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Roman national

"Patriote" : mais que cache ce mot sur toutes les lèvres depuis dimanche ?

Publié le 18 décembre 2015
Un petit refrain a fait son retour dans les discours politiques tous bords confondus. Que ce soit Les "Patriotes" de Marine Le Pen, le "patriotisme ouvert" de Jean-Pierre Raffarin ou encore le "Soyons des patriotes" lancé par Manuel Valls à l'Assemblée, le sentiment d'appartenance national n'a jamais autant été affirmé et assumé par nos élites politiques. Et pourtant, c'est loin d'avoir tout le temps été le cas...
Yves Santamaria
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Maître de conférences des universités (Histoire contemporaine) à l’Institut d’études politiques de Grenoble, Yves Santamaria est par ailleurs Maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris habilité à diriger des recherches en Histoire.
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Un petit refrain a fait son retour dans les discours politiques tous bords confondus. Que ce soit Les "Patriotes" de Marine Le Pen, le "patriotisme ouvert" de Jean-Pierre Raffarin ou encore le "Soyons des patriotes" lancé par Manuel Valls à l'Assemblée, le sentiment d'appartenance national n'a jamais autant été affirmé et assumé par nos élites politiques. Et pourtant, c'est loin d'avoir tout le temps été le cas...

Atlantico : Le terme de "patriote" semble être au cœur d’une lutte d’influence entre le FN et le PS. Au soir du second tour, Marine Le Pen a ponctué son discours avec ce mot pour conclure son propos. Est-ce une façon de ne pas parler de "nationalisme" ?

Yves Santamaria : Ce terme de "nationaliste" est très peu utilisé par Marine Le Pen. Déjà son père utilisait le mot « patriote », « national ». Le terme "nationaliste" est d'une certaine façon rangé dans le tiroir des accessoires et il est utilisé seulement en interne. Les raisons sont historiques. Majoritairement, les droites se sont réapproprié l’héritage révolutionnaire qui met sur le même plan peuple-patrie-nation-souveraineté. Les patriotes faisaient partie du camp progressiste et anti-monarchiste qui s’opposait au camp des aristocrates cosmopolites qui quittaient la France pour l’étranger. Cette vision s'impose après 1848.

... Ce qui explique que le mot "patriote" ait remplacé celui de "nationaliste" ?

Yves Santamaria : Ce sont des « hochet lexicaux » comme disait Lénine. Chacun essaye d’en faire un usage particulier. Un nationaliste est jugé comme progressiste lorsqu'il est anti-impérialiste et a contrario comme réactionnaire lorsqu'il est aux commandes et est supposé se servir de sa doctrine pour aliéner les masses. Dans le débat politique français, le mot « patriote » est plus utilisé par les droites y compris les droites extrêmes que « nationaliste ». Celui-ci renvoie non seulement à un passé de guerre civile européenne mais aussi au camp des vaincus. C'était notamment le cas à la fin de la guerre d’Algérie. Le mot "patriote" correspond à la souveraineté nationale jugée comme plus performante que le mondialisme à quoi elle s’oppose.

Le terme de "nationalisme" est-il perçu comme fascisant ?

Yves Santamaria : C'est un terme trop connoté et il est presque ostracisé du discours officiel des dirigeants du FN car il est en effet considéré comme fasciste. Drôle de retournement au regard de son usage dans l’histoire puisque le mot fasciste était employé pour qualifier un agent de l’étranger, un traître à la patrie.

Lorsqu’Arnaud Montebourg fait référence au patriotisme économique avec son made in France, en quoi est-ce différent du patriotisme évoqué par le FN ? Y a t il une nuance dans l’héritage historique ?

