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Le roi Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud
Futur roi du pétrole

Pourquoi la santé chancelante du roi d’Arabie saoudite est une question qui nous concerne de près

Publié le 20 janvier 2015
L'Arabie saoudite se prépare à voir Salman ben Abdelaziz accéder au trône. Si ses anciennes positions permettent d'en savoir davantage sur le rôle qu'aura le royaume face à l'EI, et sur les prix du pétrole, ses marges de manœuvres politiques et militaires demeurent limitées. La défense de son territoire et des 800 kilomètres de frontières en commun avec l'EI demeurera la première attention du souverain.
David Rigoulet-Roze est chercheur rattaché à l'Institut français d'analyse stratégique (IFAS) et rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques (L'Harmattan).
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L'Arabie saoudite se prépare à voir Salman ben Abdelaziz accéder au trône. Si ses anciennes positions permettent d'en savoir davantage sur le rôle qu'aura le royaume face à l'EI, et sur les prix du pétrole, ses marges de manœuvres politiques et militaires demeurent limitées. La défense de son territoire et des 800 kilomètres de frontières en commun avec l'EI demeurera la première attention du souverain.

Atlantico : A quelle action de la part du futur souverain du Royaume d'Arabie saoudite peut-on s'attendre contre l'Etat islamique ?

David Rigoulet-Roze : Dans la mesure où l’actuel roi Abdallah, âgé de 90 ans, est hospitalisé depuis le 31 décembre 2014 au King Faysal Hospital de Riyad pour une pneumonie et se trouve sous assistance respiratoire, se profile la montée sur le trône du successeur désigné, le "prince héritier" (wali al haad) en titre depuis le 18 juin 2012, en l’occurrence Salman bin Abdulaziz Ibn Saoud (1) (Les notes se trouvent en dernière page ndlr), âgé de 79 ans. Alors que certaines rumeurs disent le roi Abdallah mourant, sinon déjà décédé (2) -, d’autres évoquent son abdication imminente (3) au profit du prince Salman comme le rapporte une dépêche du quotidien al-Chaab ("Le peuple"), citant la chaine égyptienne, Al-Nahar ("Le jour"). Selon cette dépêche, le prince Muqrin bin Abdulaziz Ibn Saoud - âgé de 68 et le plus jeune des fils encore vivants du roi fondateur Ibn Saoud -, actuel vice-prince héritier depuis un décret royal du 27 mars 2014, deviendrait le nouveau "prince héritier" et le fils du prince Salman, Mohammad bin Salman occuperait le poste de ministre de la Défense (4).

C’est sans doute ce contexte qui a conduit, selon le site en ligne rai-al-youm.com du journaliste palestinien Abdel Bari Atwan, le prince héritier saoudien à s’entretenir par téléphone de l’état de santé du roi Abdallah avec les dirigeants arabes de la région, comme le roi du Maroc, le président djiboutien, le président soudanais, le Premier ministre libanais et l’ancien président Michel Sleimane de l’état de santé du roi Abdallah. Le 6 janvier 2015, le prince Salman avait prévenu les Saoudiens, à l’occasion d’une intervention lors du Majlis al-Shura ("Assemblée consultative") du royaume, que leur pays faisait face à des défis régionaux sans précédent, consécutifs aux crises aigües auxquelles sont confrontées plusieurs pays voisins et tout particulièrement la Syrie et l’Irak.

Le problème de cette configuration inhérente aux modalités du système successoral saoudien (5), réside dans le fait qu’elle risque d’être éphémère compte tenu de l’âge déjà avancé du futur roi putatif et du fait qu’il souffrirait de la maladie d’Alzeihmer. De fait, le régime saoudien se trouve sans doute aujourd’hui face à un double défi transitionnel en termes d'horloge biologique autant que politique. Depuis la mort d'Ibn Saoud en 1953, ses descendants se sont en effet succédé sur le trône selon des modalités particulièrement complexes régies par un principe de transmission horizontale entre les fils du fondateur - de frère à frère par ordre décroissant (voie "adelphique") - mais en combinant un ordre de primogéniture de chacun des lignages issus des différentes épouses, un modèle induit par la logique utérine de la descendance polygame et donc prolifique du souverain fondateur. Ce modèle s’est avec le temps révélé largement dysfonctionnel parce qu’il fait désormais accéder au trône des vieillards cacochymes plus ou moins bien portant - quand ils y parviennent (pas moins de deux "princes héritiers" - le prince Sultan décédé le 22 octobre 2011 à 83 ans, puis le prince Nayef décédé le 16 juin 2012 à 78 ans, deux "frères germains" (chakik) - de même père et de même mère - de l’actuel prince héritier Salman - sont décédés avant même d’avoir pu succéder à l’actuel roi Abdallah.

