En direct
Best of
Best of du 11 au 17 janvier
En direct
Flash-actu
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Succès du lait d’amande : les abeilles ne disent pas merci aux bobos bio

02.

Quand certains médicaments changent drastiquement nos personnalités dans l’indifférence totale de l’industrie pharmaceutique et des autorités sanitaires

03.

Arretmaladie.fr permet d’obtenir un arrêt maladie en 3 minutes sur internet mais déclenche la colère de la sécurité sociale. Sauf que...

04.

Epidémie de gastro-entérites : tout ce qu’il faut savoir pour éviter d’attraper le norovirus

05.

Chine : un virus mystérieux inquiète les autorités chinoises. Et désormais l'OMS

06.

La bombe démographique européenne : à partir de 2021, la population diminuera

01.

Ce boulevard qui devrait s’ouvrir au RN… mais ne s’ouvre pas tant que ça

02.

"Des profondeurs de nos cœurs" : un livre qui ébranle l'Eglise

03.

LR : le tigre de papier

04.

Jeanne Balibar (« Les Misérables ») veut qu'on enseigne les mathématiques en arabe !

05.

Ce duel nationaux/mondialistes auquel s’accrochent Marine Le Pen et Emmanuel Macron alors qu’il n’intéresse pas vraiment les Français

06.

« Voulez-vous que l'air soit plus pur ? » : le référendum que Macron ne peut pas perdre !

ça vient d'être publié
pépites > Politique
A torts ou à raison ?
Violences policières : Sibeth Ndiaye défend les forces de l'ordre
il y a 5 heures 39 min
pépites > Politique
"10, 9, 8... boum"
Donald Trump raconte l'élimination du général Qassem Soleimani par les forces américaines
il y a 8 heures 5 min
rendez-vous > Science
Atlantico Sciences
Proxima Centauri c : y a-t-il une superterre à 4,2 années-lumière du Soleil ? ; Bételgeuse : sa baisse de luminosité décryptée par Sylvie Vauclair
il y a 12 heures 59 sec
décryptage > International
Fiche de lecture

Goliath : le livre choc sur la manière dont les citoyens occidentaux ont organisé la dangereuse impuissance des démocraties (et la surpuissance des géants du web)

il y a 13 heures 26 min
décryptage > Culture
Atlantico Litterati

Daniel Pennac, rêveur sacré

il y a 13 heures 29 min
décryptage > International
Disparition passée inaperçue

Avec la mort du sultan d'Oman, quel avenir pour la diplomatie conciliatrice au Moyen-Orient ?

il y a 13 heures 30 min
décryptage > Société
Bonnes feuilles

Attentat de Charlie Hebdo, entraves à la laïcité : vers le rétablissement du délit de blasphème ?

il y a 13 heures 32 min
décryptage > Religion
Bonnes feuilles

Comment le dieu social s’est installé dans l’inconscient des musulmans

il y a 13 heures 33 min
décryptage > Religion
Au nom de l'islam

Malik Bezouh : « Le fondamentalisme musulman ne sera pas défait à coups de proclamation de morale creuses »

il y a 13 heures 53 min
décryptage > Economie
Une bromance

Ce que “l’amitié” entre Donald Trump et Bernard Arnault révèle de la manière dont l’Europe a échappé au pire de la guerre commerciale. Sans que rien ne soit gagné...

il y a 14 heures 32 min
light > Politique
Une nouvelle vie
Royaume-Uni : le prince Harry et son épouse Meghan Markle renoncent à leur titre d'altesse royale
il y a 7 heures 10 min
pépites > Politique
Numéro 1
Municipales 2020, Paris : Anne Hidalgo prend la première place
il y a 10 heures 34 min
décryptage > Tribunes
De nouveaux enjeux

Les étranges voeux d’Emmanuel Macron pour l’environnement en 2020

il y a 12 heures 43 min
décryptage > Economie
Un constructeur qui tient la route

Baisse des ventes mondiales d’automobiles : comment Renault est parvenu à limiter la casse même sans Carlos Ghosn

il y a 13 heures 28 min
décryptage > Politique
On a besoin de lui !

