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La Russie est-elle potentiellement en faillite courant 2015 ?
Retour de la Guerre froide
Effondrement économique et bruits de bottes : la Russie de Poutine peut-elle déraper ?
Publié le 19 décembre 2014
La banque centrale russe a hissé son taux d’intérêt directeur à 17% pour tenter d’enrayer le mini-krach qu’a subi le rouble lundi 15 décembre au soir. Si les embargos et l’effondrement du cours pétrolier pèsent sur l'économie, rien n'indique toutefois que la politique intérieure ou extérieure russe s'en trouvent bouleversées, oligarques et partis politiques ayant tout intérêt à soutenir les choix du pouvoir en place.
Philippe Sébille-Lopez est docteur en géopolitique et directeur fondateur du cabinet Géopolia créé en 1995. Il est spécialiste des enjeux énergétiques et notamment des pays producteurs d'hydrocarbures. Il réalise des analyses géopolitiques et...
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La banque centrale russe a hissé son taux d’intérêt directeur à 17% pour tenter d’enrayer le mini-krach qu’a subi le rouble lundi 15 décembre au soir. Si les embargos et l’effondrement du cours pétrolier pèsent sur l'économie, rien n'indique toutefois que la politique intérieure ou extérieure russe s'en trouvent bouleversées, oligarques et partis politiques ayant tout intérêt à soutenir les choix du pouvoir en place.

Atlantico : Soumise de plus à des sanctions économiques sans précédent de la part des Etat-Unis et de l'Europe, avec un prix du baril en-dessous de 60 dollars, la Russie est-elle potentiellement en faillite courant 2015 ? Est-ce le début d'une crise financière, mais aussi de pouvoir ?

Philippe Sébille-Lopez : La Russie est en effet sous stress monétaire. Le rouble s'effondre par rapport au dollar. Et l'augmentation des taux directeurs par la banque centrale - fait amusant en un sens - risque au final de se retourner contre eux. L'inversement du cours du pétrole brut courant 2015 pourrait toutefois leur sauver la mise. Le problème est là d'ailleurs, jusqu'à quand accepteront-ils un prix bas. Pour la prochaine réunion de l'OPEP, cela semble peu probable : ses membres ont rarement été capables de se mettre d'accord jusqu'à maintenant. Mais comme la baisse des prix peut directement influer sur la production des Etats-Unis, la donne pourrait changer. C'est ce que souhaite l'Arabie Saoudite.  

Pour en revenir à la Russie, elle dispose de réserves en devises assez importantes pour tenir le choc. Ainsi qu'un fond souverain assez conséquent, même s'il a été utilisé pour renflouer le rouble. Le principal problème de la baisse du rouble est sa répercussion sur les importations et produits d'importation qui génère de l'inflation. Ils ont aussi les moyens de remettre sur le marché intérieur des produits de seconde main en attendant le retour de produits importés. En effet, plus ils importent plus cela leur coûte cher, du fait de l'effondrement du rouble. C'est un équilibre à trouver. Mais la Russie n'est pas vraiment en situation de non paiement.

La Russie représente 17 millions de km2 et l'essentiel des principales ressources mondiales valorisables. Ils ont un potentiel, reste à le mettre en valeur. Et pour cela, il faut des capitaux. La question se pose pour le pétrole et le gaz également.

Les sanctions ne vont pas peser mais pas dans l'immédiat. Le financement va peut être manquer pour les projets des années à venir, notamment quant au remplacement des gisements de Sibérie occidentale qui commencent à décliner. Ils vont donc perdre de l'argent, puisqu'ils ne pourront pas remplacer une part de ce qu'ils ont produit dans des gisements déjà matures par de nouveaux gisements qui devaient les remplacer. Après, cela dépend aussi des inconnues et incertitudes : comment bien de temps vont durer les sanctions ? Si cela dure toutefois, ils ont deux ans devant eux avant de baisser en production. Ils seront la victime collatérale du duel Etats-Unis et Arabie Saoudite.

Cyrille Bret : La crise de la balance des paiements courants, maintenant caractérisée, aura un impact important à moyen terme sur l’économie russe.

Premièrement, les finances publiques seront (et sont déjà) confrontées à une crise des ciseaux, entre, d’une part, une baisse des recettes due à la baisse des cours des hydrocarbures qui constituent une de leurs principales ressources, et, d’autre part, des dépenses rigides (de fonctionnement essentiellement) dont la valeur nominale est en hausse en raison de la dépréciation (rapide et massive) de la monnaie nationale. Les comptes publics peuvent affronter cette crise temporairement grâce aux réserves de change pour une année environ.

