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Publié le 06 novembre 2014
François Hollande marque le cap de la moitié de son mandat. Les résultats de sa politique sur le front socio-économique laissent à désirer et les relations avec ses partenaires européens se dégradent de plus en plus. En témoignent les chiffres du chômage toujours en augmentation et les perspectives de croissance et de dette corrigées par Bruxelles.
Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.
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Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr. Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :
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François Hollande marque le cap de la moitié de son mandat. Les résultats de sa politique sur le front socio-économique laissent à désirer et les relations avec ses partenaires européens se dégradent de plus en plus. En témoignent les chiffres du chômage toujours en augmentation et les perspectives de croissance et de dette corrigées par Bruxelles.

 

L'aveuglement (ou le manque de vision)
quant au projet européen

 

Atlantico : L'Allemagne se montre désormais ouvertement impatiente avec la France, comme le montre la note adressée à Pierre Moscovici sur la nécessité de faire respecter les engagements budgétaires.  Sur quels soutiens François Hollande peut-il encore compter à Bruxelles pour peser dans les négociations ?

Christophe Bouillaud : Pour l’instant, la France se trouve plutôt isolée. En dehors de Matteo Renzi, qui semble décidé à défier la vulgate européenne de l’austérité parce qu’en Italie tout le monde a pu bien voir avec Mario Monti que cette recette-là ne marchait pas du tout, aucun gouvernement européen ne s’exprime fortement en faveur d’une autre approche que celle soutenue par l’Allemagne d’Angela Merkel.

En ne jouant pas en 2012, au lendemain de son élection, la carte de l’affrontement avec le camp « austéritaire » emmené par l’Allemagne, en faisant ratifier le TSCG sans y changer une virgule, F. Hollande a de fait laissé se poursuivre les politiques d’austérité dans les autres pays de la zone Euro. Il les a donc alors validées, pourquoi ne s’appliqueraient-elles pas alors aussi à la France ? Puisque la « saignée » est bonne pour les autres, comment peut-on la refuser pour soi-même ?

Plus largement, de quelles marges de manœuvres François Hollande dispose-t-il sur le plan européen ? Que peut-on attendre de ces deux ans et demi de mandat restant ?

Christophe Bouillaud : La lettre commune des deux ministres allemands en charge de l’économe, le « conservateur » Wolfgang Schäuble et  le « social-démocrate » Sigmar Gabriel, envoyée au nouveau Commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici, ci-devant « Ancien Ministre de F. Hollande », proposant de faire encore plus respecter par les Etats membres de la zone Euro les normes européennes en vigueur signale à F. Hollande qu’il ne doit pas compter sur un assouplissement de la position allemande.

Pierre Moscovici est prévenu : à la demande de F. Hollande, il a eu le poste de Commissaire à l’économie, mais il doit rester dans la ligne « austéritaire », sauf à déclencher contre lui une bronca en Allemagne. Du coup, la seule chose que F. Hollande puisse opposer à cette situation où, visiblement, il n’a même pas outre-Rhin le soutien des dirigeants du parti-frère, le SPD, c’est l’inertie en refusant d’aller plus loin dans l’austérité que les 50 milliards de coupes budgétaires prévues d’ici 2017, et en jouant sur le fait qu’aller plus loin signifierait pour lui ne plus avoir de majorité parlementaire. Il ne lui reste donc plus qu’à espérer que la situation économique générale s’améliore en Europe et dans le monde, et que cela finisse par aider l’économie française à trouver des débouchés.

Par ailleurs, il faut souligner qu’il ne faut pas attendre des miracles d’une relance budgétaire par l’Union européenne elle-même. En effet, les 300 milliards d’euros d’investissements annoncés par le nouveau Président de la Commission ne sont pas grand-chose au regard de la taille de l’économie européenne, et, même si on finissait par dégager ces moyens financiers pour investir (dans quoi d’ailleurs ?), il se trouve qu’avec les règles européennes de déblocage des fonds,  il va falloir des années pour que les dépenses en question soient réellement engagées, et des années encore pour que les investissements ainsi réalisées améliorent la compétitivité européenne.

Il faut rappeler à ce propos que, sur la période de programmation budgétaire précédente (2007-2013) de l’Union européenne, certains Etats n’ont pas réussi à utiliser tous les fonds structurels qui leur avaient été alloués, simplement en raison de difficultés bureaucratiques et légales. Nous ne sommes pas en République populaire de Chine, où il suffit que le Parti communiste chinois décide que l’on investira massivement pour que cela se fasse dans la minute ou presque. J’ai peur du coup que l’embryon de « politique budgétaire » de relance via l’Union européenne elle-même souffre des mêmes maux que les fonds structurels, et que F. Hollande attende longtemps ses effets sur l’économie française.