C’est d’ailleurs ce qui avait conduit à réformer partiellement le mécanisme successoral avec l'adoption de la Loi fondamentale du royaume du 1er mars 1992 durant le règne de feu le roi Fahd bin Abdulaziz Ibn Saoud, mort à 84 ans le 1er août 2005. Cette loi décidait de combiner à la fois deux logiques : la logique préexistante, donc horizontale par voie "adelphique" (de frère à frère, par ordre d’âge décroissant) mais également par primogéniture, en respectant préalablement l’ordre des aînés de chacune des épouses légitimes, avec une logique verticale - primogéniture agnatique où les fils du roi peuvent primer sur les oncles qui se trouvent être les frères du père. Ainsi s'ouvrait la possibilité de l'accession au trône au "plus capable" des impétrants de la toute relative "jeune" génération - certains des petit-fils du roi fondateur sont déjà peu ou prou plus âgés que le plus jeune des fils encore vivants d'Ibn Saoud, en l'occurrence le prince Muqrin susnommé, nommé vice-prince héritier pour sécuriser le processus successoral.

C’est dire que cette succession du prince Salman risque de n’être qu’une transition avant le véritable "saut dans l’inconnu" représenté par le passage à la deuxième génération du fait des sourdes rivalités opposant les différents "candidats au trône. En arrière-plan se profilent déjà deux princes, d’une part, le prince Mitab bin Abdullah bin Abdulaziz Ibn Saoud, le fils de l’actuel roi Abdallah, âgé de 62 ans, qui se trouve être depuis le 28 mai 2013 également le ministre en titre de la "Garde nationale" (al Hars al Watani), également appelée "Garde royale" et véritable "garde prétorienne" du régime (6), que son père avait lui-même dirigée durant plus de 40 ans ; d’autre part, Muhammad bin Nayif bin Abdulaziz Ibn Saoud, âgé de 55 ans et puissant et efficace ministre de l’Intérieur depuis le 5 novembre 2012 et neveu de l’actuel prince héritier Salman qui avait succédé à son frère, feu le prince Nayef, en tant que "prince héritier. Or, tout oppose les deux princes hormis l’impératif d’assurer la pérennité du régime saoudien. Le règne putatif du prince Salman qui est loin d’apparaître comme l’homme providentiel dont le royaume aurait besoin, risque donc d’être d’emblée parasité par ces rivalités sous-jacente.

De Salman, les médias occidentaux ont tendance à retenir généralement l'image d'un "libéral", de quelqu’un de plutôt modéré et disposé à l’adoption de certaines réformes - à l’image de l’actuel roi Abdallah - par opposition à son défunt frère le redoutable et craint prince Nayef, wahhabite affirmé. Le prince Salman est le fondateur en 1978 du grand quotidien arabe publié à Londres, Asharq Al-Awsat ("Le Moyen-Orient"), aujourd’hui dirigé par soin fils Faisal bin Salman bin Abdulaziz Ibn Saoud.

De fait, après les attentats du 11 septembre 2001, le prince Salman avait été remarqué pour sa fermeté dans la lutte contre la menace représentée par Al-Qaïda ce qui signifierait donc une distance délibérée par rapport au complexe islamo-djihadiste. Mais les choses sont sans doute plus complexes à l’image du royaume saoudien d’obédience wahhabite revendiquée qui l’a vu naître. On peut ainsi rappeler qu’avant les attentats du 11 septembre 2001, soit au début des années 1980, le prince Salman, en sa qualité de gouverneur de Riyad, avait partie liée avec le financement du djihad anti-soviétique en Afghanistan puisqu’il était à la tête d’un comité de soutien et de financement des moudjahidines arabes (7). A ce titre, il gérait la collecte et la redistribution du zakat ("impôt religieux" qui constitue un des cinq piliers de l’islam). Selon l’ancien membre de la CIA, Robert Baer, le prince Salman gérait cette manne d’une main de fer via de grandes organisations caritatives comme l’IIRO (l’International Islamic Relief Organization/l’Organisation du secours islamique international), qui est elle-même une ramification de la LIM (Ligue islamique mondiale (8)) : "Quand, au début des années 1980, l’Arabie saoudite décida de financer les moudjahidines afghans, l’IIRO se révéla parfaite, à la fois canal de financement et instrument plausible de dénégation" (9).La situation est naturellement tout autre aujourd’hui. Le royaume se veut résolument engagé depuis l’année 2014 dans la lutte contre "l’Etat islamique" ultime avatar djihadiste contemporain de l’extrémisme sunnite (10), au moins autant sinon plus parce que le régime saoudien se sent directement menacé que parce qu’il est en soi un problème.

