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L'économiste Joseph Stiglitz a soutenu ces derniers jours que l'Allemagne exerçait une "forme d'intimidation" contre la France, cette dernière ne sachant pas lui tenir tête au sommet de l'Europe.
Mutisme

La France, cette nouvelle naine politique : comment Paris a disparu des radars européens

Publié le 04 septembre 2015
L'Allemagne souhaiterait "intimider" la France à travers le dossier grec, et elle chercherait à lui imposer sa "rigueur". C'est par ces déclarations que Yanis Varoufakis et Joseph Stiglitz ont récemment qualifié la pression exercée sur l’Hexagone... Qui à force de présenter des performances économiques décevantes, sans vision européenne ambitieuse, laisse Berlin jouer un rôle impérialiste qu'elle ne souhaite pas forcément.
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L'Allemagne souhaiterait "intimider" la France à travers le dossier grec, et elle chercherait à lui imposer sa "rigueur". C'est par ces déclarations que Yanis Varoufakis et Joseph Stiglitz ont récemment qualifié la pression exercée sur l’Hexagone... Qui à force de présenter des performances économiques décevantes, sans vision européenne ambitieuse, laisse Berlin jouer un rôle impérialiste qu'elle ne souhaite pas forcément.

Atlantico : Angela Merkel s'est emparée du sujet des migrants en conférence de presse, lundi 31 août, rappelant la nécessité de trouver d'urgence une solution européenne, et mettant dans la balance la pérennité des accords de Schengen. La chancelière allemande se positionne comme la locomotive de l'Europe, initiant les choix politiques et imposant ses vues économiques. L'ex-ministre grec des finances, Yanis Varoufakis, avait déclaré cet été que l'Etat-providence français était la véritable cible d'une Allemagne prônant l'austérité dans la crise grecque. L'économiste Joseph Stiglitz a soutenu ces derniers jours que l'Allemagne exerçait une "forme d'intimidation" contre la France, cette dernière ne sachant pas lui tenir tête au sommet de l'Europe. Le poste de commandement de l'Union européenne est-il définitivement installé à Berlin ?

Pierre Briançon : Le poste de commandement de l’Europe, comme vous dites, est installé à Berlin parce que l’Allemagne, puissance économique dont la réussite s’explique en partie (mais en partie seulement) par les politiques économiques passées de ses gouvernements successifs, a décidé d’excercer aussi le leadership diplomatique de l’Union Européenne. Non sans réticences d’ailleurs, mais le résultat est là. On peut constater d’ailleurs qu’hormis les questions de politique économique – certainement importantes – Merkel excerce ce leadership avec discrétion – on a vu Angela Merkel plutôt soucieuse d’agir avec la France, par exemple la politique à mener vis-à-vis de la Russie. Si la diplomatie française pouvait s’appuyer sur une économie solide, la situation ne serait évidemment pas la même.

Sylvie Goulard : La question de savoir "qui commande" est-elle vraiment la plus importante, face au drame qui se joue sous nos yeux ? Nous devrions peut-être passer moins de temps à nous interroger sur les procédures et les préséances et beaucoup plus à trouver, tous ensemble, des solutions convenables.

Que diraient d’ailleurs les commentateurs si l’Allemagne se désintéressait de cette question ? Comme la France, comme tous les pays européens, elle a les moyens de faire face aux flux actuels, plus assurément que la Jordanie ou le Liban qui accueillent des millions de réfugiés syriens. La Loi fondamentale fédérale affirme dans son premier article "l’intangibilité de la dignité humaine". Beaucoup de familles allemandes savent d’expérience ce que subissent les réfugiés : plus de dix millions d’Allemands ont quitté les territoires perdus après la seconde guerre mondiale ; en 1989, c’est le début de l’exode d’un peuple entier qui a entraîné la fin de la RDA.

C’est pourquoi Mme Merkel prend ses responsabilités, en dénonçant la xénophobie et en appelant les partenaires européens à agir. Quand ils voyagent dans l’espace Schengen, les citoyens européens profitent des facilités de circulation. Toute liberté crée aussi des devoirs. Les frontières externes de cet espace doivent enfin être considérées pour ce qu’elles sont : une frontière extérieure commune ; l’octroi du statut de réfugié ne peut être laissé à la bonne volonté de chaque Etat membre.

