En direct
Best of
Best of du 8 au 14 juin
En direct
© Reuters
Les sondages promettent un raz-de-marée à la droite.
Savoir raison garder
Pourquoi la droite ferait bien de ne pas se réjouir du raz-de-marée que lui promettent les sondages
Publié le 05 décembre 2014
D'après un sondage CSA pour Le Figaro, si l'Assemblée devait être renouvelée aujourd'hui, l'opposition UMP-UDI y décrocherait près de 500 sièges. Mais en prenant en compte l'abstention, ce sondage révèle avant tout l'incapacité de l'ensemble des partis à séduire l'électorat.
Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Christophe Bouillaud
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
D'après un sondage CSA pour Le Figaro, si l'Assemblée devait être renouvelée aujourd'hui, l'opposition UMP-UDI y décrocherait près de 500 sièges. Mais en prenant en compte l'abstention, ce sondage révèle avant tout l'incapacité de l'ensemble des partis à séduire l'électorat.

Les résultats du sondage CSA pour Le Figaro sur le rapport de forces politique national en cas d’élections législatives nous apprennent que...

 

Cliquez sur l'image pour agrandir -
Sondage CSA pour Le Figaro sur le rapport de forces politique national -
Décembre 2014

Toutefois...

Si l'on considère ces résultats relativement à l'ensemble des personnes interrogées, c'est-à-dire en inlcuant les 20% de ceux qui "n'expriment pas leur intention de vote", les résultats obtenus par les différents partis sont les suivants :
 

  • Un candidat d'extrême gauche (LO, NPA) =  résultat passe de 1% à 0,8%
     
  • Un candidat du Front de Gauche = résultat passe de 8% à 6,4%
     
  • Un candidat du Parti socialiste, du PRG ou du MRC = résultat passe de 18% à 14,4% (environ 1 Français sur 7)
     
  • Un candidat d'Europe Ecologie-Les Verts = résultat passe de 7% à 5,6%
     
  • Un candidat de l'UDI-MoDem = résultat passe de 12% à 9,6% (environ 1 Français sur 10)
     
  • Un candidat de l'UMP = résultat passe de 24% à 19,2% (environ 1 Français sur 5)
     
  • Un candidat de Debout la République / la France = résultat passe de 1% à 0,8%
     
  • Un candidat du Front National = résultat passe de 23% à 18,4% (environ 1 Français sur 5)
     
  • Un autre candidat = résultat passe de 6% à 4,8%
     
  • Le pourcentage restant en non exprimé : résultat passe de 0% à 20%

 

Atlantico : Si l'Assemblée nationale devait être renouvelée aujourd'hui, un sondage CSA pour Le Figaro annonce un raz-de-marée d l'UMP-UDI qui décrocherait près de 500 sièges. Mais une lecture rapide des rapports de force au premier tour souligne le peu de Français que représente l'UMP (24%), un pourcentage abaissé à 19,2% si sont pris en compte ceux qui n'expriment pas d'intention de vote (20%). Qu'en dire pour l'UMP ? Cela met-il notamment en balance ce qui est présenté comme une victoire éclatante par le sondage du CSA ?

Christophe Bouillaud : Si l’on suppose que les 20% qui ne se prononcent pas dans le sondage en question ne vont pas voter et qu’il n’y a pas de campagne électorale avant cette élection législative, effectivement, on pourrait y voir un fort indice de victoire probable en sièges de la droite et du centre, mais, plutôt que comme une intention de vote de la part des interviewés pour une élection encore fictive, on peut surtout y voir la condition minoritaire dans l’électorat en général des partis politiques actuels.

A ce stade, aucun grand parti n’est capable de séduire par son offre politique à lui seul plus de 20% des inscrits : l’UMP en séduirait 19%, le FN un tout petit moins de 18%, et le PS nettement moins, 14%. Si l’on regarde au niveau des camps, la droite alliée au centre (UMP, centre, DLR) atteint à peine 30% des inscrits, et la gauche (PS, FG, EELV) en est réduite un gros quart des intentions de vote parmi les inscrits.