Plus largement, la dépréciation du rouble accentuera l’effet récessif sur l’économie russe : le cercle vicieux qui va de la dépréciation de la monnaie à la fuite des capitaux est enclenché et dégradera la balance des paiements ; la spirale négative du renchérissement drastique des importations et le tassement des recettes d’exportation plongera sous peu la Russie dans un déficit de la balance commercial.

L’effet macroéconomique est d’ores et déjà établi par les autorités russes elles-mêmes : la croissance du PIB pour 2014 sera presque nulle, comme annoncé en novembre par le ministère de l’économie. Et les anticipations pour 2015 sont encore plus sombres (la récession soit la contraction du PIB est annoncée) en raison de l’effet conjugué des sanctions (notamment en ce qui concerne l’accès aux marchés de capitaux), la baisse anticipé des cours des hydrocarbures et la faiblesse chronique de l’appareil productif.

Le spectre de l’hyperinflation, au centre de la crise russe des années 1990, réapparaîtra sans doute.      

De nombreux capitaux russes ont été convertis en devise. Poutine a même appelé à leur rapatriement, promettant que les poursuites seraient abandonnées. Jusqu'où cette crise peut-elle déraper ?

Cyrille Bret : Plusieurs scénarios sont envisageables. Face à l’urgence, la Banque centrale fait pour le moment le choix de l’injection de liquidités et de la hausse des taux directeurs. Toutefois, si les tendances à la dévaluation se confirmaient, d’autres mécanismes, réglementaires ceux-là, monteraient en puissance : contrôle administratif des changes, gestion politique des flux de capitaux, réglementations tatillonne sur les devises.

Les limites de ces interdictions sont évidentes : l’économie russe, celle des grandes villes et des centres industriels, est très intégrée à l’économie mondiale. Elle pâtit également d’une corruption si forte qu’elle obère l’efficacité de ces mécanismes bureaucratiques. Si les autorités monétaires et économiques peuvent être tentées de répondre en urgence par des interventions massives et des mesures discrétionnaires, seule un sursaut de confiance serait à la mesure de la crise. Mais cela supposerait une inflexion de cap politique interne et externe.

Philippe Sébille-Lopez : La crise financière est incontestable. Certains oligarques en ont profité pour mettre à l'abris leurs capitaux. Mais cela n'est pas sans rappeler une certaine situation française en 2008, avec un afflux des capitaux dans les paradis fiscaux.

Que Poutine appelle au rapatriement des fonds sous couvert de non sanctions, voire d'une petite ristourne, est une chose. Toutefois, rien n'assure que cela ait du succès en Russie. Beaucoup d'oligarques ont d'ailleurs une partie de leur fortune investie à l'étranger, sous forme immobilière principalement. Ce n'est donc pas que du capital. 

Mais attention, les systèmes de contrôle seront désormais drastiques, et il risque d'être délicat à l'avenir d'expatrier des fonds.

Quelles peuvent être les répercussions sur le plan de la politique intérieure ? Poutine peut-il finalement être déstabilisé, voire lâché par l'oligarchie et les financiers russes ?

Philippe Sébille-Lopez : La politique russe n'est pas spécialement démocratique. Les intérêts sont multiples. Elle est faite de clans, de factions, avec 16 régions... Russie unie peut remporter 80% des sièges au sein des Parlements régionaux, mais cela n'est pas uniforme. Dans certaines régions, il pourrait y avoir un certain nombre de tentatives de déstabilisation qui pourrait arranger un certain nombre de pays en-dehors de la Russie. Car les Russes ne vont pas se tirer des balles dans le pied, pour être tout à fait clair.

Je précise, les oligarques russes ont déjà mis de côté ce qui devait l'être. Certains sont partis vers l'Angleterre, en Israël ou ailleurs... Mais ils n'étaient pas les plus fidèles alliers de Poutine. Les restants sont les protégés du Kremlin car Poutine a besoin de leur soutien et de leur argent. Il existe par ailleurs des systèmes de bascule, avec des échanges de bons procédés. Ceux-là ont tout à perdre de la chute de Poutine, en tout cas tant que le régime se maintient.

Florent Parmentier : Il n’est pas certain que la population russe blâme Vladimir Poutine pour la crise économique ; les oligarques, dont l’origine des fortunes est sujette à controverse dans l’opinion publique, pourraient en revanche voir leur crédit diminué.

