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La vraie montre des vraies Parisiennes, qui n’ont même pas besoin d’une centaine d’euros pour affirmer leur personnalité…
La vraie montre des vraies Parisiennes, qui n’ont même pas besoin d’une centaine d’euros pour affirmer leur personnalité…
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Quand le doré rosit de plaisir, quand le vintage bombe le torse et quand l’acier fait cliqueter ses rivets : c’est l’actualité des montres (en mode estival)…

Mais aussi l’irisation de l’anthracite parisien d’Anita, la palette multicolore de la néoralite ultrasecrète et la piste noire qui accélère la descente aux enfers de l’horlogerie suisse…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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OPEX : L’élégante politesse d’un style qui reste en tout modeste…

Certaines marques sont des mystères : label on ne peut plus français, créé voici plus de trente ans à Paris, Opex est aussi une des plus discrètes marques du marché, alors que les montres Opex font immédiatement et spontanément plaisir aux femmes pour lesquelles elles ont été dessinées, par des femmes (la marque est également dirigée par une équipe de femmes). Opex est sans doute aussi la marque la plus représentative de la mode des Parisiennes – ce faisceau de tendances, de couleurs et de styles que les Parisiennes portent dans la rue [ne pas confondre avec la « mode parisienne » des défilés de luxe]. Pour la rentrée automne-hiver 2016, les créatrices d’Opex ont décidé de donner un peu plus d’espace à ses cadrans, en poussant à 32 mm le cadran de la collection Anita, rhabillés de cuirs (français) et de couleurs très délicates, comme le rose doré ou l’anthracite légèrement irisé. Le miracle est peut-être de parvenir à un tel équilibre entre la forme et le style, comme entre la rondeur du boîtier et la rigueur des lignes d’une montre qui a la politesse de ne pas dépasser les 99 euros (mouvement électronique). Admirez au passage les sept points déposés au-dessus des chiffres et des index de la moitié inférieure du cadran : ça ne sert à rien (sinon à souligner le relief de ces marquages), mais c’est très efficace pour animer ce cadran – et, ça, c’est la vraie touche de grande classe !


 

LONGINES : L’esprit néo-vintage des montres de l’âge d’or…

Quand tout le monde tourne en rond, autant sortir de la mêlée et en revenir aux boîtiers « design » des années 1960. La ligne Heritage de Longines est vouée à ces rééditions des montres de l’âge d’or : cette Heritage 1969 reprend un boîtier coussin de cette année-là, avec un cadran argenté et brossé qui semble déjà patiné, la date à 4 heures, un verre bombé, des aiguilles bâton d’une grande sobriété et douze index en or rose (pas un seul chiffre : on était « moderne » ou ne l’était pas en 1969 !). Même le Swiss Made s’est fait discret dans le bas du cadran. Dommage d’avoir la mention « Automatic », qui n’existait pas à l’époque et qui « casse » l’esprit de cette réédition ! La taille reste intéressante : trente-six millimètres – c’était autrefois une montre d’homme, mais c’est à présent parfaitement admis pour une femme. Jolis volumes, touche soignée du bracelet en alligator surpiqué sellier et prix raisonnable pour une grande marque suisse…

 

ORIS : Tout est dans les rivets semés sur l’acier du bracelet…

« Sixty Five » parce que la première montre de plongée d’Oris remonte à 1965 : c’est probablement plus chic de le dire en anglais. À un peu plus d’un demi-siècle de distance, cette première « plongeuse » a gardé assez de charme pour qu’on tente l’aventure d’une réédition dans le goût vintage, avec un détail qui va faire se pâmer les aficionados : on a même respecté le style des bracelets métalliques de l’époque, avec leurs maillons rivetés en acier ! C’est très malin de la part d’Oris, qui n’a pas oublié de nous resservir le cadran et le verre bombés de l’époque, les chiffres stylisés dans leur cadre luminescent, l’aiguille des secondes à palette et la lunette avec son insert en aluminium pour décompter les minutes. Raffinement supplémentaire : le guichet de la date, qui s’imposait en 1965 pour « être dans le coup », a été oublié et ce n’est pas plus mal. Sachant que l’ensemble ne réclamera pas plus de 1 900 euros, on peut aussi opter pour un bracelet en textile de style Nato…

