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Comme dans le cas des crises économiques et financières, le déclenchement d’une bulle, connue, visible est imprévisible, celui de bulles de misère humaine l’est également.
© Reuters
Comme dans le cas des crises économiques et financières, le déclenchement d’une bulle, connue, visible est imprévisible, celui de bulles de misère humaine l’est également.
Tribune

Crise des migrants : en finir avec les symptômes

Publié le 17 septembre 2015
Les Etats réceptacles doivent, dans le respect de la dignité des foules en mouvement, définir une politique capable de rétablir dans l’urgence leur contrôle de la situation et de décider des mesures, à moyen terme, capables d’éviter une répétition du désastre en cours. Une tribune de Pierre Haas.
Pierre Haas
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Pierre Haas, après avoir servi comme officier dans les Forces françaises libres du Général de Gaulle, a fait carrière de 1950 à 1965 comme directeur général de Continental Grain France, puis à partir de 1963 à la Banque Paribas comme directeur des...
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Les Etats réceptacles doivent, dans le respect de la dignité des foules en mouvement, définir une politique capable de rétablir dans l’urgence leur contrôle de la situation et de décider des mesures, à moyen terme, capables d’éviter une répétition du désastre en cours. Une tribune de Pierre Haas.

Le déferlement de dizaines de milliers de migrants sur le continent européen n’est pas dû au hasard mais à un déclic dont la cause nous est étrangère.

Déclic qui a converti un phénomène ancien, jusqu’à présent gérable, en une succession de vagues humaines incontrôlables.

 

Comme dans le cas des crises économiques et financières, le déclenchement d’une bulle, connue, visible est imprévisible, celui de bulles de misère humaine l’est également.

 

Ce constat relativisé, sans diminuer sa validité, le débat, en cours, au sein des pays industriels avancés sur la répartition inégalitaire des fruits de leur prospérité.

Cette prospérité, telle qu’elle existe, représente une Terre Promise pour un indigène subsaharien obligé de consacrer deux heures de marche, par jour, sous un soleil implacable, pour ravitailler en eau malsaine son gourbi familial, ou pour un Syrien dont les femmes et les filles ont été vendues comme esclaves sexuelles par Isis.

Passé le moment de choc, de stupeur, causé par ce déluge humain inattendu, les Etats réceptacles doivent, dans le respect de la dignité des foules en mouvement, définir une politique capable de rétablir dans l’urgence leur contrôle de la situation et de décider des mesures, à moyen terme, capables d’éviter une répétition du désastre en cours.

En premier lieu, stopper l’afflux actuel demande une approche différenciée en fonction de l’origine : Afrique ou Syrie.

Pour les Africains, il n’existe d’autre solution que d’empêcher leur embarquement dans les ports ou les plages libyennes. Deux obstacles, surmontables, s’y opposent, l’un juridique, l’autre géographique.

Le premier impose de s’affranchir des règles de droit International interdisant l’accès des eaux territoriales d’un pays à des navires militaires d’un autre, sans un accord préalable.

En Lybie, deux gouvernements, séparés par 1 500 kilomètres de désert, disputent leur pouvoir à des bandes armées. En Syrie, le Président Bachar Al-Assad ne règne que sur quelques villes et une petite bande côtière et personne ne lui demande la permission de le bombarder.

En Lybie, on ne voit pas à quelle autorité on pourrait s’adresser pour obtenir l’autorisation prévue par le droit. Dans ces conditions, rien ne doit arrêter la prise d’une disposition apparaissant comme la seule utile.

Au plan de la géographie, une intervention sur les côtes devra couvrir une distance considérable. L’existence de vedettes rapides permettra de surmonter cette difficulté à condition que les nations en cause parviennent à un accord dont rien ne prouve qu’il ait été recherché. Cette observation n’est pas vaine vu le manque d’imagination et de courage de nos dirigeants et des divisions existant au sein de la communauté.

Le second problème, celui des Syriens, rejoints depuis quelques jours par les citoyens irakiens, est difficile à résoudre. La Turquie, jalouse de son autonomie de décision, a accueilli des dizaines de milliers de réfugiés syriens.

Beaucoup d’entres-eux, lassés de vivre dans des camps insalubres, commencent à fuir vers le Continent. Or la voie bulgare est incontrôlable et le passage pas les îles grecques de la mer Egée n’est pas accessible aux navires de guerre dès lors qu’il s’agit d’eaux territoriales turques.

A moyen terme la réduction des flux migratoires, en provenance d’Afrique, à un niveau gérable repose sur la création d’emplois.

Depuis un demi-siècle, des ressources considérables ont été déboursées par la Banque Mondiale et autres institutions internationales et nationales, ainsi que par des investisseurs privés.

Le plus gros des fonds publics a terminé sa course dans les poches de potentats renouvelés à vie.

Modifier cet état de fait demanderait d’en ajouter un 13e aux 12 travaux déjà accomplis par Hercule. C’est pourquoi l’idée d’une sorte de Plan Marshall est inapplicable. Son succès à l’époque avait été assuré par l’intégrité et la compétence des fonctionnaires responsables de sa mise en œuvre.

Dans le contexte existant l’unique moyen de progresser passe, à mon sens, par la multiplication de projets tous orientés vers la création d’emplois et se prêtant tous à un contrôle de l’usage des fonds et crédits octroyés.

L’espoir étant qu’une série de succès au niveau microéconomique permettra par osmose, d’élever progressivement le niveau des opérations jusqu’au politique.

S’agissant du Moyen-Orient. Seule une résolution des conflits existant au sein de la Syrie et de l’Irak, sunnites contre chiites, Saoudiens contre Irakiens, permettrait de juguler les départs par la Turquie ou par les eaux territoriales turques vers les Iles de la mer Egée. Autrement dit, sauf à parvenir à un improbable accord de la communauté européenne avec la Turquie, aucune solution n’est en vue concernant cette source de départs vers l’Europe.

Ces commentaires ne sont pas très positifs puisqu’ils ne dégagent aucune solution globale à effet immédiat. On peut cependant espérer que la fermeture des frontières donnant accès à l’Allemagne et l’engorgement des îles grecques seront autant de facteurs décourageant les nouveaux départs.

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Texas
- 18/09/2015 - 08:28
Amen !
Le temps d' aujourd'hui est à la compassion , la raison viendra plus tard ou ....trop tard . Les videos " No Comment " d' Euronews sont édifiantes !! . Les pressions de plus en plus violentes sur les frontières entrainent déjà des fermetures , avec des milliers de réfugiés " fixés ", de Sangatte à Lampedusa en passant par Ceuta et plus récemment Serbie et Croatie , avec en corollaire une augmentation de la violence et le risque de " réponses adaptées " des Etats ( dans le meilleur des cas ) ou des indigènes ( dans le pire ) . En conclusion : ça sent le soufre ! .