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Catastrophe évitable… et pas évitée ?

Enième choc électoral… et déjà le prochain en vue au regard de l’indigence de la réaction des partis traditionnels

Publié le 09 décembre 2015
Le 21 avril 2002 continue de donner des cauchemars et des maux de tête au PS et aux Républicains. Les élites politiques vont-ils prendre la mesure des changements durables auxquels ils doivent s'adapter ?
Bruno Cautrès
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Bruno Cautrès est chercheur CNRS et a rejoint le CEVIPOF en janvier 2006. Ses recherches portent sur l’analyse des comportements et des attitudes politiques. Au cours des années récentes, il a participé à différentes recherches françaises ou européennes...
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Vincent Pons
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Ancien élève de l'Ecole normale supérieure et du MIT, Vincent Pons est professeur d'économie à Harvard et co-fondateur de la société Liegey Muller Pons, spécialisée en stratégie électorale. Twitter : @VinPons
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Le 21 avril 2002 continue de donner des cauchemars et des maux de tête au PS et aux Républicains. Les élites politiques vont-ils prendre la mesure des changements durables auxquels ils doivent s'adapter ?

Atlantico : A chaque nouvelle poussée du FN, les médias, les analystes voire les politiques eux-mêmes parlent d'un "nouveau 21 avril" en référence à la seconde place de Jean-Marie Le Pen au premier tour de la Présidentielle de 2002. En quoi se dirige-t-on vers un tripartisme et en quoi celui-ci va-t-il obliger les partis traditionnels à revoir leur copie et leur stratégie ?

Bruno Cautrès : La vie politique française affirme ce que nous appelons au CEVIPOF : sa tripartition de l’espace politique français. Nous ne voulons pas utiliser le terme tripartisme qui revoit à la quatrième république, un gouvernement de trois partis politiques qui gouvernent ensemble. Nous ne sommes pas dans ce cas de figure. Nous sommes dans un espace politique qui est fait de trois blocs : celui de la droite, de la gauche et celui de l’extrême droite. Nous ne sommes pas vraiment dans une quadripartition. C’est comme ci, les différences idéologiques entre les électeurs d’extrême gauche, des écologistes, et ceux de la gauche classique, étaient moins différentes que celles entre les électeurs de la droite et de l’extrême droite. C’est en cela que nous avons une tripartition et pas une quadripartition. 

Nous voyons très bien que cette tripartition s’est installée dans la vie politique fondamentalement depuis 2002. Elle commence à donner des signes à partir de la présidentielle de 1995 : Jean-Marie Le Pen faisait 15% des voix. En 2002, il se qualifie au second tour. Il n’y a guerre que Nicolas Sarkozy en 2007 qui arrive à piquer 1/3 des voix de Jean-Marie Le Pen. Mais même dans ce contexte difficile il fait tout de même 10%. En 2012, Marine Le Pen fait 17,9 %. Nous avons une donnée qui est devenue beaucoup plus structurelle permanente dans la vie politique française. 

Aujourd’hui, il faut partager le gâteau avec le FN. Du point de vue de l’organisation et du fonctionnement des partis politiques, cela veut dire qu’effectivement ils peuvent s’attendre à devoir céder des parts de marchés avec le FN. Nous l’avons  déjà vu aux européennes, avec le nombre de députés européens. C’est le Front National qui a obtenu le groupe le plus important. Aux élections départementales et municipales, nous avons vu qu’il a pris des sièges, et on le voit aujourd’hui dans les sièges des conseils régionaux. 

Même si le FN ne gagne aucune région, il bénéficiera d’une augmentation significative de son nombre de conseillers régionaux, alors même que le nombre de sièges a été divisé par deux. La part qui revient au FN sera donc d’une certaine manière plus visible. 

