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 On estime à 10,5 milliards de dollars le budget de la NSA.
Ma NS-Anne, ne vois-tu rien venir ?
Ni Irak, ni Crimée, ni Bruxelles… et si le premier gisement d’économies de dépenses publiques était le budget d’agences de renseignement et de surveillance électronique très très myopes ?
Publié le 17 juin 2014
Il y un peu plus d'un an, Edward Snowden mettait en évidence l'ampleur des moyens déployés par la NSA pour surveiller le moindre quidam sur cette planète. On s'est ensuite aperçu que les États-Unis n'étaient pas les seuls à entretenir des services de surveillance conséquents, pour une rentabilité qui n'est pas toujours prouvée.
François-Bernard Huyghe est directeur de recherches à l’Iris. ...
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Quentin Michaud est journaliste spécialisé dans les questions de défense et de stratégie. Il a été formé à l'Ecole de guerre économique.
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Il y un peu plus d'un an, Edward Snowden mettait en évidence l'ampleur des moyens déployés par la NSA pour surveiller le moindre quidam sur cette planète. On s'est ensuite aperçu que les États-Unis n'étaient pas les seuls à entretenir des services de surveillance conséquents, pour une rentabilité qui n'est pas toujours prouvée.

Atlantico : Quels budgets sont consacrés en France à l'espionnage et à la surveillance, notamment électronique ? Comment ont-ils évolués ces dernières années, en absolu et relativement aux autres postes de dépenses ? Quel budget y consacrent, en comparaison, les Etats-Unis ?

François-Bernard Huyghe: Ces chiffres sont secrets, ce qui est sûr c'est que le budget accordé aux services français est bien moindre que celui des Américains. On estime a 10,5 milliards de dollars le budget de la NSA, alors qu'il n'est en France que de quelques millions.

Quentin Michaud : Les budgets sont difficiles à évaluer car classés secret défense. Cependant, nous pouvons nous faire une idée grâce aux effectifs. La DGSE (direction générale de la sécurité extérieure) compte 5 000 employés, 600 d'entre eux ont été recrutés aux postes techniques depuis 2008, ce qui montre une augmentation du recrutement et donc des moyens. Le livre blanc, qui est la doctrine de la défense, réédité tous les 4 à 5 ans, confirme cette augmentation. Ces moyens restent tout de même bien inférieurs à ceux des Etats-Unis, la NSA (l'agence nationale de sécurité) employant environ 50 000 personnes, ce chiffre n'incluant pas le personnel des sociétés privées qui travaillent pour l'agence. Mais la France fait tout de même partie du carré des pays qui disposent des meilleurs moyens techniques, en termes de cyber-espionnage, du monde.

Que financent concrètement ces budgets ?

François-Bernard Huyghe: En France, on passe de plus en plus par des interceptions électroniques, tout simplement parce que les personnes surveillées, espions ou figures du grand banditisme, sont comme vous et moi : ils utilisent des smartphones, se connectent à internet et développent leurs liens avec l'étranger. L'argent est consacré à  leur surveillance, à la collecte d'informations, à savoir qui ils sont, ou ils sont, avec qui ils entretiennent des liens.

Quentin Michaud : En ce qui concerne les services français, ce sont surtout les logiciels, le matériel comme des supercalculateurs par exemple qui permettent de trier et de traiter des masses importantes de données. Ces outils permettent aussi de réaliser des interceptions de données qui transitent par des satellites ou des câbles sous-marins. Suite à l'affaire Snowden nous sommes sûrs qu'une partie de cet argent est consacrée à des programmes de surveillance permettant de recueillir des données en grande quantité. De plus, l'argent alloué à ces services les rend capables de déployer des actions ponctuelles à l'étranger de même qualité que les actions lancées en France. Il paraît pourtant difficile d'évaluer l'importance de ces moyens budgétaires puisque en termes d'espionnage, les pays coopèrent et échangent des informations.

Quel bilan en termes d'efficacité peut-on dégager des investissements alloués à l'espionnage et à la surveillance ? Quels résultats ont été obtenus en termes de lutte contre le terrorisme ? Quelles sont les principales réussites et les principaux échecs ? 

François-Bernard Huyghe : La France est un pays mondialement reconnu pour la qualité de ses services de renseignements, elle a arrêté de nombreuses opérations.

Quentin Michaud : C'est un  bilan positif : la France est une des grandes puissances concernant l'espionnage et en particulier l'espionnage électronique. Nous avons des moyens techniques qui permettent d'orienter les positions des politiques : en 2003 la DRM a eu les moyens d'affirmer que Saddam Hussein n'utilisait pas d'armes de destruction massive, la France s'est ainsi différenciée des Etats-Unis qui ont choisi d'intervenir en Irak. Si nous avions ces moyens à l'époque, nous les avons toujours et ils se sont développés. Quant aux résultats positifs ou négatifs, il est difficile d'en parler, la plupart du temps nous ne les connaissons pas tous, certains ont été révélés par les médias, d'autres sont restés secrets. Dans la plupart des cas, les services de renseignements permettent d'évaluer les risques, c'est ce qui leur est demandé. Si la France est intervenue au Mali c'est avec l'appui des services secrets qui ont évalué le risque terroriste et qui ont détruit la menace djihadiste même si le terrorisme n'a pas disparu. "

Comment expliquer les principaux revers ? Manque-t-on de données ou d'outils et de personnel pour les traiter ? Comment l'ennemi s'est-il adapté aux nouvelles technologies de surveillance ?

Quentin Michaud : Les échecs restent majoritairement inconnus. Il apparaît difficile de tirer une vérité générale. Chaque situation a sa propre spécificité. Quant au personnel, des analystes, des personnes capables de décrypter les messages codés, des personnes parlant des dialectes locaux étrangers ont été recrutées pour diversifier le personnel disponible. Seulement, oui, l'ennemi s'adapte. Par exemple lors de l'opération Serval, des terroristes n'ont jamais utilisé de téléphones portables, car ils sont traçables, livrent beaucoup d'informations, les conversations peuvent être écoutées et même les téléphones cryptés peuvent être décryptés. Ils réussissent à se fondre dans la masse soit en n'utilisant aucun téléphone soit en en ayant plusieurs. Ils retirent les batteries quand ils ne s'en servent pas, de cette manière ils ne sont pas localisables. Même chose avec les mails, certains d'entre eux ne les utilisent pas, ils éveilleront l'attention. Ils ont d'autres méthodes, par exemple ils utilisent la même adresse mail et communiquent en enregistrant les brouillons. De cette manière, les services de renseignements détectent plus difficilement les échanges.

Quels choix de réorientation stratégique permettraient une plus grande efficacité à moindre coût ?

Quentin Michaud : Je pense qu'il faut plutôt poser la question dans l'autre sens, c'est-à-dire : est-ce que l'investissement fait aujourd'hui est rentable ? Oui, l'Etat n'est pas dans l'optique de baisser le budget accordé aux services de renseignements, preuve est en est le Livre blanc, qui voit les subventions attribuées aux services augmenter, et d'autres investissements vont être faits. La réflexion porte plutôt sur la rentabilité, or aujourd'hui on peut dire que la légitimité d'entretenir ce budget est acquise.

 
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