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Les entreprises familiales sont méprisées en France.
© Reuters
Les entreprises familiales sont méprisées en France.
Bonnes feuilles

Ce poids économique insoupçonné des entreprises patrimoniales et familiales de notre pays

Publié le 15 mai 2015
L’ignorance et le mépris dans lesquels sont tenues les entreprises familiales en France vont de pair avec l’hypertrophie des grandes entreprises et des services de l’Etat. Conséquences : le déclin de notre industrie et des créations d’emplois, ainsi que l’impuissance à remonter dans le train de la croissance. Extrait de "Les 100 000 familles - Plaidoyer pour l'entreprise familiale", de Cyrille Chevrillon, édité chez Grasset (2/2).
Après une carrière dans la banque d’affaires, le cinéma et l’investissement à New York, Londres et Paris, Cyrille Chevrillon a créé en 1992 le groupe qui porte son nom. Professeur Affilié à HEC où il enseigne la finance et la stratégie, il a reçu en...
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L’ignorance et le mépris dans lesquels sont tenues les entreprises familiales en France vont de pair avec l’hypertrophie des grandes entreprises et des services de l’Etat. Conséquences : le déclin de notre industrie et des créations d’emplois, ainsi que l’impuissance à remonter dans le train de la croissance. Extrait de "Les 100 000 familles - Plaidoyer pour l'entreprise familiale", de Cyrille Chevrillon, édité chez Grasset (2/2).

Combien de Thuasne en France ? Quel est le poids des entreprises patrimoniales et familiales dans notre pays ? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’évaluer avec précision n’est pas si facile. Commençons par les chiffres les plus globaux, ceux de l’Insee. En 2011, derniers chiffres traités par l’Insee, la France comptait 3,14 millions d’entreprises marchandes non agricoles. Les grandes (plus de 5 000 salariés, plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires) sont au nombre de 243. Les fameuses ETI (entre 250 et 5 000 salariés, entre 50 millions et 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires), dont le monde politique semble aujourd’hui faire grand cas, sont environ 5 000. Restent 138 000 PME (moins de 50 millions de chiffre d’affaires et moins de 250 salariés) et le gros bataillon des microentreprises (moins de 10 salariés, moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires), un peu plus de 3 millions. On retiendra, pour la petite histoire, que le vocable PME, bien général pour définir la grande diversité d’entreprises qu’il prétend désigner, est né en 1936, lorsque les petites et moyennes entreprises ont fait sécession de la Confédération générale de la production française (l’ancêtre du CNPF puis du Medef), au moment des fameux accords de Matignon qui instituaient la liberté syndicale, les deux semaines de congés payés et des augmentations de salaires de 7 à 15 %, des mesures que les petites et moyennes entreprises estimaient trop lourdes.

Toujours selon l’Insee, 70 % de ces quelque 143 000 ETI et PME sont à détention familiale, ce qui donnerait un chiffre de 100 000 entreprises familiales en France contre plus de 180 000 en Allemagne, membres de Die Familienunternehmer-Asu, qui rassemble les entreprises de taille comparable à celles de nos PME. Ce n’est plus des 200 familles qu’il faut aujourd’hui parler, mais des 100 000 familles, qui constituent la véritable force vive de l’économie et de l’emploi en France. Au sein de cet échantillon de PME, concentrons-nous sur les ETI, la crème de la crème, qui devraient constituer la force de frappe de la France en matière d’emploi, d’exportations et de technologie. L’Insee en dénombrait très exactement 4 794 (hors le secteur de la finance) 1, employant 3,3 millions de salariés (23 % du total de l’emploi salarié), réalisant plus de 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et générant une valeur ajoutée (hors taxes) de 237 millions d’euros. Mais l’Allemagne en compte trois fois plus (environ 13 000 entreprises) et l’Italie presque autant (environ 10 000). On touche du doigt une faiblesse structurelle de l’appareil productif français, sur laquelle de nombreux économistes et dirigeants politiques se sont penchés, sans pour autant trouver les moyens de la corriger. Autre trait spécifique : un quart des ETI françaises est sous contrôle étranger, et elles sont en général plus grandes et plus capitalistiques. Quant aux ETI sous contrôle français, elles sont à 80 ou 90 % des entreprises patrimoniales et familiales. Force est de reconnaître que l’on n’en sait pas beaucoup plus sur les ETI en France, et l’un des objectifs d’Elisabeth Ducottet est justement d’affiner la connaissance que nous avons de ces entreprises, afin de mieux comprendre les défis auxquels elles sont confrontées.