Je confirme par ailleurs ce qu’affirme Vincent Pons: nous sommes biens dans une tripartition et ce phénomène me semble assez structurel et durablement implanté dans la vie politique française. D’autant plus, qu’il y a eu une époque ou nous pensions que ce qui réussissait bien au FN étaient les élections présidentielles, car il y avait son leader Jean-Marie Le Pen qui était un bon candidat qui faisait du bruit dans la campagne. Maintenant nous ne pouvons plus dire ça. Le FN réussit dans toutes les élections. En ayant progressivement racine dans le territoire à travers les élections locales - effectivement les élections locales servent de vecteurs - c’est comme s’ils avaient multiplié le nombre de canaux d’influences. Cela est à inscrire dans la perspective des élections de 2017. Détenir un solide réseaux d’élus locaux est un capital extrêmement important. Le PS en a toujours bien davantage que le FN, mais dans la vie d’un parti cela compte beaucoup. Des élus locaux signifient un effet d’entrainement au niveau des sections locales du parti, des adhérents qui viennent, d’avantage de gens pour coller des affichent pour tracter, pour diffuser des idées. Il s’agit d’un capital très précieux. Peut-être que cette donnée là est encore plus précieuse que les subventions publiques que rapportent chaque élu régional.

Vincent Pons : Je n'utiliserais pas exactement le terme de "tripartisme". Il s'agit davantage de l'avènement d'un système partisan à 3 blocs. On le constate sur les résultats de ce premier tour des élections régionales, trois formations politiques principales se partagent très nettement les voix : le FN, les Républicains et le Parti Socialiste. D'un côté il y a le FN qui a, d'une certain manière, phagocyté l'extrême droite, et les Républicains unis à l'UDI et dans certaines régions au Modem. De l'autre, on observe un Parti Socialiste qui n'a pas réussi à unifier le camp de la gauche et qui se retrouve avec le Front de Gauche et Europe Ecologie les Verts qui cumulent à eux deux à plus de 10% des suffrages exprimés.

Ce glissement n'est pas nouveau. Mais nous arrivons à un stade où ce système politique à 3 blocs est devenu manifeste. C'est une première dans la Vème République d'autant plus avec une extrême droite aussi forte.

Cette recomposition du champ politique est un véritable enjeu pour les partis traditionnels que sont le PS et les Républicains. Tout d'abord parce qu'ils sont confrontés pour la première à cette situation où ils ne sont plus les deux seuls grands partis en France. Ils vont devoir composer avec le FN. On le voit déjà avec le retrait des listes PS en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Lapes-Côte-d'Azur. La question du Front Républicain fait partie de ces enjeux qui s'imposent dorénavant aux partis traditionnels. D'ailleurs si le FN venait à faire un score important aux législatives de 2017, il est probable qu'aucun des 3 grands partis puissent gouverner à lui seul. Il faudra donc que 2 des 3 blocs s'entendent ou tout du moins il sera nécessaire de faire des alliances pour diriger le pays. Cette situation inédite sous la Vème République impose donc un changement radical dans la stratégie et le rôle politique des 2 grands partis traditionnels.

En quoi les résultats de ce premier tour des élections régionales touchent-ils très concrètement et tout particulièrement les partis traditionnels plus que toute autre élection précédente ?

Vincent Pons : La première raison est très simple et très concrète. A l'issue du premier tour, le FN est en tête dans 6 des 13 nouvelles régions. Elle se maintient d'ailleurs au second tour dans l'ensemble de régions, ce qui est du jamais vu. Mais ce n'est pas très surprenant car on s'attendait à voir se confirmer la poussée du Front National de ces dernières années. D'ailleurs le type de scrutin appliqué aux régionales favorisent le FN car le seuil pour se maintenir est de seulement 10% des suffrages exprimés soit moins que les 12,5% en cours pour les départementales. En définitive il y a plus de chance de voir 3 partis s'affronter au second tour. Le FN en profite car il n'a pas besoin d'atteindre les 50% pour gagner. 40% peut suffire.