 

Son diagnostic de la zone euro

 

Le contexte économique allemand, plus décevant que prévu, pourrait-il représenter une opportunité pour François Hollande de peser sur une nouvelle politique monétaire ? Quelles conséquences cela pourrait-il avoir à l'échelle nationale ?

Nicolas Goetzmann : La progressive perte de vitesse de l’économie allemande pourrait avoir un effet salvateur sur le traitement de la crise en zone euro. En effet, si l’ensemble des membres de la zone partageaient un même destin dépressif, il semblerait naturel qu’une solution commune puisse voir le jour. Et pourtant, cela n’est pas évident du tout. Car le contexte politique allemand a plutôt tendance à reporter la faute vers les autres pays, moins vertueux, que sur une quelconque erreur de politique monétaire de la Banque centrale européenne. Voilà pourquoi il est si difficile de pouvoir imaginer une sortie de crise par le haut. Car la stratégie de bouc émissaire fonctionne à plein régime en Europe, mais personne n’a le même.

L’Allemagne et l’austérité pour les uns, la France et ses dépenses publiques pour les autres, tout ceci s’anime dans un débat un peu virtuel ou l’austérité s’impose de toute façon à tous par la force des traités. Car en réalité, la situation allemande de plein emploi ne permet pas d’envisager une forte relance monétaire de la part de la BCE. Car si cela devait arriver, les salaires allemands seraient alors amenés à progresser plus rapidement que ceux des voisins, ce qui endommagerait  cette si précieuse compétitivité du pays. C’est une impossibilité programmatique.

Est ce que François Hollande a tenté de modifier la situation au sein de la zone euro ? Comment ?

Nicolas Goetzmann : Au niveau européen, les 30 premiers mois de François Hollande ont consisté à faire croire qu’il agirait en faveur de « la croissance » en Europe. Tordre le cou à la doctrine de l’austérité, proposer une alternative etc…mais rien n’est jamais arrivé. Et ce vide n’est pas le résultat d’une totale inefficacité politique française à l’échelle européenne, ce vide est le résultat de la politique menée volontairement pas François Hollande.

Aucune action de sa part ne laisse penser qu’il ait pu agir en faveur d’un réel bouleversement de doctrine économique en Europe. Il signe sans broncher le pacte de stabilité, il fait son virage de l’offre, le CICE, le pacte de responsabilité, et quelques petits efforts sur le plan des dépenses publiques. Mais dans l’autre sens, rien, c’est le néant. François Hollande croit bien plus en cette doctrine européenne que ne le laisse penser ses discours.

Cette année 2014 devait être l’année des sommets européens de la croissance et rien ne s’est passé. Dans le monde réel, ces sommets se sont résumés à un déjeuner, sans aucune préparation ou sans aucune proposition. L’Europe de la croissance, pour François Hollande, ce sont des paroles de campagne et non une politique. Il n’y a pas de raison particulière laissant penser que cela puisse changer.

Que traduisent ces actes du Président quant à sa vision de la crise ?

Nicolas Goetzmann : Le simple fait que François Hollande puisse croire que les réformes qu’il mène vont produire des résultats à la hauteur des enjeux est déjà un problème. Et cette absence totale de résultats depuis 30 mois devrait au moins provoquer chez lui une forme de doute sur son diagnostic de crise, et l’amener à comprendre que « quelque chose » ne va manifestement pas.

Et bien non. Il est donc parfaitement clair que l’Elysée est à côté de la plaque concernant un diagnostic qui ne fait pourtant pas grand mystère en cette année 2014. Car depuis que l’inflation s’approche doucement du territoire négatif, c’est la théorie d’une crise déflationniste de la demande qui s’impose, et ce, sans aucune ambiguïté.

Ensuite, Il suffit de regarder ce qu’ont fait les autres pays dans le monde pour s’en sortir. Car une crise de cette nature se traite par la voie de la relance monétaire. Et Partout ailleurs, Etats Unis, Japon, Royaume Uni, c’est le choix qui a été fait et la relance des banques centrales a permis de sortir ces pays de leur torpeur. Par contre en Europe, rien, et elle reste la seule zone encore en difficulté. Donc, nous sommes en présence d’un diagnostic et d’un antidote qui fonctionne en pratique comme cela était prévu dans la théorie. Il ne devrait donc pas y avoir de doutes sur que qui reste à faire à l’échelon européen. Mais non, François Hollande ne voit rien. C’est une forme de sidération, « un anéantissement  des forces vitales ».

