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La fracture d’après Cologne : 63% des Français considèrent que les pouvoirs publics sont dans le "politiquement correct" et minimisent les problèmes quand ils parlent d’immigration et de migrants

Publié le 15 janvier 2016
Alors que les incidents de Cologne font beaucoup parler aujourd’hui, un sondage exclusif IFOP pour Atlantico montre qu’une grande majorité de Français ne sont pas satisfaits par l’attitude des médias sur les questions d’immigration et de migrants. Egalement interrogés sur l’attitude des pouvoirs publics sur ces thèmes, les Français ne sont pas plus indulgents.
Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.
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Yves Roucaute est philosophe, épistémologue et logicien. Professeur des universités, agrégé de philosophie et de sciences politiques, docteur d’État en science politique, docteur en philosophie (épistémologie), conférencier pour de grands groupes sur...
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Alors que les incidents de Cologne font beaucoup parler aujourd’hui, un sondage exclusif IFOP pour Atlantico montre qu’une grande majorité de Français ne sont pas satisfaits par l’attitude des médias sur les questions d’immigration et de migrants. Egalement interrogés sur l’attitude des pouvoirs publics sur ces thèmes, les Français ne sont pas plus indulgents.

Atlantico : Quel est l’enseignement principal à retenir de ce sondage ?

Jérôme Fourquet : L’enseignement principal, c’est l’impact très fort au sein de la société française des événements de Cologne. Une très large majorité de Français en ont entendu parler (84% étant un score très élevé pour un événement à l’étranger) et ont été "marqués" par cela (pour 73% d’entre eux). Cela a été très marquant dans toutes les tranches de la population, chez les hommes comme chez les femmes. Cet enseignement s’inscrit dans un contexte plus général qui est celui du débat récurrent en France sur l’immigration, qui a pris une coloration nouvelle cette année avec la crise des migrants et la montée en puissance du terrorisme islamiste. C’est dans ce climat-là que les événements de Cologne sont arrivés, alors même que l’Allemagne avait été présentée aux Français pendant des mois comme un modèle d’accueil et un modèle moral sur la question de l’arrivée massive de migrants. Ce qui s’est passé à Cologne s’inscrit en rupture avec ce discours-là.

On observe un clivage politique droite-gauche sur la perception qu’ont les Français envers les médias sur les questions d’immigration et de migrants...

>>> Lire également - 80% des Français considèrent que la question des migrants va compter lors de leur vote à l’élection présidentielle de 2017

Jérôme Fourquet : On peut regarder ces résultats de deux manières. D’un point de vue critique et négatif, on dira que les médias ne font pas bien leur rôle, puisque seulement 17% d’entre eux pensent que les médias parlent de manière objective de ces sujets-là, ce qui est un score très faible. Mais on peut voir les choses de manière plus positive en pointant le fait qu’on a environ la même proportion de Français qui pensent que les médias exagèrent volontairement les problèmes et qui pensent qu’au contraire les médias détournent volontairement les yeux et sont dans le politiquement correct absolu. Le fait que les Français soient quasiment à égalité sur ces deux jugements peut aussi signifier une certaine objectivité des médias, puisqu’ils mécontentent la même proportion de Français, dans un camp comme dans l’autre.

Cette ligne de partage est évidemment idéologique. On répond en fonction de l’idée que l’on se fait de cette question et des enjeux qu’elle soulève. A gauche, et notamment au Front de gauche, on pense à une large majorité que les médias jettent de l’huile sur le feu et sont dans la surenchère. Seule une minorité d’électeurs de gauche pensent que les médias sont dans le politiquement correct (22% chez le PS, un tiers chez le Front de gauche). A droite, on a au contraire une majorité de Français qui assurent que les médias sont dans le politiquement correct (48% chez LR, 65% chez le FN). Au FN, 23% des sympathisants pensent que les médias jouent la surenchère pour faire vendre du papier (47% chez les électeurs LR). Ces chiffres révèlent donc un électorat LR assez divisé sur cette question : une partie majoritaire qui se rapproche de la logique du Front national dans la perception des choses, et une forte minorité (près de 40%) qui est sur un discours plus modéré et "raisonnable".

