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Le scandale de la FIFA : les trafics de billets

Publié le 12 septembre 2015
Voici l’enquête d’Andrew Jennings, des premières manifestations au coeur de la mafia de Rio en 1991, jusqu’à ces derniers jours. Extrait de "Le scandale de la FIFA", publié aux éditions du Seuil (1/2).
Andrew Jennings est un journaliste d’investigation écossais, connu pour ses enquêtes sur la corruption à la FIFA et au comité des jeux olympiques. Ce livre est le fruit de quinze années de travail.
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Voici l’enquête d’Andrew Jennings, des premières manifestations au coeur de la mafia de Rio en 1991, jusqu’à ces derniers jours. Extrait de "Le scandale de la FIFA", publié aux éditions du Seuil (1/2).

Le scandale ne pouvait pas être dissimulé éternellement et il éclate en septembre 2006. Je publie dans un journal londonien les deux rapports secrets que les gars en complet veston d’Ernst & Young ont envoyés à Urs Linsi à la FIFA. Une source de confiance à l’intérieur de l’institution me les avait confiés. Une fois de plus, c’est à un journaliste de faire éclater la vérité sur le racket tenu par la société des deux frères Byrom. Sepp Blatter, lui, ne bouge pas. Il protège ses obligés.

>>>>> A lire également : Le scandale de la FIFA : comment Blatter a pu conserver le pouvoir aussi longtemps

 

Le premier rapport a été envoyé à la FIFA le 11 avril 2011. Il contient suffisamment de preuves pour virer Jack Warner qui, contre toutes les règles déontologiques, a acheté 5 400 billets pour le Mondial afin de les revendre. Mais comme il ne faut pas gêner la société des Byrom, on dissimule la magouille.

Il y en a un qui n’a pas eu autant de chance que Warner. Pendant la première semaine du Mondial, Ismail Bhamjee, citoyen du Botswana et membre du comité exécutif de la FIFA, a lui été obligé de démissionner pour avoir vendu 12 billets le triple de leur prix nominal. Il n’avait pas saisi que les acheteurs étaient des journalistes qui se faisaient passer pour des fans. À la différence de Warner, Bhamjee n’apporte pas un sac plein de voix pour Sepp à chaque élection présidentielle. Et pour la FIFA, c’est « tout bénef » : elle donne l’impression de faire le ménage dans ses rangs.

Il faudra huit semaines pour que la bulle Warner explose.

Le problème Warner ne doit pas déborder. Sepp choisit un avocat de confiance, un vieil ami, pour examiner les circonstances de la vente à Simpaul de billets de la Coupe du monde. On ne le met pas sur la piste de l’origine du scandale, les ventes de la société des Frères Byrom à Simpaul.

Le juriste de confiance interroge Jack Warner, Urs Linsi, les auditeurs d’Ernst & Young et l’entreprise Byrom. Jack est blanchi, logique pour un homme qui contribue au pouvoir de Sepp en contrôlant les 35 voix des fédérations de football des Caraïbes. Selon le juriste de confiance, Jack Warner n’avait pas la moindre idée que son fils Daryan, patron de la maison Simpaul, qui vit sous le même toit et partage la même table que lui, faisait une sacrée culbute sur les prix des billets. Le vilain garçon n’avait rien dit à son papa !

La société des Frères est quand même nommée dans l’enquête, mais impossible de se débarrasser d’elle. Elle constitue l’une des pièces essentielles du dispositif de Blatter. Le terrible verdict auquel est soumise leur organisation ? « Leur conduite n’est pas exempte de tout reproche », résume le juriste de confiance. Wow. C’est tout. Game over. Il est temps que le business reprenne ses droits.

Simpaul se voit interdire de vendre des billets pour les prochains Mondiaux de foot. Daryan Warner est condamné à payer une amende de 754 375 euros, somme qu’il doit verser à une organisation de bienfaisance, pour compenser les profits qu’il a indûment encaissés en revendant des billets pour le Mondial 2006. Daryan commence par payer un peu – presque à coup sûr en se servant dans les subventions que la FIFA verse au foot de Trinidad –, et puis, très vite, il arrête. Selon les revendeurs du marché parallèle, Daryan aurait réalisé environ 3 millions de dollars de profits grâce au marché noir.

Ce scandale signifie sans doute la fin du trafic de billets que Jack Warner fait prospérer depuis vingt ans. Il ne viendra plus jamais à l’idée de l’entreprise des Frangins de faire du business avec lui, pas vrai ?

Extrait de "Le scandale de la FIFA", d’Andrew Jennings, traduit de l’anglais par Bruno Capaldi et Éric Wattez, publié aux éditions du Seuil, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

 

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