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Bonnes feuilles

Loin de la cité et pourtant : comment des jeunes français de la classe moyenne sont devenus des jihadistes en herbe

Publié le 11 mai 2015
Un état de lieux géopolitique, judiciaire et sociologique du jihadisme, par trois grands spécialistes du terrorisme islamiste. Extrait de "Le jihadisme - Le comprendre pour mieux le combattre", David Bénichou, Farhad Khosrokhavar et Philippe Migaux, publié chez Plon (2/2).
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Docteur en ethnologie et chercheur sur les conflits asymétriques, Philippe Migaux est chargé de conférences à Sciences-Po Paris sur les menaces sécuritaires internationales. Il est notamment l'auteur de Al-Qaïda : sommes-nous menacés ? (André...
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Farhad Khosrokhavar
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Farhad Khosrokhavar est directeur d'études à l'EHESS et chercheur au Centre d'analyse et d'intervention sociologiques (Cadis, EHESS-CNRS). Il a publié de nombreux ouvrages dont La Radicalisation (Maison des sciences de l'homme, 2014)...
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Un état de lieux géopolitique, judiciaire et sociologique du jihadisme, par trois grands spécialistes du terrorisme islamiste. Extrait de "Le jihadisme - Le comprendre pour mieux le combattre", David Bénichou, Farhad Khosrokhavar et Philippe Migaux, publié chez Plon (2/2).

Avant la guerre civile en Syrie, la majeure partie des jihadistes français se recrutaient parmi les jeunes des banlieues. À présent, on assiste à une extension de la vocation jihadiste à de nombreux jeunes des classes moyennes. Il n’y a plus de barrière. Le mal dont souffrent ces jeunes, et désormais des adolescents et des postadolescents, est d’une autre nature que celui des jeunes banlieusards.

Pour commencer, il y a la dilution de la notion d’autorité. La famille recomposée dilue l’autorité par la démultiplication des fonctions paternelle et maternelle. La dimension fondamentalement moderne de ce phénomène est la reconnaissance du droit des enfants et l’accroissement de la capacité de négociation des uns et des autres qui en font des êtres de dialogue, beaucoup plus que par le passé. Mais l’autre effet est la perte des lieux d’autorité, la prolongation de l’état d’adolescence (jusqu’à la trentaine on peut rester dans la famille et garder une mentalité postadolescente, voire adolescente), la difficulté de se rassembler en une personnalité affectivement cohérente et, surtout, le sentiment oppressant d’une nouvelle forme d’anomie, liée à la disparition de la famille patriarcale sans qu’une forme matri-patriarcat puisse s’y substituer.

L’absence d’autorité fait que, désormais, un peu dans un mouvement qui est anti-Mai 68, on ne cherche pas à casser l’autorité, mais à s’en procurer une sous une forme nouvelle, un peu pour créer comme une transcendance là où tout semble nivelé. Dans le mouvement de Mai 68, l’antiautoritarisme était la tendance dominante ; aujourd’hui, nombre de jeunes cherchent une autorité « crédible » à laquelle s’accrocher, les groupes jihadistes la pourvoyant en se réclamant de Dieu et en se faisant passer pour Ses porte-parole ; Mai 68 était pour la libération sexuelle, à présent on demande un encadrement de la sexualité, sa moralisation, voire sa restriction, et l’un des attraits du jihadisme réside dans sa capacité à créer une sexualité normée selon les règles inflexibles d’un islamisme rigidifié. Mai 68 demandait à ce qu’on fasse l’amour, pas la guerre. Le jihadisme promeut non pas l’amour, mais la violence absolue, et cela fascine d’autant plus que la non-violence a été synonyme d’absence d’idéal et de manque d’autorité. Si Mai 68 était le théâtre de l’iconoclasme sur le plan symbolique, le jihadisme vise à créer des « icônes », à imposer un conformisme au nom de la transcendance divine. L’attrait du jihadisme chez une partie de la jeunesse des classes moyennes se fonde précisément sur son aptitude à promouvoir des valeurs opposées à celles des sociétés européennes désenchantées.

La famille est le théâtre du désarroi. En son sein, on fait l’expérience de la liberté de choix, mais aussi de l’angoisse de la non-appartenance, de la perte d’enracinement (la semaine chez la mère, le week-end chez le père…). Cette désunion entre père et mère et la vie dans l’entre-deux ouvrent le jeune individu à une grande flexibilité et à l’assomption de soi sous de multiples formes, ce qui était inimaginable dans la famille patriarcale. On souffre de l’instabilité, de l’absence de pôle d’identification, de la fragmentation de l’ego et de la profanation des autorités du père et de la mère par un nivellement qui ouvre l’espace du possible (la discussion et la négociation à l’infini), mais ôte à l’autorité toute légitimité incontestée. L’islamisme radical est le lieu d’exercice de cette autorité absolue qui rassure le jeune individu décontenancé, en quête de repères et, surtout, aspirant à une stabilité psychique que ne lui offre pas la famille éclatée. La violence devient l’un des lieux de la jouissance d’une « volonté d’hétéronomie5 ». Le jihadisme ôte à l’individu le fardeau de choisir constamment son ego, il lui fournit un idéal qui le déleste du poids mort de l’individualité en lui faisant accéder à un Nous sacré (la néo-umma mythique d’une fraternité collective) qui le désindividue activement et lui apporte le goût de l’absolu dans la mort. Si Mai 68 était l’exaltation de la vie dans la jouissance d’une spontanéité et d’une sexualité débridées, le jihadisme est la célébration de la mort au sein d’une normativité étouffante dont l’attrait réside précisément dans l’absence d’autonomie.