Yves Santamaria : C’est une question d’image de marque et de positionnement sur l’échiquier politique. D'où la nécessité d'assigner des termes à résidence sémantique. Ainsi tout le monde connait la formule de Romain Gary : « le patriotisme, c’est d’abord l’amour des siens, le nationalisme, c’est d’abord la haine des autres». On a admis que la mondialisation n'entraîne pas seulement des conséquences positives. Et forts de ce constat, les hommes politiques se positionnent sur le clivage : ouverture vs fermeture. C’est la "mondialisation heureuse" de Jean Pierre Raffarin vs la mondialisation malheureuse de Marine Le Pen. On prend conscience alors de la valeur d’un terme et on ouvre les yeux sur une difficulté réelle. C’est un combat de communication qui est à l’œuvre. Le sens intrinsèque des mots est celui que le corps social et ses portes paroles lui donnent. Le FLN comme les partisans de l’Algérie française étaient tous les deux nationalistes sauf que les premiers étaient du côté des bons nationalistes qui souhaitaient faire avancer l’humanité vers les droits de l’homme universels alors que les seconds étaient du côté des réactionnaires. Le mot était pourtant le même. Il est d’ailleurs intéressant de noter que chez les Anglo-saxons le terme de "nationaliste" n’a pas toujours la même connotation péjorative qu’en France.

François Belley : La mode du mot "patrie" est tout à faite nouvelle car précédemment, dans la communication politique, il renvoyait au Front National et à Jean-Marie Le Pen. Il faisait partie de son champ lexical. Cet emploi du mot "patrie" par la gauche est assez nouveau. Il ne vient pas seul : il s’accompagne d’un retour en force du drapeau français tricolore, de la Marseillaise. Cette reprise des concepts nationaux par les responsables du gouvernement intervient dans un contexte de montée du Front National, observé depuis une vingtaine d’années. Il marque la volonté des personnalités politiques de récupérer l’un des points de fabrique du FN. A fortiori, compte tenu des sondages en faveur du parti présidé par Marine Le Pen. L’enjeu est de récupérer des voix.

Interviewé par Jean-Jacques Bourdin, Jean-Pierre Raffarin a utilisé l’expression "patriotisme ouvert", il ajoute donc la notion d’ouverture, ce qui montre que ce mot n’a pas encore trouvé sa signification définitive. "Patriote" et "patriotisme" sont des mots porteurs dans l’opinion publique depuis environ 5 ans. Ils peuvent aider à porter un message politique, d’où le fait que les personnalités politiques y recourent fréquemment ces dernières semaines.

Si on retrace les connotations historiques du terme "patriote", on pense au PCF, aux révolutionnaires américains et  on s’aperçoit de la pluralité de valeurs que ce mot recouvre, n'est-ce pas ?

Yves Santamaria : Il y a dans le patriotisme contemporain, et à partir de la révolution américaine, l’idée qu’il existe une communauté constituant un peuple souverain sur le territoire où il est dominant. Le patriote est celui qui défend cette souveraineté du peuple contre les autres et qui l'impose face aux ennemis intérieurs (le despotisme) et extérieurs (y compris les agents supposés de l'ennemi). Il existe un héritage commun. Derrière l’instrumentalisation, il y a cette idée d’une citoyenneté territoriale porteuse d’une souveraineté toujours menacée. C'est est une culture commune que l’on retrouve chez les américains comme chez les membres de la Ligue des Patriotes de Déroulède qui défilaient le 1er mai, avant la Grande guerre, devant la statue de Jeanne d’Arc.

Est-ce que pour le PS et pour le FN, la référence au PC et à la résistance est importante ?

Yves Santamaria : Cela a un intérêt surtout pour l’historien qui essaye de dégager du sens dans ce bruit et cette fureur. Mais cette symbolique porte moins pour les politiques à l’exception de Jean-Luc Mélenchon qui a une réelle culture historique et qui est l’un des héritiers de ce qu’Annie Kriegel appelait non sans ironie le "national-thorézisme". On n'a jamais vu de drapeaux tricolores dans les meetings trotskistes. Par contre dans les meetings du Front de Gauche, les militants peuvent agiter le drapeau sans craindre de se faire molester.

