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Vieux démons

"Nous voulons une loi de GAUCHE" (traduction : une loi qui fasse mal à la droite et aux patrons) : en finirons-nous un jour avec la lutte des classes ?

Publié le 19 février 2015
A l'Assemblée nationale mardi, Emmanuel Macron a eu un vif échange avec Jacqueline Fraysse, députée communiste. Cette dernière a ensuite réclamé dans les médias "une loi de gauche" pour la France. Un nouvel exemple qui illustre bien qu'une rhétorique de lutte des classes reste bien présente dans le débat politique. Et ce, depuis la Révolution.
Eric Deschavanne est professeur de philosophie.A 48 ans, il est actuellement membre du Conseil d’analyse de la société et chargé de cours à l’université Paris IV et a récemment publié Le deuxièmehumanisme – Introduction à la pensée de Luc Ferry (Germina...
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Stéphane Courtois est directeur de recherche au CNRS (université Paris X) et professeur à l'Institut catholique d'études supérieures de La Roche-sur-Yon. Il s'est spécialisé dans l'histoire des régimes communistes.
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Denis Tillinac est écrivain, éditeur  et journaliste.Il a dirigé la maison d'édition La Table Ronde de 1992 à 2007. Il est membre de l'Institut Thomas-More. Il fait partie, aux côtés de Claude Michelet, Michel Peyramaure et tant d'autres, de ce qu'il...
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A l'Assemblée nationale mardi, Emmanuel Macron a eu un vif échange avec Jacqueline Fraysse, députée communiste. Cette dernière a ensuite réclamé dans les médias "une loi de gauche" pour la France. Un nouvel exemple qui illustre bien qu'une rhétorique de lutte des classes reste bien présente dans le débat politique. Et ce, depuis la Révolution.

Voyant que la loi Macron ne pourrait être votée, à cause de l’opposition des frondeurs, le gouvernement a décidé de passer en force à l’aide de l’article 49-3 de la Constitution. A la suite de cette décision, la députée communiste Jacqueline Fraysse a insisté, sur la chaîne de télévision LCP, sur l’importance de mener une  "politique de gauche" , par un " gouvernement de gauche ", expliquant son rejet de la loi Macron par le fait que celle-ci est " de droite " et d’inspiration thatchérienne.  Philippe Vigier, député UDI, a fait remarquer que lors des débats, toute possibilité de dialogue et de  compromis avait été rejetée, notamment lorsqu’il avait proposé de fusionner CDD et CDI, pour passer à un contrat progressif renforçant la sécurité de l’emploi à mesure que le salarié gagne en ancienneté. De cet échange, on retient surtout une forte impression de retour à la lutte des classes, entre d’un côté les salariés victimes, et de l’autre les patrons et les riches exploiteurs

Lire aussi : Lutte des classes : quand les appartenances sociales sont battues à plate couture par les appartenances nationales, voire ethniques, dans l’Europe d’aujourd’hui

Atlantico : Comment cette permanence de la notion de lutte des classes se présente-t-elle aujourd’hui en France ?

Eric Deschavanne : Le problème ne tient pas spécialement à la notion de "lutte des classes". La culture politique française est en effet marquée par une logique conflictuelle qui dépasse les réquisits de la compétition démocratique. Cela tient au poids de l'histoire – la Révolution française, le conflit entre l'Église et la République, la question sociale et la réactivation de la culture révolutionnaire par le parti communiste. Il n'y a pas jusqu'à la Constitution elle-même qui ne donne lieu à controverses. L'usage de la notion de "lutte des classes" a décliné en même temps que le parti communiste et l'idée révolutionnaire à gauche. D'autres "conflits" tiennent aujourd'hui le haut du pavé : celui des femmes contre la domination masculine, celui des minorités contre le "racisme structurel" de la société française, celui de la laïcité contre l'islam, sans oublier bien entendu l'inusable conflit du peuple et des élites.

Les reliquats de la rhétorique de la lutte des classes ne doivent me semble-t-il plus grand chose à la grille d'analyse marxiste : ils ressortissent à ce qu'on pourrait appeler le populisme de gauche, lequel s'oppose aux élites économique et se range du côté des "petits" contre les "gros".