 

Une seconde moitié de mandat
consacrée aux réformes sociétales

 

Selon des informations parues dans le Journal du Dimanche, François Hollande considérerait que la première partie de son mandat a suffisamment été consacrée aux problèmes socio-économiques du pays, et qu'il fallait désormais en attendre les effets. Manuel Valls a d'ailleurs récemment mis les chefs d'entreprises dos au mur sur leur rôle dans la résolution du chômage, en leur rappelant à la fois l'engagement du gouvernement pour le "choc de simplification", et surtout le CICE. Quels impacts peut-on en attendre sur l'emploi, ainsi que sur l'économie en France, à court-terme ? 

Nicolas Goetzmann : L’idée selon laquelle les « bonnes » réformes mettent du temps à agir est douteuse en soi. Car une « bonne » réforme doit agir comme un signal pour les entreprises et les acteurs économiques dans leur ensemble, et donc être une source d’optimisme. Et le moins que l’on puisse dire est que le «signal » donné par les réformes de François Hollande ne semble pas beaucoup porter. Car les anticipations de croissance et d’inflation, c’est-à-dire les anticipations de « demande » sont constamment révisées à la baisse, l’effet n’a donc pas lieu.

Le CICE, le pacte de responsabilité, le choc de simplification sont déjà de vieilles réformes. Dont personne n’attend rien. Cette situation est pathétique. Car les réformes dites de l’offre ne sont pas mauvaises par nature, elles sont même plutôt de bonnes réformes. Mais par contre, elles sont totalement inadaptées au mal auquel est confronté le pays aujourd’hui. Face à une crise monétaire qui est une crise de la demande du même type que 1929, les réformettes de l’offre sont sans effet. Si l’on voulait bien prendre la mesure de cette crise, c’est-à-dire en transposant ce qui a été fait aux Etats Unis à l’échelle de la France, le Président devrait proposer un plan de relance monétaire de 400 milliards d’euros, au moins. Ce n’est donc pas le choc de simplification qui va permettre de changer quoi que ce soit à cette situation.

Quelles réformes sociales peut-on attendre de la part du gouvernement, quels indices de ces deux premières années permettent de présager les réformes qui seront considérées pour cette deuxième moitié de mandat ? 

Christophe Bouillaud : Les réformes sociales depuis 2012 (rétablissement de la retraite à 60 ans pour les carrières longues, mise en place progressive d’une obligation de mutuelle dans toutes les entreprises, compte pénibilité pour compenser les exigences accrues pour bénéficier d’une retraite, etc.) constituent au mieux des accommodements qui permettent de rendre moins douloureux la diminution en cours des droits sociaux. Par exemple, pourquoi faut-il que tous les salariés soient couverts par une mutuelle ? Tout simplement parce que les taux de remboursement de la Sécurité Sociale ont baissé depuis un quart de siècle, et que, sans mutuelle, on se trouve désormais très mal remboursé de ses soins de santé courants, au point d’ailleurs que cela risque d’aggraver les maladies à soigner puisqu’on les traite trop tard. La création de la CMU, liée à la fin du plein emploi pour tous, était dans la même logique. Ce n’est pas une avancée sociale au sens ancien du terme (des années 1880 à 1970), c’est  simplement rendre acceptable une situation devenant progressivement inacceptable par ailleurs, sans traiter les choses à la racine.

Il n’y a donc pas de quoi rendre enthousiaste les électeurs – d’autant plus que certaines réformes comme la mutuelle d’entreprise obligatoire ont été en plus polluées par une taxation supplémentaire. De même, on peut imaginer que le gouvernement Valls s’attaque au problème de la dépendance et de son financement, mais cela ne fera pas gagner une voix au PS, parce que, là encore, c’est simplement colmater une brèche dans notre protection sociale liée à un vieillissement mal préparé de la population.

Par ailleurs, il faut rappeler qu’il existe aussi des réformes dites "sociétales", celles qui ont trait à la régulation des mœurs et à leur enregistrement dans le droit positif, qui, en général, ne coûtent rien ou pas grand-chose aux caisses publiques. La plus contestée depuis 2012 est bien sûr le « mariage pour tous ». Vu les protestations qu’a soulevées cette modification de notre droit, il serait étonnant qu’on aille plus loin dans ce domaine. On légiférera peut-être sur l’euthanasie, mais de manière prudente.