De manière schématique, l’opinion publique est parfois sensible à l’idée selon laquelle le Tsar protège les sujets de l’influence des boyards (grands seigneurs) ; c’est moins l’audace du Tsar sur le plan international que l’individualisme féroce des oligarques, indifférents à l’intérêt national, qui pourrait être critiqué.

De grands instituts financiers internationaux ou autres sont-ils déjà en train de financer des partis d'opposition ou organisations non gouvernementales ? En cas de renversement politique, qui pourrait remplacer Poutine ? 

Philippe Sébille-Lopez : En cas de rencersement de l'opposition, cela est délicat parce-qu'il ne reste en intérieur que des partis qui soutiennent Poutine. En tout cas, jusque-là. S'il était mis en fâcheuse posture, ce serait différent : ce qui n'est pas évident, car plus l'étranger s'acharne contre Poutine, plus il fédère les forces politiques en présence. Les oligarques en place ont tout intérêt à rester en place puisqu'ils profitent du système. Il en va de même pour les partis politiques qui sont dans la majorité et n'ont aucune raison d'anticiper la défection de Poutine sur des élections potentielles.

Les Russes ont compris après ce qu'il s'est passé en Ukraine en 2005 avec la révolution par la suite, en Géorgie aussi, etc. que les mouvements notamment évangéliques (ou certains fonctionnaires du département d'Etat des ambassades qui opèrent zones après zones pour fragiliser le régime en place) étaient dangereux. D'où la loi de Poutine à cet effet, celle qui qualifie les ONG d'"agents étrangers". S'en choquer ou s'en étonner, ce n'est pas faire preuve de beaucoup de réflexion... Mais chacun son point de vue. Les Russes ont eux retenu la leçon ! Ils ne voulaient pas que se renouvelle en Russie ce qui s'est passé dans les Etats de l'ex URSS. Que les ONG puissent jouer un rôle de relais auprès des populations pour déstabiliser le pouvoir en place. Le pouvoir russe fera donc attention à qui verse quoi à qui !

Juste pour l'exemple, des évangélistes sont allés faire du prosélitisme en Irak en pleine Guerre du Golfe. Ils ne sont pas neutres. Ils ont des convictions, des financements (il faudrait s'y intéresser), avec des objectifs politiques derrière leurs convictions religieuses.     

Quant à la population, c'est un autre problème : celui du pouvoir d'achat, du financement des retraites et des surcoûts des produits d'importation. C'est donc plus de la Russie profonde que peuvent arriver les problèmes, moins des oligarques, apparatchiks ou partis politiques en place. Même le parti le plus opposé à Poutine était dans sa coalition : du PC à Russie unie, en passant par les extrêmes, tous sont plus ou moins liés à Poutine.

Le problème est plus économique que politique ! Sans citer Washington en tête de liste, les Américains qui ont déjà essuyé un certain nombre de revers dans l'entourage de la Russie (Afghanistan, Irak, etc.) auront certainement plus à coeur d'engager une guerre économique contre la Russie, comme lorsqu'ils ont défait l'URSS en 1989-1990. Le contexte n'est pas le même. Mais ce n'est pas un hasard si la Russie s'est engagée en Ukraine...

Florent Parmentier : Comme dans d’autres pays, le financement de partis d’opposition par des fonds venant d’autres pays est regardé avec suspicion – à commencer par la France ou les Etats-Unis. La Russie ne fait pas exception sur ce point, et le financement de partis d’opposition par l’étranger (ainsi que de diverses associations) se fait donc en dehors du cadre légal.

Toutefois, on peut se demander si des financements d’activistes permettent réellement de faire la différence ; ce serait le cas si la majorité et l’opposition jouaient selon les mêmes règles. Or, le jeu politique russe est un « terrain de jeu inégal » : l’argent n’est qu’une des dimensions de cette concurrence inégale, qui se manifeste également par l’accès aux médias, aux ressources administratives.

La question du renversement politique n’est pas à l’ordre du jour pour le moment, et un éventuel remplaçant plus souple au sein du système – comme Dimitri Medvedev – semble être une vue de l’esprit. Quant à l’opposition, elle ne semble pas prête à prendre le pouvoir. Le pouvoir est moins contesté que lors des élections de 2011, même si indéniablement, une prolongation de la crise fragiliserait l’unité nationale retrouvée au moment l’annexion de la Crimée.

Cyrille Bret : les puissances occidentales, les groupes de pression hostiles à la Russie ou à cette administration ainsi que d’importantes fractions des opinions publiques estiment que la Russie ne peut comprendre que le rapport de force.

