En direct
Best of
Best of du samedi 2 au vendredi 8 novembre
En direct
Flash-actu
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

La fusion nucléaire pourrait-elle être notre bouée de sauvetage énergétique ?

02.

Quatre ans après le Bataclan, la France désemparée face à la zone grise qui sépare islam politique et terrorisme

03.

Ces 3 grandes réformes du capitalisme libéral auxquelles Emmanuel Macron ne s’est toujours pas attaqué

04.

Le sondage qui fait peur sur l’état intellectuel de la fonction publique

05.

Les hyper riches croulent sous des montagnes de cash mais l’excès de liquidités tue leur richesse

06.

Julie Graziani : « Criminaliser les idées et les mots, c’est empêcher de réfléchir »

07.

Décembre social en vue : mais que souhaitent vraiment les Français ?

01.

Et si l’univers était une sphère fermée ? C’est ce que pourraient suggérer des observations de l’Agence spatiale européenne

02.

Euphémisation du réel : les évidences inaudibles de Zineb El Rhazoui et Julie Graziani

03.

Le sondage qui fait peur sur l’état intellectuel de la fonction publique

04.

Vérité des chiffres : il faudrait ouvrir une centrale nucléaire par jour dans le monde pour respecter l’objectif d’émissions carbone zéro en 2050

05.

Julie Graziani : « Criminaliser les idées et les mots, c’est empêcher de réfléchir »

06.

Les aventuriers du bon sens perdu : ce que la tempête autour de Julie Graziani nous dit des blocages intellectuels du monde actuel

01.

Les aventuriers du bon sens perdu : ce que la tempête autour de Julie Graziani nous dit des blocages intellectuels du monde actuel

02.

Et si l’univers était une sphère fermée ? C’est ce que pourraient suggérer des observations de l’Agence spatiale européenne

03.

"Quand des Juifs partent c'est la France qu'on ampute" a dit Macron. Mais il a omis de préciser qui ampute…

04.

Euphémisation du réel : les évidences inaudibles de Zineb El Rhazoui et Julie Graziani

05.

The Economist : Emmanuel Macron affirme que l'Otan est en état de "mort cérébrale" et que l'Europe est en danger

06.

Emmanuel Macron et sa névrose de l’ennemi

ça vient d'être publié
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Un amour sans résistance" de Gilles Rozier : interroge intelligemment en laissant la place à plusieurs interprétations

il y a 24 min 49 sec
light > High-tech
Mickey détrône Netflix
10 millions de personnes se sont abonnées à Disney + en un seul jour
il y a 1 heure 30 min
décryptage > Politique
Engagement

Combats de gauche : alerte à la supériorité morale

il y a 2 heures 36 min
décryptage > Santé
Manger avec Atlantico

Vous n'aimez pas les épinards ? Cette étude scientifique vous explique pourquoi

il y a 3 heures 9 min
décryptage > Politique
Espèce protégée ?

Esther Benbassa savez-vous qu'il y a des Juifs antisémites ?

il y a 4 heures 9 min
décryptage > International
Crise

Fin de l’histoire : leçons planétaires d’une démission bolivienne

il y a 4 heures 27 min
décryptage > Social
La réforme venait du froid

Retraites : le modèle suédois ne va pas si mal que ça, merci

il y a 4 heures 54 min
décryptage > Santé
Journée “hôpital mort”

Crise (permanente) à l’hôpital : mais que faisons-nous donc de nos prélèvements obligatoires records ?

il y a 5 heures 40 min
rendez-vous > Media
Revue de presse des hebdos
L'Express voit Macron paralysé; Rachida Dati fait face à ses ennemis; Ségolène Royal veut faire taire les siens, et le PS qu'elle arrête de détourner son temps de parole; Retraite: plus les Français sont âgés, plus ils la souhaitent tardive
il y a 6 heures 17 min
pépite vidéo > Terrorisme
Lutte contre le terrorisme
13 Novembre : selon Laurent Nuñez, l'état de la menace terroriste reste "toujours aussi élevé"
il y a 20 heures 50 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

Exposition "Greco" au Grand Palais : Greco, ce génie...