Quels sont les moyens militaires de l'armée d'Arabie saoudite ? Ces dernières pourraient-elles être davantage utilisées dans la lutte contre Daesh, où pour d'autres opérations de stabilisation de la région ?

Les forces armées saoudiennes sont, à l’instar de la plupart des armées du monde, constituées d’une armée de terre (la Royal Saudi Land Force) (11), d’une marine (la Royal Saudi Navy) (12), d’une armée de l’air (la Royal Saudi Air Force ou al-Quwwât al-jawwiyya al-malakiyya al-sa‘ûdiyya) (13), ainsi que d’une défense aérienne (la Royal Saudi Air Defense) (14) qui lui est associée mais aussi, et peut-être surtout, une "garde nationale" (la Saudi Arabian National Guard ou al-Haras al-watanî) qui a un statut très particulier dans la défense du royaume (15), sans compter un contingent de forces spéciales (la Saudi Emergency Force) (16), le total des effectifs se montant à environ 235 000 personnels d’active. Il s’agit donc d’une armée importante si on rapporte ses effectifs à la taille de la population saoudienne (près de 28 millions d’habitants en 2011). L’Arabie saoudite est ainsi au 24e rang dans la liste des armées nationales en fonction des effectifs (représentant quelque 0,8 % de la population du pays) (17). Les dépenses de défense et de sécurité ont considérablement augmenté depuis les années 90 et notamment dans le prolongement de la première "guerre du Golfe" de 1991 qui avait révélé la menace militaire incarnée par le régime de Saddam Hussein. L’Arabie saoudite se classe aujourd’hui parmi le top 10 dans le monde pour les dépenses du gouvernement pour son armée, ce qui représente près de 10% de son PIB, son matériel militaire étant essentiellement fourni par les États-Unis et la Grande-Bretagne. Ses dépenses militaires avaient augmenté de 30 % entre 2011 et 2013. Rien qu’en 2013, les dépenses militaires du royaume ont cru de 14 % pour un montant de quelque 67 milliards de dollars, ce qui place l’Arabie saoudite au 4ème rang des pays ayant les plus gros budgets militaires derrière les Etats-Uns, la Chine, et la Russie, mais devant le Royaume-Uni, le Japon, et la France (18). L’Arabie saoudite entend même augmenter encore ses dépenses militaires de 18 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années (19).                                          

Le paradoxe de la situation réside dans le fait qu’en dépit de ces achats massifs d’armes et de matériels de haute technologie et d’effectifs théoriquement diversifiés et conséquents, la fiabilité des forces armées saoudiennes reste néanmoins sujette à caution. C’est le cas sur le plan de ses rares interventions extérieures où l’armée saoudienne n’a jamais particulièrement brillé, notamment contre les rebelles zaydites (20) du Nord-Yémen, lors de ladite "guerre de Saada" (novembre 2009-octobre 2010). Il aura fallu, dit-on, l’apport décisif de contingents jordaniens (on parle de quelque 2 000 soldats des forces spéciales (21)) et marocains (plusieurs centaines de combattants d’élite issus des parachutistes et des commandos (22)) pour réussir à finir par s’imposer sur le terrain avec l’aide discrète de la CIA (23), mais non sans avoir subi des pertes conséquentes. De par sa composition même, qui fait une place non négligeable à des militaires d’origine étrangère dans certaines unités opérationnelles, la question est donc posée de savoir si l’on peut parler d’une véritable armée "nationale" saoudienne.