Si la gauche prenait au sérieux le concept de "lutte des classes", elle aurait du reste de sérieuses questions à se poser.  Car les classes sociales ne sont plus principalement définies ni structurées par les rapports de production; et le conflit d'intérêts entre patrons et salariés se trouve fortement relativisé par l'ouverture et la compétition économiques. Le clivage structurant est désormais celui qui distingue les bénéficiaires et les victimes de la mondialisation. A cet égard, le référendum de 2005 comme le vote FN reflètent assez bien les métamorphoses de la lutte des classes : derrière la rhétorique populiste bidon sur le peuple et les élites se dissimulent de véritables clivages entre catégories socio-culturelles qui n'ont plus les mêmes préoccupations ni les mêmes intérêts. Le problème de la gauche archaïque qui continue de véhiculer la rhétorique de la lutte des classes tient au fait qu'elle n'a pas vraiment pris la mesure de la métamorphose des rapports de classes, si bien qu'elle se trouve souvent en porte-à-faux avec les classes dominées qu'elle prétend défendre, ne sachant plus exactement de quel côté de la barrière elle se situe.

Stéphane Courtois : Alors que l’Allemagne, comme la Belgique et les pays nordiques, fonctionne sur la base du compromis entre patronat et syndicats, voire entre socio-démocrates et conservateurs, et que l’Italie a toujours eu une culture du compromis politique, la France est, historiquement en Europe, le pays où la culture de lutte de classe a été la plus forte. Se greffant sur la culture de guerre civile issue de la Révolution française, elle a été portée durant des décennies par le Parti communiste, l’un des plus staliniens, et relayée par la CGT, la principale centrale syndicale ouvrière dont le PCF s’était emparée en 1945. Cette surenchère révolutionnaire a été réactivée avec la grève générale de 1968. Elle a fortement déteint sur le Parti socialiste dont s’était emparé François Mitterrand en 1971 et où il avait accueilli de nombreux cadres gauchistes qui n’ont jamais renié vraiment leur léninisme. Des cadres, en particulier trotskistes, qui sont devenus les principaux apparatchiks du parti, comme le premier secrétaire Lionel Jospin, et les deux derniers Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis. Sans oublier Jean-Luc Mélenchon.

Denis Tillinac : La lutte n’est classe est bien présente, et ne disparaîtra que dans l’autre monde. Il s’agit d’une dimension inhérente à notre société, qui n’est pas une société d’ordre. J’ajouterai qu’actuellement la lutte des classes entre la bourgeoisie et le prolétariat est absente du débat, puisque celui-ci se trouve désormais au Front national, qui hérite de la dérive historique du communisme. La radicalité de gauche institutionnelle, qui nous vient de la Convention de 1793 et du Comité de salut public, a traversé deux siècles et demi de notre histoire jusqu’à être cassée par le mode de scrutin actuel, pour désormais se reconstituer massivement à l’extrême droite et aux marges de la gauche, chez les écologistes, les frondeurs et la gauche de la gauche.

Dans cette vision d’une politique "de gauche" qui serait inconciliable avec une politique de "de droite", la logique voudrait donc qu’il n’y ait qu’un gagnant, face à un perdant ?

​Eric Deschavanne : L'intérêt général ? Mais qui s'en soucie ?! S'agissant de la loi Macron, deux Français sur trois pensent qu'elle va dans la bonne direction, et la proportion est sans doute la même au sein de la classe politique. Et pourtant, on ne trouve pas une majorité pour la voter : c'est vous dire si nos élus se préoccuppent de l'intérêt général ! La droite est du reste plus lamentable encore que la gauche dans l'affaire, dans la mesure où l'on peut comprendre que la conversion du gouvernement à la politique de l'offre fasse grincer quelques dents à gauche, où l'adhésion aux politiques keynésiennes de relance par la consommation relève du réflexe conditionné.

Stéphane Courtois : L’aile gauche du PS, tout comme les communistes, les cégétistes et les gauchistes, vit toujours dans une vision mythologique marxiste, du conflit irréductible entre "bourgeoisie" et "prolétariat". Même s’ils n’y croient plus vraiment, ils continuent d’adopter cette posture "de combat de classe", en espérant retrouver un électorat ouvrier et populaire. Or celui-ci n’accroche plus à ce discours. Il a compris qu’en raison de la crise économique depuis 2008 et des impératifs de l’Union européenne, le gouvernement était incapable d’assurer ce qui pour lui est essentiel : l’emploi. D’un côté le discours radical persiste. Et de l’autre le mouvement social et les syndicats sont très faibles, les difficultés quotidiennes n’incitant pas les salariés à s’engager dans des grèves aléatoires. Ce qui explique le basculement d’une partie de l’électorat populaire – écœuré ou désespéré – soit dans l’abstention, soit dans le vote FN, désormais perçu comme seul moyen de protestation.