Pour l’UMP et le centre, cela devrait servir d’avertissement : les victoires électorales probablement à venir ne signifieront peut-être pas l’obtention d’une "majorité sociologique" dans le pays, et en pratique, elles leur donneront un mandat d’autant moins légitime que l’électorat se sera plus abstenu. Il faudra éviter de s’illusionner sur le sens de sa victoire, et cela rendra plus compliqué de réformer. Les référendums que l’on promet un peu vite d’organiser au lendemain de la victoire  recèleront peut-être de mauvaises surprises.

Sur l'ensemble de l'électorat, qui sont ces 19,2% de Français que l’UMP représente ?

Selon le sondage en question, la seule donnée dont nous disposons sur ces interviewés est leur vote aux élections précédentes (présidentielle de 2012 et européennes de 2014), d’où il ressort qu’une très large majorité d’entre eux sont des fidèles du camp de la droite et du centre. Il y a selon ce sondage bien peu de convertis en provenance de la gauche ou de l’extrême-droite.

Les électeurs du FN de 2012 ou de 2014 sont ici d’une fidélité exemplaire à leur vote, et ceux de gauche de 2012 ou de 2014 s’aventurent rarement à changer de camp pour aller à droite.

Le sondage nous dit que sur les deux tours de législatives anticipées, l'électorat de gauche ne se mobiliserait pas. Qu'en serait-il réellement pour la droite au regard de l'abstention (en hausse depuis l'inversion du calendrier électoral, et en moyenne à 43% en 2012) ? Cette dernière serait-elle toujours aussi élevée que par le passé ?

L’abstention de gauche est crédibilisée par ce qui s’est passé lors des récentes élections municipales, où l’électorat de gauche n’a guère réagi au second tour face à la défaite annoncée. Cependant, tout dépendrait de la manière dont la campagne électorale se passerait et qui serait le candidat principal de la droite.

En cas de dissolution de l’Assemblée nationale avant 2017, le retour de Nicolas Sarkozy à la tête de l’UMP pourrait peut-être avoir un effet  de mobilisation à gauche, en particulier si la perspective de le voir devenir Premier ministre de cohabitation d’un François Hollande en perdition effrayait trop cet électorat. Il en serait sans doute de même en cas d’alliance, qu’elle soit officielle ou officieuse, entre l’UMP et le FN. A droite, on peut tout de même supposer que la perspective de la victoire mobilisera ses électeurs, quel que soit par ailleurs le leader choisi pour guider la bataille.

De plus, on sait que la participation à une élection dépend de l’importance que les électeurs sont amenés à lui accorder en termes de répartition du pouvoir dans un pays. Des législatives suite à une dissolution par François Hollande n’auraient pas le même sens que des législatives telles que celles faites après une élection présidentielle (comme en 2002, 2007 et 2012). L’enjeu y serait bien plus grand, la droite et le centre pourraient d’ailleurs jouer à plein la carte du référendum révocatoire anti-Hollande pour mobiliser  en cherchant la plus grande participation possible et pas seulement la simple victoire en sièges.

Ce mouvement s'opérerait-il par adhésion au projet et aux valeurs défendues par l'UMP ou simplement par opposition à la gauche ?

Le plus probable, c’est qu’on observe simplement un effet de balancier, lié à la démobilisation d’un camp, celui de la gauche, et la mobilisation, de modérée à forte, d’un autre, celui de la droite et du centre, pour "sortir les sortants". 

Si l’on reste à ces niveaux d’impopularité du pouvoir, il ne sera pas très difficile à la droite et au centre de s’imposer. L’extrême droite devrait aussi réussir à mobiliser ses électeurs. Avec un tel niveau de chômage, le sort du parti au pouvoir est largement scellé d’avance.

La possibilité que cet électorat s'abstienne de voter pour l'UMP sur les deux tours des législatives reste-t-elle envisageable ?

Que l’électorat de droite boude l’UMP sur les deux tours me paraît bien improbable. Le désir de sortir les sortants de gauche sera bien trop grand. L’UMP et le centre restent à ce jour le meilleur bélier pour bouter la gauche hors du château.

Les calculs faits par cet institut sur les sièges, aussi hypothétiques soient-ils à ce stade, redimensionnent d’ailleurs nettement le rôle du FN, qui n’a pas d’alliés dans une élection législative.

Le parallèle avec la victoire de François Hollande en 2012, sur les deux tours, peut-il être dressé ?