D’ailleurs, en fait d’armée constituée, il faudrait plutôt considérer qu’il s’agit d’une armée composite en ce qu’elle fait une large place au "mercenariat" pour sous-traiter la sécurité du Royaume. Il y aurait de nombreux soldats pakistanais, yéménites voire d’autres. Il est de notoriété publique que feu le roi Fahd, de par son statut royal pourtant chef suprême de l’armée (shaykh al-mashâyikh), avait préféré déléguer la protection des deux Lieux saints que sont La Mecque et Médine à trois brigades (24) quasi exclusivement composées d’effectifs pakistanais (25), qu’il payait sur sa cassette personnelle - à supposer que cela puisse avoir un sens dans un système où l’on a "patrimonialisé" l’État -, comme si le souverain ne faisait pas confiance aux propres forces saoudiennes pour le faire, soit en doutant de leur compétence soit en doutant de leur fiabilité.

Face au danger représenté d’abord par la supposée politique iranienne de déstabilisation des monarchies du Golfe via l’instrumentalisation des minorités chiites qui serviraient de "cinquième colonne" à Téhéran, l’Arabie saoudite aurait sollicité l’aide directe de l’armée pakistanaise et son expertise militaire. Une rumeur récente faisait état de la possibilité pour le Pakistan de dépêcher deux contingents de l’armée pakistanaise afin d’assurer la protection du royaume saoudien en cas de troubles internes majeurs susceptibles de déboucher sur un conflit armé d’envergure avec l’Iran (26). Avec la pression accrue des éléments de l’"Etat islamique" sur ses quelque 900 kilomètres de frontières avec ses voisins, Riyad aurait semble-t-il demandé l’aide de plusieurs forces armées étrangères (27) arabes et/ou musulmanes.

Ainsi l’Arabie saoudite aurait, à l’occasion de deux visites effectuées en février et en avril 2014 dans le royaume par Rahim Sharif, le chef d’Etat-major pakistanais depuis novembre 2013, sollicité une nouvelle aide de l’armée pakistanaise qui aurait décidé de l’envoi de quelque 2 000 soldats afin d’assurer la sécurité des frontières du royaume saoudien (28). Des sources européennes ont également état de la conclusion d’une série d’accords entre le roi Abdallah bin Abdelaziz d’Arabie et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Les deux hommes se seraient rencontrés récemment à bord de l’avion privé du roi saoudien lors d’une escale impromptue à l’aéroport du Caire. Ils se seraient mis d’accord sur l’envoi des forces spéciales de l’armée égyptienne, membres de l’unité 777, vers l’Arabie saoudite (29). Ces forces égyptiennes (30) seraient complétées d’un certain nombre de conseillers militaires jordaniens (31) et même de troupes d’élite marocaines.                                          

La nouvelle circulait depuis un moment, mais elle n’avait pas été confirmée. Jusque-là. Elle est désormais officielle et a été reprise par le site marocain yabladi.com (32), lequel l’avait précédemment évoqué (33). Le ministère des affaires étrangères a ainsi annoncé que le roi Mohammed VI aurait personnellement demandé que l’armée marocaine soit placée en état d’alerte afin de soutenir les royaumes alliés du Golfe, Arabie saoudite et Émirats, contre "la menace terroriste" de l’"Etat islamique". Rabat aurait ainsi décidé de l’envoi d’un groupe d’une centaine de commandos, indiquait le quotidien Assabah ("Le Matin") en date du 6 août 2014. Il s’agissait de la réponse du Maroc à la demande d’aide formulée par Riyad à l’adresse de ses partenaires stratégiques laquelle aurait été finalisé lors du voyage de Mohammed VI à La Mecque, le 22 juillet 2014. Il faut dire que les frontières du royaume venaient, courant juin 2014 d’être directement menacées par des tentatives d’incursion d’éléments de l’"Etat islamique" sur le poste frontière d’Ar Ar depuis la province irakienne d’An-Anbar (34).

