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Un style créatif de nouvelle horlogerie suisse, mais à des prix accessibles d’avant la bulle des montres de luxe…

Atlantic-tac

Quand le roi Arthur écartèle son araignée, quand le Finnois suife les rubis et quand la Forêt-Noire paye l’ardoise : c’est l’actualité des montres…

Mais aussi une élégante du soir qui ne lésine pas sur les cristaux, une petite Française qui craque pour les coquillages et une puce qui se cache sous le soleil et sous la Lune…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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SWAROVSKI : Histoire de ne pas écailler son vernis à ongles…

Imaginez 4 000 cristaux délicatement facettés sous un dôme transparent, dans un boîtier féminin qui cacherait un mouvement automatique suisse. C’est la nouvelle Crystalline Hours de Swarovski, conçue par le célèbre et néanmoins toujours excellent designer horloger Éric Giroud – pour lequel il n’est pas de détail insignifiant, qu’on parle du contrepoids hexagonal de l’aiguille des secondes, de la finesse des index ou du crantage d’une couronne de remontage, laquelle doit être conçue pour des doigts féminins aux ongles vernis (à ne pas écailler !). Accessoire de mode ? Sans doute, mais pas que… C’est une montre élégantissime, que les femmes porteront au quotidien, au bureau comme en week-end, mais aussi en soirée, pour réveiller des tenues trop sages dans leur chic trop austère. On en rêverait presque pour les messieurs…

OPEX : Nées dans les coquillages, comme la déesse Vénus…

Rêvons un peu de ces nacres venues d’Indonésie, d’Australie, des Philippines, de Djibouti ou de Madagascar : chaque modèle de la ligne Eimata a sa couleur, de plus blanc au plus foncé. Opex – la plus sympathique des petites maisons horlogères françaises – a décidé de se jeter à l’eau pour nous préparer aux montres de l’été : rien de ruineux dans ces petites demoiselles de poignet à 89 euros, qui ne craignent la comparaison avec des montres de marques plus huppées. Du coup, on peut varier les plaisirs en prenant plusieurs montres : déclencheuse d’achats d’impulsion, la diversité des cadrans, des boîtiers (certains sont sertis de cristaux de couleur) et des bracelets est une fête permanente pour les yeux…

JUNGHANS : Le meilleur du design allemand, de la mécanique suisse et des tendances actuelles…

La maison allemande Junghans fait des montres depuis un siècle et demi (1861) à Schramberg, dans cette Forêt-Noire horlogère qui a vu naître les plus beaux coucous du monde. Une des spécialités de Junghans reste les montres dessinées par Max Bill, dans les années soixante, selon les codes les plus intégristes du Bauhaus dont il avait été l’élève. À cette époque, ces montres de 34 mm étaient masculines. Aujourd’hui, elles sont au standard féminin, mais elles ont conservé toute la pureté de leur design original. Dans ce style vintage d’une sobriété très germanique, avec un cadran bleu ardoise sous un dôme de verre à l’ancienne, c’est l’objet culte par excellence, porté avec un bracelet en maille milanaise on ne peut plus tendance. « Made in Germany », mouvement suisse et style on ne peut plus européen : même le prix est relativement câlin !

SEVENFRIDAY: Le soleil, la lune, les heures et la puce d’un style néo-contemporain…

La spécialité de SevenFriday reste le style conceptuel accessible : on voit tout de suite que cette P1B/02 n’est pas une montre mainstream et elle dégage une impression de valeur perçue très au-delà des 1 200 euros qu’elle vous coûtera. À quoi tient ce style avant-gardiste ? D’abord, le boîtier vaguement 16/9e de 45 mm en impose. Il est bordé d’un anneau de silicone blanc, assorti au cadran et au bracelet. Ensuite, il faut apprend à lire l’heure sur ces aiguilles qui ressemblent à des rouages échappés du mouvement automatique de conception asiatique : les heures dans une couleur qui rappelle l’or des index, les minutes en gris. À droite (4 h), le disque des secondes, étalonnées de 15 en 15. À gauche (9 h), le disque de l’indication jour/nuit, en or lui aussi (soleil de 6 h à 18 h, nuit de 18 h à 6 h). Enfin, raffinement technologique, le fond de la montre est doté d’une puce NFC qui permet d’authentifier la montre et de la « tracer ». Détail mineur : la conception est suisse, le design est suisse (belle réussite du cadran à cinq étages), le style est celui de la nouvelle génération suisse, mais la montre n’est pas Swiss Made du fait de sa mécanique japonaise d’une qualité impeccable (Miyota 82S7)…

ROGER DUBUIS : Une araignée sur une toile arthurienne…

La manufacture Roger Dubuis maintient haut, envers et contre tous les vents contraires du néo-classicisme, la bannière des montres viriles, qui trouvent leur élégance dans l’équilibre des lignes et dans la transparence de leur mouvement, élevé au rang de sculpture du temps. La technique de cette Excalibur Spider est aussi complexe (il s’agit d’un « tourbillon », subtilité mécanique dont Roger Dubuis a le secret) que le boîtier est imposant (45 mm), mais le titane dans lequel cette carrure est taillée allège la montre autant que le « squelettage » arachnéen de son mouvement peut l’alléger visuellement. La rigueur géométrique de l’ensemble est soutenue par le jeu des couleurs : il se dégage de ce design une remarquable impression de force maîtrisée. Ce n’est pas un hasard si elle a choisi de placer sous le parrainage d’Excalibur, la légendaire épée de l’épopée arthurienne.

VOUTILAINEN : Découvrons les rubis « suifés » d’une montre exceptionnelle…

Là, on aborde un territoire très spécial, celui de la très haute mécanique (Kari Voutilainen, Finlandais d’origine et Suisse d’adoption, est considéré comme un des plus grands horlogers vivants) associée à un travail de très haute joaillerie. Cette montre exceptionnelle et quasi-unique (il sera difficile de réunir deux fois un même ensemble de pierres) est décorée par 423 pierres (total 9,65 carats) dont il faut admirer les différentes « tailles » autant que les couleurs : des navettes, des poires, des tailles rondes, des tailles ovales et, surtout, des rubis « suifés » – une technique très rarement utilisée qui redonne du piment à la taille cabochon en la retravaillant avec élégance. Admirez notamment la façon dont les cornes de la montre (les attaches du bracelet) ont conservé leur galbe sans rien perdre de leur géométrie. On retrouve ce « suifage » sur les rubis en taille ciseau du dessus de la lunette qui cercle le boîtier. Pour les puristes de la mécanique, il faut savoir que l’échappement de cette montre – ce qui lui fait faire tic-tac – est un système très ingénieux à deux roues d’échappement à impulsion directe – dispositif que les maîtres-horlogers rêvaient de maîtriser depuis le XVIIIe siècle, mais que Kari Voutilainen parvient désormais à apprivoiser. On n’ose même pas vous indiquer le prix…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : https://businessmontres.com/

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