Qui dit victoire du FN dans certaines régions, dit forcément baisse du nombre d'élus pour les deux grands partis traditionnels. Ils vont devoir partager la part du gâteau. La sanction est certes plus lourde pour le PS que pour les Républicains mais c'est le FN qui en sort véritablement gagnant. Si sa victoire se concrétise, le Front National pourra compter sur des cadres locaux qui vont pouvoir nourrir les équipes politiques à l'échelon national et donc d'une certaine façon renforcer l'influence du FN sur le territoire français.

Il y a aussi un impact financier mais il reste pour moi secondaire. Bien entendu, le PS va accuser un manque à gagner en termes de financement public. Néanmoins cette perte reste relative. Le parti de gouvernement perd en règle générale les élections intermédiaires. En 2010, l'UMP avait perdu un grand nombre de régions. Cette fois c'est au tour du Parti Socialiste de s'incliner même si une nouvelle donne s'est imposée notamment avec ces régionales. En effet, le FN constitue dorénavant une force qui fait jeu égal avec les deux grands partis traditionnels. Par conséquent sur ces élections, ce n'est pas tant le parti classique d'opposition, à savoir les Républicains, qui va gagner de l'argent mais davantage le FN.

Bruno Cautrès : Au niveau des relais locaux, le PS a déjà beaucoup souffert depuis les dernières élections. La succession des élections municipales et départementales lui avait déjà couté assez cher en termes de relais locaux mais aussi de moyens pour ses fédérations locales. Les conséquences étaient importantes.

  1. A cette heure-ci, il faut malgré tout rester prudent. Nous ne sommes qu’au premier tour, nous ne savons pas bien ce qu’il va se passer dans certaines configurations. Si la gauche confirmait sa perte d’exécutifs régionaux, cela ne ferait que rajouter une couche supplémentaire aux difficultés qu’elle avait déjà rencontrée aux élections de 2014. 

Du point de vue des Républicains, le constat est moins évident. Ils ont directement bénéficier des mauvais résultats de la gauche lors des départementales, et, dans une moindre mesure lors des élections municipales. Ils ont été globalement moins touchés dans leurs relais locaux et dans les postes au niveau local que le PS - alors que le PS jusqu’à présent, tient beaucoup sur ces relais locaux. 

L’expression d’un nouveau 21 avril n’est pas pour autant complètement adapté à décrire ce lot de conséquences au niveau local, puisque ce que l’idée que renvoi la signification du 21 avril est celle des grands partis qui disparaissent et qui n’arrivent pas à se qualifier pour le deuxième tour. Nous n’avons pas eu de Socialistes ou de Républicains qui ne remplissent pas la condition pour se tenir au second tour : rassembler au moins 10% des voix exprimées au premier tour. 

Néanmoins, ce qui peut nous renvoyer au 21 avril est le fait que dans 6 des 13 régions, le FN est en tête. Ce n’est pas pareil qu’en 2002, ou Jacques Chirac était devant Jean-Marie Le Pen, mais le constat est le même : le FN vient, clairement, perturber le jeux bipolaire de la gauche et de la droite. 

Je ne connais pas les sommes exactes sur ce que peut apporter financière un élu régional à un parti. Je pense en outre qu’il s’agit d’une somme non négligeable. Il ne s’agit pas que d’un poste à un cadre local, mais d’un exécutif régional. Il s’agit d’une façon d’avoir accès à des moyens de travail et des moyens d’influence politique très importants. Les 13 régions renforceront par ailleurs cette influence. Le fait d’avoir moins de président de région va les rendre les beaucoup plus visibles sur la scène médiatique. Au minimum du point de vue du capital symbolique, des moyens d’actions que cela donne au niveau régional, de la visibilité que ça peut donner au niveau national, et du point de vue des essayes d’entrainements que cela peut avoir, je pense qu’avoir des élus régionaux n’est pas négligeable. Lorsque qu’un homme ou une femmes est candidat(e) aux départementales, si il/elle a un président de régions à ses côtés, cela le crédibilisera. Il y a un tas d’effets en chaine qui existe.

