En direct
Best of
Best Of
En direct
© Reuters
Les banques proposent des produits à leurs clients tout en sachant que ces derniers y perdront.
Double jeu
Cette proportion incroyable de produits financiers que les banques construisent contre les intérêts de leurs clients
Publié le 30 juin 2014
JP Morgan, Goldman Sachs et aujourd'hui Barclays : aucune banque n'échappe au scandale dans ses activités financières. Elles en viennent à proposer des produits à leurs clients tout en sachant que ces derniers y perdront. Petit tour d'horizon des techniques existantes.
François Leclerc est chroniqueur de "L'actualité de demain" sur le blog de Paul Jorion ainsi que dans La Tribune.Il est également l'auteur de "Fukushima, la fatalité nucléaire", aux éditions "Osez la République sociale!".Le suivre sur Twitter.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
François Leclerc
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
François Leclerc est chroniqueur de "L'actualité de demain" sur le blog de Paul Jorion ainsi que dans La Tribune.Il est également l'auteur de "Fukushima, la fatalité nucléaire", aux éditions "Osez la République sociale!".Le suivre sur Twitter.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
JP Morgan, Goldman Sachs et aujourd'hui Barclays : aucune banque n'échappe au scandale dans ses activités financières. Elles en viennent à proposer des produits à leurs clients tout en sachant que ces derniers y perdront. Petit tour d'horizon des techniques existantes.

Atlantico : Un ancien trader de Goldman Sachs s’est plaint de s’être vu réduire ses bonus par sa direction au motif qu’il aurait critiqué par écrit les lucratives positions de la banque sur les produits de couverture sur crédits hypothécaires (voir ici). Peut-on rappeler le principe de ce procédé qui a tant affecté l'économie mondial ?

François Leclerc : La titration massive par les banques américaines de paquets de prêts hypothécaires incluant des prêts "supprimes" a été l’instrument de propagation de la crise à ses débuts. Ces produits dérivés ont disséminé les énormes pertes qu’ils ont fait subir à ceux qui les ont achetés - notamment dans le système bancaire européen - alors qu’ils étaient censés supprimer le risque en le "diluant". Ce dernier était par contre bien évacué du bilan des émetteurs...

Les banques américaines, notamment JPMorgan qui a été particulièrement active sur ce marché, ont payé d’importantes amendes (13 milliards de dollars dans son cas) pour avoir été convaincues d’avoir vendu ces titres en toute connaissance de leurs risques mais sans informer leurs clients. Dans le cas de Goldman Sachs, la Securities and Exchange Commission (SEC) a déposé plainte pour avoir poussé ses clients à investir dans ces titres alors que simultanément elle pariait elle-même sur leur effondrement, associant clairvoyance dans la défense de ses intérêts et duplicité vis à vis de ses clients, portant le conflit d’intérêt au plus au niveau.

Le ministre de la Justice de l’État de New York, Eric Schneiderman, a récemment décidé de poursuivre en justice la banque britannique Barclays pour des manquements dans la gestion de son "dark pool", Barclays LX, une plateforme d’échanges de titres. L’établissement aurait caché à ses clients l’importance prise par le trading haute fréquence. Qu’en est-il exactement ?

Au nombre d’une cinquantaine, les dark pools poussent désormais comme des champignons en dehors de toute régulation, souvent à l’initiative des grandes banques agissant à l’intention de leurs gros clients. A l’origine, elles avaient pour objectif de protéger leurs transactions des regards indiscrets, notamment de spéculateurs pouvant intervenir à leur détriment durant celles-ci, notamment des opérateurs de trading à haute fréquence : une transaction n’y est connue que lorsqu’elle est réalisée. C’est tout le contraire que Barclays est supposé avoir fait, au détriment des clients de sa dark pool, en admettant en son sein de tels intervenants spécialisés, qui plus est sans les prévenir : elle a fait en quelque sorte entrer le renard dans le poulailler. 

Quels autres exemples de produits financiers construits par les banques contre les intérêts de leurs clients méritent d’être relevés ?

Si de très nombreuses affaires de cette nature sont apparues aux États-Unis, c’est notamment en raison de la détermination nouvelles des autorités régulatrices et judiciaires. L’Europe, pourtant, n’est pas épargnée par de tels agissements. La Deutsche Bank a par exemple fait face à de nombreux contentieux et a déjà été condamnée en 2011 par le tribunal de Karlsruhe pour avoir joué contre les intérêts de l’un de ses clients. La banque avait engagé celui-ci à procéder à un swap de taux, en échangeant des crédits à long terme contre des crédits à court terme, en spéculant sur des taux d'intérêt plus bas à court terme. En assurant la vente de ces titres, la Deutsche faisait mécaniquement le pari inverse de son client : elle gagnait de l'argent quand il en perdait. Ce qui survint à l’époque lorsque les taux d'intérêt se sont relevés.