En Arabie saoudite, les soldats marocains auraient pour mission d’apporter un soutien aux 30 000 hommes de la "Garde nationale" placés, sur ordre du roi Abdallah, sur toute la ligne de quelque 800 kilomètres de frontières avec la province irakienne d’Al Anbar contrôlée par l’"Etat islamique". Les derniers événements prouvent que ce soutien externe n’est sans doute pas inutile puisqu’une nouvelle attaque de ressortissants saoudiens selon le quotidien saoudien Al-Hayat ("La Vie") appartenant au prince Khalid bin  Sultan, et elle se serait parachevée par un attentat-suicide. Cette attaque se serait déroulée le 4 janvier 2015 au poste dit Suwef Border à une quarantaine de kilomètres d’Ar-Ar, faisant 4 morts et plusieurs blessés, morts parmi lesquels le commandant des gardes-frontières de cette portion de territoire, le général Awda al-Balawi ainsi que le commandant opérationnel de la zone Salem al-Awzy. C’est dire si le prince Salman hérite d’une situation sécuritaire préoccupante, alors même que la situation budgétaire connaît, elle aussi, des difficultés avec la chute spectaculaire des prix du pétrole paradoxalement largement due à la position intransigeante de Riyad au sien de l’OPEP de ne pas baisser la production.

Quelle est sa position connue à l'égard de la stratégie du royaume à laisser le pétrole à un prix très bas ?

La stratégie pétrolière du royaume déclinée par le ministre du pétrole saoudien, Ali Al-Naimi qui a annoncé à l’occasion d’une interview accordée en date du 22 décembre 2014 à Middle East Economic Survey (MEES) qu’il était prêt à voir le prix du baril descendre à 20 dollars (35), n’est jamais le résultat d’une prise de position uniquement individuelle. Elle est le résultat d’un débat interne au sein des premiers cercles de la famille royale et, une fois la ligne officielle définie, chacun est tenu de s’y tenir même si cette ligne "collégiale" n’est pas nécessairement partagée par chacun des membres de ces decision-makers. Seuls des princes relativement extérieurs au processus décisionnel qui prévaut à Riyad peuvent éventuellement formuler des avis subtilement contradictoires. C’est notamment le cas du prince milliardaire Walid bin Talal bin Abdulaziz Ibn Saoud, lequel avait estimé, dans une déclaration en date du 28 juillet 2014, que cette stratégie baissière du royaume présentait le risque d’être catastrophique pour le royaume (36). Il avait même adressé une lettre au ministre des finances du royaume, Ibrahim bin Abdulaziz Al-Assaf, pour le mettre en garde contre les dangers menaçant "les dépenses et l'économie saoudienne". Faute d’avoir observé un début d’inflexion de cette stratégie, il avait de nouveau critiqué plus ouvertement encore la politique budgétaire du royaume prévoyant un déficit record pour l’exercice 2015 en raison même de la chute des cours du brut. "Nous avons atteint un seuil dangereux (...) après avoir commencé à puiser dans les réserves" financières du royaume pour combler le déficit budgétaire, a ainsi lancé le prince Walid bin Talal à l’adresse du ministre des Finances dans une lettre ouverte dont l’AFP a pu obtenir obtenu une copie (37).

Le 25 décembre 2014, le premier exportateur mondial de brut avait annoncé un budget en hausse pour 2015 prévoyant un déficit record de près de 39 milliards de dollars. Les dépenses se monteraient à près 230 milliards de dollars en contrepoint de revenus de quelque 190 milliards de dollars, en forte baisse par rapport aux 228 milliards de dollars prévus en 2014.L'Arabie Saoudite avait également annoncé un déficit budgétaire réel de près de 15 milliards de dollars en 2014 avec des revenus et des dépenses en dépassement des prévisions initiales. Le prince Walid bin Talal, qui est aussi le plus riche investisseur privé arabe, a considéré que Riyad n'aurait pas dû laisser ses dépenses dépasser les prévisions surtout dans un contexte de chute brutale des prix du brut. Si le gouvernement avait contenu ses dépenses de l'année 2013 dans la limite de ses prévisions, un excédent d’au moins 50 milliards de dollars aurait été réalisé, a aussi indiqué le prince Walid bin Talal.

Mais en raison de l’échec dans la maîtrise de l’augmentation des dépenses, 53 milliards de dollars au total auront été puisés en deux ans dans les réserves financières du pays, estimées à 750 milliards de dollars, a-t-il encore expliqué. Si les cours pétroliers continuent à évoluer sous 50 dollars par baril, l’Arabie saoudite devrait perdre près de la moitié de ses recettes pétrolières qui ont atteint 276 milliards de dollars en 2013, et encore 248 milliards de dollars en 2014. C’est donc dire s’il va devenir difficile pour le régime saoudien de pouvoir continuer, comme le demandait le roi Abdallah, "à financer les projets et programmes dans les domaines de l’éducation, de la santé, des services sociaux" - qui représentent à eux-seuls 38 % des dépenses budgétaires - et "à créer davantage d’emplois pour la population" dont plusieurs centaines de milliers de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail.