Jean-Luc Sauron : Non. Il est grand temps que l'analyse de l'actualité européenne quitte des chemins aussi caricaturaux. La Chancelière a été amenée à prendre des positions fortes en matière de migrants, notamment parce qu'elle a à faire face à une montée des manifestations très violentes et xénophobes dans l'Est de l'Allemagne. Il est très intéressant de voir que l'Europe continue de payer les pots cassés de l'époque communiste. Les pays d'Europe centrale et orientale (dans lesquels il serait intéressant de compter les Länder de l'Est) ont été mis sous cloche pendant près de 50 années de communisme. Il n'avait pas une information et une connaissance précise du monde.

En trente années et notamment depuis leur adhésion à l'Union européenne en 2004, ils ont dû absorber la libéralisation à marches forcées de leurs économies et de leurs relations sociales. Ils se heurtent maintenant aux migrations extra-européennes qu'ils n'avaient même jamais pensé rencontrer. L'immigration dans les démocraties populaires étaient plutôt rare, voire inexistante. De plus ces pays ont suivis des efforts considérables pour se placer dans la moyenne européenne. Ils n'ont ni la culture, ni les moyens financiers d'accueillir des migrants en nombre. Même la France obtient une aide de la Commission européenne pour la mise en place d'un centre d'accueil de 1 500 places à Calais. Pourquoi ce rappel ? L'Allemagne est comme le point de convergence des angoisses de cette Europe centrale et orientale. Il est normal qu'elle prenne position pour confirmer à ces pays d'Europe centrale et orientale qu'elle assume. Les migrants visent l'Allemagne, la Suède ou la Grande-Bretagne comme terre d'asile, pas les pays d'Europe centrale et orientale. Enfin, qu'attend la presse française ? Une conférence de presse commune franco-allemande sur le sujet ? Non, bien sûr. Pourquoi ne pas souligner que la France a pris en main le dossier de la sécurisation des transports ferroviaires transnationaux ? Sur ce dernier dossier comme sur la lutte contre le terrorisme islamiste au Mali ou en Syrie, c'est la France qui mène la lutte, aussi pour et au nom des autres Etats membres de l'UE. Non, le poste de commandement n'est pas installé à Berlin. Il reste à Bruxelles, en relations intenses avec Berlin et Paris.

Quel est le bilan de l'épisode estival pour la position politique de la France au sein de l'Europe? L'accord au forceps avec la Grèce qui a permis d'éviter un Grexit a été mis au crédit de François Hollande. Est-ce que cela a vraiment redoré le blason français ou est-ce un chant du cygne pour le leadership européen de la France ? A-t-elle vraiment abdiqué sa position de leader ?

Pierre Briançon : La position française a été surtout utile pour faire pencher la balance à Berlin, où l’on voyait le gouvernement hésiter entre la position dure du ministre des finances Wolfgang Schaüble (pousser la Grèce hors de l’euro) et l’attitude toujours plus pragmatique d’Angela Merkel. La communication du gouvernement français a bien sûr insisté sur le fait que Paris avait ainsi permis le compromis qui évitait le pire. Mais notez qu’on pourrait aussi décrire l’épisode d’une manière très différente: François Hollande a de fait aidé l’Allemagne à faire plier le gouvernement grec, forcé d’accepter un plan très dur – celui-là même qui avait été rejeté massivement quelques jours auparavant par les électeurs Grecs lors du referendum.

Sylvie Goulard : Pendant les discussions de juillet sur la Grèce, les dirigeants français et allemands ont été complémentaires. Sans François Hollande, nous aurions assisté à l’éclatement de la zone euro, désastreux pour la Grèce mais aussi pour notre crédibilité collective. Sans Angela Merkel, l’intégrité de la zone euro n’aurait pas été durablement préservée car une monnaie unique suppose que chacun respecte ses engagements et "joue collectif". Nul ne peut s’en affranchir en menaçant les partenaires de "faire sauter le système".

Il est assez curieux de toujours présenter les compromis comme une abdication. Le jeu d’une négociation est souvent très complexe.

Jean-Luc Sauron : Le déclinisme obsessionnel qui ressort de vos questions est étrange. Qui peut sérieusement affirmer dans un monde aussi complexe que celui de la mondialisation de l'économie et/ou de la politique qu'il y a un pays chef de file qui dirige le reste des Etats. Même la Chine ou la Russie n'ont pas la barre sur les autres puissances. Ce constat est encore plus vrai en Europe. Le bilan de la gestion de la crise grecque de l'été a été pour moi le suivant : seul le couple franco-allemand est en mesure, avec le point de vue de l'un et de l'autre, de gérer une crise aussi grave que la crise grecque. Je crois qu'il est restrictif de penser la direction de l'Europe comme suivant les règles d'affrontement des Etats, avec des dominants et des dominés comme aux XIX et XX siècles. Le grand intérêt de l'été a été de démontrer qu'il est impossible de fonctionner avec un leadership mono-étatique. Seul l'alliage (au-delà de l'alliance) franco-allemand peut éviter à l'Europe son enlisement, ou, pire, son éclatement.