 

La méthode : petits pas
plutôt que véritables réformes

 

L'une des promesses de campagne de François Hollande était consacrée à la collegialité dans les décisions. En quoi cette préoccupation liée à la volonté de faire la synthèse du courant libéral à gauche peut-il paralyser la marche des réformes ? Ces dernières pourraient-elles nourrir le mécontentement social ?

Christophe Bouillaud : Les grandes « réformes sociales » ne sont pas à l’agenda du PS actuel. Quant aux réformes « sociétales », je ne vois pas laquelle soulèverait l’enthousiasme des foules. On voit plutôt l’enthousiasme pour un penseur de la réaction contre ces changements des moeurs comme Eric Zemmour, avec son Suicide français. Ne faudrait-il pas aussi constater qu’en 2014, la liberté des mœurs dans la vie privée, au sens légal du terme, pour les simples citoyens se trouve au plus haut ?

Un Français ou une Française de 2014 jouissent de libertés en la matière presque inédites au regard du passé, ou simplement de nombreux pays dans le monde. A Malte, on ne peut toujours pas divorcer, et dans certains pays, l’homosexualité vous vaut de finir au bout d’une corde…  Il reste certes sans doute bien des causes minoritaires à défendre, il faut rappeler que ces libertés inscrites dans les lois ne correspondent pas toujours aux mœurs correspondantes, comme le cas des violences domestiques faites aux femmes le montre, mais la situation en la matière est tout de même bien meilleure qu’en 1950 si l’on valorisé la liberté de chacun dans sa vie privée. En tout cas, le gouvernement aurait tort de donner l’impression qu’il se concentre sur ces « réformes sociétales » faute de savoir s’occuper de ce qui importe prioritairement aux électeurs.

 

L'obstination pour la synthèse politique

 

Les questions sociales, depuis que la ligne libérale sur le plan économique du gouvernement est désormais affirmée, sont désormais les seules à même de démarquer l'ADN politique du PS. Dans quelle mesure celles-ci pourraient-elles permettre de faire oublier les divergences au sein de la gauche, et réaliser la synthèse tant espérée par le Parti socialiste ? 

Christophe Bouillaud : Pour l’instant, même les « frondeurs » du PS ne proposent aucune grande « réforme sociale » au sens fort du terme. Ils veulent simplement rendre moins pénible et injuste la situation. Par exemple, en modulant les allocations familiales en fonction du revenu du ménage, la majorité actuelle a pu sauver des avantages pour les ménages les plus modestes. C’est mieux que rien, mais cela ne fait pas rêver. De fait, une synthèse devra être possible sur cette ligne de la coupe budgétaire « juste », parce qu’en dehors d’elle, se profilent la dissolution et le grand massacre des députés socialistes par les électeurs en colère. Le grand problème de cette ligne de la « justice » dans la coupe, qui revient à dire qu’au lieu de couper les deux bras comme ailleurs en Europe (en Lettonie par exemple, patrie du nouveau Commissaire chargé de surveiller Moscovici), dans notre beau pays, on n’en coupera qu’un et uniquement à ceux qui en ont un de trop, c’est que cela ne peut guère satisfaire les Français qui considèrent, à tort ou à raison, qu’ils soient de gauche ou de droite, que deux bras, c’est un minimum.

Par ailleurs, le gouvernement peut s’essayer à d’autres réformes « sociétales » que le « mariage pour tous », mais y a-t-il une demande en ce sens, même au sein de son propre électorat ? Dans certains Etats des Etats-Unis, les électeurs ont accepté la légalisation des drogues douces. Est-ce qu’en France, on pourrait avoir une telle modification de loi ? Bien sûr que non : faute de débats rationnels sur le sujet, on va en rester au statu quo.

De fait, les Français ne sont vraiment intéressés que par une chose : l’amélioration de la situation de l’emploi et de leur pouvoir d’achat. La vraie réforme sociale d’un gouvernement de gauche serait de battre enfin le chômage, de revenir au plein emploi, mais de cela, il n’est en réalité même plus question à en croire le ministre en charge du dossier, F. Rebsamen. Il s’agit juste de le ramener à un étiage acceptable…

 

Une pratique de la fonction
présidentielle inapropriée

 

En quoi son attitude, consistant à déléguer l'action politique au Premier ministre, en conservant son image de sage qui donne les directions, peut-il l'atteindre dans sa crédibilité vis-à-vis des Français ? Peut-on présager d'un changement à ce niveau ? A quel point cela peut porter atteinte à la fonction présidentiel ?