M'jid el Guerrab (plus connu sous le sobriquet de "l'homme au casque") va-t-il reprendre du service auprès de Ségolène Royal ?

il y a 13 heures 30 min
décryptage > International
Contre-intuitif

Pourquoi, contrairement aux apparences, l'Iran a gagné face aux Etats-Unis

il y a 13 heures 31 min
décryptage > Santé
Bonnes feuilles

Système de santé en France : les dérives de la gestion administrative et du manque d’engagement et de courage du pouvoir politique

il y a 13 heures 33 min
décryptage > Social
Bonnes feuilles

Paris brûle-t-il ? : les Gilets jaunes face au "mépris" d’Emmanuel Macron

il y a 13 heures 33 min
décryptage > Politique
Etre pris la main dans le sac

Mais pourquoi les pêcheurs chinois découvrent-ils autant de petits sous-marins espions dans leurs filets ?

il y a 14 heures 14 min
décryptage > Politique
La factrice sonne toujours deux fois

L’arme à 3 coups qui pourrait porter Ségolène Royal vers 2022

il y a 14 heures 58 min
Tout le monde se revendique républicain, alors qu’en réalité personne ne le serait vraiment.
Tout le monde se revendique républicain, alors qu’en réalité personne ne le serait vraiment.
Telle est la question

Etre (ou ne pas être) républicain : quand Frédéric Rouvillois jette un pavé dans la mare de nos consensus mous et paresseux

Publié le 10 novembre 2015
Depuis les débats qui ont suivi les attentats de Charlie Hebdo, la sur-utilisation des termes "républicains" et "République" semble avoir désactivé leurs contenus. Mais leur définition n'a-t-elle jamais été fixe depuis la révolution française ?
Frédéric Rouvillois est professeur de droit public et écrivain.Professeur agrégé de droit public à Paris V depuis 2002, où il enseigne le droit constitutionnel et le contentieux constitutionnel, il centre ses travaux sur le droit de l’Etat et sur l...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Chroniqueuse pour le site et le mensuel Causeur, Isabelle Marchandier a été attachée de presse pour les Editions du Cerf après avoir été journaliste à Valeurs Actuelles et programmatrice à RMC.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Frédéric Rouvillois
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Frédéric Rouvillois est professeur de droit public et écrivain.Professeur agrégé de droit public à Paris V depuis 2002, où il enseigne le droit constitutionnel et le contentieux constitutionnel, il centre ses travaux sur le droit de l’Etat et sur l...
Voir la bio
Isabelle Marchandier
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Chroniqueuse pour le site et le mensuel Causeur, Isabelle Marchandier a été attachée de presse pour les Editions du Cerf après avoir été journaliste à Valeurs Actuelles et programmatrice à RMC.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Depuis les débats qui ont suivi les attentats de Charlie Hebdo, la sur-utilisation des termes "républicains" et "République" semble avoir désactivé leurs contenus. Mais leur définition n'a-t-elle jamais été fixe depuis la révolution française ?

Des républicains antimondialistes aux républicains européistes, des républicains souverainistes aux républicains libéraux, du FN au Front de Gauche, de Hollande à Sarkozy, tout le monde se revendique républicain, alors qu’en réalité personne ne le serait vraiment. La République a beau se retrouver sur toutes les langues des politiques et sous toutes les plumes, la belle est portée disparue. La litanie des "valeurs républicaines", religieusement psalmodiée, à chaque sermon politique depuis les attentats du 11 janvier, sonnerait complètement creux.

Tel est le pavé que Frédéric Rouvillois jette dans la mare du consensus mou en démontrant, dans son nouvel essai, "Etre (ou ne pas être) républicain", qu’il est impossible de déterminer ce qu’est la République, et que par conséquent celle-ci serait indéfinissable et insaisissable. Le parti pris est audacieux, le constat déconcerte, l’analyse déroute et la conclusion met mal à l’aise. Sous le poids d’une argumentation historique bien étayée, Frédéric Rouvillois s’amuse à faire vaciller cette République que l’on croyait indéboulonnable, bien installée sur son sacro-saint triptyque Liberté-égalité-fraternité, auquel s’est ajoutée l’incontournable laïcité et fait voler en éclat nos préjugés de citoyens engagés.

Isabelle Marchandier : Dans sa chronique du Figaro de la semaine dernière, Éric Zemmour vous accuse de vouloir "déconstruire une République qui n'existe plus" et ce faisant de "mettre une claque à votre grand-mère"…Que lui répondez-vous?