Qu'en est-il pour la France et son modèle ? Le pays n'est-il pas obligé d'accepter des concessions économiques et des tournants politiques incompatibles avec son modèle et son système ?

Pierre Briançon : Je ne suis pas sûr de toujours comprendre en quoi consiste précisément ce fameux “modèle français”. S’agit-il du modèle à 10% de chomeurs ? S'il existe, disons que ce n’est pas un “modèle" que le reste du monde envie forcément. Je vous rappelle que la France est l’un des trois seuls pays de la zone euro où le chômage ait augmenté en juillet. Mais je ne crois pas du tout que les réformes entreprises par le gouvernement Valls bouleversent quoi que ce soit de l’équilibre que la France tente de préserver entre dynamisme économique et protection sociale (pour faire bref). On peut discuter de l’ampleur et du rythme des réformes, et à l’évidence certains membres du gouvernement allemand pensent qu’elles ne vont pas assez vite, mais je crois que Valls, Macron et leurs amis sont assez convaincants quand ils expliquent qu’Europe ou pas, Allemagne ou pas, les réformes – et une certaine retenue budgétaire, qui est loin d’être de la “rigueur” - étaient nécessaires indépendamment de toute pression étrangère.

Sylvie Goulard : Personne n’a forcé les Français à faire partie de la Communauté puis de l’Union européenne. C’est même la France qui, à la fin des années 80, a poussé à la création de la monnaie unique pour mettre fin aux fluctuations du Franc par rapport au Deutsche Mark. Tous les traités européens, sans exception, ont été négociés par des gouvernements français, ratifiés par le Parlement national ou même par le peuple pour ce qui concerne le traité de Maastricht ayant créé l’euro. A partir du moment où la France fait partie d’une équipe, elle doit, comme tous les autres membres, respecter les règles du jeu.

Il serait peut-être temps de réaliser que c’est aussi dans notre intérêt. Les problèmes français viennent-ils des concessions faites aux partenaires européens ou de la manière dont la France s’y … dérobe ? Depuis des années, les gouvernements français promettent à Bruxelles de respecter la discipline budgétaire ou encore de réformer la fiscalité, de simplifier le droit du travail ou la carte des collectivités locales. Certaines réformes sont faites mais elles restent assez modestes par rapport à ce qui a été mis en œuvre dans de nombreux pays de l’UE.

Soyons lucides. Le modèle social français crée un chômage de masse durable ; il laisse de centaines de milliers de jeunes au bord de la route. Il est devenu inéquitable envers les générations futures puisqu’il est financé par une dette qui est désormais considérable. Quand on voit les performances macro-économiques de l’Espagne ou du Portugal par exemple, en nette amélioration (même s’il reste encore du chômage et de la pauvreté dans ces pays), il serait peut-être temps de cesser de louer le "modèle" français et de diaboliser l’Europe. Les pays qui ont suivi les recommandations communes ne s’en portent pas si mal.

Jean-Luc Sauron : Bien malin, celui qui pourra prédire le système gagnant en Europe dans dix années. Les Français ont la mémoire courte. Dans les années 2000, l'Allemagne était l'homme malade de l'Europe. Je ne crois pas que les modèles trop consanguins auront la victoire. La force de l'Europe a toujours été la voie médiane. La social-démocratie nordique ou l'économie sociale de marché allemande jusqu'aux années 90 étaient les meilleurs exemples de cette démarche collaborative au sein des nations. La conversion au tout libéral de l'Allemagne au tournant des années 2000 a bouleversé l'équilibre européen en la matière et pourrait bien l'amener à l'échec. Aucune aventure purement nationale - c'est-à-dire déterminée à partir des seuls intérêts d'un Etat, comme l'Allemagne d'aujourd'hui - n'a d'avenir dans un monde sans conflit comme l'Europe. Le compromis intelligent entre les Etats de l'UE est notre avenir : pourquoi se battre pour un respect des 3% de Maastricht lorsque l'Allemagne déstabilise l'Europe en ayant plus de 6% d'excédent de commerce extérieur. J'accepte volontiers l'accord du 13 juillet (avec la Grèce). L'Euro conduit à ce concubinage économico-politique. Mais si nous acceptons les critiques sur la dette grecque, il faut accepter de discuter des excédents allemands et de voir comment les utiliser pour le bien-être de tous les Européens.

