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Manuel Valls est en chute libre dans les sondages.
Du plomb dans l'aile

Et paf, Valls Premier ministre le plus impopulaire après 6 mois à Matignon : la preuve que personne ne peut résister au pouvoir négatif de François Hollande ?

Publié le 03 octobre 2014
Les six mois passés par Manuel Valls à Matignon auront été marqués par une forte dégradation de sa cote de popularité. L'été 2014, notamment, n'a pas été très radieux pour le Premier ministre, qui s'est laissé entraîner par un président de la République lui aussi historiquement impopulaire.
Frédéric Dabi est directeur général adjoint de l'Ifop et directeur du pôle Opinion et Stratégies d’entreprise.
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Les six mois passés par Manuel Valls à Matignon auront été marqués par une forte dégradation de sa cote de popularité. L'été 2014, notamment, n'a pas été très radieux pour le Premier ministre, qui s'est laissé entraîner par un président de la République lui aussi historiquement impopulaire.

Atlantico : Depuis qu’il a été nommé à Matignon en avril dernier, Manuel Valls est en chute libre dans les sondages, même si sa chute a été atténuée en septembre. Que constate-t-on dans l’analyse de la cote de confiance du Premier ministre ? Comment expliquer qu'il ait perdu une quinzaine de points aussi rapidement, en seulement six mois ?

Frédéric Dabi : Il y a trois moments au niveau de la cote de popularité de Manuel Valls : d’abord une sorte d’état de grâce d’avril à fin mai. Avec 58 % quand il arrive à Matignon, il est alors à 40 points de plus que François Hollande dans le baromètre Ifop pour le JDD. Sa caractéristique à cette époque, c’est qu’il obtient la bienveillance des sympathisants de droite et du centre. De ce point de vu-là, c’est l’anti François Hollande et l’anti Jean-Marc Ayrault.

Puis il y a un moment très net de chute entre juin et août où il perd 20 points de cote de popularité : 5 points en juin, 6 en juillet 9 en août. Elle s’aligne sur celle de François Hollande, et il perd beaucoup auprès des sympathisants de droite et du centre. On lui adresse alors des critiques qu’on ne faisait qu’à François Hollande. Il y a à ce moment-là une sorte d’homogénéité des critiques formulées contre Manuel Valls et François Hollande : absence de résultat, inaction, le fait que les choses n’avancent pas… Les Français perçoivent un décalage entre les paroles et actes, et on observe une sorte d’espoir déçu.

Néanmoins en septembre, qui est pourtant un mois traditionnellement difficile pour les politiques, Manuel Valls a freiné fortement la chute. Il recule seulement d’un point et a bien négocié ce mois de septembre. Dans la partie qualitative le reproche d’inaction s’atténue progressivement car Manuel Valls a capitalisé sur ses atouts, c’est-à-dire son autorité, son volontarisme et sa fermeté. Les départs du gouvernement de Benoit Hamon, Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti lui ont servi. Le Premier ministre a désormais stabilisé la situation mais il reste minoritaire dans l’opinion publique et a beaucoup perdu de points chez les écologistes. Il est toutefois majoritaire au PS, au MoDem et presque à l’UDI et même à 35 % chez les sympathisants UMP.

Une telle perte de popularité d’un Premier ministre en six mois a-t-elle déjà été observée ?

Alain Juppé avait perdu énormément entre juin et décembre 1995, plus de 30 points. Comme Michel Rocard, Edith Cresson a perdu plus de 20 points mais beaucoup de Français ne la connaissaient pas. Dominique de Villepin a surtout perdu lors de l’épisode du CPE. La différence, c’est que jamais la crise n’a été aussi forte actuellement.

Alors que 62 % des Français souhaitent le départ de François Hollande selon une étude de l’Ifop pour le Figaro Magazine et que la cote de popularité du président oscille entre 10 et 15 %, en quoi peut-on dire que François Hollande entraîne Manuel Valls dans sa chute ?

Déjà, rappelons que 40 points d’écart entre un président et un Premier ministre comme c’était le cas en avril dernier, ça ne s’était jamais vu. Le risque pour Manuel Valls c’est que son action soit uniquement vue avec un prisme économique et social et que cela détermine le jugement des Français à son égard. Pour lui le danger c’est d’être jugé sur les mêmes critères que François Hollande. On peut aussi dire que c’est moins François Hollande en tant que tel que l’homogénéité des jugements sur les deux têtes de l’exécutif et l’impopularité structurelle de François Hollande qui finissent par miner celle de Manuel Valls.

Plus politiquement, François Hollande ne se sert-il pas de Manuel Valls comme fusible alors que le poste de Premier ministre est souvent utilisé par le président pour débrancher politiquement un potentiel adversaire politique pour la prochaine présidentielle ?

Certains Premiers ministres étaient populaires comme Dominique de Villepin sous Jacques Chirac avant le CPE. Autre exemple, la focalisation des critiques sous Nicolas Sarkozy protégeait François Fillon. Il y a d’un côté des Premiers ministres fusibles et de l’autre des présidents paratonnerre. Le danger pour Manuel Valls c que le paratonnerre François Hollande parte.

Quand on examine les faits on ne peut pas dire que François hollande se protège beaucoup derrière Manuel Valls. L’Elysée n’a pas mis en œuvre la doctrine sur la rareté de la parole présidentielle de Jacques Pilhan. On a vu cet été un François Hollande qui a énormément parlé : sur l‘Ile de Sein, dans Le Monde…

 

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Pourquoi-pas31
- 03/10/2014 - 13:12
F Hollande et JM Hérault ont usé leurs fonds
de culotte côté à côté sur les bancs de l'assemblé pendant de nombreuses années. On n'aurait pas pu dire qui était le __ et qui était la chemise. Hérault a été débarqué car il faisait du Hollande (cap louvoyant). On attendait de M Valls qu'il se démarque de ce cap sinusoïdal. Mais au contraire, il a insisté en affirmant haut et fort qu'il maintenait la route aléatoire et zigzagante de son Moi President. On aurait pu le penser suffisamment intelligent pour ne pas se mettre ce genre de boulet au pied, mais non. Très décevant ce petit seigneur qui hésite entre le réalisme et l'idéologie absconse du PS.
assougoudrel
- 03/10/2014 - 11:39
Les français n'on jamais cru
en Valls, mais les journalistes, voyant que le gros nain était grillé, ont voulu, à coups de sondages bidons, faire croire qu'il était le candidat idéal pour 2017.
lexxis
- 03/10/2014 - 09:12
LE TROU NOIR
"Moi,Président, je" a véritablement un don pour abimer tout ce qui l'approche. Politiquement, depuis son élection, c'est un véritable trou noir.Les alchimistes n'ont pas trouvé le moyen de transformer le plomb en or, mais lui il transforme depuis 30 mois déjà et sans aucune difficulté l'or en plomb. Le problème , c'est que le pays commence à manquer d'or!