Denis Tillinac : Les Français ont coupé la tête du roi, et ont cherché une légitimité politique qu’ils n’ont jamais trouvée, d’où l’appel fréquent à l’homme providentiel : Bonaparte, Napoléon III, Thiers, Pétain et de Gaulle. Le gouvernant, syndicats compris, est aujourd’hui en manque de légitimité. Nous avons ce besoin d’homme providentiel car la culture du compromis est impossible chez nous : une frange cherche toujours à détruire les autres. Jules César nous l’expliquait déjà dans La Guerre des Gaules. Cela donne le psychodrame actuel sur la loi Macron, mais ce genre de situation s’est déjà produit une dizaine de fois depuis Mitterrand.

Dans quelle mesure cet éternel retour à la lutte des classes au sein de la gauche française a-t-il nui à l’élaboration de la loi Macron, et in fine, à son vote par l’Assemblée nationale ?

Philippe Vigier : C’est à eux de procéder à leur évolution culturelle. Je préfère un CDD à droit progressif qui fait en sorte que les salariés soient mieux protégés, ou qui garantisse une plus grande sécurisation en cas de licenciement notamment au travers d’un cursus de formation offert, plutôt que de laisser les Français voler de CDD en CDD s’étalant sur quelques jours seulement à chaque fois. Comment protéger d’un côté les détenteurs de CDI et les fonctionnaires comme le fait le Front de gauche, et ne pas proposer d’alternative à ceux qui sont au chômage ? A l’UDI, nous essayons d'en proposer. J’ai proposé  une conférence sociale, celle-ci m’a été refusée. J’ai proposé de toucher aux seuils sociaux parce que des blocages psychologiques se créent, là aussi j’ai essuyé un refus. J’ai proposé que l’accord de branche l’emporte sur la loi cadre ; cela s’est terminé de la même manière… Je regrette que dans une loi "pour la croissance et l’activité" l’emploi ne soit pas pris en compte, et laissé à la charge de François Rebsamen au prétexte qu’Emmanuel Macron n’est pas ministre du Travail.

Quelles sont les conséquences de ce genre de posture pour l’intérêt général ?

Philippe Vigier : Ce que je vois, c’est qu’il y a 5 millions de chômeurs en France. Je veux faire baisser le chômage non pas dans les mots, les slogans ou les invocations, mais dans les faits. On ne peut pas reprocher à l’UDI de ne pas avoir aidé le gouvernement : nous avons voté les contrats d’avenir, mais lorsque nous lui avons dit qu’il faisait fausse route sur l’apprentissage, ou qu’il fallait aller plus fort et plus vite dans la baisse des charges, il ne nous a pas écoutés.  La crise a été niée en 2012, on nous a promis que tout changerait, et en réalité tout s’aggrave.

Denis Tillinac : En dehors d’une période pré insurrectionnelle, comme c’était le cas avant le retour du général de Gaulle en 1958, il ne peut pas y avoir de vraie réforme. L’élection de Mitterrand en 1981 fait exception, car le mouvement qui l’a accompagné a permis de réaliser un certain nombre de réformes pendant six mois, comme l’instauration de la peine de mort ou l’abolition de la peine de mort. Plus rien n’a été possible après, et Hollande est aujourd’hui totalement paralysé sur la plan économique. Il pourra éventuellement se reporter sur le sociétal. Le mode empêche les alliances entre la gauche et la droite, cette dernière ne voulant pas faire un cadeau à Marine Le Pen en se constituant en "UMPS". L’immobilisme étant assuré, il n’y a plus d’autre possibilité que de donner un coup dans la fourmilière.

Pourquoi cette logique perdure-t-elle chez nous, et pas chez nos voisins européens ?