A quoi peut-on attribuer cette situation ? Hollande est-il un suiveur ? Manque-t-il d'une vision claire ou d'une ambition européenne ? Qui est responsable : une Allemagne "rouleau-compresseur" ou une France dilettante ?

Pierre Briançon : Hollande partage avec Merkel la caractéristique d’être un leader pragmatique, tacticien, calculateur, qui “deale” avec les cartes qu’on lui a données et ne rêve pas de chambouler la donne. On peut déplorer ce manque “d’ambition”, pour reprendre votre terme, cette gestion à la petite semaine, cette navigation au plus près, mais compte tenu de la situation politique précaire en Europe – d’un côté la montée des extrême-droites, de l’autre côté ce que j’appellerais la “syrization” ou la “podemisation” d’une partie des gauches européennes (même le Labour Party au Royaume Uni...) le moment n’est peut être pas venu des grands machins conceptuels, dans une Europe qui se remet à peine de huit ans de crise économique. Je n’ai pas de certitudes là-dessus, mais je livre cette réflexion à la sagacité de vos lecteurs.

Sylvie Goulard : Entre les économies de la zone euro, il existe des interactions complexes. Les réformes allemandes des années Schröder ont creusé l’écart mais une partie de nos faiblesses n’est due qu’à nous-mêmes. Si la France a moins de poids en Europe, c’est parce que ses performances sont souvent médiocres et surtout qu’elle s’accommode de cette médiocrité. C’était frappant lors de l’annonce, fin août, des chiffres du chômage. Sa stabilisation laisse des millions de personnes en dehors du marché du travail. Il n’y a pas de quoi s’en contenter. Depuis des années désormais, on a l’impression que les autorités françaises ne visent plus l’excellence. Elles se contentent de "la moyenne".

Le problème transcende hélas les appartenances partisanes. De rapport en rapport, les analyses brillantes ne manquent pas, les remèdes sont connus mais l’action n’est pas entreprise. François Fillon, Premier ministre de Nicolas Sarkozy a dénoncé dès 2007 la "faillite" de la France sans y remédier. Au début de son mandat, François Hollande a mené des politiques inadaptées. Le tir a été un peu corrigé mais on est encore loin du compte.

Jean-Luc Sauron : Le président Hollande a surtout une vision prospective de la place de la France en Europe et dans le monde. La France est à la manœuvre sur la crise terroriste en Afrique, sur la crise ukrainienne et sur la crise moyen-orientale. Sous sa direction et avec un ministre de la défense qu'il est possible de définir comme exemplaire, nous assistons à la reconstruction d'un outil de défense qui manque cruellement à l'Europe. L'Allemagne peut être riche et ambitieuse, c'est la force de l'Union européenne toute entière qui la consolide et qui lui donne son poids mondial.

L'Allemagne, c'est la porte d'entrée à un marché de plus de 504 millions d'habitants (les 28 Etats membres de l'Union européenne). Pour l'instant, et bien sûr avec, parfois et pas toujours, l'appui de l'OTAN, la France est la seule armée qui intervienne , au bénéfice des 27 autres Etats dont l'Allemagne pour défendre un certain type de société et de valeurs. Pourquoi ces attentats contre la France, malheureusement trop nombreux, sur un pays que vos questions qualifient de dilettante et de suiviste ? Pourquoi les terroristes s'attaquent à la France ?

 Comment la situation peut-elle évoluer? Peut-on faire la même analyse sous la présidence Sarkozy? De quoi va dépendre un changement et un nouveau cap européen pour la France? 

Pierre Briançon : Dans le genre gestion à la petite semaine, Nicolas Sarkozy n’avait de leçon à recevoir de personne. Mais quand la page SarkHollande sera refermée, le temps devra bien venir de dirigeants qui tentent de définir ou redéfinir le projet européen, de préférence avec une idée claire du rôle que la France pourrait y jouer.

Sylvie Goulard : Trois chantiers doivent être ouverts. La France doit tout d’abord travailler à améliorer ses performances économiques, comme nous venons de le dire.

Elle a aussi un problème institutionnel. Dans tous les partis, on chante la Marseillaise et on encense "la République" en théorie mais dès que cela devient concret, les Français se bagarrent comme les Gaulois du village d’Astérix. L’affrontement droite / gauche, souvent caricatural, dessert l’intérêt national. Depuis des années, l’Allemagne, l’Italie se réforment grâce à des grandes coalitions.