Oui, sans doute. Sa victoire tient largement au fait que les électeurs de gauche avaient vraiment envie de se débarrasser de Nicolas Sarkozy. De manière amusante, lors de sa dernière interview télévisée, François Hollande a affirmé qu’il n’était pas devenu Président de la République "par hasard", comme pour nier l’importance de cet effet de rejet de Nicolas Sarkozy dans sa victoire de 2012.

D'autres exemples de grands rendez-vous électoraux sont-ils à ce titre pertinents ?

Il faut rappeler qu’en dehors de l’élection de 2007, tous les grandes élections nationales en France ont fini par des alternances depuis 1981, et encore 2007 est peut-être une exception qui confirme la règle puisque Nicolas Sarkozy avait eu l’intelligence de se présenter comme un candidat de rupture avec son propre camp, la droite, et son président, Jacques Chirac.

L’effet de rejet et de démobilisation différentielle de l’un des deux camps sont une constante depuis des décennies désormais. Cela serait bien étonnant que l’on ne rejoue pas ce même scénario.

Propos recueillis et mis en forme par Franck Michel / sur Twitter

 

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Vol MH370 : "le pilote se serait envolé à 12 000 mètres pour tuer l'équipage dans la cabine dépressurisée ", selon un nouveau rapport
02.
Dents de la mer : les grands requins blancs remontent vers le Nord aux Etats-Unis, faut il redouter la même chose en Europe ?
03.
Notre-Dame de Paris : l’incendie aurait été causé par une série de négligences
04.
Un Américain a passé un an à ne manger que des aliments aux dates de péremption dépassées, voilà les leçons qu’on peut en tirer
05.
Cash Investigation : pourquoi le traitement des semences par les multinationales est nettement plus complexe que le tableau dressé par l’émission de France 2
06.
Arabie saoudite : mais pourquoi la France ferme-t-elle les yeux sur la condamnation à mort d’un jeune militant arrêté à 13 ans pour une manifestation à vélo ?
07.
Pourquoi les Francs-maçons ne sont certainement pas les héritiers des constructeurs de cathédrale qu’ils disent être
01.
Homosexualité : éternel humain ou création contemporaine ?
01.
Véhicules propres : la Chine abandonne l'électrique pour miser sur la voiture à hydrogène
02.
Auchan, Carrefour, Casino : mais que vont devenir toutes ces galeries marchandes et hypermarchés qui se vident ?
03.
Mariage de Karine Ferri : Nikos n'est pas venu, les autres stars non plus; Laeticia Hallyday se rabiboche avec son père, Meghan Markle aurait fait fuir sa mère, Rihanna renoue avec son milliardaire;  Kate Middleton snobe Rose, Britney Spears s'arrondit
04.
Vol MH370 : "le pilote se serait envolé à 12 000 mètres pour tuer l'équipage dans la cabine dépressurisée ", selon un nouveau rapport
05.
Crise au sein de LREM dans le Nord : six députés claquent la porte
06.
Dents de la mer : les grands requins blancs remontent vers le Nord aux Etats-Unis, faut il redouter la même chose en Europe ?
01.
PMA : la droite est-elle menacée de commettre la même erreur qu’avec le progressisme des années 60 qu’elle a accepté en bloc au nom de l’évolution de la société ?
02.
Voulez-vous savoir dans quelle France on entend vous faire vivre ? Regardez bien l'affiche de l'UNICEF !
03.
Mais pourquoi s’abstenir de faire des enfants pour sauver la planète alors que le pic démographique est passé ? Petits arguments chiffrés
04.
Acte II : mais comment définir la ligne suivie par le gouvernement en matière de politique économique ?
05.
Cash Investigation : pourquoi le traitement des semences par les multinationales est nettement plus complexe que le tableau dressé par l’émission de France 2
06.
Véhicules propres : la Chine abandonne l'électrique pour miser sur la voiture à hydrogène
Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
LouisArmandCremet
- 04/12/2014 - 12:48
Exception
Ca n'est pas 2007 qui fut un exception mais 2002 où Chirac élu avec les voix de gauche a en fait, fait une politique de gauche...
phegp
- 04/12/2014 - 10:34
Encore un sondage
bourré de si ceci, si cela, etc. Par contre, j'aime assez le terme "référendum révocatoire".