En direct
Best of
Best of du 4 au 10 juillet
En direct
ça vient d'être publié
light > Religion
Religion
Transformation de Sainte-Sophie : le pape François se dit "très affligé"
il y a 1 heure 35 min
pépite vidéo > Culture
Indignation sur les réseaux sociaux
Relâchement ? : des milliers de personnes réunies pour le concert du DJ The Avener à Nice
il y a 2 heures 50 min
décryptage > France
Bonnes feuilles

La France des caïds : l’inquiétante porosité du grand banditisme

il y a 10 heures 22 min
décryptage > Société
Bonnes feuilles

Covid-19 : la société française face au confinement

il y a 11 heures 26 min
décryptage > Culture
Il faut que tout change pour que tout change

"Qu’on est bien dans les bras d’une personne du sexe opposé" : on n’a plus le droit de chanter ça !

il y a 11 heures 58 min
décryptage > International
Lion-dragon deal

Comment la politique iranienne de Trump a jeté Téhéran dans les bras de Pékin

il y a 12 heures 58 min
décryptage > Politique
Le bloc-pol de Laurence Sailliet

Ce devoir de pragmatisme qui s’impose au gouvernement Castex

il y a 13 heures 57 min
décryptage > International
Guerre commerciale

Donald Trump veut-il mettre en faillite Xi Jinping et la Chine ?

il y a 15 heures 2 min
décryptage > Société
Retrouver le sens du réel

Ces dénis grandissants de réalité qui asphyxient nos libertés

il y a 15 heures 46 min
pépites > France
Viviane Lambert
L’émotion de la mère de Vincent Lambert, un an après la mort de son fils
il y a 1 jour 4 heures
pépites > France
Sentiment d'abandon
Carlos Ghosn critique l’attitude de la France et estime avoir été "abandonné"
il y a 2 heures 3 min
pépite vidéo > Santé
Geste symbolique
Coronavirus : Donald Trump porte un masque en public pour la première fois
il y a 3 heures 19 min
décryptage > Politique
Bonnes feuilles

Elections municipales 2020 : la démocratie à l’épreuve du coronavirus

il y a 11 heures 9 min
décryptage > International
Bonnes feuilles

Crise du coronavirus aux Etats-Unis : une mise à l’épreuve des valeurs fondamentales de la société américaine

il y a 11 heures 42 min
décryptage > Culture
Atlantico Litterati

Bernard Plessy : "Travaux et jours dans la Grèce antique" (éditions Paradigme), grandeur du "petit peuple"

il y a 12 heures 29 min
décryptage > Economie
Effet boule de neige

Covid, moins d'habits, plus de chômage !

il y a 13 heures 23 min
décryptage > Culture
"Last night a DJ saved my life"

Humeur sombre mais folles envies de dance floor : la pop music n’a jamais été aussi rythmée depuis 10 ans

il y a 14 heures 18 min
décryptage > Société
1001 colères

A chacun ses coupables, à chacun ses victimes : mais qui écoute le plus les Français silencieux ?

il y a 15 heures 17 min
pépites > Education
Génération Covid-19
Bac 2020 : 95,7 % de réussite après la première session de rattrapage
il y a 1 jour 4 heures
pépite vidéo > France
Mort du conducteur agressé
Bayonne : Gérald Darmanin promet des mesures pour les chauffeurs de bus de toute la France
il y a 1 jour 5 heures
© wikipédia
Photo d'illustration // Une machine à écrire.
© wikipédia
Photo d'illustration // Une machine à écrire.
Tribune