80% des Français estiment que la question des migrants va compter dans leur vote pour la présidentielle de 2017. N’est-ce pas encore plus inquiétant alors de constater qu’il n’y a que 15% d’entre eux qui pensent que les pouvoirs publics en parlent de manière objective et fidèle à la réalité (17% pour les médias) ?

Jérôme Fourquet : Cela montre que c’est un vrai enjeu, à forte charge idéologique, et que les Français sont insatisfaits de la façon dont les médias et les politiques le traitent. D’un autre côté, quand on dit "les politiques", on les met tous dans le même trou. Si l'on dit ça à un électeur du Front national, est-ce qu’il pense à son candidat ou plutôt à ses adversaires ? Pareil pour le PS ou le Front de gauche. Il faut donc être prudent là-dessus. Remarquons que cette mesure a été faite quelques jours après les événements de Cologne, qui créent un effet de contexte indéniable. Néanmoins, ce chiffre de 80% est éloquent, et nous avons même 45% des électeurs qui disent que cela comptera "beaucoup". Plus on va vers la droite de l’échiquier politique, plus c’est important. On évoque les thématiques sociales du FN et son virage étatiste, mais le cœur historique du vote FN reste la question du rapport à l’immigration. Les éléments récents n’ont pas modifié ce paramètre, au contraire. On rejoint ici les analyses d’un certain nombre d’états-majors des partis politiques qui pensent que les questions d’immigration et d’identité seront au cœur de la bataille présidentielle de 2017. Certains pour s’en féliciter, d’autres pour s’en inquiéter. On voit par ailleurs qu’une minorité importante de sympathisants de gauche disent que cela va beaucoup compter pour eux, même si ce n’est pas forcément pour aller dans le sens du Front national. On peut aussi avoir une lecture de gauche de tout cela, en affirmant que la France est en-dessous de tout, qu’il faudrait doper l’accueil, les conditions d’obtention de l’asile, etc.

On constate une perte de confiance des Français envers les médias et les politiques sur ces questions-là…

Jérôme Fourquet : Il faut lire ces résultats à l’aune de la défiance vis-à-vis des politiques et des médias. Les scores ne sont pas fameux concernant les médias, mais l’évaluation est encore pire pour les politiques. Ce n’est pas uniquement valable pour le traitement des questions d’immigration et de migrants. L’insatisfaction et la défiance sont fortes partout. Mais, circonstance aggravante, cette question est aujourd’hui au cœur de l’actualité. Nous avons quand même quasiment un Français sur deux qui dit qu’il déterminera son vote en bonne partie sur ce sujet pour la présidentielle de 2017. Quand on est plus réceptif sur un domaine, on est aussi plus facilement enclin à être mécontent. On en attend beaucoup et on réagit au quart de tour. Sur un sujet moins intéressant, le traitement politique ou médiatique ne suscitera pas forcément de l’urticaire chez les personnes interrogées.

Les Français ont-ils la même perception des médias et des politiques sur ces questions ?

Jérôme Fourquet : Les médias sont mieux notés. Quand vous voyez dans tous les baromètres la cote de confiance des différents acteurs politiques ou institutionnels, les politiques sont tout en bas du classement. Il y a un autre élément qui peut expliquer l’écart entre les deux, c’est que les journalistes se contentent de décrire, analyser et commenter. Les politiques, eux, parlent de ce sujet pour accompagner et expliquer leur action ou leur inaction. C’est une explication au jugement plus critique des politiques. 

Est-ce inquiétant de constater que les Français se disent mal informés sur un sujet qui apparaît essentiel à leurs yeux en vue de la présidentielle de 2017 ? Comment expliquer un tel décalage ?

Yves Roucaute : C’est, paradoxalement, un même message et une vision plutôt lucide des Français. Ils reprochent, à juste titre, à la presse et aux hommes politiques d’être trop idéologiques et de ne pas faire leur travail.

