement graduel : attention danger dans l’opinion

il y a 14 heures 24 min
décryptage > Histoire
Bonnes feuilles

Jeanne d'Arc, une dissidente au temps du Moyen Age

il y a 14 heures 46 min
info atlantico
© Reuters
© Reuters
Info Atlantico

80% des Français opposés à l’introduction de la réforme de l’orthographe dans les manuels scolaires

Publié le 19 février 2016
Selon un sondage exclusif IFOP pour Atlantico, 80% des Français se disent opposés à l'application de la réforme de l'orthographe lancée en 1990. Un signe de plus qui montre que les Français ne sont pas prêts à accepter un nivellement par le bas de l'éducation en France.
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jérôme Fourquet
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Selon un sondage exclusif IFOP pour Atlantico, 80% des Français se disent opposés à l'application de la réforme de l'orthographe lancée en 1990. Un signe de plus qui montre que les Français ne sont pas prêts à accepter un nivellement par le bas de l'éducation en France.

Atlantico : Quel est le principal enseignement de ce sondage ?

Jérôme Fourquet : C'est l'opposition très massive et très forte de l'opinion publique française à l'entrée en vigueur de cette réforme dans les manuels scolaires. Nous avons huit Français sur dix qui se disent "opposés", un chiffre en soi très spectaculaire et massif. Par ailleurs, ce caractère massif et franc de l'opposition est renforcé par un second chiffre : en effet, 55% des Français se disent "tout à fait opposés" à cette réforme. Nous sommes donc ici en présence d'une opposition à la fois très large et très radicale. Nous aurions pu avoir des chiffres de l'ordre de 65% de Français "opposés" et 50% "tout à fait opposés", nous serions alors dans un désaccord un peu mou. Là, nous sommes en présence de quelque chose de beaucoup plus vaste et beaucoup plus dur, avec plus d'un Français sur deux qui se dit "totalement opposé". On mesure ici objectivement avec des chiffres ce que l'on avait subodoré la semaine dernière avec la levée de boucliers provenant de différents milieux et de différents acteurs de la société française qui s'étaient émus de l'annonce de l'introduction de cette réforme, dont on rappelle qu'elle ne date pas d'aujourd'hui. C'est quelque chose de plus ancien, mais la nouveauté réside dans le fait que d'un commun accord, tous les éditeurs de manuels scolaires ont décidé d'appliquer les consignes de cette réforme dès la rentrée 2016. Cette initiative a suscité énormément de polémiques en France, de la part d'hommes de lettres ou de personnes du milieu de l'éducation et de la culture, mais nous voyons que cette initiative passe très mal également dans la population.

Deuxième niveau d'analyse : nous pouvons voir que l'opposition est un peu moins virulente parmi les générations les plus jeunes. Nous sommes "seulement" à 74% d'opposés chez les moins de 35 ans, et nous montons à 84% chez les plus de 65 ans, soit dix points de plus. Les tranches d'âge qui ont appris à écrire le français selon les règles classiques sont les plus choquées et les plus heurtées. Chez les plus jeunes, dont nous pouvons penser qu'ils ont parfois un rapport plus distendu avec l'orthographe et les canons de la langue française, nous avons certes une opposition qui est un peu moins virulente, mais qui concerne tout de même les trois quarts d'entre eux.

Quand on analyse les résultats de ce sondage selon le niveau d'étude des Français, on observe que le rejet de cette réforme orthographique est le plus fort chez les personnes les moins diplômées, avec 87% de Français "opposés" (et 63% de "tout à fait opposés"). Y a-t-il une explication particulière selon vous ? En schématisant, on a l'impression que plus personne ne sait écrire mais que tout le monde se cramponne à l'orthographe. S'agit-il donc d'une angoisse face à la perte d'un élément identitaire ?

C'est en effet un troisième niveau d'analyse. Si on s'en tient uniquement au constat que les sans-diplômes sont les plus opposés à cette réforme et donc les plus attachés au maintien de l'orthographe traditionnelle, je pense qu'il y a une variable d'âge qui est cachée derrière. Le niveau éducatif a considérablement augmenté depuis 30 ans du fait de la démocratisation de l'enseignement secondaire et supérieur. Du coup, les moins diplômés présentent certes un profil culturel et sociologique bien spécifique, mais ce qui les définit surtout, c'est leur moyenne d'âge. Or, nous voyons que les plus âgés sont les plus opposés à cette réforme.

Dans un second temps, nous pouvons effectivement penser qu'il y a un arrière-fond politique et idéologique derrière ces résultats. Nous voyons que c'est à droite et au Front national que l'intensité du rejet est la plus forte, parce que cette mise en application de la réforme de l'orthographe s'inscrit sans doute pour eux dans un schéma plus global de perte de repères et de déconstruction d'un certain nombre de règles traditionnelles auxquelles ils sont très fortement attachées. Regardez l'engouement populaire autour de films rappelant avec nostalgie l'univers de l'école de la IIIe République, comme Les Choristes par exemple. Il y a toute une série de productions culturelles (films, livres, missions…) qui vantent cette période un peu glorieuse et bénie et qui rencontrent un très large écho auprès du public. Il y a donc un attachement à des cadres et repères traditionnels, à un patrimoine et un héritage, ainsi qu'un réflexe conservateur et d'attachement à un patrimoine culturel très ancré dans notre population.