il y a 32 min 34 sec
pépites > International
Bras de fer
Recep Tayyip Erdogan considère que les propos d'Emmanuel Macron sur l’Otan et la Turquie sont "inacceptables"
il y a 1 heure 55 min
décryptage > Europe
Facilité

Souveraineté numérique : attention aux pièges de l’ambition politique européenne

il y a 2 heures 57 min
décryptage > Consommation
Enchères Patek Philippe

Une montre en acier adjugée à 28 millions d’euros, c’est extravagant, mais n’est-ce pas indécent ?

il y a 3 heures 44 min
décryptage > International
Lueur d'espoir

Quand l’Amérique du Sud trahit les espoirs de la gauche radicale … à moins que ce ne soit l’inverse

il y a 4 heures 22 min
rendez-vous > Social
Politico Scanner
Décembre social en vue : mais que souhaitent vraiment les Français ?
il y a 4 heures 36 min
décryptage > Economie
BCE

"En finir avec une politique monétaire insensée ?" Petite démolition argumentée d’un raisonnement 100% faussé

il y a 5 heures 11 min
décryptage > Economie
Atlantico Business

Face à l’offensive de Disney, Amazon, Google et Apple, les chaînes de télé et le cinéma risquent d’être définitivement dépassés

il y a 6 heures 6 min
pépites > France
Hommage
Un jardin du souvenir pour les victimes des attentats du 13 novembre 2015 sera bientôt ouvert à Paris
il y a 18 heures 28 min
pépites > International
Impeachment
Destitution de Donald Trump : ouverture d'auditions publiques historiques au Congrès
il y a 21 heures 10 min
© Reuters
Sur la question de la Grèce, la France semble inaudible en Europe.
© Reuters
Sur la question de la Grèce, la France semble inaudible en Europe.
Allô Paris, non mais allô quoi

Grèce : ce que la France pourrait encore faire pour stopper la machine infernale

Publié le 04 juillet 2015
Alors que le processus de l'éventualité du Grexit est enclenché, François Hollande s'exprime à contre courant des positions de l'Eurogroupe. Malgré tout, si les politiques étaient appelés à donner leur avis la semaine dernière, aujourd'hui, seule la Banque Centrale Européenne a le dossier en main.
Yves Roucaute est philosophe. Agrégé de philosophie et de sciences politiques, il enseigne à la faculté de droit de l’université de Paris-X.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Romaric Godin est journaliste financier. Ancien correspondant à Francfort pour La Tribune, il en est actuellement le rédacteur en chef adjoint.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Yves Roucaute
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Yves Roucaute est philosophe. Agrégé de philosophie et de sciences politiques, il enseigne à la faculté de droit de l’université de Paris-X.
Voir la bio
Romaric Godin
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Romaric Godin est journaliste financier. Ancien correspondant à Francfort pour La Tribune, il en est actuellement le rédacteur en chef adjoint.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Alors que le processus de l'éventualité du Grexit est enclenché, François Hollande s'exprime à contre courant des positions de l'Eurogroupe. Malgré tout, si les politiques étaient appelés à donner leur avis la semaine dernière, aujourd'hui, seule la Banque Centrale Européenne a le dossier en main.

Atlantico : A travers le dossier grec, la France semble inaudible au niveau de l’Europe, incapable de défendre sa position face à l’Allemagne. Est-ce une fatalité ? Quels levers d’action la France pourrait-elle encore actionner pour inverser le cours d’une histoire qui semble, à bien des égards, écrite à l’avance ?

Romaric Godin : Le problème est une question de temps. La France a cru qu’on n’irait jamais jusqu’au grexit. Elle a fait confiance à l’Allemagne. Seulement Angela Merkel n’a pas agit comme d’habitude. Cette fois, elle affirme que le grexit n’est pas un problème pour la zone euro. François Hollande n’a pas pris conscience de cette position de l’Allemagne, il a donc pensé qu’il pourrait faire fléchir l’Allemagne de l’intérieur en discutant avec Angela Merkel. Mais la France s’est faite dépassée. Le discours de François Hollande est arrivé trop tard. Il est arrivé devant un fait accomplie, et il ne s’est réveillé que cette semaine. Entre temps les politiques ont laissé le dossier à la BCE. Notre président peut dire ou faire tout ce qu’il veut, ce n’est plus lui qui est décisionnaire. Il est arrivé en disant qu’il fallait arrêté ce mécanisme là, mais il est déjà lancé. Il y a deux possibilité pour Dimanche. 