Par exemple, ceux qui considèrent que la presse minore les problèmes s’agissant de la gestion des migrants, ont lu, vu ou entendu des analyses qui n’ont rien à voir avec leur quotidienneté. Ils ont supporté une mise à l’écart assez générale, pendant trente ans, de leurs problèmes qui, avec l’arrivée des migrants en Europe, se sont amplifiés. C’est plus particulièrement spectaculaire s’agissant des femmes. Ce fut le silence sur les violences subies, sous prétexte de ne pas faire le jeu du F.N., sous prétexte de rester fidèle à une idéologie prétendument "progressiste" qui était celle de l’intégration et du droit à la différence. Une idéologie issue des pensées de l’extrême-gauche marxiste et de ces penseurs dits « postmodernes », tels Michel Foucault ou Jacques Derrida, qui comme le sociologue Pierre Bourdieu ont infesté la pensée de gauche et l’absence de pensée de la droite.

Comment dénoncer les comportements violents d’une partie des migrants ou d’une partie de la population issue de l’immigration, comment dénoncer l’antisémitisme, le racisme anti-blanc et la violence envers les femmes, quand ces auteurs ont fait croire aux partis de gauche que ces mêmes gens étaient forcément, par nature, des "dominés", des "exclus", des victimes du système ou de la lutte des classes ? Comment en appeler à nos citoyens musulmans fiers d’être français, et c’est l’immense majorité, pour nous aider à combattre ce fléau quand on refuse de les distinguer de ceux qui rejettent notre pays, ses valeurs et ses mœurs, parmi ceux qui sont migrants ou ceux qui sont d’origine immigrée, parfois de la seconde ou troisième génération ? Résultat : nous avons une presse idéologique qui n’a cessé de minorer les problèmes que les gens rencontrent dans les cités, dans les quartiers et dans les rues. Depuis les incidents de Cologne, il y a un changement, mais rien ne prouve qu’il durera car l’idéologie dominante est toujours la même.

Ce n’est d’ailleurs pas un phénomène uniquement français. Nous avons la même situation dans toute l’Europe qui a subi la même idéologie. Par exemple, en Suède, où la social-démocratie est infestée par l’idéologie politiquement correcte. Cela d’autant plus que ce gouvernement gouverne avec l’appui de l’extrême-gauche rouge-verte. Les gens apprennent aujourd’hui que cet été, lors d’un festival de rock, des centaines de jeunes filles, ont été violentées, parfois elles avaient moins de 13 ans. Ils apprennent qu’il avait été interdit aux médias et à la police de parler de ces événements, sous prétexte de ne pas faire le jeu de l’extrême-droite et de protéger la politique d’intégration par le droit à la différence. Incroyable effet pervers de cette idéologie « progressiste » qui refuse de défendre le droit élémentaire des enfants et des femmes !

En France, cela fait longtemps que les effets pervers de cette idéologie se font sentir. La majeure partie de la presse a été sourde ou aveugle sur la souffrance des femmes. Il est interdit de dire ce que tout le monde sait : pour une femme, prendre le métro, un bus ou le train sur certaines lignes représente un grand risque. Beaucoup de femmes ont peur. Et à juste raison. Parce qu’il y a des vols qui visent d’abord les femmes, parce qu’il y des insultes, des violences quotidiennes, des viols. Il ne fallait pas parler de tout cela au nom du politiquement correct. Cela a été accentué par la venue de migrants, qui sont arrivés en Europe sans qu’on leur demande d’accepter les lois des républiques dans lesquelles ils venaient. Il ne fallait pas leur demander sous peine de n’être pas humanistes, généreux, de vouloir l’exclusion. Ce phénomène explique le fait que 43% des Français constatent que les médias minorent cette situation.

A l’opposé, ceux qui pensent que les médias et les politiques vont trop loin, ces 40%, n’ont, paradoxalement, pas forcément tort !

