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Chute de Khadafi : victoire posthume des néoconservateurs ?
Publié le 25 août 2011
La défaite sans doute imminente de Khadafi marque un succès pour l'Occident. Mais au-delà de la satisfaction des pays membres de l'OTAN, cette victoire est aussi une victoire idéologique pour les néoconservateurs proches de George W. Bush...
François-Bernard Huyghe est directeur de recherches à l’Iris. ...
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La défaite sans doute imminente de Khadafi marque un succès pour l'Occident. Mais au-delà de la satisfaction des pays membres de l'OTAN, cette victoire est aussi une victoire idéologique pour les néoconservateurs proches de George W. Bush...

Au moment où nous écrivons, et sauf incroyable coup de théâtre, la chute du régime de Kadhafi semble assurée. Même si c'est avec retard sur nos impatiences politiques ou médiatiques (l'affaire dure depuis février contre toute probabilité annoncée)...  Peu de gens regretteront l'ubuesque inventeur de la "Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire socialiste", responsable des bombes de Lockerbie en 1988 et de celles du vol UTA en 1989, absout pourtant il y a cinq ans au prix de son renoncement au nucléaire.

"On" a gagné ! Mais qui est donc ce fameux "on" ?

Donc "on" a gagné ! Qui "on" ? Sarkozy, Juppé et Longuet ? BHL et les partisans de l'ingérence humanitaire ? L'irrésistible démocratisation du monde arabe dont on voit déjà les ratés en Égypte ? Le Transitional National Council reconnu par 30 pays et dont on n'a identifié ni tous les membres, ni toutes les divisions, ni tous les couteaux dans le dos ? Quels rebelles, quelles tendances, quelles tribus, quelle région ? Quels anciens du régime, quels partis en exil ? La boîte de Pandore est ouverte.

En 2001, le régime des talibans s'effondrait (lui, en quelques jours) sous les coups de l'Alliance du Nord au sol et de l'aviation de l'Otan. Sous les applaudissements du monde entier. Avec le résultat que l'on sait aujourd'hui. On comprend que les enthousiasmes soient devenus plus discrets en 2011.

Que faire ? Laisser le chaos s'installer ? Intervenir au sol - promis, juré, c'est tout à fait provisoire - pour faire du "Nation Building " ou du "Peace Building", ce que seuls les mauvais esprits confondent avec une occupation militaire ? Ne pas s'ingérer dans un pays dont les réserves pétrolières n'égalent que le potentiel de chaos pour la région ? Qui va le croire sérieusement ? Quelqu'un doit répondre à la question du "jour d'après" et il s'appelle Barack Obama. Car, qu'on le veuille ou non, il décidera pour la coalition même s'il l'a rejointe en traînant les pieds pour d'évidentes raisons d'agenda AFPAK (Afghanistan et Pakistan).

Le paradoxe néoconservateur

En 2001, l'invasion de l'Afghanistan répondait à un projet idéologique bien précis, celui des néoconservateurs derrière G.W. Bush. Et à leurs principes clairs :

  • Ne laisser en aucun cas les États-Unis apparaître comme un tigre en papier, ne pas hésiter à montrer sa force au service de ses valeurs et de ses intérêts.
  • Faire la chasse aux trois T : terroristes, tyrans, et trafiquants d'armes de destruction massive.
  • Cesser de soutenir les dictateurs même réputés pro-américains au nom du réalisme.
  • Accompagner, si besoin par l'intervention armée, l'irrésistible "tsunami démocratique" qui n'allait pas manquer de secouer le monde arabe.


En 2011, la politique étrangère d'Obama - interventionnisme, prolongation des guerres "démocratiques", renforcement de la présence militaire en Afghanistan pour une contre-insurrection (avant d'annoncer un retrait partiel), chasse aux terroristes y compris par assassinat ciblé, drones sur le Pakistan, soutien (même tardif) aux mouvements contre les autocrates arabes - n'a pas fait que du chagrin aux néocons. À tel point que l'on parle outre-Atlantique du "tropisme néoconservateur" de l'occupant de la Maison Blanche (et a fortiori d'Hillary Clinton). Nous allons en mesurer le poids dans les jours qui viennent. Sans doute embarrassés par une victoire sans père putatif, les USA doivent faire des choix. Qu'ont-ils appris en dix ans ?

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Oui, il y a “des gens en situation de pauvreté qui déconnent”. Mais voilà pourquoi la question et la solution sont largement ailleurs
Commentaires (7)
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A2lbd
- 25/08/2011 - 13:23
Oui mais non
il y a eu aussi la publication par wikileaks des correspondances des ambassades US. Les peuples ont pu alors se rendre compte que contrairement à la version officielle, leurs dirigeants mangeaient à la table des USA.
Et puis l'hêritage des néo cons c'est aussi le déficit abyssale plombé par des opértions militaires mal préparées, le renforcement militaire du Pakistan qui un jour va péter.
luc.b
- 25/08/2011 - 12:30
Goerge Bush soutenait les dictatures amies.
Le senateur Mark Steven Kirk soutenait que Ben Ali était un démocrate. Dick Cheney a regrété la chute de Moubarak. George Bush soutenait le régime de Bahrein où la répression a fait 75 morts. George Bush soutenait Pervez Musharraf, responsable de 2 coup d'état au Pakistan. Enfin George Bush souteanit l'occupation du Sahara occidental, où la répréssion a fait au moins morts 17 morts en 2010.
L'Impertinent
- 24/08/2011 - 22:33
L'article a raison
Voilà un article fort pertinent, à lire en conjonction avec un autre papier paru dans Atlantico: "Les Américains ne sont plus les gendarmes du monde", lequel article sort également à la défense des néocons.