Celle du oui. Dans ce cas, François Hollande peut essayé de jouer un rôle de médiateur et de faire accepter aux Européens la présence d’Alexis Tsipras en leur sein. Ce n’est pas certain qu’il y parvienne: quand vous vous êtes tus pendant 6 mois, que vous avez acceptez tout ce qui a été fait, et que vous vous réveillez en disant « il faut arrêter la machine infernale », ce n’est pas certain que ça fonctionne.
Celle du non. Dans ce cas, François Hollande pourra faire ce qu’il voudra, le mécanisme du grexit sera enclenché, il sera trop tard.

Yves Roucaute : Ce n’est là qu’un symptôme général de la politique internationale de la France. Et il nous faut en voir les raisons. 

Sans doute l’histoire retiendra-t-elle ce fait : en quelques années de gouvernance socialiste, la France est passé d’un statut d’acteur majeur et écouté du système international à une puissance de seconde zone. La gestion du dossier grec est une des dernières péripéties de cette impuissance à assurer son rang, la dernière venant du voyage en Afrique où le Président a jugé que 3 jours étaient suffisants pour passer au Bénin, en Angola et au Cameroun. Songez que cela faisait 14 ans qu’un chef d’Etat français ne s’était pas rendu chez nos alliés du Cameroun par exemple.  Et il y est resté seulement 6h alors que le Cameroun se bat pourtant en première ligne contre les djihadistes de Boko Haram, l’un des plus horribles groupes qui soit.  Et comment ne pas être atterré par les marques d’irritation qu’il montra face au Président du Bénin ? Ce qui explique un tel dilettantisme et une telle incorrection vient de la pression exercée par certains de ses alliés au nom de la représentation peu démocratique du gouvernement de certains de nos alliés.  Tout est là : dans l’incapacité de François hollande à avoir une vue stratégique. Car aujourd’hui c’est la guerre et la France est en guerre.  Et face à l’ennemi principal, l’islamisme, il faut que la France resserre ses liens avec ses alliés. Pas que son Président préfère courtiser certains groupes irresponsables ou courir le guilledou. 

Toujours pour en rester aux faits, s’agissant de la Grèce, chacun a pu voir les tergiversations françaises. Un coup, collant  aux positions d’Angela Merkel et des membres de la Commission, un coup tentant de briller en sortant du rang par une position de « médiateur » de l’extrême-gauche grecque, la France navigua entre un suivisme sans couleurs et un aventurisme niais. Le summum du ridicule fut atteint mercredi. Manuel Valls et François Hollande, incapables de comprendre le sens véritable de la teneur de la lettre envoyée par Alexis Tsipras qui jouait tout simplement sa propre élection en faisant croire aux électeurs grecs qu’il ne cessait de faire des concessions, crurent possibles un accord.  Enfin, se dirent-ils, ils allaient démontrer qu’ils pouvaient être des médiateurs et qu’ils avaient, eux, une positon centriste, de gauche presque. Et voilà Manuel Valls qui s’en prend à Nicolas Sarkozy  en s’inscrivant "en faux, contre certains, notamment un ancien président de la République qui déclare que la Grèce est sortie de fait de la zone euro. Ces polémiques, ces analyses trop rapides nuisent au débat". Et, persuadés qu’ils tiennent la solution grâce à cette lettre et que l’accord est possible, ils tentent de prendre le train de la victoire en déonçant l’irresponsabilité de Nicolas Sarkoy, opposée aux "déclarations responsables de trois anciens Premiers ministres, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon".  Enfin, ils allaient pouvoir pousser Alain Juppé, pour eux plus facile à battre. Ce fut l’arroseur arrosé : en guise d’analyses trop rapides, le couple Valls-Hollande démontrait une nouvelle fois qu’il avait la médaille d’or. Et le ridicule fut achevé avec l’humiliation de la France qui s’était avancée à proclamer l’accord imminent, et qui se rendit soudain compte que Tsipras n’avait jamais eu l’intention de conclure un accord. Il fallut bien se rendre à l’évidence : la seule position juste était celle d’Angela Merkel, qui ne s’était pas laissé prendre  au piège de la démagogie grecque, et celle de Nicolas Sarkozy qui constatait, comme tout un chacun, que le gouvernement grec jouait en dehors des règles.

