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Cocorico ?

Rio 2016 : le bilboquet et le changement d'ampoule électrique par équipe peuvent-ils nous éviter la déroute ?

Sur la planète sport, la France n'est vraiment plus qu'une nation très moyenne. Ça fait du mal à mon ego de compétition.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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A l'heure des grandes compétitions sportives, il n'y a pas plus chauvin que moi. Euro de foot, Mondial, JO, je scrute les pages de résultats et les tableaux des médailles comme un grippé monitore l'évolution de sa courbe de température. Un match gagné ici, un podium gravi là, et ma journée s'éclaire. Un but encaissé, un obstacle pas franchi et j'ai la mine sombre d'un crayon à papier.

 

Il nous reste certainement encore un peu de temps pour rattraper le coup à Rio, mais c'est assez mal barré tout de même. OK, nous sommes nuls en athlétisme, pas très bons en vélo, moyens en foot ou en natation, mais les nouvelles disciplines alternatives – bilboquet, lancer d'avions en papier, remplacement d'ampoules électriques par équipe –, dans lesquelles nous excellons d'après les consultants des chaînes d'info, devraient nous permettre de remonter la pente et de ne pas finir trop loin de la Bulgarie ou du Kazakhstan au classement final.

 

J'exagère ? Je persifle et je parle de ce que je ne connais pas ? Sans doute un peu. Mais pas tant que ça en fait. Oh, je n'imagine pas que nous ayons les ressources pour aller titiller les Américains ou les Chinois (330 millions d'habitants d'un côté, 1,5 milliard de l'autre) et leur faire ingurgiter de la Marseillaise en rafale, mais les Anglais, les Australiens, les Italiens, voire les pays dont on découvre pratiquement l'existence à l'occasion d'un match de rugby à 7, ils doivent être prenables de temps en temps, non ?

 

Sommes-nous moins bien dopés qu'eux ? Plus sensibles à la maxime de Coubertin qui dit, fort stupidement dans un contexte compétitif, que l'essentiel est de participer ? Moins bien formés ? Plus n'importe quoi ? Moins tout ? Je n'en sais rien, je me contente de constater que sur la planète sport, et à l'exception des phénomènes à la Teddy Riner qui nous empêchent de sombrer dans les tréfonds du décompte, nous sommes plutôt abonnés à la médiocrité. A une sorte de positionnement moyen/inférieur qui reflète finalement plutôt bien notre niveau dans les autres domaines, de l'économie à la recherche scientifique.

 

Je pourrais m'en contenter bien sûr. Et accepter l'idée que la France est un pays qui "a été" (un has been, quoi) mais doit gentiment accepter de reprendre sa place dans le trafic avec les autres milieux de tableau que leur absence d'ego rend capables d'apprécier la divine surprise d'une médaille de bronze à l'occasion. Mais je n'y arrive pas. C'est justement mon côté français qui, non seulement se désole de ne pas émettre de gaz à la hauteur de son fondement, mais voudrait carrément péter plus haut. Il faudra bien que je finisse par me faire une raison.

 

On en est où sur le trampoline pour les moins de 100 kilos ?

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