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Maigrir et survivre

Les riches font du sport, les pauvres prennent des compléments minceur : petite sociologie du régime

Publié le 03 septembre 2014
La manière de perdre du poids n'est pas la même selon les catégories sociales. En fonction du revenu, on se penchera plus vers le sport ou les pilules. Car à travers l'alimentation, se sont les inégalités les plus flagrantes de notre société qui se révèlent.
Le Dr Jean-Michel Cohen, bien connu du grand public est médecin nutritionniste. Il propose à tous l’apprentissage d’une hygiène de vie et d’une alimentation nouvelle qui laisse une grande place au plaisir. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le...
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Le Dr Jean-Michel Cohen, bien connu du grand public est médecin nutritionniste. Il propose à tous l’apprentissage d’une hygiène de vie et d’une alimentation nouvelle qui laisse une grande place au plaisir. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le...
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La manière de perdre du poids n'est pas la même selon les catégories sociales. En fonction du revenu, on se penchera plus vers le sport ou les pilules. Car à travers l'alimentation, se sont les inégalités les plus flagrantes de notre société qui se révèlent.

Atlantico : Selon les catégories sociales, peut-on constater des différences de méthode pour maigrir ? Pourquoi ?

Jean-Michel Cohen : On constate en effet des différences, et pas des moindres. Pour maigrir, les personnes ayant un revenu relativement élevé auront plus tendance à faire du sport, contrairement aux personnes qui ont des revenus moins élevés qui, elles, se tourneront plus vers des méthodes " miracles " comme les pilules amincissantes.

Cela peut notamment s’expliquer par une différence de sensibilisation. Les personnes au revenu élevé seront moins sensibles aux techniques de " charlatans ", notamment du fait d’une meilleure éducation. Elles savent ce qui est réellement bon pour elles. Les personnes au revenu moins élevé sont souvent tentées d’avoir recours à une méthode " magique " en imaginant qu’il s’agit de LA solution la plus simple pour maigrir et/ou arriver à gérer son poids et sa silhouette. D’autant plus que ces méthodes sont proportionnellement plus faciles d’accès, du fait d’un prix relativement bas et du fait qu’elles soient conçues par des personnes qui pensent que prendre un peu d’argent à beaucoup de gens rapportent bien plus que l’inverse.

Il y a donc une approche réellement différente au régime et au sport selon le revenu ? Quelles en sont les raisons ?

Bien sûr ! Les personnes ayant un revenu élevé ont un souci plus aigu de leur silhouette et de leur santé. Et ce, probablement parce qu’elles ont été plus sensibilisées à des thèmes médicaux centrés autour de leur bien-être. Par ailleurs, elles ont généralement plus de temps à consacrer à ces problématiques.

Concernant les personnes ayant un plus faible revenu, elles ont pour priorité de se nourrir et d’avoir suffisamment à manger. Plus généralement, elles ont des préoccupations matérielles que les personnes à hauts revenus ne connaissent pas la plupart du temps et ont souvent moins accès à la connaissance nutritionnelle qui se distribue soit à travers les informations – qu’il faut avoir le temps de lire, soit lors de consultations médicales, ou bien à travers des livres, des conférences, etc.

Il y a donc une inégalité claire dans l’approche nutritionnelle selon les catégories sociales. Il s’agit d’un phénomène qui est connu mais dont on a honte de parler.

Pour autant, comparées à une paire de chaussures de sport, les pilules pourraient paraître moins avantageuses…

Au contraire, ces pilules sont assez peu chères, tandis que s’inscrire dans une salle de sport aujourd’hui est un acte coûteux, qui pèse sur le budget d’une famille. Même s’il existe des salles proposant des prix raisonnables, elles valent tout de même un minimum de 300 € par an. De plus, le problème du temps persiste : il faut trouver des plages horaires pour y aller. Quant aux pilules, les vendeurs surfent sur cette vague en proposant des pilules à des prix très abordables.

Ces différences ne sont-elles pas finalement que le prolongement de différences alimentaires notoires entre les différentes catégories sociales ?