Dernier élément idéologique : l'idée que cette réforme est guidée par un certain relativisme culturel, une volonté de permettre à d'autres formes d'expression d'émerger, une volonté de reconnaître des évolutions qui se font jour dans une partie de la population (nouvelles façons d'écrire et d'échanger, communication digitale, etc.). L'opposition à cette réforme pointe donc aussi vers cela. Certains sont amenés à penser que derrière cette réforme, il y a une volonté plus ou moins avouée de virer vers le bas, alors qu'ils souhaiteraient au contraire maintenir un niveau d'exigence. Il y a à droite et chez les personnes les plus âgées un attachement à un patrimoine, à des règles, des normes et des repères – et la langue et l'orthographe en font partie. Il y a aussi le fait de dire que dans un système éducatif qui est déjà très malmené, cette réforme permettant l'utilisation de plusieurs orthographes simplifie les choses, ce qui est alors perçu comme un signe supplémentaire de nivellement vers le bas et d'abaissement des exigences vis-à-vis des élèves. Nous retrouvons donc le même réflexe de rejet que nous avions observé par exemple lorsque Najat Vallaud-Belkacem avait évoqué fin 2014 son projet de suppression des notes.

Sur cette réforme, y a-t-il des différences d'opinion entre les Français selon leurs préférences politiques ?

Il y a un rejet qui est d'autant plus fort à droite, mais il reste fort même à gauche. Nous sommes donc sur un schéma assez classique des modernes contre les conservateurs, mais il y a aussi un autre clivage à l'œuvre : l'attachement au principe de hiérarchie et d'exigence contre l'idée qu'il faut peut-être abandonner un certain nombre de règles désuètes ou élitistes pour venir en aide aux personnes ou aux élèves les plus en difficulté. C'est cela qui se joue derrière cette réforme.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (32)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Le gorille
- 16/02/2016 - 19:46
Repasser : traduction ?
J'apprécie votre conclusion. Car quelque part, j'ai eu un peu la même impression avec mes manuscrits du XIXe siècle. Bien moindre cependant que s'il s'était agi de Rabelais ou Montaigne. J'ai du laisser certains mots en l'état, pour ne pas trahir l'auteur ni m'attirer les foudres d'érudits, mais avec une "traduction" ! Tel le mot "repasser" : je vous laisse chercher. Une indication : prenez un dictionnaire de 1935...
jurgio
- 16/02/2016 - 14:59
L'orthographe est un repère
Contrairement à ce pensent certains, l'orthographe d'aujourd'hui est la fixation de celles qui émaillaient les écritures anciennes qui ont été trop longtemps auditives, instinctives, et, disons-le, personnelles. C'était un progrès indéniable. L'académie se contente de donner un avis, une sorte de « bon usage » et on veut souvent, pour s'exonérer, la faire passer comme une mythique mère fouettarde. Une nation comme l'Islande fixe d'autorité le vocabulaire des néologismes, en respectant rigoureusement le génie de sa langue. Ainsi un Islandais peut lire aujourd'hui les vieilles sagas de son pays aussi facilement que son journal. Rien n'a changé et la population n'est pas devenue pour autant idiote et analphabète. Les « coupeurs de tête » ont bien compris qu'à terme en laissant filer à vau-l'eau la langue, ils pourraient facilement imposer leurs idées. Notre langue a, certes, souffert jadis d'une sorte d'élitisme : les salons où l'on cause nous ont peu à peu éloignés de Rabelais et de Montaigne dans le texte et ces auteurs ne sont plus des références, puisque nos potaches ne les connaissent qu'après traduction. Une traduction.
Outre-Vosges
- 16/02/2016 - 11:23
À @langue de pivert
« Oups ! » avez-vous écrit en corrigeant une partie de vos fautes et en nous laissant négligemment le soin de rectifier les autres. Mais outre votre attitude ce sont vos affirmations qui me surprennent : la langue serait donc pour vous l’essence même de ce que vous êtes, c’est possible mais parlez en votre nom. Même si le français m’est beaucoup plus familier, je préfèrerais être obligé de parler allemand avec le droit de dire ce que je pense qu’être autorisé à parler français pour répéter une leçon obligatoire. René Schickelé l’avait bien compris : cet écrivain alsacien de langue allemande s’était établi en Allemagne après la Grande Guerre ; quand il a vu que les nazis étaient sur le point de prendre le pouvoir dans son pays, il s’est réfugié en Provence où il est mort après avoir écrit en français son dernier livre. Quant à votre affirmation que « lire un poème de François Villon [vous] bouleverse alors même que [vous] ne [comprenez] pas l'exact (sic) vérité de ce qu'il voulait exprimer », elle me laisse pantois ; mais si beaucoup de gens pensent comme vous c’est peut-être ce qui explique le succès de Mallarmé en littérature et de Picasso dans la peinture.