Enfin, aucun parti français n’a développé de vision européenne ambitieuse, adaptée au monde de 2015. Les souverainistes proposent des solutions largement dépassées ; face aux défis sans frontière du numérique, face  à l’ampleur des menaces et les limites de nos moyens, il est illusoire de vouloir faire cavalier seul. A de rares exceptions près, les pro Européens ont peur de dire haut et fort que tout jeu collectif appelle un partage du pouvoir et l’UE, plus de démocratie supranationale. Le jour où les Français, intégrant le nécessaire changement d’échelle, retrouveront une vision large, ouverte sur les autres, audacieuse, la France reprendra toute sa place en Europe.

Jean-Luc Sauron : Enfin, une question centrale ! La vraie place de la France en Europe et, donc, sa place dans le monde, passe par un engagement sans faille pour la cause européenne. Au lieu de cela, nous avons deux camps : les euro-tièdes et les souverainisto-déclinistes. Oui, disons le bien haut le choix nationaliste est un choix réactionnaire. L'amorce de ce déclin a une date : 29 mai 2005, jour du vote négatif français sur le projet de Constitution européenne. Et depuis, les Français sont devenus les "enfants terribles" de l'aventure européenne. Plus aucun parti politique ne porte clairement une vision claire et militante en faveur de l'aventure européenne. Par le rejet de l'Europe, la France sacrifie sa jeunesse : quel projet peut booster un jeune en France aujourd'hui ? J'ai vraiment hâte d'un débat sur l'avenir. J'en ai marre de ce débat politique formaté par les tweets et la volonté de passer au 20h télévisuel que plus personne n'écoute vraiment. La France et l'Europe restent des valeurs sûres de l'avenir à condition de sortir d'ambitions politiciennes creuses, anxiogènes et mortifères.

Trois thèmes devraient dominer la prochaine élection présidentielle pour que la France retrouve son dynamisme et sa force : comment faire que l'Europe soit une source de grandeur et de bien-être pour la France et ses partenaires (difficile sans intégration renforcée et sans exercices de souverainetés partagées renforcées) ; comment construire une France où l'égalité serait construite sans tabou (comment donner du travail aux chômeurs sans toucher à la situation de ceux qui ont un travail) ?; refonder une démocratie française pensée comme une partie intégrante et active d'une démocratie européenne (par une remise en cause du nombre d'élus en France et des 27 autres Etats membres).

Propos recueillis par Catherine Laurent

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BOCE64
- 04/09/2015 - 21:47
ganecha
Vous etes l exemple type du buté de goche .
"sarko tricheur,fouquet's , casse toi pove kon...etc "
les medias sont de votres bord , tout ça pour refuser de voir le monde tel qu"il est :
une compétition et dans le quel la meilleure regle reste le libéralisme.
La France est le seul pays depuis 1981 à freiner des 4 fers contre ce mouvement inéluctable,
et 2017 peut être que les français seront sages et courageux ... sauf vous bien sur .... fouquet's pove con tt ça ... lol
Paulquiroulenamassepasmousse
- 02/09/2015 - 18:27
@ganesha.....yves3531....
Ne vous inquiétez pas........Il y en aura pour tout le monde ..........!
certains les plus courageux préféreront aller en Allemagne travailler pour 450 €.............., d'autres, les "feignasses", préféreront venir chez nous pour récolter "l'argent -braguette"........la vie est bien faite n'est-ce pas?
Chacun trouve chaussure à son pied !
l'enclume
- 02/09/2015 - 17:41
Rien n'est parfait
Ganesha
"Job à 450 € en Allemagne intéressant pour l'employeur
Sur 7,4 millions de femmes, ce sont 4,65 millions qui sont particulièrement touchées par ce problème. Elles exercent un emploi à temps partiel rémunéré maximum 450 €/mois - appelé le "Nebenjob" en allemand. Pour l'employeur, ce type de contrat est intéressant car les charges sociales sont peu élevées.
En règle générale, cet emploi permet de compléter les revenus du partenaire qui, lui, travaille à plein-temps. Pour les personnes qui ont des enfants en bas âge, ce type de poste leur permet de garder une certaine flexibilité en termes d'horaires de travail.
L'étude réalisée par le journal montre les conséquences sur la retraite de ces personnes. Les cotisations versées aux caisses de retraite publiques par l'employeur étant très peu élevées, à raison de 3,11 € par mois, cela représente un montant de 140 € mensuels pour une personne à la retraite !"