Christophe Bouillaud : Il ne me semble pas que F. Hollande délègue tant que cela le travail gouvernemental à M. Valls. Il s’est peut-être arrêté de se mêler de tout de manière totalement inadéquate comme lors de l’affaire Leonarda, qui fut une Bérézina de la communication présidentielle. Quant à gagner une image de « sage », à en juger par les sondages, j’ai tout de même quelques doutes que F. Hollande arrive à gagner ce statut.

Certes, avec le recul du temps, quand il aura quitté ses fonctions depuis bien longtemps, probablement, on le lui attribuera comme à tous les anciens politiciens en retraite, mais pas avant. Pour ce qui est de la fonction présidentielle, le mythe est bien trop prégnant en France pour ne pas être ravivé à la prochaine élection présidentielle : tous les prétendants sérieux promettront à leur manière de « ne pas faire comme F. Hollande », et les Français se laisseront encore une fois aller à croire à cette fable d’un Président thaumaturge raconté à sa manière par leur candidat préféré, quitte à être encore une fois amèrement déçus.

L’élection présidentielle au suffrage universel en elle-même produit cet effet d’attente d’un charisme particulier. Nul ne saurait être élu sans y déférer.

Propos recueillis par Alexis Franco

 

 

A lire également, le nouveau livre de Nicolas Goetzmann : Sortir l'Europe de la crise : le modèle japonais, (Atlantico éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.


 

 

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Ganesha
- 06/11/2014 - 22:43
Calcul Mental / Vacances à Cuba
Je suis très mauvais en arithmétique, aussi je m'adresse à tous les lecteurs pour vérification : si chacun des 540 milliardaires chinois donnait seulement un de leurs nombreux milliards aux 300 millions qui sont en détresse avec un dollar par jour, cela ferait un cadeau de 1.500 dollars pour chacun ? Mais, mon centre d'intérêt principal n'est pas les solutions pour les pays en développement. Ce que je trouve totalement inacceptable, ce sont les pays occidentaux où le taux de pauvreté augmente ! Il faudra vraiment que j'aille passer bientôt quelques semaines à visiter Cuba, et je conseille à tous ceux qui utilisent ici en permanence cet exemple, de faire de même !
Benvoyons
- 06/11/2014 - 20:41
Ganesha - 06/11/2014 - 19:53 Il faut te tenir au courant mais
en Chine aujourd'hui et bien il y a 540 milliardaires. En dix ans le libéralisme à réduit de 850 millions les gens qui mangeaient pas à leur faim alors qu'il y a eu une augmentation de 800 millions d'habitants en plus dans le monde pendant la même période. Ce qui est un résultat remarquable. Maintenant il reste bien évidemment encore beaucoup trop de crèves la faim environ 900 millions ce qui est considérable. Mais avec le système socialiste ils ont réussi aussi à réduire le nombre mais cela était en tuant un maximum de personnes. Donc je préfère le libéralisme. Tout système avec nivellement par le bas (Socialisme) et bien produit un maximum de crèves la faim. Regarde le Venezuela et autres Cuba etc. ====== Maintenant merci l'Allemagne va bien et continu a proposer des nouvelles solutions car elle se transforme et ne reste pas dans des dogmes intenables, les deux pieds dans les mêmes sabots comme en France.
Ganesha
- 06/11/2014 - 19:53
Titanic
Cher Benvoyons, pour une fois, je vais vous faire une réponse gentille, ou du moins, que j'espère drôle : vous nous faites ici la promotion des brillants résultats du Libéralisme : je cite ci-dessus la situation de l'Espagne... Vous tenez-vous au courant de l'évolution de l'Allemagne? Un chiffre ''capital pour comprendre le Capitalisme'', c'est le taux de pauvreté : le chômage baisse aux USA, mais les inégalités augmentent fortement. La Chine ralentit un peu actuellement, mais a connu un extraordinaire développement grâce au Capital-Libéralisme : il y a désormais 300 milliardaires dans ce pays, mais aussi 300 millions de gens (un tiers de la population) qui vivent avec un euro par jour. Évidemment, vous me répondrez qu'en accentuant le mouvement, ils vont s'en sortir. Ce qui est merveilleux avec vous, c'est que si vous aviez été musicien sur le Titanic, vous auriez joué ''Plus près de toi mon Dieu'' avec beaucoup d'enthousiasme !