La France prend un retard inquiétant dans le développement du secteur numérique

Publié le 02 juin 2015
"Aujourd'hui, le point le plus crucial est de faire travailler ensemble les start-up et les grands groupes établis, afin que le numérique se diffuse dans l'ensemble de notre économie", a déclaré le 2 juin le ministre de l’Économie Emmanuel Macron. Un secteur dans lequel la France cumule du retard, selon Arnaud Dassier, entrepreneur et consultant dans le secteur d'Internet.
Arnaud Dassier
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Arnaud Dassier est un entrepreneur et consultant dans le secteur d'Internet. Il est spécialiste de l'Internet politique, il a notamment contribué aux campagnes présidentielles de Jacques Chirac (en 2002) et de Nicolas Sarkozy (en 2007).Depuis 2010, il...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
"Aujourd'hui, le point le plus crucial est de faire travailler ensemble les start-up et les grands groupes établis, afin que le numérique se diffuse dans l'ensemble de notre économie", a déclaré le 2 juin le ministre de l’Économie Emmanuel Macron. Un secteur dans lequel la France cumule du retard, selon Arnaud Dassier, entrepreneur et consultant dans le secteur d'Internet.

Etudier le numérique français, c’est faire l’amer constat d’un incroyable gâchis, dans ce secteur qui est le plus stratégique pour notre avenir, alors que la France a tous les atouts pour y réussir de façon exceptionnelle.

La crise des Pigeons a eu au moins ce mérite de faire la pédagogie de l’écosystème numérique auprès des politiques et de l’opinion. Quelques succès internationaux comme Critéo et Blablacar ont permis un regain d’optimisme et une prise de conscience. Oui, la France peut être leader dans le secteur numérique. Alors pourquoi ne pas essayer vraiment ?

Conscient d’un certain retard, et encouragée par ces quelques succès, la France a décidé de se mobiliser pour le secteur numérique, à la manière française… Subventions à foison, locaux mis à la disposition par les villes, communication sur desplans d’actionqui se succèdent à un rythme d’enfer, les responsables politiques et associatifs font ce qu’ils savent faire : du béton, du saupoudrage d’argent des contribuables et de jolis logos pour se donner le beau rôle auprès des médias et des électeurs.

Le problème est que cette frénésie de communication a tendance à cacher les vrais problèmes, voire confine à l’auto-suggestion. On entend ainsi certains responsables politiques décréter que Paris est la capitale européenne du numérique ou que la « French tech » a des leçons à donner aux requins de la Siliconvalley. Des chefs d’entreprises à succès généralisent leurs cas particuliers et décrètent que la France est un paradis pour les startups. D’autres se consolent en confondant le succès, réel, des Français à l’étranger, ou ils enrichissent leurs pays d’accueil, avec le succès de la France sur la scène numérique internationale.

Malheureusement la vérité est beaucoup moins rose. Le réalisme et la lucidité sont des préalables désagréables mais nécessaires si l’on veut voir les problèmes, comprendre leur origine, et se donner les moyens de les régler.

Un secteur stratégique

Le numérique est le secteur le plus stratégique pour préparer notre avenir. Le secteur économique le plus dynamique, pourvoyeur de croissance et créateur d’emplois pour les jeunes. Au cœur d’un bouleversement majeur des modes de consommation et de production de l’âge industriel que nous connaissons depuis 200 ans. L’enjeu est vital : la France sera-t-elle un acteur majeur et influent de ce nouvel âge, ou sera-t-elle un acteur secondaire et dépendant qui se contentera de profiter des avantages du numérique en tant que consommateur passif, mais pas comme un producteur qui en tire les bénéfices ?

Des atouts exceptionnels, certes…

Sur le papier, la France possède toutes les conditions pour être un acteur majeur de la révolution numérique : une jeunesse bien formée, des ingénieurs, des entrepreneurs, un marché national assez important pour se lancer, une richesse disponible pouvant s’investir, une grande créativité, etc… Il y a finalement peu de pays dans le monde qui disposent de cet ensemble d’atouts.

… mais un retard important

Dans la réalité, la France a créé moins de sociétés numériques de taille internationale que l’Allemagne ou le Royaume-Uni, les start-ups y sont moins nombreuses, beaucoup moins bien financées, les entrepreneurs numériques français ont tendance à s’exiler dans des proportions excessives... Certes, les indicateurs du secteur numérique progressent en France, mais moins vite que chez nos voisins. Autant dire que nous reculons. La France est en train de s’installer au fond du classement de la ligue 1 mondiale du numérique, menacée de passer en ligue 2, écrasée par les Etats-Unis et la Chine, largement devancée par l’Allemagne et le Royaume-Uni, mais aussi par Israël, la Suisse ou les Pays-Bas. Nous jouons plutôt dans la catégorie de l’Italie ou de la Russie, loin, très loin, de notre potentiel.

