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Manuel Valls s'est très impliqué dans la campagne
L’homme qui agitait le chiffon rouge
Pourquoi Manuel Valls a peu de chances de récolter les bénéfices qu’il espérait de sa campagne électorale guerrière
Publié le 28 mars 2015
Le Premier ministre s'est investi personnellement dans la campagne des départementales qui va s'achever par une défaite prévisible. Son positionnement tranché va peut-être faire évoluer la perception de l’opinion à son égard, en faisant bouger les lignes entre une droite qui l'appréciait (un peu) et une partie de la gauche qui se méfie toujours de lui.
Ancien élève de l'Ecole normale supérieure et du MIT, Vincent Pons est professeur d'économie à Harvard et co-fondateur de la société Liegey Muller Pons, spécialisée en stratégie électorale. Twitter : @VinPons
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Ancien élève de l'Ecole normale supérieure et du MIT, Vincent Pons est professeur d'économie à Harvard et co-fondateur de la société Liegey Muller Pons, spécialisée en stratégie électorale. Twitter : @VinPons
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Le Premier ministre s'est investi personnellement dans la campagne des départementales qui va s'achever par une défaite prévisible. Son positionnement tranché va peut-être faire évoluer la perception de l’opinion à son égard, en faisant bouger les lignes entre une droite qui l'appréciait (un peu) et une partie de la gauche qui se méfie toujours de lui.

Atlantico : Comment analyser la stratégie de Manuel Valls lors de ces éléctions départementales, où il s'est beaucoup impliqué personnellement malgré les perspectives sombres, et où il s'est montré très offensif face à la droite et au FN ? 

Vincent Pons : La première question en terme de stratégie et la nationalisation ou la localisation d’un scrutin de ce type. En général, quand on est le parti au pouvoir on a plutôt intérêt à localiser le vote, quand on est dans l’opposition, on préfèrera le nationaliser. Donc, on pouvait s’attendre à ce que les responsables de la gauche soient plus discrets pour plutôt s’appuyer sur les réalisations des conseils régionaux et ne sanctionnent pas la politique du gouvernement. La stratégie de Manuel Valls semble donc assez étonnante, le risque de vote sanction étant très important.

Il y a une deuxième approche qui est elle basée sur "l’intensité" de l’élection, c’est-à-dire le niveau de participation, mais plus largement d’intérêt pour le scrutin. Et plus il y a d’abstention, plus le parti au pouvoir en souffre car c’est lui qui a le plus de mal à mobiliser son électorat. C’était d’ailleurs cela le but de Manuel Valls : faire des interventions fortes contre le FN pour pousser ses partisans à aller voter, même ceux qui ne comprenaient pas vraiment l’intérêt de ces départementales.

Il y a ces deux dimensions : pour la première c’est un vrai risque pour Manuel Valls, mais pour la deuxième, on a vu un taux de participation en hausse de 6 points supérieur à 2011. C’est une des premières fois où l’abstention pour ce type de scrutin diminue fortement au lieu de continuer à augmenter.

Mais comment Manuel Valls va-t-il essayer d'apparaître malgré tout comme un "gagnant" face à la débâcle annoncée (et déjà commencé lors du premier tour) ?

Je pense que l’on va voir dimanche une gauche défaite certes, mais avec une ampleur inférieur à ce que l’on imaginait. Manuel Valls mettra surtout en avant le fait que le Front national est loin d’être le premier parti de France comme cela avait été annoncé. Il fera donc paradoxalement de la victoire finale de l’UMP une victoire personnelle en insistant sur le fait que ce sera en partie grâce à lui qu’un parti "républicain" arrive finalement en tête le 29 mars.  

Le positionnement offensif face à la droite ne va-t-il pas faire perdre à Manuel Valls la sympathie relative qu'une partie des sympathisants de l'opposition pouvait éprouver pour le Premier ministre ?

Ce n’est pas certain. Une partie des électeurs de droite ne peut pas de résoudre à l’idée d’un quelconque rapprochement avec le Front national. Il s’agit évidemment de la partie la plus "centriste" de la droite, qui s’oppose à ceux qui ne sont pas contre la possibilité d’une alliance avec le FN. Et Manuel Valls a quand même plus de sympathie à droite chez la partie de l’électorat de tendance "centriste". En ce sens, il n’a pas beaucoup perdu auprès de cette frange parfois proche son positionnement le crédit qu’elle pouvait lui apporter.   

Et à sa gauche ? Peut-il redorer son blason en passant pour le héraut de la lutte contre l'extrême droite ?

Il y a évidemment eu dans sa stratégie la volonté d’envoyer un signal fort aux militants les plus à gauche pour s’afficher comme le porte-flambeau de la lutte contre le FN qui génère de la sympathie. Après, ce n’est pas perçu comme un revirement non plus, et cette posture est assez facile à occuper pour Manuel Valls. Etre contre FN n’est pas un exploit pour un élu PS… Après, cela n’aura pas que des effets bénéfiques pour Manuel Valls sur la gauche : certains militants de gauche lui reprocheront certainement le score final du FN qu’ils rapprocheront de la banalisation des idées de ce parti, certes par la droite, mais aussi par certains éléments de gauche comme Manuel Valls.  

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Benvoyons
- 29/03/2015 - 09:50
Hollande l'a-t-il déclaré son Roquet Pitbull "Epagneul" !!!!
Une nouvelle race qui veut gouverner dit Caudillo
jurgio
- 28/03/2015 - 19:02
L'essentiel pour la Gauche
c'est une fois au gouvernement s'amuser avec les boutons.
Deudeuche
- 28/03/2015 - 15:00
ils s'en fout du chômage qui peut attendre
Super Bobo, super bobo in action