La raison fondamentale de cette politique internationale n’est pas si dfficile à discerner, me semble-t-il. Ce gouvernement est faible. Il a peu de soutien populaire et sa légitimité est largement ébréchée, en particulier depuis les dernières élections et les pertes de soutiens à l’Assemblée nationale. François Hollande ne veut pas trop blesser ses alliés d’extrême-gauche dont le PS va avoir besoin pour tenter de conserver des régions, comme il en aura besoin pour l’emporter lors des présidentielles. Dés lors, au lieu de regarder l’intérêt de la France, il navigue au gré des jeux politiques de son parti, de  ses alliés et de son électorat. La gouvernance de la France est mécaniquement devenue celle des partis à l’approche des élections régionales et, bientôt, des présidentielles.  Cela est d’utaant plus crucial à ses yeux que les votes à l’Assemblée, et la nécessite d’en passer par le 49-3 pour imposer ses choix, ont démontré sa faiblesse substantielle par rapport aux partis de gauche. La position sur la Grèce est seulement une conséquence. Il tente de concilier, d’un côté, les courants pro-européens qui considèrent que la Grèce ne joue pas le jeu et qui l’abandonneraient s’ils se mettait à devenir eurosceptique, et, d’un autre côté, les courants anti-européen de sa gauche qui pourraient profiter de la Grèce pour refuser toute alliance. 

Toute la politique de François hollande tient à ce souci de ne pas heurter ses soutiens électoraux. C’est le retour du régime des partis.

Thomas Piketty a invité François Hollande à poser un véto français à un Grexit, concrètement comment pourrait-il s’y prendre? Quels éléments pourrait-il mettre en balance ? 

Romaric Godin : Le problème c’est sortir d’un pays de la zone euro, techniquement, ce n’est pas possible. Ca ne relève pas de la compétence des chefs de l’état. La seule puissance qui puisse provoquer le grexit c’est la BCE. Elle ne le déclenchera pas directement mais elle poussera le gouvernement grec dans une situation où Athènes n’aura pas d’autres solutions. En théorie, la banque centrale est indépendante, donc il n’y a pas de possibilité de l’influer. C’est extrêmement difficile de bloquer ce mécanisme enclenché. Maintenant, cela reste en théorie. En pratique, la BCE a une approche politique, en revanche, cela ne peut pas se faire dans le cadre d’une diplomatie direct mais dans le cadre d’une pression indirecte. 

Dans les 18 qui sont face à la Grèce, il y a un quasi consensus contre la Grèce, à l’exception faite de la France et l’Italie. Ils risquent de se retrouver extrêmement isolés au moment de la décision puisqu’ils ne sont pas soutenus par une majorité.

Yves Roucaute : La position de Thomas Piketty est assez drôle et bien naïve. Il appelle « apprentis-sorciers » ceux qui évoquent la possibilité de la sortie de la Grèce de l’euro ». Mais, en imaginant le « non » l’emportant et aucune sanction, il faut qu’il soit bien aveugle pour ne pas s’apercevoir de l’incroyable appel d’air que cela donnera à toutes les forces extrémistes en Europe, en particulier en France au Front national. S’il n’y a pas de sanctions, alors tout est possible. Amusons-nous.

D’autre part, il est quand même difficile de soutenir qu’il faut laisser la Grèce qui aurait voter « oui » dans le système. Car cela signifie concrètement encore donner une trentaine de milliards à la Grèce, ce que demande d’ailleurs Alexis Tsipras.

