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Tous grévistes

Et il n’y a pas que les éleveurs... ces conflits sociaux qui vont faire de la rentrée du gouvernement un terrain miné

Publié le 24 juillet 2015
Après les chauffeurs de taxi, les buralistes, c'est au tour des éleveurs d'élever la voix. L'été, chaud en mouvements sociaux, laisse présager une rentrée brûlante pour le gouvernement français.
Stéphane Sirot est historien, spécialiste des relations sociales, du syndicalisme et des conflits du travail.Il enseigne l’histoire politique et sociale du XXe siècle à l’Université de Cergy Pontoise.Derniers ouvrages parus : « Les syndicats sont-ils...
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Jean Petaux est docteur habilité des recherches en science politique. Ingénieur de recherche, directeur de Communication, des Relations extérieures et institutionnelles de Sciences Po Bordeaux, il dirige une collection aux éditions Le Bord de l’Eau, «...
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Stéphane Sirot est historien, spécialiste des relations sociales, du syndicalisme et des conflits du travail.Il enseigne l’histoire politique et sociale du XXe siècle à l’Université de Cergy Pontoise.Derniers ouvrages parus : « Les syndicats sont-ils...
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Après les chauffeurs de taxi, les buralistes, c'est au tour des éleveurs d'élever la voix. L'été, chaud en mouvements sociaux, laisse présager une rentrée brûlante pour le gouvernement français.

Atlantico : "La reprise sera chaude" a-t-on coutume de dire. Quels mouvements sociaux risquent d’occuper le gouvernement à la rentrée ?

Stéphane Sirot : Dans la conjoncture actuelle, il est difficile de prévoir, même à moyen-terme, quels sont les secteurs qui pourraient se mobiliser. Depuis un certain nombre d’années, les mobilisations sociales éclatent de manière diffuse sans que le mécontentement ait été prévu, annoncé ou envisagé. Quasiment toutes les catégories socio professionnelles sont touchées.

Ces mouvements échappent, ou sont alors difficilement canalisés, par les organisations professionnelles traditionnelles. C’est en partie le cas des chauffeurs de taxis, peu syndiqués. Les organisations ont eu tendance à suivre le mécontentement qui se profilait. Quant aux mobilisations paysannes, les syndicalistes paysans suivent ce que fait leur base. L’impulsion vient donc davantage de la base que du sommet. Cette situation est de plus en plus prégnante. En France, quelles que soient les professions, les organisations syndicales n’ont jamais aussi peu rassemblés. Elles ont des difficultés à canaliser ou organiser les mécontentements.

On peut penser que, dans les mois qui viennent, compte tenu de la situation politique, les mobilisations vont se multiplier. D’une part parce qu’un certain nombre d’entre elles, bien qu’elles se soient apaisées, ne seront pas complètement résolues à la rentrée. Je pense par exemple au conflit des taxis ou celui des paysans. Dans les entreprises, même si la conjoncture économique tend à se stabiliser, le chômage reste important et là aussi, des plans sociaux pourraient se confronter à des mobilisations. Des mouvements ponctuels seront certainement nombreux. Même si cela me parait moins probable, des interpellations du pouvoir sont possibles dans la fonction publique sur la question de la revalorisation salariale notamment. Concernant l’éducation, à la rentrée il est possible que la réforme du collège suscite un renouvellement des mobilisations qui avaient eu lieu entre avril et juin dernier. En un sens, aucun dossier ne semble vraiment clos. Aucun problème social n’est réellement résolu aujourd’hui, ne serait-ce que parce que l’Etat lui-même n’est pas en capacité de les apaiser. Très souvent, l’apaisement des mouvements sociaux interpellant l’Etat se produisent par l’injection de moyens financiers dans les secteurs concernés ce qui est très compliqué à mettre en œuvre de nos jours.

Les salariés ont des conditions très diverses, des statuts variés, une précarité de l’emploi qui n’a jamais été aussi forte… Ce panorama social ne favorise pas l’émergence de mouvements généraux d’ampleur nationale. Il est de plus en plus compliqué de trouver des revendications. Or, cet ingrédient est souvent nécessaire dans la constitution de mouvements sociaux interprofessionnels. Aujourd’hui, ce sont des mouvements catégoriels que l’on remarque.

Jean Petaux : Cette phrase, "la rentrée sera chaude" ou encore "on se prépare un automne chaud" est effectivement une sorte de mantra, de refrain quasi-rituel… Dans la réalité des faits elle n’a pas grande consistance. La France se complet à simuler de pseudo-révolutions qui, quand elles ne sont pas purement et simplement fantasmées et dignes d’un comportement collectif assez mythomaniaque, sont des simulacres de grandes manifestations.