(1) Le terme arabe "bin" ou "ibn" correspondant à "celui qui est le fils de" X ouY, et  le terme de "bint" à "celle qui est la fille de" X ou Y.

(2) Cette rumeur est à prendre avec beaucoup de précautions même si, selon un site internet (http://www.ks.ahrarulhijaz.com), le roi saoudien serait décédé le 6 janvier 2015. Khaled bin Farhan bin Abdulaziz Ibn Saoud, l’un des princes marginalisés de la famille saoudienne, vivant en Allemagne, aurait ainsi annoncé la mort du roi sur sa page Facebook. Cf. IRIB, "Arabie saoudite : le roi serait décédé…", 7 janvier 2014 (http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/354965-arabie-saoudite-le-r...).

(3) Cf. DEBKAfile, "Saudi King Abdullah said ready to abdicate over ill health, as ISIS strikes the kingdom’s border", Exclusive Report,  5 janvier 2015 (http://www.debka.com/article/24327/Saudi-King-Abdullah-said-ready-to-abd...).

(4) Cf. IRIB, "Arabie : l’abdication du roi est imminente", 5 janvier 2015 (http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/354731-arabie-l-abdication-...).

(6) Elle compterait près de 125 000 hommes d’active dont 20 000 supplétifs pouvant être immédiatement mobilisée sur une base tribale. Elle est l’héritière de "l’Armée blanche", dénommée ainsi en raison de la couleur des tuniques des bédouins qui ne portent pas l’uniforme militaire. C’est une sorte de milice tribale formée dans les années 30 par Ibn Saoud et elle se présente comme la "garde prétorienne" du régime contre toute atteinte extérieure voire interne. En principe, cette "Garde nationale" est d’une loyauté à toute épreuve et incarne les valeurs bédouines et wahhabites des origines de l’État saoudien via la bay‘a, l’allégeance personnelle au souverain. C’est elle qui était notamment en charge de la protection des réserves pétrolières jusqu’à ce qu’une nouvelle force soit spécifiquement créée à cet effet. La "Garde nationale" échappe donc complètement à l’autorité du ministère de la Défense (longtemps dirigée par feu le prince Sultan et remplacé à ce poste, depuis le décès de ce dernier le 22 octobre 2011, par son frère le prince Salman, ancien gouverneur de Riyad) et n’est donc pas intégrée à l’armée saoudienne stricto sensu en laquelle le régime saoudien n’a qu’une confiance relative.

(7) Cf. Fabricio Calvi, 11 septembre : la contre-enquête, Paris, Librairie, Arthème-Fayard, 2001.

(8) La "Ligue du monde islamique" ou "Ligue islamique mondiale" (Al Rabita al-Islamiya al-‘Alamiya) est plus souvent connue sous l’acronyme LIM. Elle a été créée le 15 décembre 1962 et son siège est établi à La Mecque. La LIM a statut d’ONG, mais elle est bien plus que cela. Elle s’est d’emblée officiellement voulue une organisation religieuse chargée de propager le message de l’islam via une assistance matérielle et culturelle aux autres pays musulmans. Mais, en raison de la très forte implication saoudienne, l’islam qu’elle promeut est naturellement un islam très spécifiquement d’obédience wahhabite, ce qui en a fait un instrument discret mais très efficace, sinon redoutable, de la diplomatie "religieuse" saoudienne qui l’abonde ses "pétro-dollars".

(9) Cf. Robert Baer, Sleeping witrh the Devil : How Washington Sold our Soul for Saudi Crude, New York, Three Rivers Press, 2003, p. 141.

(10) Un décret royal du 3 février 2014 a "criminalisé" les candidats au djihad qui prévoit désormais tout Saoudien qui participe à un conflit à l'extérieur des frontières du pays s'expose désormais à des peines allant de trois à vingt ans de prison ainsi que des sanctions pour les membres ou sympathisants de mouvements religieux et politiques radicaux. ou considérés comme des organisations terroristes, sur le plan intérieur, régional ou international ; le 7 mars 2014, le ministère de l’Intérieur saoudien avait adopté une loi sur le terrorisme en établissant la liste noire des organisations classées "terroristes" comprenant notamment l’EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant) devenu depuis l’Etat islamique.