Doit-on considérer que le réel déficit démocratique qui a présidé à la création de l’euro, doive être suivi d’un nouveau déficit démocratique, par une technostructure qui déciderait de prendre l’argent du travail des autres Européens sans leur demander leur avis, pour le donner à la Grèce ? Il est quand même curieux  que ce soit aux Grecs de décider de l’usage de notre argent et que cela ne leur pose pas même le début de l’ombre d’un problème. Demandons donc par référendum l’avis des Français, des Allemands, et des autres puisque c’est bien de leur argent dont il s‘agit. N’aurions-nous pas notre mot à dire ?  S’il y a un référendum en France demandant « êtes-vous d’accord pour prêter 30 milliards aux Grecs qui doivent déjà 45,4 milliards », Thomas Pikettyqui semble aimer le choix des peuples de façon un brin cavalière, est-il  certain que les Français répondrons « oui » ?  J’en doute.

En vérité, François Hollande est en position difficile, plus qu’on ne le croit. Il était prêt à céder sur le chantage de l’extrême-gauche grecque et il est probablement prêt à céder demain sur un nouveau chantage. Sa position sera seulement l’effet des rapports des forces en France même. 

Le résultat aura une certaine importance. Si les Grecs votent  « oui », alors François Hollande sera plutôt mal à l’aise car ces partenaires pourront critiquer une certaine lâcheté. S’ils votent « non », alors, quoi qu’il en pense, ses partenaires européens seront encore moins enclins à céder à un gouvernement grec qui fut fourbe dans son jeu envers des alliés européens et qui ment et manipule ses électeurs, comme l’a montré son incapacité à tenir ses promesses électorales et cette façon d’engager un référendum en dissimulant le propositions européennes, en mettant le « non » sur les bulletins avant le « oui ,» en imposant une campagne de 3 jours qui rend impossible le débat, campagne transformée en plébiscite sur sa personne, à la façon des grands dictateurs.

S’il y a un « non », il sera d’autant plus dur pour François Hollande d’exister que la position de l’Allemagne, en cas de victoire du « non », est à peu près prévisible. Clairement, l’Allemagne a prêté 56 milliards à la Grèce. 56 milliards ce n’est pas rien, contrairement à ce que prétend l’extrême-gauche. C’est 8 fois le produit intérieur brut de Haïti, 4 fois celui de Madagascar, 3 fois celui du Népal. C’est supérieur au PIB de la Bulgarie et de plus de 100 autres pays dans le monde.

Or, non seulement l’extrême-gauche ne veut pas des conditions posées par des créanciers qui ont déjà fait beaucoup d’efforts, et d’abord celui de prêter mais, en plus le gouvernement grec développe une xénophobie anti-allemande et antiaméricaine à la manière d’un parti néo-fasciste. Car l’Allemagne prête et, en plus,  elle est insultée. Donc je ne crois pas que l’Allemagne soit très encline à suivre les humeurs vagabondes de François Hollande dans ce cas. 

Et la vérité est que la Grèce est déjà sortie du système européen. Dans les faits. Que l’on s’en réjouisse ou s’en désespère. Et la seule question est de savoir, si le « oui » l’emporte, comment les autres Européens vont pouvoir faire pour la ramener dans les règles du jeu et quel coût nous sommes disposés à payer pour cela. 

L’impuissance de François Hollande, dans tous les cas, sera flagrante. Nous aurons certes droit à des effets de manche, et cela me paraît naturel car nul n’a intérêt à le voir perdre la face comme Président, mais s’il veut que l’Europe survive et se développe, il va falloir choisir le camp de la responsabilité. 

D’autant que, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, quitte à choquer certaines belles âmes, il reste à prouver que la sortie de la Grèce ne soit pas un bienfait pour l’euro et pour l’Europe aussi qui vient de découvrir l’urgence d’une gouvernance économique commune, ce à quoi un pays comme la Grèce paraît peu disposé.

Qu’est ce qui pourrait inciter François Hollande à aller aussi loin maintenant alors qu’il s’y était jusque-là opposé ?