Frédéric Rouvillois : J'ai infiniment d'estime pour Éric Zemmour et pour les combats qu’il mène tambour battant, à la hussarde, ou plutôt, à la façon des soldats de l'an II, qui sont à la base de sa mythologie personnelle. Mais là je crois qu'il se trompe de cible. Le propos de mon petit essai n'est pas de déconstruire une République qui n'existe plus, mais de constater que "La République", en tant qu'essence, n'a jamais existé. Il y a eu, à toutes les époques, des Républiques aux innombrables visages, parfois démocratiques ou despotiques voir totalitaires, parfois libérales ou nationales, parfois universalistes ou particularistes. C'est pourquoi, dire de quelqu'un qu’il est républicains, ou qu’il ne l’est pas, n'a pas beaucoup de sens, comme le disait déjà Proudhon au XIXe siècle. Ce que je dénonce ici, ce n'est donc pas la République, d’hier ou d’aujourd’hui, c'est plutôt l'usage de ce mot, "républicain", et l'effet de sidération, d'hypnose, et d'occultation qui en résulte. Il suffit de prononcer ce mot sacré ou bien l'une de ses déclinaisons - comme les fameuses "valeurs républicaines" - pour que chacun se taise et s'incline.

Qu'à certaines époques, des Républiques aient effectivement défendu la nation et la souveraineté, comme le rappelle Éric Zemmour, ne fait aucun doute. Mais là où il y a abus, à mon sens, c’est de considérer ces thèmes, nation, souveraineté, etc, comme intrinsèquement liés à la République, ou à ce que Zemmour appelle les "anciens principes de la république", bref, à une République authentique, véritable, que l'on pourrait donc légitimement opposer, comme il le fait, à une République factice, contrefaite, usurpatrice, celle qui brûle tout ce que l'autre a adoré, et qui adore tout ce qu'elle a brûlé. Pour reprendre encore les termes d'Éric Zemmour, "les prétendus républicains d'aujourd'hui" ne sont, au fond, pas moins républicains que "les farouches républicains" d'hier, même si les uns bradent la nation que les autres ont voulu défendre jusqu'à la mort, la leur, et celle des autres. Simplement, ces derniers étaient des républicains patriotes, alors que les autres, convaincus que la patrie est désormais désuète et dépassée, ne le sont pas.

Éric Zemmour reproche, à juste titre, aux républicains d’aujourd’hui de dire "la République pour ne pas dire la France () pour déraciner à nation et son peuple". Mais les républicains d'hier en furent-ils vraiment innocents lorsqu'ils proclamaient que la France commençait avec eux, et qu’ils s'acharnaient à éradiquer minutieusement la mémoire, et donc les racines de l'ancienne France, au nom d'un progrès nécessaire et d'une raison universelle ?

Pour contrer la montée de la radicalisation islamiste et la désaffiliation nationale, en appeler à une République forte qui réaffirme l’autorité de ses principes ne servirait donc à rien ?

Le suffrage universel, l’école, l’universalisme ou la laïcité, aucun de ces critères que l’on a l’habitude de citer pour définir la République ne sont spécifiquement républicains puisqu’ils existent dans des systèmes qui ne sont pas des Républiques tout en étant absents de nombreuses Républiques, passées ou présentes. Derrière le mot République, derrière cette unanimité de façade, il y a en fait un profond désaccord sur la chose. Si on prend l’exemple de ce que j’appelle "la légende républicaine", forgée sous la III République, on est frappé de voir comment cet ensemble d’idées et de thématiques s’avèrent incompatibles avec la réalité du fonctionnement de la Ve République. La primauté du parlement, l’absence d’incarnation du pouvoir, le principe de représentation sont à l’opposé de la démocratie directe et du référendum. Pour la gauche socialiste et radicale, la République gaullienne n’est pas une véritable République alors qu’a contrario pour le conservateur de droite gaulliste, la Vème République est un très bon système qui est parfaitement républicain. Le même mot sert désigner des réalités antagonistes. La République de Vincent Auriol n’est pas celle du Général. Bref, la République des uns est donc l’anti-République des autres.

Dans ces conditions, à quelle République faut-il en appeler ? Et à quels principes ? Si l’on ne sait même pas ce dont on parle, peut-on espérer contrer un mouvement qui menace jusqu’à l’existence même de notre civilisation ?