 

 

FRANC VILA : Des couleurs en « néoralite » pour moins de rondeurs…

Marque fondée par le créateur valencien Franc Vila, cette maison était synonyme de design avancé dans une haute horlogerie portée sur les gros volumes et les prix bodybuildés. Retour à la sagesse, avec une autre équipe de direction, des collections assagies et des prix pratiquement divisés en deux, si bien qu’on peut maintenant d’offrir une Franc Vila pour le prix d’une montre « normale » – ce qui est toujours relatif avec des catalogues suisses. Lancées à la rentrée, les nouvelles séries ciblent notamment les femmes : c’est en leur honneur que les Franc Vila ont pris des couleurs et perdu un peu de poids et quelques rondeurs, sans renoncer à leur cadran caractéristique – ni rond, ni ovale, certains y voyant l’amorce d’un de ces crânes qui évoquent les Memento Mori d’autrefois et d’autres se contentant d’y repérer le sceau identitaire de la marque. Nouveau également : le bracelet aux maillons enchevêtrés. Pour les femmes fatales, il y aura des boîtiers sertis de pierres précieuses. Cette insertion de couleurs possède un secret : un matériau exclusif développé spécialement pour Franc Vila, dont nous ne pouvons vous dire que le nom – la néoralite ! Les mouvements restent suisses, tantôt mécaniques, tantôt électroniques. 

 

ARMANI : La touche de rose doré qui fait chavirer les poignets…

Un vrai concentré des petits détails de mode de la rentrée : les touches d’or rosé-poudré, le cadran bleu nuit délicatement soleillé, quelques « cailloux » (pas vrais) qui apportent une touche précieuse sur ce cadran, un mouvement à quartz qu’on n’a plus besoin de remettre à l’heure, ni de remonter, assez d’étanchéité pour la vie de tous les jours un boîtier de taille raisonnable (36 mm), qui apporte un peu d’autorité à un poignet féminin – c’est toujours utile pour mieux s’affirmer dans un cadre professionnel. Le tout à des prix bien contenus qui rendent cet AR6124 [un nom tout sauf sexy] très désirable dès la fin de l’été, même si ces montres viennent d’arriver dans les boutiques Armani.

 
 

MONTRES SUISSES : Bilan d’étape après douze mois consécutifs de décroissance…

Avec une baisse de 16 % de ses exportations pour le seul mois de juin, l’horlogerie suisse poursuit un chemin de croix entamé voici un an : la baisse globale d’activité est déjà de 10 % pour les six premiers mois de l’année. Il faut remonter à la crise de 2008-2009 pour retrouver de telles évolutions négatives. La crise semble à présent nettement plus structurelle que conjoncturelle. Si les attentats terroristes en Europe n’améliorent pas l’ambiance économique et si elle n’est pas responsable de la réorientation politique de la Chine ou de la Russie, l’industrie horlogère paye aujourd’hui cash ses récentes fautes stratégiques : elle n’a pas modernisé sa logistique de production, en affectant les fabuleux profits de la « bulle du luxe » à des dépenses pharaoniques (manufactures, boutiques, ambassadeurs, etc.) plutôt qu’à des gains de productivité, pas plus qu’elle n’a investi dans la R&D ou anticipé le retournement de conjoncture sur ses principaux marchés. Elle n’a pas non plus – et ce sont deux erreurs majeures – réfléchi aux mutations de la demande des nouvelles générations (peu portées sur le « luxe » traditionnel), pas plus qu’elle n’a imaginé que les montres connectées pouvaient menacer la suprématie économique et historique des belles marques suisses. Le bilan est tragique, avec des plans sociaux dont la Suisse horlogère ne pourra plus s’exonérer et une perte de prestige qui fait aujourd’hui d’Apple le « premier horloger du monde », en volume comme en valeur, loin devant les ex-leaders helvétiques ! Il faudra sans doute des années pour restaurer l’histoire d’amour entre les montres suisses et les nouveaux consommateurs…

 
 

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : https://businessmontres.com/

 

 

 

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