Depuis 1965, il n’y a pratiquement pas eu de mouvements de protestation de masse à l’échelle du pays qui ont eu lieu entre la rentrée (mi-septembre) et les fêtes de Noël. Sur les 50 dernières années les "rentrées chaudes" se comptent sur les doigts d’une seule main… Et encore : en étant peu regardant sur l’ampleur de ces mouvements et en considérant comme relevant de la "rentrée" la période allant de septembre à décembre.

En 1986, à partir du retour des vacances de Toussaint les universités se mettent en grève contre le projet de loi Devaquet qui envisage de réformer l’enseignement supérieur (on a envie de dire : "la bonne blague !…"). Il s’ensuit une vraie mobilisation nationale avec manifestations et affrontements. Mais il s’agit de grèves étudiantes, seulement étudiantes... La société française ayant toujours considéré que l’université était au mieux une grande garderie pour adolescents attardés, au pire un machin sans intérêt, se fiche complètement de l’affaire. Jusqu’à ce qu’arrive la tragédie de la mort de Malik Oussekine, le 6 décembre 1986, qui fait basculer le dossier dans le champ politique dans les premiers mois d’une cohabitation rude entre François Mitterrand à l’Elysée et Jacques Chirac à Matignon. Le gouvernement va très vite capituler. Et François Mitterrand sortir grand bénéficiaire de cette séquence qu’il a dûment instrumentalisé.

Autre événement qui se traduit lui aussi par une capitulation gouvernementale : neuf ans plus tard. Et c’est encore la droite qui va s’incliner. Alain Juppé cherche à réformer tout à la fois les retraites, à s’attaquer aux régimes spéciaux et surtout parmi eux aux "intouchables" cheminots et à modifier le fonctionnement de la Sécurité sociale. Projet trop lourd : le front syndical est fracturé, la CGT voit le boulevard qui s’ouvre devant elle. En six semaines, de fin octobre à début décembre 1995, la France se couvre de manifestations. On invente un nouveau jeu : "le Juppéthon". Les chiffres des cortèges augmentent vertigineusement. Le pays est quasiment bloqué. Le gouvernement finit par "mettre les pouces" quinze jours avant les fêtes de Noël. Les grandes grèves de novembre-décembre 1995 sont peut-être le dernier exemple d’une mobilisation sociale réussie à l’échelle du pays.

Il existe un troisième cas : celui dit des "émeutes de banlieue de novembre 2005". A la différence des deux premiers événements cités (1986 et 1995) ce ne sont pas des projets de loi ou une volonté de réforme qui font que la "rentrée 2005" va s’avérer chaud-bouillante. C’est un terrible fait divers : la mort de deux jeunes gens électrocutés à Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005 alors qu’ils étaient poursuivis par la police. Voilà typiquement l’exemple d’une crise soudaine, d’une violence quasiment incontrôlable et incontrôlée qui va obliger le gouvernement Villepin, pour première fois depuis la guerre d’Algérie, à décréter l’Etat d’urgence…

Trois crises lourdes et durables, se déroulant sur plusieurs semaines, "feuilletonnant" en somme l’actualité : voilà la pire des conjonctures pour un gouvernement. Car l’effet de mimétisme et de contagion dans de telles situations est radicalement efficace. C’est la théorie de l’avalanche qui débute au sommet de la montagne par une grosse boule de neige et qui enfle et gonfle au fur et à mesure qu’elle dévale la pente… Rien ne l’arrête et elle emporte tout. Le dernier cas (les décès de Zyed Benna et Bouna Traore en 2005) montre que des événements particulièrement graves peuvent se produire sans véritables signes avant-coureurs. Ce sont les plus compliqués à gérer. Car, contrairement aux conflits sociaux et/ou catégoriels, on ne peut les arrêter en retirant un projet de loi ou en abrogeant un décret. Rien ne les "débranche" sauf l’usure et la fatigue des manifestants. Et le risque est croissant, chaque nuit qui passe, de se retrouver avec un ou plusieurs morts sur les bras au petit matin…

