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De la Russie à l’autorité de l’Etat, Sarkozy est-il en train de retrouver sa capacité à imposer le tempo du débat politique ?
Publié le 13 novembre 2015
Depuis quelques jours, le débat public s’est réorganisé autour des propositions de Nicolas Sarkozy autour de la sécurité ou de la Russie, à tel point que le gouvernement s'est placé dans une posture de réaction.
Bruno Jeudy est rédacteur en chef Politique et Économie chez Paris Match. Spécialiste de la droite, il est notamment le co-auteur du livre Le Coup monté, avec Carole Barjon.
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Depuis quelques jours, le débat public s’est réorganisé autour des propositions de Nicolas Sarkozy autour de la sécurité ou de la Russie, à tel point que le gouvernement s'est placé dans une posture de réaction.

Atlantico : Cette semaine, Nicolas Sarkozy semble vouloir reprendre du terrain, tant dans son déplacement en Russie, que dans l’annonce de nouvelles propositions en matière de sécurité… Que cherche t-il ? Quelle est sa stratégie ?

Bruno Jeudy : Nicolas Sarkozy en revenant sur le terrain de la sécurité renoue avec son point fort. Il s'agit incontestablement de sa meilleure carte à la fois pour renforcer son rôle de chef de d'opposition, mais aussi pour taper sur l'exécutif comme il l'a fait toute cette semaine. Le terrain de la sécurité lui permet d'accroître l'avantage qu'il a sur ce terrain par rapport à Alain Juppé qui n'a pas encore fait de proposition, à Bruno Lemaire, qui peaufine les siennes, et surtout à François Fillon, qui s'est concentré sur le terrain de l'économie. Donc pour Nicolas Sarkozy il s’agit surtout d’un terrain qui lui permet de repartir de l'avant. La séquence économie du mois dernier à été plombée par la controverse avec Nadine Morano. Cette fois-ci, il a réussi à aligner les planètes dans un sens plus favorable. 

On se demande même s’il a bénéficié de la complicité de Manuel Valls qui a décidé de relever le défi et le match des "supers flics", un terrain sur lequel Nicolas Sarkozy peut tirer l'avantage.

Justement, le gouvernement réagit en entrant dans le jeu, peut-on en conclure que c’est Nicolas Sarkozy qui mène la valse ?

Nicolas Sarkozy fait ses propositions, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve ont décidé de lui tenir tête, car ils refusent le procès de laxiste qui leur est fait. Il essaie de revenir sur un terrain plus favorable et même si Manuel Valls et Bernard Cazeneuve incarnent une gauche sécuritaire qui n'a plus rien à voir avec la gauche laxiste traditionnelle décriée par la droite, il n'en demeure pas moins que l'ancien président bénéfice toujours de son image d'ancien ministre de l'Intérieur efficace. Une image, qui a largement contribué à la conquête du pouvoir en 2007. Il essaie de renouer avec un peu de nostalgie et l'espoir que cela puisse lui réussir de la même manière en 2015.

La manière dont Manuel Valls et Bernard Cazeneuve essaient de lui répondre est intéressante, en tentant par exemple de prendre du terrain à Grenoble, qui est une ville hautement symbolique pour Nicolas Sarkozy, puisqu’il prononça sur place un discours qui a contribué à la dégradation de son image dans la deuxième partie de son quinquennat.

Est-ce que cette reprise de terrain est vraiment significative pour laisser penser qu’il reprend la main ?

Ce qui est certain, c’est que Nicolas Sarkory a décidé d’accélérer pendant la campagne des régionales, alors qu’il avait lu-même souligné le fait qu’il fallait rester en retrait. Il a  accéléré son calendrier, les conventions se succèdent sur un rythme assez soutenu. On voit que c’est lui qui est à l’offensive et qui donne le rythme. Cependant, son trou n’est pas encore fait, il est largement concurrencé par Alain Juppé, et même François Fillon et Bruno Lemaire ont décidé de contester son leadership. Les jeux restent effectivement très ouverts, pour le moment, rien n’est joué.

Le Sarkozy de 2015 est-il le même que celui de 2007 ?

Pour Nicolas Sarkozy, le challenge est de faire du neuf avec du vieux. La machine des idées s’est un peu essoufflée. Malgré le retrait relatif de deux ans et demi, il n’a pas régénéré vraiment cette machine. Les propositions en matière de sécurité sont assez significatives sur ce point-là. Ses propositions de mesures sont déjà connues, déjà pensées. Dans son discours, on ressent un peu de mea culpa, de rétropédalage même sur la question des aménagements de peines. Il revient sur un dispositif qui a été mis en place par Rachida Dati qui dispensait de peines les personnes condamnées à moins de 10 ans de prison, il veut réduire cette durée à 6 mois. Tout son défi est donc de faire du neuf. Un peu plus d’un an après son retour, c’est là que réside toute sa difficulté. 

Le renouvellement de son entourage est en outre difficile, même parfois douloureux, notamment lorsqu’il se sépare de certain ou de certaine. L’épisode Nadine Morano est là pour en témoigner. On voit également que le renouvellement chez les Républicains ne sont pas si faciles que ça. 

Le Sarkozy numéro 3 est un peu plus en difficulté que Sarkory numero 2 et davantage que le Sarkozy 1.

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Jardinier
- 08/11/2015 - 13:04
Meme la dessus, je ne trouve pas le bilan
de Sarkozy tellement brillant. Entre la suppression de la double peine et ce dispositif "Dati" exonérant de peine les condamnés à moins d'un an de prison ferme, ça ne correspondait en rien à ses promesses. Quand au résultat, guère d’amélioration sur les cinq ans, le karcher a du tomber en panne. Quand à ses propositions, du moins celle que je vois dans l'article, de revenir à 6 mois d’exonération de peine au lieu d'un an, c'est nul. Une peine doit être appliquée, un point c'est tout, qu'il ne comprenne pas ça, veut dire qu'il n'est pas en phase avec son électorat.