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Des touches de couleur inlassablement posées sur une nacre et séchées au four pour évoquer l’univers graphique du folklore mexicain…
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Quand les crânes annoncent une révolution médicale, quand un des meilleurs horlogers du monde se recentre et quand les heures se font prismatiques : c’est l’actualité des montres

Mais aussi la petite Suisse qui se prend normalement au sérieux, les mille fleurs mexicaines qu’on cultive sur de la nacre et un goût de rock’n’roll pour réveiller les poignets…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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HERMÈS : Mille fleurs qui éclosent dans la nacre…

La délicatesse est un des marqueurs identitaires de la maison Hermès, qui sait l’exprimer en carrés de soie aussi bien qu’en montres décorées ou en pièces de maroquinerie précieuse. L’animation de cette montre Slim d’Hermès fait appel à la peinture miniature sur nacre, une très ancienne technique qui reprend ici les motifs et les couleurs d’un foulard de soie créé par la graphiste Laetitia Bianchi. Il faut près de vingt couches de couleurs, chacune suivie d’un passage au four pour sécher la peinture, pour orner ainsi la nacre de cette Mille fleurs du Mexique, pays dont on a retenu quelques clins d’œil folkloriques dans le traitement des plumes, des feuilles et du bestiaire fantastique. Chaque cadran de cette série limitée à six pièces est ainsi unique : on y retrouve l’esprit des grandes tapisseries animalières de l’Europe renaissante. C’est avec ces collections réenchantées par les métiers d’art qu’Hermès trouve sa vraie légitimité horlogère…

MCT : Un affichage digital et séquentiel du temps qui passe…

MCT pour Manufacture contemporaine du temps : cette marque – qui tient plus du laboratoire créatif que de l’institution horlogère – vient d’être récemment relancée, sur les bases de ses codes identitaires, élaborées à la fin des années 2000. Les heures sont affichées sur des « prismes » qui portent les chiffres (ici : 10 heures). À chaque heure, l’échancrure du cercle centralcruciforme se déplace pour dévoiler un autre « prisme » avec le chiffre de la nouvelle heure (on distingue le 11 sur la droite). Les minutes restent traditionnelles en faisant le tour du cadran (ici : 10 h 10). Cette S210 joue les classiques dans un boîtier rond de 46 mm et avec un mouvement automatique entièrement développé en interne pour optimiser le fonctionnement de cet affichage séquentiel très original du temps qui passe. L’expression mécanique est intense, avec la volonté de marier des lignes fortes, sinon dures, avec un certain sens des courbes, confirmé par l’effet dôme du verre saphir. C’est une montre très architecturée, qui ne laisse personne indifférent…

HALDIMANN : Une première mondiale en toute modestie virtuose…

Que faire quand on est horloger suisse de père en fils depuis 1642 ? Continuer à enrichir la tradition mécanique suisse, en se gardant de la figer dans ses routines, mais, au contraire, en lui donnant des expressions virtuoses qui mettent en extase les collectionneurs les plus exigeants. Ces derniers se passent le nom de Beat Haldimann, l’actuel représentant de cette lignée horlogère, comme un talisman contre les dérives marketing de l’horlogerie mainstream. C’est bien simple : Beat Haldimann est tout simplement un des cinq meilleurs horlogers du monde ! Sa dernière création témoigne de cette inventivité dans un registre on ne peut plus traditionnaliste. Le balancier (ce qui fait tic-tac dans la montre) est disposé au centre de cette H11 : ça n’a l’air de rien, mais c’est unique au monde avec l’aiguille des heures et l’aiguille des minutes également au centre de la montre. En prime, une « petite seconde » décalée à 5 h dans un boîtier en platine que Beat Haldimann façonne lui-même à la main : pas un seul outil électronique ou piloté par informatique dans l’atelier de ce géant débonnaire, qui s’est installé sur les bords du lac de Thoune, au cœur du cœur de la Suisse. Une « première mondiale » élaborée en toute discrétion, pour la poignée de collectionneurs privilégiés qu’il entraîne dans son rêve horloger bientôt quatre fois centenaire…

DIESEL : Une sculpture de poignet qui iconise les heures…

L’horlogerie contemporaine, ce sont aussi les montres Diesel – à des siècles-lumière de la montre telle que peut la concevoir un Beat Haldimann (ci-dessus).C’est même l’électricité qui circule entre ces deux pôles qui donne à la montre son potentiel de fascination. Diesel, c’est l’accessoire iconisé qui tient de la montre en même temps que du fétiche contemporain : décodons avec ce chronographe Ironside le boîtier noirci, les poussoirs articulés, le cadran complexe, le bracelet en jeans (du moins… façon jeans) renforcé de cuir noir et la taille massive (48 mm). Un goût de rock’n’roll qui fait de cette über-montre une sculpture de poignet pour les explorateurs urbains de notre temps…

SILVANA : Une montre normalement sérieuse qui ne se prend pas au sérieux…

Ça fait quand même du bien, des montres calmes, pour des poignets normaux (boîtier de 28 mm), à des prix normaux (guère plus de 800 euros), avec des heures normales (trois aiguilles suffisent), un cadran normal gentiment enrichi par une nacre marbrée qui a donné son nom à la montre (Lady LeMarbre), une mécanique automatique normale (suisse, évidemment). Beaucoup de douceur et d’apaisement dans cette petite dame qui se permet un peu d’or rose (traitement PVD, pas massif) pour affirmer qu’elle connaît les bons usages du monde et de la mode – comme le prouve le bracelet en satin blanc. Soumises à la domination outrancière des grandes marques, les rédactrices de mode ne vous en parleront jamais, mais leurs lectrices en sont folles. Silvana est une ancienne marque suisse récemment relancée sur le marché des montres qui ne se prennent pas au sérieux tout en étant très sérieuses dans leur qualité.

HYT : Un crâne fluido-mécanique comme vecteur de santé…

Si, si, c’est une montre ! Et elle donne l’heure ! Comment ? Regardez bien le capillaire autour de ce crâne : il contient un fluide noir dont l’avance autour du cadran indique l’heure (là, il est à peu près 2 h 10 ou 14 h 10). Ce fluide est poussé dans ce capillaire par une mécanique très complexe à base de « soufflets ». En prime, dans l’œil gauche du crâne, un disque des secondes qui palpite en permanence. Dans l’œil droit, une indication de la réserve de marche, qui s’assombrit au fur et à mesure qu’on en vient à bout. À ce stade de conceptualité horlogère, on peut se passer de minutes ! Ne pas négliger le crâne, réalisé en damas (acier) et cerclé de deux demi-lunes guillochées en « clous de Paris », le tout dans un boîtier en titane de 51 mm. N’allez pas croire qu’il s’agit d’un caprice de designer méchanicien un peu pervers : cette Skull Bad Boy cernée d’un capillaire noir est un fantastique banc d’essai pour démontrer la maîtrise horlogère (précision) d’une technologie « fluidique » qui trouvera bientôt des applications directes dans l’univers médical : cette précision pourra par exemple servir à injecter dans le corps humain, avec l’infinie précision de micro-machines biologiques, des substances salvatrices et réparatrices. Du temps qui fuit au temps qui guérit…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : http://www.businessmontres.com

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