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Un secret de polichinelle
Débat sur la déchéance de la nationalité : mais pourquoi personne n'ose dire la vérité ?
Publié le 08 février 2016
Tous la connaissent pourtant. Mais il y a des mots qui restent interdits en France.
Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge ...
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Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge ...
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Tous la connaissent pourtant. Mais il y a des mots qui restent interdits en France.

C'est un sondage – celui du Journal du Dimanche – qui dit bien les choses. 73% des Français sont favorables à la déchéance de la nationalité. Mais ils sont encore plus nombreux à penser que la classe politique en parle très mal. En effet le débat sur cette question part en sucettes, ou pour le dire plus crument, en couilles. Il permet, certes, de grandes envolées lyriques. La gauche de la gauche représentée bruyamment par Cécile Duflot et Pascal Cherki soutient qu'avec cette réforme on revient à Vichy. Rien que ça ! Une partie de la droite y est également hostile soit pour des raisons de principe soit parce que cette réforme est voulue par François Hollande. A l'Assemblée Nationale, Nathalie Kosciusko-Morizet  a exprimé son refus avec sa fougue et sa conviction habituelle. Et – on allait l'oublier – une partie de la gauche est en faveur de la déchéance de la nationalité en arguant du fait que cette mesure sera efficace contre le terrorisme et surtout par fidélité à Hollande.

Aucun de tous ceux qui s'écharpent ainsi drapés dans des postures aussi nobles que creuses, ne dit la vérité. Oh, ils ne mentent pas ! Tout simplement ils omettent de dire la vérité. Et celle-ci est connue de tous les Français, toutes opinions, toutes origines, toutes confessions confondues. Les mots "nationalité" et "déchéance" ont une très lourde portée symbolique. Oui il y a en France un réveil identitaire dont on peut se féliciter ou qu'on peut déplorer. Il est la conséquence directe d'une agression identitaire – je pèse mes mots – qui souhaite imposer aux "sales Français", ou leur faire accepter, des pratiques et des coutumes qu'ils rejettent. De plus en plus nombreux sont ceux qui ne pensent pas avoir le même sens de l'appartenance nationale qu'une catégorie de la population ou se pratique le "nique la France" et le bras d'honneur brandi dès lors qu'on entend la Marseillaise. Tout le monde sait de quelle origine et de quelle confession sont les assassins de janvier et de novembre. Nul n'ignore non plus qui sont et comment s'appellent les milliers de djihadistes, dont de nombreux Français binationaux, amateurs de voyages en Syrie et en Irak. Et personne n'est assez bête pour croire que les plus de 8000 "radicalisés" dénombrés par les services de renseignements vont à la messe, à la synagogue, au temple ou dans les pagodes.

Les mots "déchéance de la nationalité" lancés par Hollande répondent donc, ou tentent de répondre, à l'attente de millions de gens qui savent ce qu'ils savent et qui ont besoin de l'entendre. Mais comme toujours avec le chef de l'Etat on est dans le subliminal, le chafouin et l'hypocrisie. Ce ne sont évidemment pas les binationaux franco-belges, franco-anglais ou franco-allemands qui sont visés, mais les binationaux franco-algériens, franco-marocains, franco-tunisiens. Mais comment le dire quand on est de gauche. La gauche, on le sait, ne stigmatise pas ! A droite même déni de la vérité. Qu'on soit pour ou contre la réforme les mots "Arabe" et "musulman" ne peuvent être prononcés. Car ils font partie de l'arsenal sémantique du Front National auquel la droite sage et bon genre ne veut pas être associée.

Reprenons ici une distinction maurassienne. Le pays légal se gargarise avec des demi-vérités qui sont autant de mensonges. Le pays réel lui fonctionne avec une vision au "faciès". On voit ce qu'on voit et on sait ce qu'on sait… Ce n'est pas très beau ? Certes. Mais pour que ça change il faudrait que les terroristes, les islamistes, les fanatiques s'appellent André, Jacques, Pierre et Paul. Et ça c'est pas demain la veille…

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winnie
- 09/02/2016 - 06:52
Toujours autant de bon sens,
Rien a redire, si nos dirrigeants en avaient un peut plus !
Alapage
- 09/02/2016 - 06:45
Bravo
Bravo Mr Rayski, tout est dit. Si seulement tous nos politiques de tous bords pouvaient vous lire. Au moins cela remettrait un peu leur cerveau en place. On en a tellement marre du politiquement correct. De cette police de la pensée généralisée qui tue notre France à petit-feu. Seulement on a la gauche la plus stupide du monde et la droite la plus incompetente et lache du monde. Et vice et versa. Le symbole dans chaque camp c'est cet abruti fini de Cherki (à gauche) et cette bobo-gaucho de NKM (à droite). On attend donc 2017 pour donner un grand coup de balai et ne plus voir tous ces nuls.
Le gorille
- 08/02/2016 - 21:48
Bénéfique
Merci Gré: j'acquiesce à votre sentiment. Mais de toutes manières, là n'est pas le problème. Entre Fillon, Juppé, et autres ténors de la Droite, j'y perds mon latin ; j'omets la Gauche, car alors c'est mon grec. Je ne vois que deux choses. La première est qu'aujourd'hui, si la procédure existe, elle apparait (pas de î !) lourde, et peut-être pas aussi efficiente qu'on le voudrait. La seconde est que si la procédure est "banalisée" au bon niveau judiciaire, elle sera "rapide" et permettra de mettre les documents, les individus et leurs actes en cohérence. C'est ce mot "en cohérence" qui n'est jamais prononcé ! Le reste est un brouhaha infernal totalement hors de propos, hors de sens logique, et hors contexte.... sur ce dernier point M. Rayski a parfaitement développé le "contexte" !