D’abord, à l’évidence, nombre de nos concitoyens tentent de conserver au cœur la générosité qui est celle de la France, terre d’accueil. Malgré tout, ils veulent croire en leurs valeurs éternelles, comme celle de la défense du droit à la vie des individus menacés dans leur pays. L’idéologie leur a fait croire, pendant trente ans, que la générosité voulait dire accepter le droit à la différence et intégrer. Ils n’ont pas pensé, faute d’être éclairés par des politiques à la hauteur des enjeux et orientés selon la vraie moralité, que défendre une civilisation qui chante la dignité humaine, et, en particulier, celle de la femme, était une marque de générosité. Et donc, ils n’ont pas vu que la seule politique possible de générosité, aussi bien pour protéger les plus faibles dans notre Cité que pour aider ceux qui naissent et vivent chez nous, comme ceux qui y arrivent, était d’apprendre à assimiler les règles de l’aimer commun, qui sont aussi celles du respect de la dignité humaine, celle des femmes en particulier.

Ensuite, force est de constater que face à cette irresponsabilité du personnel politique, certains démagogues en ont profité pour tenter de séduire par des comportements et des propos qui visaient à stigmatiser une partie de la population. En particulier, on a vu des gens profondément racistes prétendre défendre la nation. Une partie de ceux qui parlaient de la souffrance des femmes et des gens les plus humbles le faisaient, ainsi, de façon tout aussi idéologique que ceux qui refusaient d’en parler.

Les médias se sont trouvés eux-mêmes dans la tourmente car, après avoir dissimulé les faits si longtemps, la vérité frappait à la porte, avec les événements d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse, de Finlande, de Suède, de Norvège. Au lieu d’avoir acquis un discours républicain qui consiste à reconnaître le problème causé par des populations qui n’ont pas été assimilées, et au lieu de se demander comment faire pour en revenir à une véritable politique républicaine, loin des idéologies, les médias ont été désarmés culturellement. Les Français ont vu cela, ces excès, et ils les condamnent. Cela prouve tout autant la résilience des valeurs de la France.

D’où vient cette fracture selon vous entre les Français et les politiques ? L’une des explications les plus souvent avancées, c’est que les politiques sont jugés trop éloignés des préoccupations des Français. Est-ce vrai ? N’y a-t-il pas autre chose derrière tout cela ?

Yves Roucaute : Elle vient de ce que les hommes politiques ne font pas leur travail. ll faut revenir à la base et à la question "Qu’est-ce qu’un homme politique ?". Le rôle d’un homme politique est double. D’un côté, il doit écouter la population, et de l’autre il doit établir une stratégie dans l’intérêt de cette population pour l’orienter vers ce qu’on appelle le bien commun ou, pour reprendre Aristote, vers le meilleur possible pour la cité. Or, le personnel politique ne fait pas son job. Les plus malins font seulement leur carrière. A cet égard, désolé d’en parler mais je me permets de conseiller à certains politiques de lire "Eloge du mode de vie à la française" (Contemporary Boosktore), écrit en arrêtant mes autres travaux en métaphysique et sur la crise de la modernité. Cela leur permettrait de reprendre pied sur le sol républicain français, le vrai sol, loin des idéologies et des effets de manche médiatiques qui vont conduire à une crise de légalité et de légitimité violente.

Précisément, si nous écoutons la France, nous voyons qu’elle exige que les problèmes de violence, de chômage, de fiscalité, d’école, et bien d’autres, que les questions liées à la vie quotidienne, de l’ouverture des magasins le dimanche à la question des transports soient réglés.

Sur la seule question de la sécurité, la question de l’autisme du personnel politique est flagrant. On peut constater que l’ouverture des frontières à des gens qui sont inaptes à assimiler nos valeurs est irresponsable. On peut encore constater que la désintégration nationale en raison des politiques dites "d’intégration", est évidente dans certains quartiers. On peut enfin constater que des Français sont partis faire le djihad, alors qu’ils sont nés en France, de parents qui ne posaient aucun problème. Quand la classe politique passe son temps à se demander si on doit ou non enlever la nationalité française à des gens qui s’en moquent comme d’une guigne, c’est pathétique. Les Français le disent dans les cafés, mais eux continuent à faire joujou, Hollande pour tenter de prendre la droite par la gauche, la droite pour tenter de prendre le Front national sur sa droite, le FN pour surprendre par la gauche. Ne parlons pas même de l’extrême-gauche. Et la France, dans tout cela ? Tandis que le personnel politique se passionne pour un débat insignifiant autour de la buvette de l’assemblée, des trafics de drogue aux trafics d’êtres humains, des vols organisés dans les maisons secondaires aux ventes illicites de médicament sur internet, il existe bien d’autres phénomènes et causes de l’insécurité qui ne sont pas traités sur le fond.