Les filles y trouvent leur compte. Elles ressentent profondément la nature non fiable des jeunes mâles qui les entourent. La libération sexuelle a eu pour conséquence le chacun pour soi de la femme et de l’homme, avec en supplément le rejet par l’homme de tout engagement durable au nom de la sacro-sainte autonomie de l’individu affranchi des contraintes. Les jeunes filles trouvent dans les jeunes hommes qui rejoignent le jihadisme une virilité et surtout une sincérité dans l’affrontement de la mort qui en font les compagnons idéaux, susceptibles de respecter la femme de la même façon qu’ils respectent leurs convictions pour lesquelles ils sont prêts à sacrifier leur vie. La logique de l’émancipation sexuelle entraîne une méfiance vis-à-vis de l’autre que seul le baptême de la mort peut éradiquer.

Mai 68 était hédoniste à fond, le jihadisme est comme le contre-poison à la jouissance des sens. Il se veut mortifère et spirituel, spirituel parce que mortifère, assenant et recevant la mort avec une sorte d’insouciance, alors que la plus grande manifestation à Paris des jeunes révoltés de 1968 a fait un seul mort par noyade dans la Seine. Le théâtre des opérations jihadistes en Syrie est jonché de cadavres, l’épreuve du réel étant autrement plus horrifiante que les échos galvanisants des slogans « CRS-SS » de Mai 68. Le jihadisme des jeunes des classes moyennes européennes est mentalement lié à l’épuisement des messages véhiculés par Mai 68 où l’on s’enivrait du spectacle de sa propre libération. Désormais, on cherche avant tout à s’enchaîner par un désir de servitude volontaire qui est à sa façon la quête de l’absolu, une forme de désécularisation à la recherche d’un Dieu inclément et punisseur qui détourne le regard des uns et des autres du spectacle affligeant d’une liberté sans emploi et d’une laïcité désacralisée. L’affect joue un rôle fondamental dans le mal-être d’une partie des jeunes qui cherchent la fête dans la mort, faute de trouver un sens à la vie. On est devant l’inanité des théories de l’aliénation qui identifiaient le religieux et la mystification. Désormais, le religieux revient avec la promesse de la mort dans la damnation pour les « mécréants » et de la mort dans la félicité éternelle pour les adeptes de la guerre sainte à outrance.

Parallèlement, en Europe, la figure fondamentale de l’identité collective, c’est-à-dire l’État-nation, est en crise profonde. Personne ne se sent fondamentalement européen, mais primordialement français, anglais, allemand ou espagnol. Pourtant, les décisions majeures sont décentrées par rapport à cette nation où l’on se sent chez soi et qui n’en finit pas de se déliter dans le prosaïsme des cénacles bruxellois qui font que le « politique » n’est plus possible, seules des négociations « techniques » sont de l’ordre de l’envisageable. Le statut du politique comme pourvoyeur d’identité est remis en cause sans qu’une autre instance puisse en prendre la place.

Extrait de "Le jihadisme - Le comprendre pour mieux le combattre", David Bénichou, Farhad Khosrokhavar et Philippe Migaux, publié chez Plon, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

 

 

 

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Commentaires (2)
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REVERJOVIAL
- 11/05/2015 - 14:47
Le mal est homme
C est dans l'éternel retour du mal qui est en nous qui survit et grandit à l'ombre du nihislme et de la pulsion de mort et qui à besoin du prétexte d'une idéologie ou d'une religion pour assouvir ce plaisir aussi vieux que le monde.
LouisArmandCremet
- 11/05/2015 - 13:32
Problème d'idéal
On a servi pendant des années à ces jeunes, un discours mêlant haine de soit, honte du passé, culpabilisation, repentance, dénigrement de l'engagement au service de la France.
Bien formé depuis leur enfance, je pense qu'un certain nombre d'entre eux auraient pu trouver leur voie au service de la France.
Au lieu de ça, ils ont choisi d'épouser une idéologie simpliste, qui dévoie le sens de mots tels que engagement, sacrifice, loyauté, valeurs et ce de la pire façon.
Je ne vois pas comment on pourra un jour sauver cette génération mais je me pose la question des générations qui suivent. Pourquoi ne leur donnent on pas les moyens d'aimer la France, d'avoir envie de la servir, afin d'éviter qu'ils aillent chercher leur soif d'idéal et d'engagement au service du pire ?