Pourtant l’école républicaine a été clairement définie par l’école du mérite… Les intellectuels qui fustigent la réforme actuelle du collège, la suppression de l’épreuve d’histoire au concours de l’ENA ou encore l’idéologie pédagogiste qui prône l’autonomie du savoir au détriment de l’apprentissage, parleraient-ils dans le vide ?

L’école dite républicaine, celle de la III république à laquelle font allusion Alain Finkielkraut, Marcel Gauchet et d’autres, correspond trait pour trait à l’école qui est organisée à la même époque dans l’empire Allemand, qu’il n’est pas d’usage, à ma connaissance, de qualifier de républicaine. Ce que nos thuriféraires de l’apprentissage des fondamentaux appellent "l’école de la République", c’est une école mise en place en France à un certain moment, notamment par une certaine République et qui existe aujourd’hui dans des régimes qui ne sont pas forcément républicains. Récompenser les bons élèves, établir une sélection à l’entrée du lycée, n’a rien de spécifiquement républicain. Même si Jules Ferry a fait oublier Guizot, voire Charlemagne, la méritocratie n’est absolument pas l’attribut de la République. La promotion sociale existait sous la monarchie Française comme elle existe aujourd’hui sous la monarchie marocaine.

Au fond, "L’école de la République", n’est qu’un grand mot employé pour mettre en valeur un discours, par ailleurs parfaitement légitime, mais qui n’a pas besoin de ce supposé supplément d’âme pour être compris par les Français.

S’il y a une telle discordance entre la République en tant que représentation et la République en tant que réalité historique, est-ce à dire que le républicanisme est une idéologie ?

Il y a un côté idolâtrie dans ce mot républicain qui est utilisé comme un grigri que l’on agite dans l’espoir d’exorciser nos peurs et nos angoisses et de faire disparaitre l’ensemble de nos maux : la crise du vivre-ensemble, la dépolitisation, la montée des extrémismes, etc, etc…Mais ce mot sert surtout à ne pas se poser certaines questions. Il suffit de prononcer le mot "républicain" pour que la messe soit dite. Son évocation induit une sorte de génuflexion mentale qui conduit au mutisme et à la censure du débat. C’est un peu comme dans la Rome antique où lorsque l’empereur paraît, tout le monde se tait et se prosterne. Par ailleurs, si ce mot exorcise, il diabolise aussi en agissant comme un instrument pour exclure les concurrents menaçants, les ennemis politiques - comme le FN aujourd’hui ou les communistes avant-hier. Or, accuser le FN de ne pas être un parti républicain est un non-sens. Le FN peut se dire républicain au même titre que les autres partis. Ni moins, ni plus.

Pourtant ce n’est pas parce que la république n’est pas, qu’elle n’existe pas ! La manifestation après les attentats contre Charlie Hebdo n’a-t-elle pas été une démonstration de ce que peut-être une République effective? Les 4 millions de gens réunis place de la République n’ont-il pas rendu vivant ce slogan "liberté-égalité-fraternité" pourtant si abstrait ?

Même si cette marche a eu une signification importante, il faut rappeler que ce n’était qu’une infime minorité qui était présente dans la rue. Mais surtout, que cette marche "républicaine" du 11 janvier 2015 n’était pas en soi plus républicaine que la marche organisée à Madrid en mars 2004, au lendemain des attentats, n’était monarchiste ! Dans ces deux cas, ces marches contre le terrorisme n’étaient pas liées à la nature d’un régime politique mais à la volonté populaire de manifester une solidarité, une union, une appartenance. C’est plutôt vers l’adjectif "nationale" qu’il aurait fallu se tourner. Pendant la première Guerre Mondiale, lorsque tous les partis ont appelé à lutter ensemble contre l’ennemi, c’est l’union sacrée qui fut évoquée. Si, en janvier 2015, on avait osé parlé "d’union sacrée" ou "d’union nationale", on aurait sans doute été plus juste et plus fort que cette invocation à répétition du mot "républicain" qui ne signifie plus grand-chose et qui n’émeut plus grand monde.

