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Alain Juppé candidat en 2017 même en ayant perdu la primaire ? Pourquoi la menace du "retenez-moi ou je fais un malheur" a du plomb dans l’aile

Publié le 06 novembre 2015
Depuis le mois de mai dernier, Alain Juppé menace Nicolas Sarkozy d’une candidature dissidente si celui-ci n’organise pas correctement les primaires. Le maire de Bordeaux a-t-il vraiment les moyens de mettre sa menace à exécution ?
Christelle Bertrand
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Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande,...
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Depuis le mois de mai dernier, Alain Juppé menace Nicolas Sarkozy d’une candidature dissidente si celui-ci n’organise pas correctement les primaires. Le maire de Bordeaux a-t-il vraiment les moyens de mettre sa menace à exécution ?

Lorsqu’Alain Juppé a brandit la menace pour la première fois, ses proches ont respiré enfin : voilà l’affirmation qu’ils attendaient tant. La preuve irréfutable d’une volonté farouche d’être le candidat de la droite à l’élection présidentielle. C’était en mai dernier, sur Itélé. Alain Juppé clamait pour la première fois : « Si ça se passe bien, si les primaires sont transparentes, s'il y a suffisamment de votants, si c'est bien des primaires de la droite et du centre, je jouerai totalement le jeu mais si le match, c'est les primaires des Républicains entre Le Maire et Sarkozy, ça ne marchera pas ». Depuis, à force d’être répétée en off, en on, précisée à nouveau par l’intéressé un mois plus tard : « Si la primaire était bidouillée, que l'on ne fasse voter que 500.000 à 1 million d'électeurs, alors je considérerai qu'elle n'a pas de signification. Mais je me présenterai de toute façon à l'élection présidentielle », l’idée a fait son bonhomme de chemin.

Désormais, que le processus de mise en place des primaires prenne du retard, que Nicolas Sarkozy tente de verrouiller le scrutin afin que seuls participent ses propres sympathisants et le chœur de la juppéie vibre à nouveau de cette prophétie : Juppé se présentera hors de son propre parti, en dissident. Il en a la volonté, l’énergie et les moyens, laissent entendre ses proches. « Il a vocation à être candidat à l’élection présidentielle et rien d‘autre », précise un autre, sans en dire plus mais en laissant le ton énigmatique de sa voix compléter sa pensée. Question volonté, Alain Juppé s’est, en effet, laissé prendre au jeu des sondages florissants, des déplacements en province où partout des sympathisants de plus en plus nombreux l’accueillent les bras ouverts comme un sauveur. Il s’est laissé prendre au jeu d’une popularité retrouvée grâce à laquelle il soigne enfin ses plaies et ses bosses. Cette fois, il ne laissera pas passer sa chance. Etre élu enfin, choisi par ceux qui l’ont conspué il y a tout juste 20 ans, le rêve est à portée de main, il ne laissera pas Nicolas Sarkozy le lui arracher. Et ceux qui en doutait il y a encore un an sont aujourd’hui convaincus. Alors oui, si Nicolas Sarkozy tentait de le mettre hors-jeu de façon déloyale, il irait sans doute, entend-on. Il s’en est donné les moyens.

Depuis des mois, le fidèle Vincent le Roux s’ingénie à lever des troupes pour nourrir les réseaux d’Alain Juppé sur le terrain. Réseaux d’influence mais aussi simple militants qui iront coller des affiches, faire la claque dans les meetings, le jour venu. Tous nourrissant actuellement le programme du candidat. Marie Guevenoux, qui soutient le maire de Bordeaux depuis 2002, est pour sa part chargée de lever des fonds. Et, dit-on, ils affluent. Aucun chiffre officiel n’existe mais les supputations vont bon train. "La structure que nous sommes en train de constituer sera capable de soutenir une candidature présidentielle car le but d’Alain Juppé est bien de gagner l’élection présidentielle ", chuchote l’entourage. Et un autre : "oui, c’est un parti à petite échelle à ceci près que nous n’avons vocation à présenter qu’un seul candidat, Alain Juppé".

De quoi en effrayer certains chez Les Républicains qui s’imaginent déjà spectateurs impuissants d’un mauvais remake de 1995. « Sarko et Juppé vont se présenter tous les deux. Quel que soit le résultat des primaires, je n’envoie aucun des deux s’incliner devant l’autre, ils ont trop travaillé, ont structuré trop de réseaux pour laisser tomber », s’inquiétait récemment une députée. La droite serait donc à la veille d’un grand séisme, les ex balladuriens tenant, pour l’instant, le parti alors que les anciens chiraquiens s’appuient sur leurs partenaires centristes ? Un 95 en négatif en somme ?