(11) Elle compterait environ 150 000 hommes. Selon The Middle East Military Balance publié annuellement par le Center for Strategic and International Studies. L’armée de terre saoudienne se compose de 4 brigades blindées, 17 brigades d’infanterie mécanisée, 3 brigades légères motorisés et une brigade aéroportée. Elle dispose également de cinq brigades d’artillerie indépendantes et d’un commandement aérien. Une brigade compte traditionnellement entre 3 000 et 5 000 hommes.

(12) Elle compterait environ 15 000 hommes d’active dont 3 000 marines. La flotte occidentale est basée à Djeddah sur la Mer Rouge ; la flotte orientale à Jubayl sur le Golfe arabo-persique. Le format de la marine saoudienne apparaît paradoxalement plutôt modeste au regard de la longueur des deux façades maritimes du royaume : la façade maritime sur le Golfe arabo-persique fait 650 kilomètres de long et celle sur la Mer Rouge 1 760 kilomètres, soit un total de 2 410 kilomètres.

(13)La composante majeure de l’armée de l’air saoudienne est le F-15 Eagle américain avec le Panavia Tornado britannique. Les unités aériennes sont divisées en escadres et dispersées sur sept bases aériennes dans le Royaume

(14) Elle constitue la quatrième branche des forces armées saoudiennes. Elle était intégrée à l’armée de terre jusqu’en 1981, date à laquelle il en a été fait une branche indépendante. Elle a son siège à Riyad, où se trouve également un centre de commandement intégré souterrain pour coordonner le système appelé Peace Shield ("bouclier de la paix"), un système intégré de radars et de défense aérienne, réputé être - à tort ou à raison - un des réseaux de radars les plus avancés au monde.

(15) Véritable armée parallèle, elle compte près de 125 000 hommes d’active avec une milice tribale intégrée de 25 000 hommes à l’allégeance personnelle. La SANG, selon l’acronyme anglo-saxon, a été récemment restructurée avec l’aide de la société militaire privée américaine Vinnell Corporation en une force légère mécanisée, équipée de plus de un millier de véhicules blindés de combat. Sa force mobile se compose de trois brigades mécanisées et de cinq brigades d’infanterie motorisées. La milice tribale quant à elle se compose de près de 24 bataillons de fawj, des guerriers tribaux de "réserve".

(16) C’est une unité spéciale anti-terroriste dépendant de la Sécurité générale saoudienne (Saudi Arabian General Security). Elle dispose de 13 centres disséminés à travers tout le royaume. Cf. Saudi National Security Assessment Project, 3 novembre 2006.

(17) Cf. Wikipédia

(18) Cf. SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute), 2014 (http://www.sipri.org/yearbook/2013/files/sipri-yearbook-2013-resume-en-f...).

(20) Il existe au Yémen une minorité chiite dite zaydite, laquelle tire son nom de l’imam Zayd b. ‘Alî - un arrière-petit-fils de ‘Alî, et donc un petit-fils de Husayn, qui tenta vainement vers 740 d’arracher le pouvoir aux Omeyyades de Damas avant d’être tué -, qu’elle reconnaît comme le cinquième et dernier imam. Le fondateur du zaydisme au Yémen proprement dit est un certain al-Hâdî Yahyâ b. al-Husayn al-Rasî, qui fut invité à arbitrer les conflits tribaux au Nord-Yémen, où il convertit les tribus des montagnes. Il s’installa en 897 de l’ère chrétienne à Sa‘da, la grande ville du nord, et y régna personnellement jusqu’en 911. Il fonda ainsi le régime politico-religieux dit "imamat zaydite" qui perdura jusqu’à la révolution républicaine de 1962. Cette obédience chiite se trouve être majoritaire dans le nord-est du Yémen, mais minoritaire à l’échelle de l’ensemble du pays, à majorité sunnite (40%).

(21) Cf. Khaled Asmar, "Un état d’exception qui ne dit pas son nom ? Le roi de Jordanie dissout le Parlement et soutient l’Arabie saoudite contre l’Iran", sur Mediarabe.info (http://www.mediarabe.info/spip.php?article1771).

