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Héritage

Succession de Juan Carlos d'Espagne : Felipe, celui qui a été programmé pour être roi

Publié le 02 juin 2014
Juan Carlos arrivé sur le trône à la mort de Franco en novembre 1975 a construit sa popularité en menant la transition de l'Espagne vers la démocratie. Il a connu une fin de règne marquée par les ennuis de santé et les scandales. Les Espagnols attendent de Felipe qu'il fasse souffler un vent de modernité sur la vieille monarchie.
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Juan Carlos arrivé sur le trône à la mort de Franco en novembre 1975 a construit sa popularité en menant la transition de l'Espagne vers la démocratie. Il a connu une fin de règne marquée par les ennuis de santé et les scandales. Les Espagnols attendent de Felipe qu'il fasse souffler un vent de modernité sur la vieille monarchie.

Ce lundi matin, c'est le Premier ministre Mariano Rajoy qui l'a personnellement annoncé aux Espagnols : "Sa majesté le roi Juan Carlos vient de me communiquer sa décision d'abdiquer. Pour cela, une loi organique devra être approuvée. J'espère que le Parlement pourra procéder dans un délai très court à la désignation comme roi de celui qui est aujourd'hui prince des Asturies" a-t-il solennellement déclaré. "J'espère que dans un délai de temps très court, le Congrès espagnol pourra approuver la nomination comme roi du prince Felipe. Le roi Juan Carlos fut le plus grand promoteur de notre démocratie. Il est le meilleur symbole de notre vie ensemble en paix et en liberté" a ajouté Mariano Rajoy.

"Un certain nombre de signes laissait présager l'abdication de Juan Carlos depuis quelques mois. Felipe était averti des déclarations de son père car il était notamment de plus en plus présent dans les rencontres et voyages officiels en Catalogne pour désamorcer le problème catalan. Ces entrevues le préparaient à prendre la succession de son père. Cette abdication n'est pas une surprise", évoque Bartolomé Bennassar, spécialiste de l'histoire de l'Espagne moderne et contemporaine.

Arrivé sur le trône en novembre 1975 suite au décès du dictateur Francisco Franco, Juan Carlos a permis la transition démocratique et économique du pays. Très populaire, il a toutefois connu une fin de règne plus trouble marqué par une santé vacillante et quelques casseroles (rumeurs d'enfants illégitimes, scandales financiers, partie de chasse en Afrique en pleine crise…). C'est son fils, le prince Felipe qui donc lui succéder. Agé de 46 ans, cet homme discret est donc l’héritier de la couronne (alors qu'il a deux sœurs aînées, la constitution espagnole donne la priorité sur le trône aux hommes, ndlr). Selon Bartolomé Bennassar, "le prince Felipe est quelqu'un de très discret effectivement et avare de déclarations : il parle peu. Il semble beaucoup moins extraverti que Juan Carlos mais saura s'imposer dans la monarchie". Portrait du nouveau roi d'Espagne.  

Le prince Felipe, prince des Asturies (de son nom complet Felipe Juan Pablo Alfonso de Todos los Santos de Borbón y Grecia), est né le 30 janvier 1968 à Madrid. Il est donc le troisième enfant de la famille. Et depuis le berceau, Felipe n'a qu'une seule et unique aspiration : succéder à son père et devenir roi d'Espagne. "Son objectif, son seul objectif, est de servir l'Espagne. Il lui a été inculqué, dans son for intérieur, qu'il doit en être le premier serviteur", a confié un jour sa mère, la reine Sofia.

Après l'accession au trône de son père le 22 novembre 1975, désigné par Franco comme son successeur, Felipe est titré prince des Asturies. Il est en même temps officiellement nommé en tant qu'héritier de la couronne par son père le 1 novembre 1977. Le garçon, encore blondinet, prononce à cette occasion son premier discours devant le Parlement. Felipe a donc neuf ans et son avenir est déjà tout tracé. Il recevra au fils des ans également les titres de Prince de Gérone (par le Président de la Généralité de Catalogne le 21 avril 1990), Prince de Viana, Duc de Montblanc, Comte de Cervera et Seigneur de Balaguer.

Le 23 février 1981, lors de la tentative de coup d'Etat du colonel Antonio Tejero, Felipe se rend certainement compte de l'importance de la fonction royale, devenue bouclier de la démocratie espagnole. En effet, lors cette crise politique,  le roi Juan Carlos appelle le jeune garçon à ses côtés. "Il voulait qu'il soit dans son bureau, avec lui, pour le voir agir", a expliqué la reine Sofia à la journaliste Pilar Urbano, des propos recueillis dans son livre "La Reina". Les bases sont posées.

Ainsi, adolescent, il est envoyé aux quatre coins du monde afin de parfaire son apprentissage des langues étrangères, élément indispensable pour pouvoir faire rayonner la monarchie espagnole à l'échelle internationale. Après une dernière année de lycée au Canada, Felipe passe, de 1985 à 1988, par les écoles militaires des trois armées. Il fait aussi des études de droit à l'Université autonome de Madrid et passe un master de relations internationales à l'Université de Georgetown à Washington.

Entre temps, le 30 janvier 1986 (jour de ses 18 ans) Felipe jure fidélité devant les Cortes à la constitution et au roi, assumant la plénitude de son rôle de successeur au trône. Plus généralement, au fil des années, le prince va assumer un rôle protocolaire grandissant et multiplier les activités publiques, notamment à l'étranger.

Il fait de nombreux voyages officiels dans les pays européens et en Amérique Latine mais également dans les pays du monde arabe, de l'Extrême-Orient et du continent australien. Preuve de son autonomie et de sa plus grande liberté de mouvement, à partir de janvier 1996, Felipe assume la représentation de l'Espagne lors des accessions au pouvoir des différents présidents des anciennes colonies d'Amérique du Sud. Il se montre aussi très actif dans la promotion des intérêts économiques et commerciaux de l'Espagne et dans la promotion de la connaissance de la langue espagnole et la culture dans l'extérieur. 

Grand brun aux yeux bleus, il mesure 1,98m, Felipe s'attache à cultiver une image de proximité et de modernité. Son mariage en 2004 avec Letizia Ortiz, roturière, journaliste et divorcée en sera le parfait symbole. Il s'agit en effet d'une grande première dans l'histoire de la monarchie espagnole. "La princesse Letizia est un personnage différent de son mari. C'est une femme très expansive et passionnée. Son image dynamique jouera, je suis sûr, un rôle important dans la royauté", souligne Bartolomé Bennassar, spécialiste de l'histoire de l'Espagne moderne. De leur union sont nées deux petites filles, Leonor, en octobre 2005, et Sofia, en avril 2007. La famille a vécu jusqu'à présent loin du faste, dans une belle demeure construite pour Felipe dans le parc du palais de la Zarzuela, près de Madrid.

Ce ne sera plus le cas dans les prochains jours. Le prince Felipe deviendra officiellement Felipe VI roi d'Espagne. Principal défi pour la nouvelle tête couronnée : convaincre le peuple espagnol alors que le soutien populaire à la monarchie a atteint un plus bas historique après une série de scandales."Felipe devra jouer un rôle de rassembleur et pacificateur de l'Espagne. Il ne doit pas rompre avec l'héritage laissé par son père et la façon dont il a incarné la monarchie. Suite à la crise économique espagnole, le peuple a un désir de justice. Le chantier social sera pour lui son plus grand défi. Il se doit de partager le problème des espagnols et les comprendre car il y a encore beaucoup à faire sur le plan social", conclut Bartolomé Bennassar.

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