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Etat islamique ou Al Qaeda, les avantages concurrentiels qui convainquent les djihadistes

Publié le 21 août 2015
Au Sahel, le groupe de Mokhtar Belmokhtar se nomme désormais officiellement Al Qaeda en Afrique de l'Ouest. En Afghanistan et au Pakistan, Al Qaeda a renouvelé ses liens avec les talibans. En Libye ou au Nigeria, d'autres groupes ont préféré il y a quelques mois l'Etat islamique. Les deux mouvances se livrent une concurrence sévère pour rallier les groupes jihadistes du monde entier.
Jean-François Daguzan
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Jean-François Daguzan est directeur adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique. Il a publié de nombreux livres traitant des questions de terrorisme, dont La fin de l'Etat-Nation : de Barcelone à Bagdad (CNRS Editions, 2015).
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Alain Rodier
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Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la...
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Au Sahel, le groupe de Mokhtar Belmokhtar se nomme désormais officiellement Al Qaeda en Afrique de l'Ouest. En Afghanistan et au Pakistan, Al Qaeda a renouvelé ses liens avec les talibans. En Libye ou au Nigeria, d'autres groupes ont préféré il y a quelques mois l'Etat islamique. Les deux mouvances se livrent une concurrence sévère pour rallier les groupes jihadistes du monde entier.

Atlantico : Différents groupes armés islamistes se sont revendiqués, ces derniers mois, tantôt d’Al Qaeda, tantôt de l’Etat islamique. Ce choix fait même débat au sein de certains groupes, partagés sur la bonne décision. Qu’est-ce qui peut motiver un mouvement à choisir l’une ou l’autre de ces allégeances ?

Jean-François Daguzan : Plusieurs causes président à l'évolution de ces allégeances. La première, c'est le phénomène de notoriété. Actuellement, c'est le moment de l'Etat islamique. D'une certaine manière, ce mouvement qui n'était rien il y a deux ans, s'est imposé du fait de l'emprise territoriale que n'avait jamais osé Al Qaeda. Oussama Ben Laden n'avait jamais osé le faire. Je dis bien "osé" car il s'agit bien de courage politique. Oussama Ben Laden s'était posé comme celui qui luttait contre les croisés, les juifs et l'Occident, comme celui qui voulait libérer les lieux saints musulmans, mais à aucun moment il n'avait assumé la légitimité califale. La force d'Ibrahim, soit disant calife, c'est d'avoir eu le culot d'assumer cette charge. Symboliquement, c'est un moment très fort.

Il va aussi y avoir des raisons politiques, en fonction des groupes ou des personnes. Prenons le cas libyen : un groupe peut choisir de rejoindre l'Etat islamique, pour en tirer prestige et moyens. S'il se présente comme une simple milice de Zenten... personne n'en parle. On le voit bien, on dit désormais quel l'Etat islamique est en Libye, même si en réalité, le groupe y est actif depuis très longtemps.

Alain Rodier : Les modes de fonctionnement d’Al-Qaeda "canal historique" et de Daech sont différents. La première organisation bénéficie d’une structure qui couvre déjà l’ensemble de la planète depuis des années : Al-Qaida dans la Péninsule Arabique (AQPA) au Yémen, Al-Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) au Sahel, les Shebabs en Somalie, l’émirat du Caucase, le Front al-Nosra en Syrie et Al-Qaeda dans le sous-continent indien (AQSI) fondé en septembre 2014 et s'étendant de la Birmanie à l’Inde en passant par le Bangladesh. Il convient aussi d’ajouter des mouvements qui n’affichent pas officiellement leur appartenance à Al-Qaeda pour des raisons tactiques comme le Ahrar al-Sham en Syrie (dans ce cas, cela permet à l’Arabie saoudite, au Qatar et à la Turquie de soutenir cette formation forte de milliers d’activistes mais considérée comme "non terroriste"). Enfin, Al-Qaeda entretient des relations avec d’autres mouvements comme avec les taliban afghans (Al-Zawahiri vient de faire allégeance au mollah Mansour successeur du mollah Omar), les talibans pakistanais, le Jemaah Islamiyah (JI) indonésien, le groupe Abou Sayyaf philippin, etc.

En ce qui concerne Daech, en dehors de son berceau syro-irakien, il ne bénéficie "à l’étranger" que de ralliements de mouvements salafistes-djihadistes qui existaient déjà auparavant. Une seule exception, la Libye où des djihadistes auraient été renvoyés sur place pour renforcer les régions de Derna et de Syrte sans compter quelques "conseillers" qui se seraient rendus au Nigeria pour épauler Boko Haram, et en Égypte dans la "wilayat Sinaï". Abou Bakr Al-Baghdadi cherche surtout à faire venir des volontaires, hommes, femmes et enfants, dans son "État Islamique" (EI) pour en augmenter la population qui s'élève à environ huit millions de personnes. Enfin, Daech entretient des relations conflictuelles avec tous les mouvements islamistes qui ne font pas allégeance au "calife Ibrahim" (Al-Baghdadi).