En plus, effectivement ! Par exemple, le bio est une des premières démarches pour s’occuper de soi, même s’il n’est pas intéressant pour la perte de poids. Cette manière de manger n’est même pas pensable pour des personnes ayant un petit budget étant donné qu’il coûte entre une fois et une fois et demi plus cher que la moyenne. De plus, les aliments dits diététiques sont souvent beaucoup plus chers que les aliments dits non ou moins diététiques. Enfin, lorsque l’on équilibre un budget, on l’équilibre en fonction de ce que l’on peut acheter, non pas de ce que l’on veut acheter. Ce qui signifie que les moins privilégiés vont avoir pour priorité de se nourrir et d’étudier de très près leur budget.

L’alimentation est de toute façon une des inégalités les plus flagrantes de notre société et dont on parle peu ou prou. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Commentaires (4)
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daerlnaxe
- 04/09/2014 - 07:30
yeneralobregone
d'abord il n'est nul besoin d'un vélo pour perdre du poids, on peut courir ou aller à la piscine municipale. Ensuite un vtt à 300 e est très bien tant qu'on ne dépasse pas les 90kilos, je vous rassure ca "pédale" très bien et on trouve des vtt très bien équipés avec un cadre un peu en bois chez une célèbre marque de sport.

Ensuite pour avoir un jardin il faut.. un jardin.. vous avez du rater un épisode, un pauvre a rarement une villa. ensuite il faut le climat qui va avec ou a défaut les compétences, vivant à Marseille, tout crame il faut de bonnes connaissances pour faire des récoltes, même les plans de tomates meurent facilement !

Les pauvres sont surtout comme le dit l'article malheureusement trop portés vers la malbouffe, plus réactifs à la publicité. Après il n'y a pas besoin de manger bio, c'est mieux, mais c'est ps ca fait grossir ou maigrir à moins à court terme, à long terme il est vrai qu'on peut trouver des perturbateurs endocriniens mais l'usage de plastiques dans ls emballages bio de produits manufacturés peut en faire autant.
yeneralobregone
- 03/09/2014 - 21:03
pour maigrir
il faut un vélo, et du temps. un vélo qui va réellement pédaler, vaut 1000 euro. quand au temps, les français n'en on jamais eu autant, ils devraient donc n'avoir jamais été aussi mince ? hors, c'est le contraire, ils n'ont jamais été aussi gros ! l'alimentation est une cause importante. la bouffe pour pauvre, la mal bouffe, ou la sale bouffe, fait grossir, c'est indéniable... quand aux pauvres, s'ils n'ont pas les capacités financière pour se payer du bio, ils ont la plupart du temps, le temps de se faire un jardin, c'est à dire d'avoir du bio pour pas cher, mais ils sont trop fainéant ... au vietnam, la plupart des gens ont l'habitude de jardiner, et il n'y a que peut de gros, alors qu'il y a également peu de sportif, car dans les sociétés encore trés besogneuse, faire du sport peut-etre mal vu, ou les gens n'ont pas le temps ... le mittrandisme, c'est tirer les gens vers le bas, alors que les dirigeants devraient etre la pour montrer l'exemple et tirer le peuple vers le haut.
jean-christophe Vergé
- 03/09/2014 - 16:08
explications exactes mais tres partielles
Manger bio coute cher c'est certain, sans effet donc sur le poids. En revanche consommer des legumes et des fruits revient moins cher que de se gaver de pizzas, Cocas et autres hamburgers. Arriver à se nourrir ? on n'est plus dans Zola ! meme si les Restos du coeur font hélas recette . Etre pauvre aujourdhui en France ce n'est pas travailler 15h par jour. C'est plutot etre chomeur (se) ou à temps partiel subi (cf Insee) . Autant dire que ce n'est pas le temps qui manque mais plutot l'envie ou le courage de faire du sport. C'est certainement plus compliqué pour les femmes seules ou non en charge de famille. L'obésité est un fort marqueur social dont les causes sont moins économiques que culturelles. L es chomeurs sont parmi les plus gros fumeurs. On le comprend bien pour tromper l'ennui et oublier le désespoir: mais au prix du tabac -2 paquets par jour= 300 €/mois !- est ce bien judicieux ? Baskets, corde à sauter ou haltères, sans compter pompes et autres flexions,ne demandent qu'un investissement limité. Vive les salles de sport associatives pour donner à chacun l'emulation nécessaire pour sortir de la spirale infernale du surpoids. ! Bon, sur ce, je vais courir ;-)