Les licornes sont les startups valorisées plus d’un milliard. Sur 105 licornes dans le monde, 64 sont américaines, 5 anglaises, 2 allemandes, et aucune française.

Les rares succès internationaux française (Blablacar, Critéo, DailyMotion…) se comptent sur les doigts de la main et sont encore fragiles. Ils cachent la « misère » que traduisent les chiffres et les classements mondiaux.

Le déploiement du vrai Très Haut Débit (FFTH) a pris également beaucoup de retard (la France se classe en bas du classement en Europe). Quant à l’utilisation du numérique par les entreprises, elle est également à la traine en comparaison avec les pays voisins, comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni (moins de la moitié des entreprises françaises ont un site web, contre 70 à 80% en moyenne chez nos principaux voisins). Bref, dans tous les domaines, la France est un élève moyen voire médiocre. Et les écarts ne se comblent pas, bien au contraire. C’est très inquiétant.

Un manque cruel de financement

 
 


Le numérique est une industrie dévoreuse de capitaux. Créer une start-up est facile et peu couteux. Ce qui est difficile et coûteux, c’est de la développer et de la faire émerger rapidement et de manière significative sur le marché national, et encore plus international. Quel que soit le talent -réel et reconnu- des Français, une entreprise mal financée est condamnée soit à échouer, soit à être rachetée par un concurrent parfois moins talentueux mais mieux financé. Et c’est d’ailleurs ce qui arrive à la plupart des pépites numériques françaises, enfin quand le Ministre de l’Economie ne s’en mêle pas...


« En France, les 212 start-up accélérées forment un capital investissement de 1,8 million d’euros seulement, quand, en Grande-Bretagne, 599 start-up se partagent 13,2 millions d’euros »

Etude de Fundacity (mai 2015)

Les start up françaises reçoivent entre 2 et 4 fois de financements que les start-ups anglaises ou allemandes. Le rapport est même de 25 si on compare le montant du capital risque en France avec celui des Etats Unis, à PIB équivalent.

En conséquence, les start up françaises ne grossissent pas assez par manque de capital. Il faut donner davantage de moyens financiers à beaucoup plus d’entreprises : c’est le cœur du problème de développement du numérique en France.

Le statut JEI, le CIR, la BPI et les aides des collectivités locales n’y suffiront pas. Quelques centaines de millions d’argent public plus ou moins bien distribués ne peuvent pas compenser un retard de financement privé qui se compte en milliards.  Il manque un zéro.

Un contexte défavorable

Le déficit de financement des start-ups numériques françaises est le principal obstacle à leur développement. Il n’est pas le seul. Les autres obstacles sont moins pénalisants mais ils sont aussi plus difficiles à combler car ils relèvent pour la plupart du contexte socio-culturel et économique traditionnel français qui s’avère particulièrement mal adapté aux exigences de l’économie digitale.

Citons quelques raisons parmi d’autres :

Fiscalité

  • Une fiscalité excessive qui réduit la capacité d’auto-financement (allégée partiellement par le CIR, sous réserve qu’on l’obtienne…)
  • Une fiscalité du patrimoine excessive (impôts sur les plus-values, ISF…) qui incite ceux qui seraient les plus à même de financer et d’accompagner les start-ups françaises à quitter le pays et à développeur leurs investissements hors de France.

Financement

  • La nationalisation et la bureaucratisation du financement des start-ups, qui deviennent trop dépendantes de financements publics dont les critères d’attribution sont complexes et arbitraires.