(22) Cf. Pedro Canales, "Marruecos y Jordania envia tropas de élite para ayudar a los Saudies en Yemen", in El Imparcial, 3 décembre 2009 (http://www.elimparcial.es/contenido/53058.html)

(23) Cf. "Riyad demande l’appui de la CIA au Yémen", in Le monde du renseignement, n° 606, 26 novembre 2009.

(24)  Les constituants d’une armée se subdivisent traditionnellement de la manière suivante : une compagnie compte 100-200 hommes ; un bataillon 500-800 ; une brigade 3 000-5 000 ; une division 15 000-20 000 ; un corps d’armée 60 000-80 000.

(25) Fauji Overseas Employment Services, filiale de la Fauji Foundation (FF), est la compagnie qui recrute d’anciens officiers d’active de l’armée pakistanaise en tant que mercenaires. La Fauji Foundation (FF) est l’un des plus grands conglomérats au Pakistan, avec des intérêts dans les engrais, le ciment, l’alimentation, la production d’électricité, de gaz, la commercialisation et la distribution de GPL, les services financiers, services de l’emploi, et les services de sécurité. Il est dirigé par d’anciens officiers des forces armées pakistanaises (http://www.fauji.org.pk/Webforms/ManagementStructure.aspx?Id=75&Id2=77).

(26) Cf. Joseph Farah, "Pakistan Poised to Dispatch Army to Saudi Arabia", in Joseph Farah’s 2 Bulletin World Net Daily, 4 juillet 2011 (http://www.wnd.com/2011/04/284429/).

(27)  Cela se traduit également par le déploiement qui se doit de rester discret des activités de la firme Agegis LLC la firme sécuritaire américaine Agegis LLC, une firme proche du Pentagone spécifiquement chargée de conseiller les services de sécurité et de renseignement saoudiens afin de contrer toute déstabilisation interne.

(29) Cf. Intelligenceonline, "Le royaume se prépare à affronter Daech", in Le Monde du renseignment, n°716, 16 juillet 2014 (http://www.intelligenceonline.fr/renseignement-d-etat/2014/07/16/le-royaume-se-prepare-a-affronter-daech,108031307-EVE).

(30) Cf. DEBKAfile, "King Abdullah calls up Saudi armed forces on high preparedness", in Exclusive Report, 26 juin 2014 (http://www.debka.com/article/24034/King-Abdullah-calls-up-Saudi-armed-fo...).

(31) Cf. DEBKAfile, "Jordanian Air Force Unleashes Assault as ISIS Invades Saudi Arabia», 25 juin 2014 (http://www.debka.com/article/24028/Jordanian-air-force-bombs-Al-Qaeda-Ir...).

(32) Cf. Mohammed Jaabouk, "Arabie saoudite : Un contingent marocain envoyé pour aider à faire face à la menace de l’Etat islamique", on Yabiladi, 6 août 2014  (http://www.yabiladi.com/articles/details/28328/arabie-saoudite-contingen...).

(33)  Cf. Mohammed Jaabouk, "L'armée marocaine pour protéger les Etats du Golfe de troubles intérieurs ?" on Yabiladi, 15 avril 2014 (http://www.yabiladi.com/articles/details/24963/l-armee-marocaine-pour-pr...)

(34) Cf. IRIB, "L’offensive de l’EIIL entre en Arabie, Les Saoudiens paniqués", 24 juin 2014 (http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/330126-l-offensive-de-l-eii...).

(35)  Cf. Middle East Economic Survey (MEES), 22 décembre 2014 (https://www.mees.com). 

(36) Cf. Andrew Critchlow, "Saudi Prince Alwaleed says falling oil prices 'catastrophic'», on The Telegraph, 14 octobre 2014 (http://www.telegraph.co.uk/finance/commodities/11162744/Saudi-Prince-Alw...).

(37) Cf. "Tycoon prince assails Saudi fiscal policy over deficit", on AFP, 3 janvier 2015 (http://www.dailymail.co.uk/wires/afp/article-2895540/Tycoon-prince-assai...).

 

 

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Texas
- 20/01/2015 - 10:45
Excellent article
Qui donne , entre autre , une meilleure compréhension du système successoral Saoudien . J' enregistre le PDF .