Romaric Godin : Ce qui le motive, c’est le risque réel du grexit. Si on a un Non dimanche, la BCE va devoir prendre une décision Lundi: le maintient de la Grèce ou non dans la zone euro. C’est une décision qui va bouleverser toute la zone. Elle était avant irréversible: vous y entrez mais n’y sortez pas. Si maintenant on exclue la Grèce, on se retrouve dans une autre dimension: ce ne sera plus une zone monétaire soutenue par un projet politique, ce sera simplement une zone monétaire. Pour le gouvernement français, la question est de savoir s’il doit prendre le risque d’aller vers cette nouvelle forme de zone euro, ou si elle essaye de sauver la zone euro telle qu’elle est décrite aujourd’hui. S’il devait y avoir une initiative française, c’est maintenant qu’elle devrait se faire. Seulement elle arrive bien tard. Cette logique là a commencé dès Samedi soir dernier, le 27 juin, lorsque L’Eurogroupe a décidé de ne pas prolonger le plan d’aide à la Grèce. Là la France ne s’y était pas opposé. La véritable action française aurait du être au sein de cet Eurogroupe, qui était l’organe du processus. Aujourd’hui, c’est presque trop tard.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

La fusion nucléaire pourrait-elle être notre bouée de sauvetage énergétique ?

02.

Quatre ans après le Bataclan, la France désemparée face à la zone grise qui sépare islam politique et terrorisme

03.

Ces 3 grandes réformes du capitalisme libéral auxquelles Emmanuel Macron ne s’est toujours pas attaqué

04.

Le sondage qui fait peur sur l’état intellectuel de la fonction publique

05.

Les hyper riches croulent sous des montagnes de cash mais l’excès de liquidités tue leur richesse

06.

Julie Graziani : « Criminaliser les idées et les mots, c’est empêcher de réfléchir »

07.

Décembre social en vue : mais que souhaitent vraiment les Français ?

01.

Et si l’univers était une sphère fermée ? C’est ce que pourraient suggérer des observations de l’Agence spatiale européenne

02.

Euphémisation du réel : les évidences inaudibles de Zineb El Rhazoui et Julie Graziani

03.

Le sondage qui fait peur sur l’état intellectuel de la fonction publique

04.

Vérité des chiffres : il faudrait ouvrir une centrale nucléaire par jour dans le monde pour respecter l’objectif d’émissions carbone zéro en 2050

05.

Julie Graziani : « Criminaliser les idées et les mots, c’est empêcher de réfléchir »

06.

Les aventuriers du bon sens perdu : ce que la tempête autour de Julie Graziani nous dit des blocages intellectuels du monde actuel

01.

Les aventuriers du bon sens perdu : ce que la tempête autour de Julie Graziani nous dit des blocages intellectuels du monde actuel

02.

Et si l’univers était une sphère fermée ? C’est ce que pourraient suggérer des observations de l’Agence spatiale européenne

03.

"Quand des Juifs partent c'est la France qu'on ampute" a dit Macron. Mais il a omis de préciser qui ampute…

04.

Euphémisation du réel : les évidences inaudibles de Zineb El Rhazoui et Julie Graziani

05.

The Economist : Emmanuel Macron affirme que l'Otan est en état de "mort cérébrale" et que l'Europe est en danger

06.

Emmanuel Macron et sa névrose de l’ennemi

Commentaires (12)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
cadi67
- 05/07/2015 - 17:54
irréversible
Croire une construction politique ou économique irréversible est d'une puérilité sans borne. A moins que pour ceux qui y croient l'Histoire commence en 1992. Il est vrai que vu le niveau de l'école aujourd'hui, les parlements et gouvernements sont peuplés d'ignorants diplômés.
Philippine
- 05/07/2015 - 10:08
Et dire !!!
Et dire que Thomas Piketty votera à nouveau François Hollande en 2017, si toutefois il peut se représenter (entendu chez J jacques Bourdin l'autre jour ) !! Quelle constance dans l'erreur de jugement ! Si ce personnage se trompe autant en économie, lui dont beaucoup vantent les mérites, ce n'est pas étonnant que nous coulions à pic . De grâce , ATLANTICO, ASSEZ DE FAUTES D'ORTHOGRAPHES !!!!!!
clint
- 04/07/2015 - 21:18
@Gilly : MLP est "droguée" aux "Philippôtes" !
Ce n'est pas de sa faute, la bande en question connait les luttes politiques et les coups fourrés qui se pratiquent dans les ministères !