Qu’est devenue la gauche socialiste ? Une maison de recyclage pour la haute fonction publique ? Il faut bien se souvenir que la S.F.I.O., ancêtre du parti socialiste, était ancrée sur les réalités sociales et nationales, en particulier dans le Nord et l’Est ouvrier, les Bouches du Rhône et Paris. Elle était majoritairement assimilationniste, patriote voire nationaliste – je pense ici au colonialiste qu’était le social-démocrate Guy Mollet. Or, elle a été emportée, dès la fin des années 1960, par cette vague idéologique gauchisante, laxiste, intégrationniste qui chantait le droit à la différence et un étatisme sans limite. Le coup fatal lui a été donné par l’échec de Gaston Defferre aux présidentielles. On a alors vu une gauche naviguant à vue. Elle avait perdu ses bases fondatrices sous la concurrence d’un parti communiste qui, lui-même, commençait un long processus de décadence gauchiste qui allait le conduire à abandonner les ouvriers et les êtits agriculteurs français pour leur préférer la racaille et le lunpenproletariat. La gauche s’est idéologiquement effondrée sous le coup de la réalité, notamment de la crise économique, de la mondialisation, des nouvelles formes d’organisation du travail… et des migrations. Elle fait aujourd’hui le grand écart entre Emmanuel Macron et l’extrême-gauche, ce qui n’existe dans aucun autre pays du monde. Et l’on s’amuse à voir cette gauche se prétendre "social-démocrate", alors qu’elle ne l’ait en rien. Heureusement d’ailleurs. Qu’attend Henri Weber, soutien de Laurent Fabius, qui fit naguère un excellent travail sur le théoricien de la social-démocratie, Karl Kautsky, pour rappeler ce qu’est la social-démocratie, son étatisme et son ancrage sur le monde ouvrier, à ces bureaucrates incultes, vaguement réformistes, plus héritiers de Millerand que de Mollet ? La misère intellectuelle du parti socialiste ne le permet sans doute pas. Elle ne permet pas plus de combler l’écart entre le pays réel et ces sommets politiques.

La droite est tout autant démunie intellectuellement depuis la disparition de Georges Pompidou. Le libéralisme, par exemple, ne l’a pas vraiment pénétré, si ce n’est dans son volet économique, au sens d’une idolâtrie du marché, à l’inverse des droites américaine, britannique ou allemande qui ont, elles, connu le libéralisme éthique, social, politique, économique et culturel. La droite politique française s’est écroulée idéologiquement au moment même où les autres droites occidentales n’ont jamais été aussi organisées et puissantes ! Depuis les années 70, nous avons eu une droite qui, incapable de penser l’Etat, le marché, la culture, n’a eu de cesse que de coller à la gauche. Être intellectuel, c’était être un intellectuel de gauche, même pour cette droite. Penser, c’était penser à gauche. Nous avons vu un raz-de-marée idéologique fondre sur la France, qui a permis aux idées d’intégration et du droit à la différence d’être défendues par tous. Nous avons eu des politiques radicales-socialistes quand la France était à droite, et sociales-sectaire quand elle était à gauche. Parfois, la droite s’est faite même doubler sur sa droite. C’était drôle.

Quand la pensée néoconservatrice s’est développée outre atlantique puis dans l’ensemble du monde anglo-saxon, et enfin jusque dans le monde germanique et nordique, on a vu une droite française tellement aveuglée par la gauche sectaire qu’elle a accepté la mystification «néo-conservatisme=Bush=Guerre.» Au lieu de regarder de près cette pensée qui donnait les clefs d’un conservatisme des valeurs universelles, d’un Etat variable et compassionnel avec un libéralisme efficace, d‘une ouverture à la mondialisation, à la révolution du numérique et de l’infiniment petit, et qui portait des exigences éthiques, en particulier patriotiques, la droite française s’est mise à bêler avec la gauche. Et au lieu de partir à l’offensive, contraignant son adversaire à évoluer, comme cela se fit au Royaume Uni, la droite fit le grand écart entre des positions radicales-socialistes et libérales, naviguant au gré des pressions et des accusations de la gauche relativiste.