Reste un quatrième cas de figure, différent dans ses prolégomènes des trois premiers évoqués : celui que l’on a vu se dérouler entre novembre 2006 et janvier 2007 avec les "Enfants de Don Quichotte" emmenés, entre autres, par l’acteur Augustin Legrand. Là il s’agissait de mal-logés qui ont en quelque sorte réédité l’appel de "Noël 54" de l’Abbé Pierre. Nous ne sommes pas en présence d’un conflit au sens classique du mot. Il s’agit d’une action citoyenne que l’on qualifie de "non conventionnelle" qui cherche à régler un problème en imposant sa mise à l’agenda politique. Les très nombreuses tentes qui vont "fleurir" à Paris d’abord et dans plusieurs grandes villes françaises vont aboutir à la loi DALO (Droit au logement opposable). Peu importe que la crise du logement soit toujours aussi forte et aiguë en France et que cette loi DALO soit inappliquée parce que tout simplement inapplicable, la mobilisation des "Enfants de Don Quichotte" a atteint partiellement son but. En plein hiver, peu de temps avant que les Français ne fassent la fête à Noël, elle a braqué les projecteurs sur les "sans abris".

Pour la rentrée 2015 soyons clair. Aucun texte sur le métier à tisser les lois au Parlement ne semble susceptible d’engendrer une mobilisation d’envergure qui irait au-delà de revendications catégorielles et ponctuelles. Aucune mesure drastique, façon "train de mesures de rigueur" ne semble devoir être mis sur les rails. La seule grande réforme sociétale qui a excité les militants de Droite les a mobilisés au printemps 2013 et désormais le mariage pour tous est communément entré dans les mœurs. La rentrée 2015 ne devrait donc pas déroger à la règle des cinquante dernières années en France : elle sera froide. Mais, sans manier le paradoxe à l’excès, c’est justement dans ce contexte-là que François Hollande et Manuel Valls doivent se méfier. Il se peut très bien que des colères plus ou moins spontanées, des crises soudaines et brutales apparaissent dans un environnement globalement et apparemment calme. La spectacularisation de ce qui se déroule alors n’en est que plus grande. Si, par malheur, une de ces crises imprévues dérape et se traduit par une ou des victimes, tout est possible. Y compris le pire.

François Hollande avait expliqué que son quinquennat se diviserait en 2 parties : la première consacrée aux réformes et aux efforts, la seconde marquée par la redistribution. Qui pourraient obtenir un geste de la part gouvernement ? Pourquoi ?

Stéphane Sirot : Ceux qui peuvent espérer obtenir le peu à la disposition du gouvernement se divisent en deux catégories : les catégories d’une part qui sont processionnement peu nombreuses et même minoritaires comme les buralistes, les paysans ou les chauffeurs de taxis, mais qui savent en même temps engendrer des mobilisations qui font du bruit, obtenir des relais auprès du monde économique et politique, qui usent de méthodes médiatisant leur mouvement afin de contraindre le gouvernement à réagir... La deuxième catégorie est davantage à visée électorale : ce sont les salariées de la fonction publique. Ils n’obtiennent généralement pas la totalité de leurs demandes. Seule différence avec le mandat précédent, ce gouvernement de gauche a tendance à ne pas supprimer les postes comme on le faisait dans le précédent quinquennat. La fonction publique apparait comme l’une des dernières catégories socio-professionnelles qui continue, jusqu’à présent, à voter assez massivement pour gauche et le PS. Les fonctionnaires pourraient donc obtenir un certain nombre de concessions tout en restant très partielles face aux contraintes budgétaires.

Il faut aussi noter que les mouvements bien balisés, encadrés, ont beaucoup de mal à se faire entendre. Elles fonctionnent bien moins. Les mouvements plus spontanés, violents parfois comme celui des chauffeurs de taxis, se font davantage entendre. On retrouve aussi ce type de mobilisation lors des plans sociaux. 

On observe un message à double tranchant envoyé par le pouvoir politique et le pouvoir économique : c’est la radicalité qui paye car elle oblige le gouvernement à réagir, et le dialogue social est alors relégué au second plan.

Jean Petaux : L’inconvénient d’une telle présentation du calendrier du quinquennat est manifeste. Il s’agit d’un pari sur l’avenir au moment où ce "phasage" est formulé. Annoncer les efforts, les sacrifices et les réformes (toujours vécues comme des remises en cause d’avantages acquis dans un pays qui n’aime pas les réformes) ce n’est pas une spéculation sur l’avenir c’est une "feuille de route". Prévoir la redistribution des gains obtenus par ces mêmes réformes lors du second temps fort du quinquennat c’est à tout le moins faire preuve d’optimisme ou, plus gravement, "embobiner le gogo" en lui disant tout simplement : "paie d’abord tu gagneras ensuite"… L’ennui c’est quand il n’y a rien à gagner… ou pas grand-chose. Certains de ceux qui se sont fait gruger (ou ont eu le sentiment de l’avoir été… c’est tout comme, voire pire) réclament leur dû, dégainent leur "Six coups" et, dans tout bon western, le grabuge ne tarde pas à régner en maitre dans le saloon et aux abords. Autrement dit François Hollande a pris un sacré risque qu’il n’est pas du tout assuré de pouvoir assumer.