Comment évaluez-vous le rapport de force entre ces deux mouvances ? L’une parvient-elle à séduire plus de candidats au jihad que l’autre ?

Jean-François Daguzan : Il y a eu un moment Al Qaeda, celui du 11 septembre 2001. Mais l'organisation n'a pas su capitaliser symboliquement, comme a su le faire son concurrent actuel.

Après, il y a des histoires de personnes, qui ont toujours existé. Déjà au sein d'Al Qaeda, les uns et les autres pouvaient lutter entre eux. Chez les Algériens, c'était très net. Il y avait ceux, comme Droukdel, qui reconnaissaient la primauté d'Al Qaeda tandis que d'autres avaient une approche extrêmement réservée. Les Libyens qui, au départ étaient dans Al Qaeda, puis qui se considéraient comme mal aimés, ont appliqué une indépendance assez forte. Tout cela fluctue en fonction des zones, des thématiques et des époques.

Alain Rodier : Jusqu’à maintenant, Daech est plus attractif qu’Al-Qaeda car ses actions sont plus visibles et le mouvement parait être en "odeur de victoire". De plus, l'État Islamique est géographiquement localisé et plus facile à rejoindre que d’autres terres de djihad comme l’Afghanistan ou le Yémen. Enfin, la partie syrienne de l’EI était parfois comparée à un "club Med du djihad" en raison des nombreux trafics qui s’y déroulaient via la Turquie. On trouvait en zone contrôlée par Daech, des restaurants, des marchés abondants, des magasins d’électronique dernier cri, des cybercafés sans compter les "épouses attribuées administrativement" et les esclaves. Le côté "Mad Max" des équipées filmées sur des vidéos de propagande a également eu un effet positif sur des volontaires étrangers, particulièrement occidentaux. C’est ce qui leur a fait accepter (pour ne pas dire plus) les abominations inventives auxquelles se sont livrés les membres de Daech. Enfin, la réalité de l'existence d’un "État Islamique" avec l’aide apportée aux populations en matière de sécurité (de droit commun), d’éducation (islamique), de santé, d’aide sociale, etc. est aussi attractive.

De son côté, Al-Qaeda paraît beaucoup plus "ennuyeux" car très porté sur l’application stricte de la charia et surtout, par l’ascétisme respecté par ses membres.

Pour les anciens voyous de banlieues (environ la moitié des volontaires partis a l’étranger auraient un casier judiciaire bien fourni), il n’y a pas photo. D’un côté (l'EI) l’aventure violente, les 4X4 et équipements rutilants, des femmes, etc. et de l’autre (Al-Qaeda) cinq prières par jour, le respect strict du ramadan et surtout, la méfiance des djihadistes arabes vis-à-vis des "étrangers qui ne parlent pas l’arabe, ne connaissent pas le coran et sont des espions potentiels".

Qu’est-ce qui distingue, fondamentalement, l’approche d’Al Qaeda de celle de l’Etat islamique ?

Jean-François Daguzan : L'Etat islamique est une branche de Zarkaoui, père spirituel d'Ibrahim, qui cherchait déjà à se distinguer d'Al Qaeda, notamment en tuant des chiites en masse. Cela, Al Qaeda n'osait pas le faire. Il y a une vraie radicalité qui distingue clairement les deux mouvements.

Il faut aussi noter qu'il y a un effet de mode. Le temps d'Al Qaeda étant passé, l'Etat islamique s'est bien implanté. Ce dernier a des moyens vidéos de types hollywoodiens quand Al Qaeda envoyait des cassettes vidéos. L'Etat islamique s'est bien installée dans les mouvements mondiaux, avec les moyens de son époque : réseaux sociaux, Internet...

Alain Rodier : Les deux mouvements veulent l’établissement du "califat mondial" mais la stratégie pour y parvenir est différente. Daech a choisi de créer un berceau à ce califat, chose que refuse Al-Qaeda qui considère que cela permet à l’adversaire d’identifier et ainsi, de mieux frapper les salafistes-djihadistes. Il prône des opérations plus fluctuantes qui doivent étendre les terres de djihad à l’ensemble du monde musulman tout en s’en prenant aux Occidentaux -et en premier lieu aux Américains, Ben Laden faisait une véritable fixation anti-yankees- grâce à des attentats préparés à l’avance du type Charlie Hebdo.

En résumé, pour Al-Qaeda, la victoire (inéluctable dans l’esprit de ses chefs) arrivera dans plusieurs générations. Pour Daech, elle doit avoir une traduction immédiate : un "État modèle" comme il y a des "appartements modèles" qui précèdent la construction d’immeubles. On comprend donc pourquoi les volontaires qui vivent dans l’instant préfèrent Daech à Al-Qaida "canal historique".

Qu’est-ce que cette allégeance apporte aux mouvements vassaux ?