Le pays doute de ses élites classiques, évidemment. C’est pour cela qu’il vote Le Pen et le Front national. Il veut lessiver les élites classiques traditionnelles, il en a assez. Votre sondage confirme l’idée qu’il est temps, pour la droite et le centre, de réagir en développant une nouvelle armature théorique et des propositions concrètes qui partiront du quotidien des Français et offriront des perspectives d’avenir. Non parce que l’Etat doit faire le bonheur des Français, non parce que les politiques devraient décider pour les Français, mais parce que le rôle du politique est de libérer le chemin pour libérer les énergies. Le vrai combat est dans l’imaginaire des Français. Il est culturel et il ne peut se gagner qu’en s’intéressant au quotidien des Français. Ils souffrent du manque de réformes profondes et refondatrices pour casser le moule à produire de l’échec.

Car ce n’est pas parce que les Français réagissent qu’ils ont une vision claire de ce qu’il faut faire ! Les Français savent ce qu’ils ne veulent pas, mais ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Le problème est là. Tous les démagogues s’engouffrent là-dedans en faisant des propositions qui sont des impasses pour le pays et en surfant sur les souffrances des Français. Les Français en ont marre du chômage et de l’immigration incontrôlée mais ils refusent catégoriquement le racisme et l’antisémitisme et ils se méfient de l’étatisme qui dissimule la volonté de puissance des bureaucrates, comme du libéralisme restrictif qui dissimule l’idolâtrie du marché. La force morale de la France sur ce point-là me paraît très saine. Le pays croit profondément en ses valeurs. Le poisson pourrit par la tête. Il faut que les élites se reprennent.

Certains estiment que ce n’est pas tellement le décalage entre les Français et les politiques le problème, mais plutôt le fait que les politiques sont jugés hypocrites. Aux Etats-Unis, Donald Trump a du succès alors que son mode de vie est très éloigné de celui des Américains, mais au moins il est jugé authentique…

Yves Roucaute : Les Français n’attendent pas d’un homme politique qu’il nous raconte sa vie privée, ils attendent qu’il dévoile sa stratégie pour redresser le pays et alléger ses souffrances. A cet égard, les Français ne croient guère les hommes politiques puisque les politiques eux-mêmes ne croient guère dans ce qu’ils disent. Cette défiance n’est pas nouvelle, c’est une constante depuis des siècles. Depuis Philippe le Bel, le mensonge est au sommet de l’Etat. Et les Louis XI, Richelieu ou Mazarin ont été les modèles du cynisme et de sn efficacité durant l’Ancien Régime. Ce scepticisme une preuve d’intelligence remarquable de notre nation.

Les François croient, en revanche, aux orientations stratégiques. Au fond un Richelieu ne mentait pas sur ce point. il voulait la puissance de la France et annonçait clairement que tous les moyens seraient bons pour y arriver. De même, un Charles de Gaulle, voulait la grandeur de la France, ce mélange de recherche de puissance et de modèle pour le monde autour des valeurs universelles et de défense d’un mode de vie, et il le fit. Ce qui est nouveau, depuis la disparition de Georges Pompidou c’est que les politiques, en arrivant au pouvoir, au lieu de

s’en tenir à la stratégie fixée dans les grandes lignes, s’en éloignent. Et ils finissent même parfois par faire l’inverse. François Hollande n’a pas été élu sur la ligne stratégique qu’il mène aujourd’hui. Idem pour Jacques Chirac, en 1995. Les Français attendaient des grandes réformes et ça n’a pas été le cas. L’élection de Giscard d’Estaing devait amener le libéralisme, mais sur quantité de points, par exemple la liberté des télévisions et des radios, qui renvoient pourtant un droit naturel à l’information et à la circulation défendu par tous les libéraux depuis John Locke, il a été étatiste. Envoyant même la police contre les radios libres. Et n’évoquons pas François Mitterrand, élu avec la gauche étatiste, sur un programme étatiste, qui, deux ans après, choisit le social libéralisme, libéralisant des secteurs entiers de l’économie, avant de revenir à son péché mignon, virevoltant au gré du vent.