Denis Tillinac : Parce que la Révolution est toujours là. Nous nous trouvons toujours dans le schéma originel, dans l’attente d’un dérapage de la Convention, et de l’arrivée de Bonaparte. Aujourd’hui on se prend à croire que Bonaparte porte une jupe bleu marine, et que Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon vont allumer la mèche qui fera exploser la Convention. Tout cela dans l’espérance de celui qui ramènera l’ordre.

Comment se fait-il que la gauche pense seulement en termes d’égalité, et pas de liberté ?

Denis Tillinac : Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’égalité ne nous vient pas des Lumières. Le fantasme égalitariste est une perversion du judéo-christianisme primitif où les hommes sont frères, partagent tout… C’est une passion française qui a pour effet, par exemple, de faire renoncer tout gouvernement, même de droite, à supprimer l’ISF malgré toute son absurdité. C’est une obsession pathologique.

​Eric Deschavanne : Tocqueville posait déjà cette question au début du 19ème siècle !  En toute rigueur, liberté et égalité sont indissociables : ce sont les idéaux démocratiques modernes. Si la passion de l'égalité finit chez nous par occulter l'idéal de liberté, diagnostiquait en substance Tocqueville, c'est que notre culture politique est moins démocratique que révolutionnaire : contrairement aux Américains, qui ne sont pas moins égalitaires que nous tout en étant libéraux, nous sommes obsédés par les privilèges et les sytèmes de domination qu'il nous faut abolir pour réaliser pleinement la liberté et l'égalité. En vérité, notre individualisme prouve notre attachement à la liberté, mais celle-ci nous apparaît constamment menacée par des formes d'assujettissement dont nous attendons de l'État qu'il nous en protège ou nous en libère. Le droit du travail par exemple, si souvent mis en cause au nom de la liberté économique, doit en France beaucoup à l'idée que la liberté du salarié doit être protégée contre le risque de dépendance et d'aliénation induit par la nécessité de vendre à autrui sa force de travail. L'amour de la liberté aussi peut produire de la défiance et de la contrainte.

Par quoi la persistance de la logique de lutte des classes au sein de la gauche s'est-elle manifestée ces dernières décennies ?

Stéphane Courtois : La tonalité générale du programme électoral de François Hollande relevait du vieux cri de guerre des communistes des années 1930 ou 1960 : "faire payer les riches". Or on sait depuis longtemps qu’appauvrir les riches n’a jamais enrichi les pauvres. La question essentielle reste celle de l’emploi que seuls les patrons et entrepreneurs sont en mesure de créer. Les désigner à la vindicte publique et les taxer indument soit les fait fuir, soit les décourage d’investir. A cet égard, le cas Depardieu a été emblématique : un petit gars, vrai prolétaire, qui quitte l’école à 13 ans et qui devient, par son seul talent et son travail, l’acteur français mondialement connu. Et qu’un Premier ministre, qui fut toujours fonctionnaire, désigne comme bouc émissaire. Difficile de faire pire comme démonstration de la vraie lutte des classes en France : celle des salariés à vie de la fonction publique et para-publique, contre la masse des salariés du privé de plus en plus précaires.

Quelles en sont les conséquences sur la qualité du dialogue social en France ?

Eric Verhaeghe : En fait, la France est encore et toujours traversée par une vieille tradition anarcho-syndicaliste qui repose sur beaucoup de présupposés implicites: les patrons sont forcément des ennemis, une entreprise honorable est forcément mutualiste ou auto-gérée, les salariés sont forcément dans leur bon droit, une économie respectueuse de l'Homme est forcément administrée par l'Etat, le marché est forcément suspect, et les pouvoirs publics sont forcément les garants de l'intérêt général. Dans cette tradition, il ne peut pas y avoir de dialogue social, mais une confrontation entre les opprimés et les oppresseurs et une expropriation des uns par les autres. Cette tradition adore les lois et règlements, elle déteste le droit négocié entre les partenaires sociaux. Et d'ailleurs elle proscrit le principe du partenariat. Au mieux, elle accepte de l'envisager au niveau national ou professionnel (dans les branches), dans ce qu'on appelle le paritarisme, mais surtout pas dans les entreprises. Qu'un patron se mette d'accord avec les représentants de ses salariés pour la gouvernance de l'entreprise, pour les salaires ou pour les conditions de travail, est vécu comme une trahison caractérisée. 