Jean-François Daguzan : Ces différents mouvements cherchent la banniére la plus médiatique. L'effet de savoir-faire a aussi joué. Mais aujourd'hui, la capilarité des différents terrains de guerre et de guérilla joue énormément : plus besoin d'avoir un type qui vient d'Afghanistan pour vous montrer comment poser une mine, ces connaissances, on les trouve désormais un peu partout. Il y a une génération de combattants agueris tout à fait considérable. Avant, on avait affaire à un petit millier d'individus disséminés sur la planète... qui sont devenus des milliers, très compétents, un peu partout.

Ibrahim, vis-à-vis des vassaux africains, ne fait pas grand chose. Mais une communauté de combattants se constitue autour d'un axe particulièrement radical : plus de chrétiens, plus de juifs... et ne parlons pas des peuples qui ne sont pas issus du Livre. Et puis surtout, éliminer les chiites.

A chaque fois, l'émir du coin va faire allégeance à l'Etat islamique, par exemple. Ce dernier ne peut qu'accepter, trop content d'accueililr des troupes fraiches qui viennent s'associer à la démarche. 

Alain Rodier : En théorie, les mouvements vassaux peuvent recevoir de l’argent, de l’instruction -soit à domicile soit à l’étranger- et surtout le "label" qui leur permet de se faire (re)connaître.

En quoi est-ce important, pour Al Qaeda ou l’Etat islamique, de voir les autres groupes leur prêter allégeance ?

Jean-François Daguzan : C'est un gage de reconnaissance et de légitimité. On montre que l'on est le donneur d'ordre, de direction, de doctrine. Déjà à l'époque d'Al Qaeda, les liens existaient entre les différents groupes éparpillés. Ils étaient relativement laches. Que faisait Al Qaeda ? Ils écrivaient des lettres en félicitant leurs chers amis, encourageant à plus d'efforts. Ils écrivaient aussi d'énormes corpus doctrinaux, dans lesquels ils expliquaient leur doctrine : pourquoi on peut tuer des touristes ou des enfants. Al Qaeda, plus que l'Etat islamique, cherchait à établir un corpus doctrinal.

Alain Rodier : Il y a désormais une lutte d’influence exacerbée entre les deux mouvements. Il ne faut pas oublier qu’à la base, Daech n’était qu’un bras extérieur d’Al-Qaeda, l'État Islamique d’Irak (EII). Al-Zawahiri a cité en exemple, lors d’un message diffusé en août, les deux premiers chefs de l’EII dont Abou Moussab al-Zarqawi qui est considéré comme l’inspirateur initial du mouvement. La déviance qu’a ensuite connu Daech a profondément irrité les chefs d’Al-Qaida "canal historique". Surtout, les défections vers l’EI ont été considérées comme des trahisons qui pouvaient affaiblir considérablement la nébuleuse. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’Al-Qaida est reparti à la conquête des volontaires depuis l’automne 2014 en se rendant plus visible (je pense en particulier au Front al-Nosra et à la création de la branche du sous-continent indien).

En ce qui concerne Daech, je pense que le mouvement est en train de s’essouffler mais, est-ce un "palier" avant de reprendre la progression ou d'entamer un déclin ? Concrètement, l’EI piétine dans son noyau central syro-irakien. A l’extérieur des mouvements qui lui avaient fait allégeance ne l’ont pas fait dans leur intégralité et même, des activistes semblent revenir vers la "maison mère". Des djihadistes se revendiquant de Daech commencent à être combattus par d’autres mouvements similaires, particulièrement en Libye. Enfin, la "cause" même de Daech paraît être moins attractive, peut-être en raison de témoignages décrivant plus exactement ce qui se passe au sein de l’EI. En effet, cela ne semble pas correspondre tout à fait à ce qui j’ai décrit précédemment. En particulier la "vie idyllique" rêvée au sein de l'EI serait plus compliquée qu’annoncée. Faits significatifs : les communications individuelles avec l’étranger sont désormais interdites à Raqqa, la "capitale" de l’EI, et le nombre de volontaires au voyage belges (1) serait en forte diminution ces derniers mois (les autorités comptaient dix départs par mois à la fin 2014, il n’y en n’aurait plus "que" cinq par mois aujourd’hui).

Il y a enfin quelques signes encourageants (la fermeture de la frontière turco-syrienne en est un si elle se révèle vraiment effective dans les mois à venir) mais ils ne doivent pas faire oublier que Daech est toujours extrêmement dangereux au Proche-Orient et qu’Al-Qaeda reste un mouvement terroriste à visées internationalistes. La course en avant des deux formations est inquiétante dans la mesure où les attentats terroristes et les prises d’otages sont des moyens efficaces pour parvenir à se distinguer.

(1) Pour le moment, ce sont les seules estimations qui sont disponibles. Il va falloir attendre de voir si cela se confirme dans d’autres pays dont la France.

Propos recueillis par Romain Mielcarek

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Deudeuche
- 17/08/2015 - 12:07
Egorgeurs-décapiteurs ou bombes-suicide?
choix difficile!