Dans quelle mesure le gouvernement a-t-il les moyens d’aider financièrement certains groupes de sociaux en demande ? Quelles sont ses marges de manœuvre ?

Stéphane Sirot : Elles sont extrêmement réduites, il n'y en a quasiment pas. Et  lorsque certaines sont utilisées, c'est au détriment d'autres. Si le gouvernement est obligé de donné aux uns, il aura plus de mal à contenter les autres dans la perspective d'une mobilisation. Ainsi, nous ne pouvons pas dire aujourd'hui que les catégories qui se sont mobilisées ces derniers mois ne reprendront pas leur mobilisation à un moment où à un autre dans les mois qui viennent parce que rien n'est réellement résolu par rapport aux attentes. Les moyens de contraintes gouvernementales sont très faibles particulièrement dans le cadre de ce qu'on appelle communément "la nouvelle économie". Cela fait 30 ans que les gouvernements, en organisant le système que l'on connaît, se sont aussi coupés d'un certain nombre de moyens d'actions. L'état pouvait il y a 30 ou 40 ans peser beaucoup plus facilement dans les décisions économiques, y compris lorsqu'elles étaient prises par les secteurs privées. Aujourd'hui on voit bien qu'il a plus de difficultés à le faire. Alors il lance des appels, il espère être entendu, mais en même temps ses moyens de pression sont de plus en plus faibles. En même temps, les citoyens continuent quand même de s'adresser aux pouvoir publics.

Il ya beaucoup de communication dans ce qui est annoncé, c'est assez systématique. La parole est peut-être devenue la principale arme du pouvoir politique aujourd'hui. Les moyens de satsifaire les mouvements sociaux sont de plus en plus ténus, et dans un même temps les mouvements sociaux continuent, peut-être même davantage qu'avant, à interpeller l'Etat.

Jean Petaux : La question n’est pas de savoir qui, plus particulièrement, est en situation d’obtenir un geste de la part du gouvernement… Puisque tous, peu ou prou, vont se considérer comme étant légitimes à obtenir quelque chose. Logiquement et politiquement François Hollande va s’efforcer de servir d’abord son électorat, autrement dit les fonctionnaires, les membres des classes moyennes et les plus jeunes. Il va lui falloir accélérer les baisses d’impôts pour les catégories les plus matraquées au début de son quinquennat (essentiellement les salariés littéralement "ficelés" et "tondables" à volonté). Pour le reste ses marges de manœuvre sont quasi-nulles… Même s’il parvient, en tirant sur les chiffres, à respecter plus ou moins bien les fameux critères du pacte de stabilité édictées par Bruxelles, il n’aura guère de possibilité de "servir" les plus nécessiteux ou, plus cyniquement, ceux qui seraient en mesure de voter pour lui… Cette situation le conduit certainement à s’interroger sur le "fameux alignement des planètes" qui doit s’opérer pour qu’il retrouve une situation un peu favorable à l’hiver 2016… Pas simple !

Quel est l’enjeu de cette rentrée pour François Hollande en termes de mobilisations sociales et de calendrier politique ?

Jean Petaux : Sur les mouvements sociaux j’ai indiqué dans ma première réponse combien il est compliqué d’anticiper et de voir arriver ceux-ci sur la scène politique. Reste donc la statistique : moins de cinq "rentrées chaudes" en 50 ans… Les défilés et les crises sociales ne sont donc pas trop à la mode lorsque tombent les feuilles d’automne…