Par vraiment. Car le scénario a tout du mauvais rêve et la menace brandie par Alain Juppé depuis le mois de mai dernier semble bien peu crédible même si une partie des militants et des cadres Républicains la redoute. « Ca fait fantasmer le monde politique et médiatique, il y a une attente forte de la presse pour que les primaires se passent mal, s’agace Benoist Apparu, porte-parole du candidat Juppé. Mais nous, nous pensons que ça va bien se passer. Avec quelques sautes d’humeur, certes, mais les primaires se passeront bien ».

Sa conviction repose sur un équilibre de la terreur qu’un spin docteur définit en faisant un parallèle avec l’arme atomique : « on ne peut pas se permettre de l’utiliser mais elle fait peur quand même ». Benoist Apparu ne dit rien d’autre lorsqu’il explique : « Personne ne prendra  le risque d’appuyer sur le bouton. Un Balladur-Chirac version 2017 c’est la garantie, pour la droite, de ne pas être présente au second tour or personne ne veut d’un duel Hollande Le Pen ». Et un autre proche d’Alain Juppé de préciser : « 1995 a été possible car il n’y avait aucun risque de voir arriver le FN au second tour, en 2017 ça n’est pas un risque mais une certitude, il n’y aura qu’une seule place à se partager entre le PS et nous. Si nous nous divisons, cette place ira au PS ».

Mais malgré l’impossibilité d’utiliser l’arme atomique, l’équipe d’Alain Juppé continue à enrichir son uranium au cas où : à étoffer ses réseaux et surtout à chercher de l’argent tous azimut tout en s’interdisant les dons venus de l’étranger. Une leçon tirée de 1995 ?

« Il y aura des hauts et des bas, des concessions de part et d’autre, prédit donc Benoist Apparu qui ajoute immédiatement : de toute manières on ne va pas manier tous les jours la menace du si si si, mais si ça se passe mal on ira et on s’en donnera les moyens ». Les conversations entre Eisenhower et Khrouchtchev devaient être tout aussi ambiguës. Je n’appuierai pas sur le bouton, si je voulais je pourrais mais ce serait suicidaire donc je ne peux pas…

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (21)
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Mandataire
- 09/11/2015 - 11:38
JUPPÉ fin…
Nous Citoyens, limitons les Mandats pour que la Politique soit au Service du Bien commun et non un Métier. Et destituons les condamnés de leur/s Mandat/s avec remboursement des sommes perçues à ce/s titre/s.__Pour voir le "meilleur d’entre nous" JUPPÉ—retraité à 57 ans de la Ponction Publique… !—se faire moucher par un Communiste pragmatique, c'est par ici: http://www.dreuz.info/2014/09/23/video-alain-juppe-se-prend-une-lecon-de-morale-de-lambassadeur-de-chine/#sthash.cxmu3ltA.dpbs
Mandataire
- 09/11/2015 - 11:38
JUPPÉ suite…
2007 et suivantes, sa politique économique bordelaise "panem et circenses" ; ses déclarations de ne briguer que le Mandat de Maire!?__2011 sa décision d'aller en guerre en LYBIE pour le résultat que nous connaissons.__2013 ses 794€/hab. d’impôts locaux, +36,7% depuis 2001__2014 son projet bordelais de Centre islamiste de 12 000m2 ; son refus de livrer les Mistral, Contrat signé en 2011… par lui-même!?__2014 ses dépenses courantes bordelaises 1.417€/hab. ; ses embouteillages bordelais 23mn/h. de conduite sauf pour lui en voiture de Fonction__2015 son augmentation de 5% des impôts locaux bordelais ; son epic fail des accès au nouveau stade__2017 Président à 72 ans après 15 ans de retraite? Cherchez l'erreur, place aux Jeunes !__Sans compter qu’il n’a jamais créé un seul Emploi avec ses deniers, sauf peut-être un Emploi ménager ; son ambition exclusivement pour lui-même… et non le Pays !__Un homme n’est pas malheureux parce qu’il a de l’ambition, mais parce qu’il en est dévoré.—Charles-Louis de SECONDAT__Encore un "responsable mais pas coupable", et encore moins redevable de ses actes.
MONEO98
- 08/11/2015 - 10:01
BLUFF?
Hum
va savoir ,certes Pasqua n'est plus là,Chirac n'a plus sa tête ;les réseaux du SAC ne sont plus ceux de 81 mais des gens dits "gaulliste" prêts à faire élire un socialiste plutôt que Sarkozy vous n'en connaissez pas.Le premier moteur politique c'est la Haine .. Protégez moi de mes "amis" est ce que doit se répéter tout homme politique en se rasant..