… et pour les électeurs ?

Yves Santamaria : Pour les jeunes générations, le thème de la résistance a de moins de moins de résonance. Celle-ci a tellement été utilisée par tous les bords politiques confondus, y compris par  Marine Le Pen lors de la polémique où elle appelait à résister contre les prières dans la rue, que c’est devenu un mythe qui est de moins en moins opérationnel. La résistance a été susceptible (surtout après-coup) de deux lectures : patriotique et antifasciste. Parfois en perfect harmony mais pas toujours. Sans parler de sa dimension carrément anti-boche.

En quoi le FN est-il mieux placé dans cette bataille idéologique que le PS ?

Yves Santamaria : Le FN développe un discours cohérent qui masque finalement ses incohérences dans le sens où il regroupe au sein de son parti des électorats différents. D'un point de vue théorique, il est plus aisé de développer les idées sur la fermeture et le contrôle des frontières lorsqu'un parti comme le FN est en position d’outsider. A la différence de ce dernier, le PS est au pouvoir et doit donc à la fois émettre des signes identitaires - la Marseillaise, le drapeau -dans une situation d’état d’urgence et en même temps négocier avec des firmes internationales et des institutions européennes. La rhétorique du FN est beaucoup plus performante et cohérente que celle du PS qui, il faut le rappeler, penchait plutôt vers le post-nationalisme. Les soixante huitards qui voient aujourd'hui le PS porter avec une fierté nouvelle le drapeau tricolore comme le font les militants du FN doivent ravaler leur conception trans-frontiérisme.

Comment expliquez-vous le retour du patriotisme dans une société qui a connu mai 68, l'altermondialisme, l'Europe et la mondialisation, et pour qui donc le terme était devenu tabou ?

Yves Santamaria : Il y a eu une période où le terme de "République" remplaçait systématiquement les mots de "France" et de "nation" dans la communication ministérielle. La rhétorique identitaire nationale patriotique refleurit dans les périodes où on éprouve le besoin de resserrer les rangs à coup de  marches blanches, de veillées à la bougie et autres succédanés de sacré religieux. Pour le moment, le drapeau et la Marseillaise restent des symboles performants pour la communion populaire.

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Commentaires (4)
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vangog
- 16/12/2015 - 13:46
@l'enclume Les "vivres" que vous évoquez...
sont les subventions européennes dont tous les pays ont profité, à un moment ou un autre, PAC incluse. Ces subventions au développement ont favorisé le dumping fiscal, social et la corruption à l'est, mais elles faisaient partie de la règle du jeu européiste, avant d'intégrer ces pays. Cette règle du jeu a été mal conçue et se révèle contre-productive: pourquoi ne pas en accuser les responsables Mitterrand, Delors, Lamy, Giscard, Chirac, Sarko-le-tricheur et son traité de Lisbonne? Car les pays de l'est n'y sont pour rien!
l'enclume
- 16/12/2015 - 11:51
C'est facile d'ouvrir son clapet avec le pognon des autres
vangogo - 16/12/2015 - 10:43 - Si les dirigeants européens en avaient, ils diraient à ces grands "patriotes" de l'Est. Vous êtes bien gentils les mecs, mais on vous coupe les vivres, nous verrions qui riraient les derniers. Pourquoi devrais-je payer pour des pays qui ne respectent pas leur parole.
vangog
- 16/12/2015 - 10:43
"Patriote", c'est un terme trop connoté, écrit un des
intervenants...Après le choc-de-peur, la peur des mots!...dans les dictatures socialistes d'avant-mur, les "mots trop connotés" étaient, eux aussi, interdits...moyennant quoi, le patriotisme européen se développe, aujourd'hui, à l'Est, en Pologne, en Hongrie, en Slovénie, chez ceux qui ont subi la dictature socialiste et la peur des mots...juste retour de bâton de l'histoire!