Le but des éventuelles opérations sur le marché des changes – qui sont avérés dans les deux dernière décennies pour d’autres pays – est sans doute moins d’obtenir un regime change que de placer la Russie dans une situation de faiblesse (ou de moindre force) dans ses rapports avec les pays occidentaux.

Rien que cette année, plus de cents avions militaires russes ont été interceptés au-dessus de la Baltique. Un sous-marin non identifié aurait même été observé au large de l’Ecosse au début du mois. Sur le plan extérieur, celui de la géopolitique russe, un assouplissement pourrait-il avoir lieu, dans un cadre de nécessaire réduction des dépenses ? Ou la Russie s'évertuera-t-elle à tester les défenses de l'OTAN ?

Philippe Sébille-Lopez : Depuis le début du conflit ukrainien, les Russes à renfort de sous-marins et avions poussent leurs limites au-delà de leur périmètre traditionnel d'intervention, jusqu'à se faire repousser par les puissances occidentales. Ce qu'ils veulent, c'est traverser des couloirs de reconnaissance, investiguer au cas où les rapports se muscleraient avec l'Occident. Nous n'en sommes pas là toutefois. 

Notez toutefois que l'Europe n'attaquerait pas la Russie, elle n'en pas les moyens. Les Etats-Unis peut-être, avec leurs bases avancées en Europe. Les Russes montrent leurs muscles. L'Ukraine devient un casus belli, la Russie rappelle que l'Est lui appartient, qu'elle laisse aux Etats-Unis l'Ouest, mais qu'il ne faut aller plus loin, ni via l'Europe ni via l'OTAN. Selon leur point de vue (et je précise que c'est le leur), ils sont dans une strétgie défensive, préventive.

Les Américains de leur côté veulent la portion Ouest, Europe à l'appui, puisqu'ils font sa politique étrangère. A force de jouer à ce jeu du chat et de la souris à coup de petites conquêtes, les Chinois finissent par tirer le jeu sur le reste de l'Asie. Les Américains devraient plutôt s'inquiéter de cela. Leur pivot vers l'Asie, c'est pour contrer la Chine. Mais ils n'ont pas totalement anéanti la Russie, ni ses relais...

Le passé est éclairant aussi, l'URSS s'est disloquée du fait de l'Afghanistan, de la chute du cour du pétrole brut, de la lévée de bouclier d'un certains nombres de puissances locales qui voulaient leur indépendance, etc. Aujourd'hui, ce qu'il reste de la Russie c'est la Biélorussie, le Kazakhstan avec réciproquement deux dictateurs : Alexandre Loukachenko et Noursoultan Nazarbayev.

Florent Parmentier : contre toute attente, les sanctions sont actuellement en train de produire leurs effets : elles ont été décriées au départ, caractérisées comme des réponses molles (mais coûteuses pour les Européens), mais elles commencent à avoir leur efficacité aujourd’hui avec les conséquences visibles pour l’économie russe.

N’ayons garde cependant d’oublier que les effets des sanctions vont aller en s’estompant : en effet, en cas de sanctions prolongées, le comportement des acteurs évolue et tend à favoriser des alternatives. Elles ont peut-être atteint aujourd’hui le point culminant de leur efficacité.

Un possible retrait de l'Ukraine est-il toutefois envisageable dans l'optique de la levée des sanctions économiques ?

Philippe Sébille-Lopez : Les sanctions économiques, chacun s'en accomode. En Europe, nous avons des surplus de production alimentaire... Même les Bulgares. Comment fait-on ? Et bien les ventes sont tout simplement réalisées à perte...

Les Etat-Unis s'en moquent clairement puisque leurs échanges avec la Russie sont dérisoires. Pour résumer, les principaux pays qui payent la facture sont l'Europe et la Russie.

Pour répondre plus directement à votre question, je ne le crois pas. Contrairement à ce qu'on dit, ils n'ont pas le couteau sous la gorge. Certes leur situation financière n'est pas mirobolante. Mais si les banques occidentales ou le FMI ne prête plus à la Russie, elle se refinancera auprès de la Chine qui se remboursera en pétrole ou en gaz. Comme elle le fait déjà au Vénézuela.

Reste que les prix ne seront pas ceux qu'ils auraient souhaité. Mais ce qui compte pour les Russes, c'est de se refinancer pour développer leur production d'hydrocarbures et leurs exportations. Certes, ils auront besoin des Occidentaux tôt ou tard pour développer les productions offshore de pétrole, parce que l'Occident dispose de la technologie.