La question n’est pas tant de savoir si les hommes politiques changent un iota de leur programme sur lequel ils se sont fait élire mais s’ils sont fidèles au cap fixé et s’ils s’y tiennent. Après, si la marée est plus forte que prévue, l’art de la politique c’est de s’adapter.

Le problème aujourd’hui, c’est qu’entre le cap gauchiste, qui fut celui du programme électoral de François Hollande, et le cap social-libéral, qui est celui de sa politique gouvernementale, il y a un gouffre abyssal. De même qu’entre Macron et Taubira, ses appels d’air au centre et son alliance électorale avec les communistes. Qui est François Hollande ? Une ombre pari les ombres. Où va-t-il ? Vers sa réélection. Que restera-t-il de lui ? S’il continue ainsi : rien. Car ce qui ne fait pas de marques ne produit pas de traces.

Les Français attendent des politiques qu’ils définissent un cap clair à atteindre, les moyens pour y parvenir et disent quels sont les efforts à faire. Personne ne peut dire quelle est la vraie position de François Hollande, quelle est la stratégie des Républicains et quelle est celle du F.N. Car naviguer sur les vagues de mécontentement dans la seule opposition au système ne mène nulle part. Gagnera la prochaine présidentielle celui qui dira où il va et comment.

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lasenorita
- 18/01/2016 - 08:39
Les Médias et les musulmans.
Nos Médias se taisent sur les méfaits commis par les musulmans: ...en 2014,en France:250 églises et cimetières chrétiens ont été profanés,28.000 viols déclarés, perpétrés par des musulmans...qui en ont parlé??...les ''élites'' essaient de dissimuler ces faits: en 2011 la correspondante de télévision américaine, a été victime d'un groupe de 200 hommes, qui lui ont arraché ses vêtements, sur la place Tahir au Caire...une journaliste française de FR3 a failli être violée, à Tunis, sur la place principale, en plein jour, lors du ''printemps arabe'' ...les Maghrébins ne quittent pas ''leur'' pays (Tunisie, Maroc, Algérie) parce que ces pays sont en guerre...ils les quittent pour profiter des ''avantages sociaux'' qu'ils ont en Europe...les Maghrébins ont voulu ''être indépendants'', ils doivent RESTER dans ''leur'' beau pays d'où ils ont chassé TOUS les non-musulmans!...
Pourquoi-pas31
- 16/01/2016 - 12:36
Les jaunes
pour La Senorita
Vous voulez parler des chinois qui ne déclarent pas leurs morts pour pouvoir faire réutiliser leurs identités par leurs clandestins. Pour ce qui concerne les populations originaires ou descendantes du Vietnam, du Laos ou du Cambodge, ils ont commencé à fuir le communisme depuis la fin de la guerre en 1956 et pour la plus grande part en 1975 lors de l'invasion totale de ces pays par des forces communistes. Pour une bonne part des premiers arrivants, ils avaient opté pour la nationalité française bien avant leur départ d'Asie. Ces peuples n'ont par ailleurs pas la mentalité chinoise (commerce et trafics).
Pourquoi-pas31
- 16/01/2016 - 12:31
Les jaunes
pour La Senorita
Vous voulez parler des chinois qui ne déclarent pas leurs morts pour pouvoir réutiliser leurs identités. Pour ce qui concerne les populations originaires ou descendantes du Vietnam, du Laos ou du Cambodge, ils ont commencé à fuir le communisme depuis la fin de la guerre en 1956 et pour la plus grande part en 1975 lors de l'invasion totale de ces pays par des forces communistes. Pour une bonne part des premiers arrivants, ils avaient opté pour la nationalité française bien avant leur départ d'Asie. Ces peuples n'ont par ailleurs pas la mentalité chinoise (commerce et trafics).