Ces deux partis traditionnels que sont le PS et les Républicains donnent-ils l'impression de prendre conscience de cet enjeu majeur ?

Vincent Pons :Le simple fait d'observer des désistements et l’émergence de discussions autour du concept de "front républicain" prouvent qu'ils commencent à en prendre conscience. Les mots utilisés par le personnel politique du PS et des Républicains tend à souligner qu'ils se rendent en partie compte de la situation. Même s'il est difficile de dire qu'à long terme ces paroles vont être retranscrites en actes, ce qui n'a été que peu le cas jusqu'à présent, on peut tout du moins noter que le discours de plus en plus alarmant sur la montée du FN.

Bruno Cautrès : Oui, ils en ont pris conscience. Aujourd’hui le FN est devenu l’épicentre de la vie politique française. C’est un parti autour duquel tout le monde tourne et sur lequel ils font converger leurs critiques. Ils ont mis certes du temps à comprendre que de nombreux mouvements sociaux ressentaient des sentiments d’exaspération, d’impatience, de raz-le-bol.

Si nous reprenons l’historique, cela remonte à loin. Le sentiment profond que les hommes politiques ne s’occupent pas de ceux « ordinaires » à commencé à décoller dans le début des années 1990. Comme je le disais, Jean-Marie Le Pen faisait 15% à la présidentielle de 1995. Dans les années 90, beaucoup de revendications ont jailli, sur le fait notamment qu’il n’y avait plus de pilote dans l’avion au niveau de l’Europe, que nous ne savions plus où la France allait … Les grands partis politiques de gauche et de droite ont mis une décennie avant de le réaliser vraiment, en 2002.

Quelles sont les solutions dont disposent le PS et les Républicains pour s'adapter à cette nouvelle donne majeure ? Ne vont-ils pas être obligés d'évoluer dans leur façon de faire de la politique et de parler aux citoyens ?   

Vincent Pons : C'est devenu une nécessité. Les partis traditionnels ne peuvent pu se permettre de faire de la politique comme il y a 10 ans. On note d'ailleurs déjà quelques évolutions. Je le constate sur le terrain à travers ma start-up en stratégie électorale Liegey Muller Pons. Les citoyens ont fait comprendre aux hommes politiques qu'ils ont besoin d'être écoutés quotidiennement, et ce pas seulement au moment des élections. Il y a sans doute un besoin de plus de démocratie. Et le personnel politique commence à évoluer en ce sens. Il va à la rencontre de ses concitoyens tout au long de l'année, même en dehors des périodes de campagnes électorales. On cible aussi davantage les attentes de l'électorat à travers de nouveaux mécanismes. Des initiatives se développent pour rapprocher les citoyens du politique. Cette évolution est nécessaire et il faudra veiller à ce qu'elle se poursuivre car c'est ce qu'attendent les Français.

Bruno Cautrès : Nous l’apercevons mal aujourd’hui. Je n’ai pas l’impression que les ténors des deux familles politiques de la gauche et de la droite aient modifié leur style de communication. Est-ce qu’il devrait parler plus franchement ? Je n’ai pas l’impression qu’ils soient dans ce cas de figure. Nicolas Sarkozy avait cherché à s’engager sur ce terrain de communication. Cela s’est révélé être plutôt une réussite pour son élection de 2007. Nous nous souvenons notamment de l’histoire du « kärcher ». Une fois président, il a voulu prolonger ce mode de communication, mais je crois qu’il n’a pas remarqué que les électeurs estimaient qu’il pouvait certes s’agir d’un discours de candidat, mais pas de président de la République.

Outre Nicolas Sakozy, cette génération de politique essaye timidement d’explorer ce terrain de communication. Je pense à Laurent Wauquiez qui affirmait « il faut appeler un chat un chat ». Au fond, il reste malgré tout dans ces familles un style de discours qui demeure différent de celui du Front national. Les autres ténors des Républicains tels que NKM, Bruno Le Maire, Valérie Pécresse sont plutôt dans une rhétorique de droite assez classique, néo-gaulliste, je pense à Guaino, ou même François Fillon.