En attendant, ils ont d'autres sources onshore à exploiter. Et là, ils disposent de la technologie.

Florent Parmentier : Un retrait de l’Ukraine serait synonyme d’échec pour le Kremlin, dont « l’aventurisme » serait alors certainement critiqué. Les dirigeants russes pourraient être tentés de se rapprocher encore davantage de la Chine qu’ils ne l’ont fait depuis le début de la crise, ou d’opposer des représailles différenciées, pour diviser le front existant des Américains et des Européens.

Toutefois, le retrait des sanctions ne dépend pas uniquement de la Russie, mais également du comportement des congressistes américains ; on parle souvent de l’anti-américanisme russe, mais beaucoup moins de la russophobie parmi les élites politiques américaines, qui lui répond. Dans ces conditions, le bras de fer pourrait continuer encore plusieurs mois, voire des années…

Propos recueillis par Franck Michel / sur Twitter

 
 
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vangog
- 20/12/2014 - 15:28
@Leucate il ne vous a pas échappé que je suis Nationaliste...
(un peu comme vous, je pense...) et le Nationalisme réclame l'indivisibilité de la Nation, de ses départements et territoires d' Outre-mer! L'objectif du réferendum est de laisser au peuple se prononcer sur des orientations sociales ou de politique étrangère qui génèrent des changements importants dans sa vie de tous les jours. Le but d'un réferendum n'est pas de savoir si telle ou telle région serait mieux hors du giron national, à l'occasion d'une crise économique ou autre; tous se comporteraient, alors, comme la Catalogne! Dans le cas de l'Ukraine, vous savez pertinement qu'elle a été le terrain de jeu des oligarques russes, qui ont trouvé très intéressant d'exploiter la richesse industrielle du Donbass; d'où une très forte émigration russe en Ukraine de l'est et en Crimée. Je ne suis pas certain, aujourd'hui que ces opportunistes soient restés dans des zones de guerre où seuls les plus humbles, et les plus Ukrainiens doivent subsister. Un réferendum localisé à une ou deux villes n'offrirait rien de plus....
Leucate
- 18/12/2014 - 15:29
@vangog - Ukraine russe et Ukraine polono-autrichienne
Si on faisait un référendum, l'est de l'Ukraine, ce que l'Empire Russe appelait la Rive Gauche (du Dniepr) demanderait à redevenir russe. Si vous prenez une carte électorale d'avant Maïdan, cela coïncide avec l'implantation du parti bleu, celui qui gouvernait avant les émeutes insurrectionnelles de Kiev, alors que le parti Orange pro-occidental est essentiellement rive droite.
C'est normal: la Rive Gauche est russe depuis 1654 et le khanat de Crimée (la Nouvelle Russie) a été conquis dans la seconde moitié du XVIII° siècle.
En 1654 en France, le Roussillon, Lille et le nord, l'Alsace et la Lorraine, le comté de Bourgogne et quelques autres petits territoires n'étaient pas français, c'étaient des provinces relevant du Saint Empire. Dans le sud, Avignon et le comtat Venaissin faisaient partie de l'Etat pontifical.
Seriez-vous contre le référendum ? le pseudo gouvernement ukrainien actuel ne représente que la Rive Droite ex polono-autrichienne, majoritairement catholique alors que la rive gauche est orthodoxe.
Leucate
- 18/12/2014 - 15:16
La Russie est sortie du communisme
Combien a couté à la RFA la réunification avec la RDA dont il reste encore des séquelles ? Quand un pays a été industrialisé sous régime communiste, il faut détruire pour reconstruire. la Chine s'en sort mieux puisqu'elle n'avait rien, la page blanche a souvent des avantages.
Et l'agriculture ? en 1862, l'empereur Alexandre II abolissait le servage. Les serfs russes devenaient propriétaires et commençaient à se créer dans le pays une classe paysanne comparable à la nôtre (le servage disparut durant le haut moyen âge en France). La révolution bolchévique réduisit à nouveau les paysans au servage dans leurs kolkhozes et sovkhozes. Ils n'en sont sortis qu'en 1991 et depuis 1998, ils peuvent vendre et acheter des terres.
En 1905, le ministre Stolypine avait déclaré: "donnez-moi vingt ans de paix et vous ne reconnaîtrez plus la Russie".
Le temps est venu pour que la Russie devienne ce pays rival des EUA qu'avait prédit au début du XIX° siècle Alexis de Tocqueville. Mais "chi va piano va sono è lontano". Ce n'est que depuis 1990 que ce pays a redécollé après 70 ans de communisme.