Un élément qui pourrait, lui aussi, servir François Hollande, paradoxalement, c’est celui de la campagne électorale des régionales qui va se dérouler à partir de la rentrée pour monter en puissance en octobre et novembre. Les élections régionales vont avoir lieu les 6 et 13 décembre 2015. C’est la première fois depuis 50 ans (encore…) que des élections au suffrage universel vont avoir lieu à cette période-là de l’année. La fois précédente a été celle des présidentielles des 5 et 19 décembre 1965. Pendant ces mêmes 50 ans on ne compte que trois référendums qui ont eu lieu pendant le second semestre : celui sur la ratification du traité de Maastricht (20 septembre 1992), celui sur le passage au quinquennat (24 septembre 2000) et celui sur le statut de la Nouvelle-Calédonie (6 novembre 1988). Il y a certes eu des élections cantonales au cours de ces 50 dernières années, mais elles procédaient de renouvellements partiels des cantons dans chaque département, quant aux sénatoriales elles ne concernaient que les "grands électeurs" et n’étaient pas nationales d’ailleurs. En d’autres termes la situation est très originale pour ces régionales de 2015. Ce que l’on constate en règle générale c’est que dans les semaines qui précèdent une élection générale (c’est le cas des régionales qui concernent tous les Français métropolitains et ultra-marins) le climat social est plutôt atone et étrangement calme. Comme si les Français, passionnés de politique, pensant encore, quoiqu’ils en disent, que la politique peut beaucoup, attendaient patiemment de pouvoir se défouler dans les urnes… La campagne électorale fonctionne alors comme une sorte de "soupape" permettant d’évacuer les tensions sociales et l’acte de voter comme un exutoire politique.

Voilà un élément de contexte politique supplémentaire qui fait que François Hollande, continuant de faire le dos rond, éteignant tel ou tel commencement d’incendie en surveillant de près les "départs de feu catégoriels" peut envisager de passer sans trop d’encombres un second semestre 2015 qui l’amènera dans la dernière ligne droite de son quinquennat : l’année 2016. Comme les résultats des élections régionales seront forcément mauvais (en dehors de l’Alsace, toutes les régions métropolitaines sont actuellement dirigées par un président PS), il peut juste espérer qu’ils ne deviennent pas catastrophiques… Si son camp sauve 3 ou 4 régions parmi les 13 nouvellement dessinées, il pourra considérer qu’il n’aura pas totalement perdu la face. Il lui restera alors à abattre quelques atouts : modifier le mode de scrutin législatif en faisant en sorte que 100 des 577 députés (dont 555 en métropole) soient élus à la proportionnelle ; essayer de surfer sur la COP21 si elle peut afficher un bilan honorable pour neutraliser une candidature écologiste… et prier pour que l’Euro 2016 voit les Bleus refaire les exploits de juillet 1998 et de juillet 2000.

Mais il reste une inconnue majeure et déterminante dans toute cette conjoncture qui reste à écrire : celle d’une série d’attentats particulièrement violents et/ou spectaculaires qui traumatiseraient à nouveau durablement le pays tout entier engendrant forcément de nouvelles tensions inter-communautaires sur lesquelles surferaient tel ou telle démagogue de profession…

Propos recueillis par Rachel Binhas

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jlmr
- 25/07/2015 - 01:10
bien sûr, c'est grave :
le non du 29 mai 2005 des Français fait référence au texte sur une Constitution pour l'Europe et non sur le traité de Maastricht agréé avant. J'ai dû lire une bande dessinée de Bibi Fricotin avant de mentionner cette ville que je connais bien… sur la carte.
Par contre, notre ex-président n'a pas bien répercuté ce vote ou n'a pas tout lu de ce que les Français ne voulaient pas (ce ne sont pas les seuls). Tout a commencé à se gâter bien avant… De Gaulle a bien essayé de contrer mais il était bien seul et peut-être un peu trop militaire pour biaiser une machine déjà bien huilée. Nous avons maintenant le fruit des entrailles de cette machine, quel que soit le président, le vote ou toute tentative d'équité. Il faut trouver autre chose beaucoup plus corrosif et imparable pour enrayer cette marche vers le néant. Quant à meugler, étendre du fumier ou sortir les fusils, ce n'est pas ça qui l'arrêtera, au contraire, c'est pousser un peu plus vers le précipice. Quant aux artisans, ce sont eux les plus à plaindre, tondus jusqu'à la moelle. 1946 est le début de la pente
Anouman
- 25/07/2015 - 00:00
Mouvements sociaux
Mais où est le rapport entre les buralistes et les agriculteurs? Les seconds ont du mal à s'adapter à une économie de marché qui est (à tort ou a raison) le principe de l'Europe économique. Les prmiers se plaignent de lois inutiles venant contrecarrer leur commerce (et bien loin de l'économie de marché). Si on mélange tout on peut faire une soupe mais rien ne dit qu'elle puisse être bonne.
Anouman
- 24/07/2015 - 23:53
@jlmr
Mais les Français ont voté pour Maastricht par référendum et avec une très courte avance pour le oui. Ne pas savoir ça est quand même assez grave.