Comment expliquer que ces pratiques soient si courantes ? La responsabilité revient-elle uniquement aux banques, où leur a-t-on facilité les choses également ? Quel rôle les pouvoirs publics ont-ils pu jouer ?

Cette vaste question mérite d’abord une réponse lapidaire : c’est au casino que l’on rencontre le plus de tricheurs ! Les révélations sur les malversations de toutes natures des banques sont devenues monnaie courante, si je puis dire. Elles ne se résument pas à ces pratiques mais concernent également des manipulations - avérées ou encore présumées à ce stade des enquêtes - du Libor et de sa famille de taux, sur le Forex, sur le marché de l’or et en général des matières premières. La litanie de leur découverte alimentant le sentiment qu’elles n’étaient pas exceptionnelles, mais entrées dans les mœurs. La quasi totalité des plus grandes banques américaines et européennes sont impliquées et, pour certaines d’entre elles, déjà condamnées à de lourdes amendes. L’attitude des pouvoirs publics a longtemps consisté à diriger leur regard ailleurs, dans un contexte de dérégulation qui a tourné au laissez-faire. L’idée, qui prédomine encore, est que ce qui est bon pour les banques l’est pour l’économie, ce qui est pour le moins déconcertant étant donné ce qui s’est passé ! 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Charlotte Casiraghi & Dimitri se marient (enfin) Charlotte Gainsbourg (enfin) heureuse; Justin Bieber & Hailey Baldwin n'ont pas consommé leur mariage; David Hallyday & Laura Smet ne se quittent plus, les princes William & Harry ne se kiffent plus
02.
Cette bombe politique qui se cache dans les sondages sur la remontée de LREM et l’essoufflement des Gilets jaunes
03.
Au tableau : Christophe Castaner mal à l’aise après une question d’un élève
04.
Auto-positionnement politique des Français : le sondage qui montre l’ampleur de la crise existentielle vécue par la droite
05.
5 indicateurs de la (faible) culture démocratique du gouvernement
06.
Eglises profanées en France : mais pourquoi le pape se tait-il ?
07.
Assurance chômage, santé, retraite : l’agonie des systèmes paritaires de protection sociale s’accélère...
01.
Cette bombe politique qui se cache dans les sondages sur la remontée de LREM et l’essoufflement des Gilets jaunes
02.
Statistiques du ministère de l’intérieur : Christophe Castaner ou l’imagination au pouvoir
03.
5 indicateurs de la (faible) culture démocratique du gouvernement
04.
Etat providence, immigration et Gilets jaunes : l’étude américaine explosive qui révèle la nature du dilemme politique français
05.
Charlotte Casiraghi & Dimitri se marient (enfin) Charlotte Gainsbourg (enfin) heureuse; Justin Bieber & Hailey Baldwin n'ont pas consommé leur mariage; David Hallyday & Laura Smet ne se quittent plus, les princes William & Harry ne se kiffent plus
06.
Le mystérieux contrat de 7,2 millions d'euros décroché par Alexandre Benalla
01.
Agression contre Finkielkraut : certains Gilets jaunes voudraient que les Juifs portent l'étoile jaune
02.
Auto-positionnement politique des Français : le sondage qui montre l’ampleur de la crise existentielle vécue par la droite
03.
5 indicateurs de la (faible) culture démocratique du gouvernement
04.
Ces lourdes erreurs politiques qui fragilisent la lutte contre l’antisémitisme
05.
Antisémitisme: voilà pourquoi je n'irai pas manifester le 19 février
06.
Pour Marlène Schiappa, il y a "une convergence idéologique" entre "la Manif pour tous et les terroristes islamistes"
Commentaires (4)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pig
- 01/07/2014 - 10:14
Mon adversaire c'est la finance
J'adorerais avoir pour adversaire Hollande : il défend la BNP contre le temple du capitalisme (les Etats-Unis), grâce auxquels, au surplus, des milliards reviennent de Suisse en France. Il n'y est pour rien ! Il pourrait réfléchir tout de même à infliger quelques amendes à milliards par ci par là lui aussi, en cherchant un peu il trouverait de quoi.
Paoli
- 30/06/2014 - 13:38
Une bonne question pour une reponse trop approximative
Cet article eut ete revelateur si seulement il avait fait mention de produits financiers vendus EN FRANCE. La il mentionne des exemples amerciains, dont tt le monde connait depuis longtemps l'existence - ou Allemand. Rien sur ceux en FRANCE. On peu toujours cite des categories de produits sans les citer eux meme, pour eviter d'eventuelles poursuites. C'est dommage, cela aurait pu etre instructif.
chrisbord
- 30/06/2014 - 10:23
Ah ! Bon
Alors ce n'est pas pour rien que les banquiers affichent des bénéfices faramineux alors que la situation financière du pays est catastrophique et que la dette augmente encore. Voilà un bon moyen de la réduire. Mrs les banquiers, un bon geste alors ?