La BPI a publié en juin 2014 une étude sur les ETI « françaises » qui cherche à mesurer leur potentiel de croissance 1. Parmi elles se trouvent des « champions cachés », un concept développé par le professeur Hermann Simon et qui désigne des entreprises de taille intermédiaire, peu visibles du grand public, mais qui sont leaders sur des marchés de niche. L’Allemagne est leur refuge préféré : on y compte le plus grand nombre de « champions cachés » au monde, près de 1 300. Le professeur Simon en dénombre près de 300 en France, ce qui montre bien l’immensité du chantier qui nous attend. Pour réaliser cette étude, la BPI a envoyé un questionnaire à 4 000 entreprises, dont moins de 800 ont répondu pour 635 réponses exploitables (manque de temps, volonté de rester dans l’ombre ?), ce qui a permis de classer les ETI dans cinq grandes catégories : les « hexagonales optimistes », qui connaissent un développement intensif sur leur marché domestique (20 % des entreprises interrogées, à 72 % patrimoniales et 65 % familiales 1) ; les « résistantes en sursaut », qui ont connu des difficultés mais ont engagé un processus de transformation (24 % du total, 72 % dans l’industrie, les moins patrimoniales et familiales de toutes) ; les « leaders mondialisés », qui ressemblent au Mittelstand 2 allemand (18 % du total, surtout présentes dans l’industrie) ; les « serial innovantes », dont le moteur principal est l’innovation (13 % du total, à 87 % patrimoniales et familiales, souvent leaders de niches dans les métiers industriels) ; et les « routinières à l’heure du choix », qui connaissent une croissance moyenne mais semblent s’en contenter (24 % du total, forte présence dans le commerce et le négoce). Certes, toute tentative de classer des entreprises dans des catégories aussi subjectives porte ses propres limites, mais ce travail montre que le paysage des ETI françaises est d’une grande diversité. Dans l’échantillon de la BPI, près de six ETI sur dix sont en transformation, actives sur le marché mondial et motrices dans l’innovation. Autres enseignements qui ne sont pas anodins : 95 % de l’emploi dans les ETI est en France (2 % seulement en dehors de l’Union européenne), 76 % de ces entreprises envisagent des investissements significatifs de capacité ou de modernisation dans les trois ans qui viennent, 74 % estiment pouvoir faire croître leur chiffre d’affaires d’au moins 5 % par an au cours des trois prochaines années, et près de 60 % estiment que leur principale difficulté est le poids des contraintes juridiques et réglementaires…

Extrait de "Les 100 000 familles - Plaidoyer pour l'entreprise familiale", de Cyrille Chevrillon, édité chez Grasset, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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Anguerrand
- 16/05/2015 - 07:01
Les entreprises patrimoniales sont la force d'une economie
Les PME allemandes se transmettent dans la famille et le résultat est là les PME allemandes sont souvent puissantes grâce à l'auto -investissement sur fond propre. En France socialiste, l'état se déchaîne avec leurs impôts et si vous voulez le pied, vous pouvez payer les 2/3 de la valeur de l'entreprise en impôts, c'est normal, ces salauds de patrons peuvent être essorés. Résultats, les entreprises sont vendus soit a des sociétés étrangeres pour acquérir une technologie à moindre frais, soit racheté par des fonds de pensions. Ceci permet alors au gouvernement de crier cocorico en affirmant faussement que les étrangers " investissent" beaucoup en France, attirés qu'ils sont par la CGT, les prud'hommes, les 3600 pages du code du travail, les 35 heures, le fait d'être traité de salauds alors que vous avez créé des emplois, les absences de complaisance et les grèves à répétitions.