Cette tradition, qui reste forte dans des mouvements syndicaux comme la CGT ou FO, mais aussi "en creux" dans certains mouvements patronaux (notamment à la CGPME), ne date pas d'hier. Elle a été formalisée au début du vingtième siècle et reste vivace tant à gauche qu'à droite. A droite, elle ne préconise bien évidemment pas l'expropriation des patrons. En revanche, elle disqualifie toute construction du droit du travail par la négociation, puisque la négociation d'entreprise suppose une implantation syndicale dans l'entreprise. Et cette idée-là est vécue comme une menace. 

La conséquence est simple: la France dispose d'un épais Code du Travail, avec des milliers de dispositions microscopiques qu'aucun chef d'entreprise ne pourra connaître à lui seul (sauf à y passer des mois entiers... en ne faisant que cela !). Ce Code du Travail est le produit direct d'un refus de négocier en entreprise.

Dans quelle mesure la préparation de la réforme du dialogue social est-elle pénalisée par cette vision ?

Eric Verhaeghe : Le gouvernement est évidemment prisonnier des contraintes imposées par cette tradition. Un gouvernement qui renverrait à la négociation d'entreprise pour fixer les normes sociales sans déterminer un cadre juridique commun serait immédiatement suspect d'un libéralisme scandaleux. C'est d'ailleurs cette contrainte qui fait capoter la négociation interprofessionnelle sur la modernisation du dialogue social. La CGPME n'a pas voulu entendre parler d'une structuration du syndicalisme dans les PME. Il ne s'agissait d'ailleurs pas de créer des sections syndicales dans les entreprises, mais simplement de créer des commissions très "superficielles" au niveau régional pour donner une réalité au syndicalisme dans les petites entreprises. Même cette innovation qui ne mangeait pas de pain n'a pas pu passer. 

Ce point de blocage est compliqué à gérer pour le gouvernement, puisque le vrai enjeu du dialogue social dans les TPE et les PME est d'élargir la pratique de la négociation collective, notamment sur les clauses substantielles du contrat de travail (durée du travail, rémunération). De ce point de vue, la création de commissions de branche locales ne règle pas vraiment les problèmes. Il va donc falloir légiférer nez au vent, avec assez peu d'espoir de faire le consensus. 

Au final, le sentiment qui transpire de ce dossier compliqué est simple: entre la méthode Super-Mario d'ajustements mesurés à coup d'outils divers, et la méthode Le Chapelier ayant consisté à abolir, en 1791, les corporations à l'occasion d'un grand big bang... la seconde méthode paraît plus efficace. Malheureusement pour Manuel Valls, la cartouche du 49-3 est désormais grillée.

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cloette
- 20/02/2015 - 11:21
L'enrichissement
Ne se fait plus par l'entreprenariat, il se fait par la spéculation, le marxisme des instituteurs n'existe plus il n'y a qu'à voit Bartolone belle tête d'instit. Qui doit rêver la nuit banques d'affaires et plus values .
Il n'y a plus de prolos d'ailleurs lus que des fins de droit, et pour ceux qui n'ont pas les moyens un peu de service public est la moindre des choses , non ?
Geolion
- 20/02/2015 - 11:13
Citez-moi un pays....
Que cette pauvre Jacqueline Fraysse nous cite un seul pays où une gauche dure a réussi économiquement et socialement ???? j'attends...!
Frédéric Bastiat
- 20/02/2015 - 09:47
Le Marxisme de l'instituteur
La culture française est imprégnée de ce que Raymond Aron appelait le Marxisme de l’instituteur : les patrons bourgeois capitalistes sont des exploiteurs qui confisquent à leur profit la plus-value générée par le travail de leurs salariés. Le rôle de l’entrepreneur est nié à tel point que son bénéfice appelé profit (la notion de résultat avant investissements, impôts, amortissements est inaccessible à nos politiques et journalistes) doit être taxé comme un salaire. Dans la littérature de la CGT-Finances, il n’est jamais questions d’entrepreneurs ni même de patrons mais de ‘salauds de patrons’. Il en résulte que seule la propriété publique des moyens de production est acceptable d’où la religion du service public à la française, les inégalités fonctionnaires, salariés du public et salariés du privé, la dégradation des services publics qui ne sont pas soumis à concurrence.