Du côté de la gauche, c’est pareil. Les seuls qui sortent du « main Stream » sont ceux d’extrême gauche, mais qui ont un discours très porté et engagé sur la lutte des classes. Olivier Besancenot par exemple a une rhétorique qui porte, un style propre à lui et bien identifié. Les Français reconnaitraient facilement une de ces interviews si sa voix était modifiée.

Peut-on dire que nous allons vers une rupture ou une ère évolutive ?

Bruno Cautrès : Il y a des signes évidents de soufflements.

En premier lieu, cette tripartition. La cinquième république a été construite autour de l’idée que le scrutin majoritaire à deux tours allait forcer les alliances à l’intérieur des deux grands blocs de la gauche et de la droite, afin qu’au deuxième tour ce soit ces deux grands blocs qui s’affrontent. Les institutions ont été pensées autour de cette stabilité et cette alternance, tantôt à gauche, tantôt à droite, de manière à éviter l’instabilité chronique de la cinquième République. Nous voyons bien qu’il  a aujourd’hui un mauvais ajustement entre ce cadre qu’offre la Vème république et la tripartition. Cela coince régulièrement. La candidate au FN est numéro 3 aux présidentielles, le parti réalise un score en moyenne aux élections législatives entre 12 et 13% et finalement n’a que deux élus à l’Assemblée nationale. Imaginez que le week-end prochain, le FN n’emporte aucune région, alors qu’il était en tête de 6 des 13 régions, en ayant 2 régions à plus de 40%. Je crois que l’on pourrait quand même dire que quelque chose ne tourne pas très rond dans le système. Il s’agit de signes qui révèlent que ces institutions, conçues pour un système politique à deux blocs, ont du mal avec trois blocs.

En outre, nous avons le sentiment que la démocratie en France ne fonctionne pas comme elle devrait. Les taux de participation ne sont pas brillants depuis plusieurs années.  Ajouté à cela, nous recevons des signes clairs d’effondrement de la vie partisane. Aujourd’hui, le plus grand parti politique est le parti des Républicains, qui tournent à moins de 200 000 adhérents. Le PS serait à 90 000, EEVL de l’ordre de 15 000 adhérents. Ces chiffrent sont relativement bas. Le temps d’adhésion est quant à lui bref. Des études ont révélé que ceux qui adhèrent à des partis politiques restent de l’ordre de deux ou trois ans. Notre démocratie sociale ne fonctionne pas bien, tout comme notre participation sociale, qui n’est pas extraordinaire. L’adhésion aux syndicats est basse. Ces différents signes nous montrent que nous avons besoin de réfléchir au fonctionnement de la démocratie française.

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MONEO98
- 09/12/2015 - 15:39
tripartition pas d'accord avec les dénominations officielles
Sur le camembert nous partirions de l'extrême gauche mélanchonesque à l'extrême droite lepéniste
si l'on regarde les idées Melanchon et Lepen sont d'accord sur tout sauf l'immigration ( notons qu'en Russie les pro communistes sont appelés extrême droite)
au PS une partie protestataire est toujours marxiste dans la lutte des classes et donc plus proche de Mélanchon ,une autre partie est purement opportuniste prenant le vent comme il vient et il y a l'aile
droite avec Macron et Valls et manipulator totalement alignés sur la politique US
Côté Droite on est pour partie à la recherche du centre perdu depuis Giscard avec comme programme surtout pas de vagues et puis une tendance droitière plus sécuritaire mais honteuse de l'être;
Ajoutez les ambitions personnelles et vous avez du blougui boulga que les électeurs rejettent en votant avec leurs pieds ...
l'ensemble du personnel politique sauf Lepen dit qu'il n'y a pas , pour la première fois, un problème spécifique d' assimilation avec l'islam ...
Sur cette ligne cad en niant la réalité Lepen finira Présidente