Réglementation

  • Une instabilité réglementaire et fiscale délirante qui crée un environnement imprévisible, voire dangereux (cf. l’affaire des pigeons / la taxation des plus-values de cession a été modifiée 4 fois depuis 2012, alors qu’elle est inchangée, parfois depuis des décennies, chez nos voisins…)
  • Une réglementation tatillonne et restrictive, peu favorable à l’innovation, et trop sensible au poids politique des lobbys des entreprises traditionnelles (cf. la loi Thévenoud sur les taxis)

Travail

  • Un coût du travail élevé, du fait du montant des charges sociales, particulièrement pénalisant pour un secteur employant des gens qualifiés et bien rémunérés (compensé partiellement par les allègements liés au statut de JEI, sous réserve qu’on l’obtienne…)
  • Un code du travail excessivement rigide et coûteux, totalement inadapté aux modes de travail souples pratiqués dans les start-ups (recrutement de jeunes peu expérimentés et pas formés à de nouveaux métiers, free-lances et auto-entrepreneurs travaillant pour plusieurs employeurs…)

Sécurité sociale

  • Un système de sécurité sociale qui, en cas d’échec, ne propose aucun filet, bien au contraire, aux entrepreneurs ou aux salariés qui prennent le risque de quitter le confort des grandes entreprises ou de l’administration.

Culture

  • Une culture du risque limitée qui se traduit, par exemple, par le fait que l’épargne, abondante, est largement orientée vers l’immobilier et les investissements considérés, de plus en plus à tort d’ailleurs, comme à moindre risque (bons du trésor…)
  • Le manque de collaboration entre les grands groupes et les start-ups qui freine leur développement
  • Un environnement culturel qui continue de suspecter le succès et de considérer les entreprises comme les vaches à lait et les variables d’ajustement d’un système politique et économique largement orienté vers le financement du secteur public.
  • Une culture qui favorise excessivement la qualité technique du produit et néglige trop les facteurs ergonomiques, marketing et commerciaux du succès.

 

Le capitole est proche de la roche tarpéienne

L’économie numérique a tendance à favoriser les leaders et à se concentrer sur quelques écosystèmes locaux (clusters). A défaut de prendre les mesures nécessaires pour débloquer les freins de notre croissance numérique, le risque est grand de voir l’écart continuer de grandir entre les leaders et une France reléguée en seconde division, limitée à son marché national, condamnée à servir de vivier de talents et d’idées pour la Siliconvalley, New York et Londres.

Heureusement, le secteur numérique est soumis à un tel degré d’innovation technologique que les cartes sont rebattues en permanence. De nouveaux acteurs émergent très rapidement, d’autres, aujourd’hui puissants, peuvent disparaitre tout aussi vite. Il est donc possible pour la France de reprendre des places et de devenir, en quelques années, le leader du numérique que ses atouts devraient lui permettre d’être. Pour cela, il faut d’abord débloquer le verrou du financement. Puis, créer un environnement réglementaire et fiscal spécifique, simple et stable, adapté aux exigences du secteur numérique. Et enfin, veiller à ce que rien ne décourage ou ne freine le mouvement. Les changements culturels et de mentalité suivront avec le succès des start-ups françaises.

Après ce sombre constat, il faudrait faire des propositions. Elles feront l’objet d’un prochain article.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Fredja
- 03/06/2015 - 10:41
Forcément
la plupart de nos dirigeants n'ont jamais pris de risques de toute leur vie, donc ils ont du mal à comprendre que pour réussir, il faut prendre des risques, qui commencent par accepter de financer des start ups sans être sûrs d'avoir un retour sur invest... Et comme on a une Oligarchie en face de nous, je ne vois pas comment on peut faire bouger les lignes, à part une nouvelle St Barthélémy pendant laquelle on brulerait tous les énarques, et l'ENA aussi d'ailleurs :-)
Texas
- 02/06/2015 - 19:07
De toute évidence
...le Numerique n' echappe pas aux boulets d' une économie quasi centralisée . Reactivité et goût du risque ( capital-risque ) sont dans ce domaine particulier , un gage de succès . Oui mais....!