L’usage abusif et débridé du mot républicain serait donc révélateur d’une sorte de masochisme national qui empêcherait de prononcer le mot français, trop connoté…

Le mot "républicain" évite de dire France, Nation, élite, sélection, exigence, et même démocratie… C’est une sorte de vocabulaire de substitution qui permet de tout laisser entendre sans rien dire de précis. Il faudrait renoncer à avoir recours à ce mot fourre-tout pour pouvoir enfin désigner précisément les réalités et se poser les bonnes questions, à commencer par celle de la communauté, de l’appartenance à une même nation. Or, les gesticulations autour du mot républicain et de ses substantifs qu’on lui accole conduisent à éliminer cette question. Ce mot, "républicain",  joue désormais le rôle d’un rideau occultant qui conduit à faire l’impasse sur les vraies questions. Au nom de la République, on refuse de s’interroger sérieusement et posément sur l’identité nationale. La République se substitue à la question de l’identité, en rendant cette question absurde et presque obscène. A lui seul, le mot neutralise le débat, le rend sans objet. Pour un républicain, l’identité de la France, c’est la République, comme si la France n’existait que depuis 1792 et que tout ce qui n’était pas républicain, n’était pas français. Remplacer le mot "identité française" par le mot "républicain" permet d’occulter tout un pan de notre histoire, d’éliminer une grande partie de notre tradition, d’évacuer la problématique du Christianisme, et au fond de reconstruire à moindre frais un être politique qui ne s’appellerait France que par hasard.

Vous faites confronter la République à sa réalité historique mais jamais vous ne la mettez à l’épreuve des problèmes actuels posés par le multiculturalisme et l’intégration des nouvelles générations issues de l’immigration, est-ce à dire que la République, de par sa nature floue et contradictoire et par son universalisme abstrait, est incapable d’y répondre ?

Avant d’intégrer, il faut pouvoir incarner. On ne se rallie pas à une abstraction pure, sauf dans les livres de Kant ! Dans la réalité, il faut quelque chose de tangible, de visible, de connaissable et de reconnaissable. Même les religions se sont incarnées par un être divin vers lequel les yeux pouvaient se tourner et les cœurs s’ouvrir. Au mieux, la République est incarnée par Marianne. Sa création est d’ailleurs intéressante puisqu’elle montre bien que même les républicains n’ont pas pu se satisfaire d’une abstraction pure. Après avoir utilisé d’autres types de symboles, ils vont créer cette Marianne à l’iconographie changeante, cette déesse sans visage. Mais, je me répète, parler de la France, de son histoire, de son peuple, de son destin et de ses racines, serait sans doute beaucoup plus satisfaisant.

Si comme dit Camus "mal nommer les choses, cest ajouter au malheur du monde." Etre ou ne pas être républicain, telle ne serait pas la question ?

Toutes choses égales par ailleurs, ce petit essai se propose de procéder au même exercice salutaire que le rasoir d’Ockham, c’est-à-dire de contribuer à éliminer toute une série de questions et de considérations non seulement inutiles et dépourvues d’intérêt mais surtout trompeuses. Au terme de ma réflexion, je peux affirmer que le mot "républicain" n’est pas un mot pertinent dans le langage politique contemporain et devrait être relégué au musée des antiquités.

Propos recueillis par Isabelle Marchandier

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (12)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
cloette
- 09/11/2015 - 15:39
Il y a aussi
le mot Citoyen qu'on ne supporte plus ( en tout cas moi ) . concernant le mot République il est utile aux ministres actuels car il évite d'utiliser le gros mot France ou les gros mots Pays où Nation
Mike Desmots
- 09/11/2015 - 15:08
@lafronde,..je constate que vous avez mis un pavé dans la fronde
Les valeurs républicaines.....? sont comme les slogans marxo/socialistes ...ils sont adaptables en fonction des choix stratégiques de la nomenklatura au pouvoir .... ! mais ....au 21 siècle ils sont coincé dans leurs propre piège ...car plus personnes ne croit à leurs blablablas ....!
lafronde
- 09/11/2015 - 14:34
Valeurs républicaines et ligne générale.
Article décapant ! Il me confirme que les "valeurs républicaines" sont un concept vide de sens, mais à discrétion du pouvoir, donc à contenu mouvant suivant les intérêts du pouvoir ! y compris le pouvoir-relai mediatique. Chez le citoyen naïf, ce concept-mot d'ordre est censé le mettre à l'écoute du discours "républicain" pour qu'il fasse les bons choix lors des élections. Les communistes usaient du concept de "ligne générale" tout aussi mouvante. En entreprise les Directions usent du concept "valeurs d'entreprise" tout aussi flou et changeant. Tous ces concepts jumeaux sont fait pour générer l'obéissance spontanée du plus grand nombre.