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Revue de blogs

Séance (payante et platonique) de câlinothérapie sur les blogs : après les freehug, le hugbusiness prend la relève

De nouveaux entrepreneurs-thérapeuthes du "hug" offrent leurs bras ou leur épaule pour s'y blottir et s'offrir un moment chaste de réconfort. Et si ce n'était pas uniquement un "fad", une mode fugace ?

Claire Ulrich

Claire Ulrich

Claire Ulrich est journaliste et fan du Web depuis très longtemps, toujours émerveillée par ce jardin aux découvertes, et reste convaincue que le Web peut permettre quelque chose de pas si mal : que les humains communiquent directement entre eux et partagent la chose humaine pour s'apercevoir qu'ils ne sont pas si différents et qu'il y a donc un moyen de s'entendre.

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To snuggle : se blottir, se pelotonner. To cuddle : se cajoler, se choyer, dorlotter. Les adeptes de Amma, la légendaire "câlineuse" indienne Sri mata Amritanandamayi Devi, qui a étreint des dizaines de milliers de personnes et a fait une apparition récente lors de la COP21 à Paris, sont convaincus de longue date de l'efficacité de ce rite sur leur vie intérieure, mais ils étaient d'un certain monde, et d'une certaine philosophie.

La brutalité meutrière de l'année 2015 fait considérer d'un autre oeil, plus bienveillant et moins critique, de nouvelles formes de thérapies. Elles s'installent discrètement, en marge des frénétiques applications de "dating" comme Tinder, et proposent, comme en contre-pied, un contact physique affectueux, et strictement chaste.

Free Hugs, Photo Wikimedia

D'abord, il y a eu la célèbre campagne des "Free hugs" : des étreintes gratuites, à qui en veut, dans les lieux publics, et surtout entre jeunes. Mais c'était avant. Aux Etats-Unis, The Atlantic a consacré une longue enquête à la ''calme et sûre émergence du câlin à louer", soit la professionnalisation du contact affecteux. De son enquête chez les "snugglers" (ou câlineurs) professionnels qui tarifent leurs rendez-vous, ressort un argument imparable : puisqu'il est socialement accepté de se faire masser par un ou une inconnu, semi devêtu(e) ou nu(e), pourquoi ne serait-il pas tout aussi acceptable et pour les mêmes buts de bien-être, d'être dorlotté(e) par un professionnel, à la demande ?  

Doyenne et peut-être fondatrice de la "câlinothérapie'" l'Indienne Amma (photo Fondation Amma)

Une visite aux différents sites web de "location" de câlins aux Etats-Unis fait à la fois sourire et surprend. Ce qui peut paraître comme une enième folie californienne a aussi de jolis côtés humanistes et souligne un besoin de thérapie non verbale. "Et surtout, de ne pas être jugé" souligne le créateur d'une de ces agences encore pour l'heure "spéciales". A visiter pour s'informer, et y réfléchir, ou en sourire : 

Snuggle Buddies déroule les profils d'une centaine de femmes "free lance" du câlin chaste, (et quelques rares hommesinfirmières, étudiantes, prof de yoga, ou tout simplement "altruistes". Qu'est-ce qui les pousse à proposer de "vous tenir la main", voire de s'allonger contre de parfait(e)s inconnu(e)s sur un lit?  Les différents "pitchs" vont de l'amour pour son prochain à un goût personnel fort pour le "tactile" . Celui de Caroline, une de ces "free lance", en dit long sur les solitudes et le besoin de nuits "popottes" de la clientèle :' A un moment donné de votre vie, avez-vous eu un partenaire qui vous tenait la main, qui se lovait contre votre dos et vous entourait de ses bras durant la nuit, vous protégeant? Est-ce que cette sensation vous manque ? Je suis une personne "cuddly", et disponible pour passer mes nuits avec vous. Je m'adapte à votre préférence pour les pyjamas en flannelle, coton ou soie. Les bénéfices du toucher humain sont bien connus pour augmenter le bonheur et la santé'". Les tarifs varient selon les lieux et prestations. Le prix moyen de cette agence de "touch therapy" oscille autour de 60 dollars l'heure.

La page web de Cuddle up to me est, elle, celle d'une petite entreprise né d'un parcours personnel difficile de sa fondatrice et d'une constatation : être touché et caliné est un besoin irremplaçable et quand la famille ou le conjoint ne le satisfont pas, pourquoi ne pas se tourner vers d'autres humains, et les rémunérer pour être dorlotté(e) ? Samantha a une mission : "Je vais travailler pour casser le tabou culturel autour du toucher, apprendre aux gens à communiquer et à consentir à être touchés, à comprendre leur besoin d'être touché". Elle a mis en place une certification et une formation spécifique pour les trois autres "câlineuses" de sa petite entreprise. Elles sont rémunérées 1 dollar par minute, pour des sessions allant de 15 minutes à 5 heures.

Rent-a-friend ("Louez des ami(e)s") parmi ses différents services d'amitiés à louer, propose également des séances de "touch therapy" ou câlins.

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