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OPA, la chasse est ouverte !
©Reuters

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OPA, la chasse est ouverte !

L’ambiance est aux acquisitions et aux restructurations du capital. Cette tendance est à l’œuvre depuis plusieurs mois mais semble s’accélérer encore ces dernières semaines. Il est délicat d’acheter des titres d’une société uniquement sous le prétexte qu’elle est susceptible d’être « OPAble » mais cela doit clairement être pris en compte dans l’analyse des sociétés et des marchés en général.

Alain Pitous

Alain Pitous

Alain Pitous, Directeur Général Adjoint Associé de Talence Gestion (@alainpitous).

Talence Gestion est une société de gestion de portefeuille indépendante spécialisée dans la gestion sous mandat pour les particuliers et la gestion de fonds commun de placement en actions.

Précédemment, il a été pendant 5 ans (2009-2014) Deputy CIO d’Amundi (850 Milliards d’Euro sous gestion) et gérant du fonds Amundi Patrimoine de 2012 à juillet 2014.

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Pourquoi la période est-elle favorable aux OPA et cette situation peut-elle durer ?

De nombreuses raisons poussent les entreprises à envisager des opérations sur le capital. La plus évidente est bien sûr la masse de cash disponible actuellement. Les Banques Centrales injectent des liquidités depuis des années et de nombreux acteurs disposent de trésorerie abondante. Le corolaire logique de cette situation est le niveau des taux, en particulier en Europe. Leur niveau actuel permet aux acheteurs de s’endetter sans alourdir exagérément les frais financiers. Les augmentations de capital pour acheter une autre entreprise sont facilement financées pour les mêmes raisons : abondance de liquidités et taux bas.

D’autres raisons poussent à envisager une OPA : Les entreprises ont fortement réduit leurs endettements depuis la crise de 2008 et celle de 2011 en Europe ; elles ont globalement, au-delà des frais financiers, réduit leur coût et disposent d’une marge de manœuvre significative. La croissance mondiale est finalement assez vigoureuse (supérieure à 3%) et s’avère bien répartie à l’échelle mondiale.  Il n’y a plus, comme en 2011, une zone à l’arrêt sur le plan économique. Un acheteur craint moins de trouver une situation compliquée dans les comptes de sa cible à cause d’une zone ou d’un pays donné qui traverserait une crise économique.

L’accélération actuelle de la croissance en Zone Euro est aussi un élément favorable : les entreprises les plus dynamiques peuvent vouloir accélérer encore leur développement en fusionnant avec une autre et ainsi réaliser, en plus des synergies de coûts, des synergies de revenus en complétant leur dispositif commercial ou leur gamme de produits.

Enfin, le secteur bancaire, après des années à réorganiser les dispositifs, les filiales ou les positionnements stratégiques, semble aussi avoir les marges de manœuvre nécessaires pour envisager des rapprochements et ce, surtout, aussi grâce au fait que les problématiques de créances douteuses s’estompent un peu.

Les Etats-Unis, comme de coutume, ont donné le ton ces derniers mois et les chiffres sont impressionnants : A fin août les chiffres de 2017 permettent déjà d’être sûr de dépasser largement les chiffres de 2016. Au-delà des chiffres ce qui est intéressant aux Etats-Unis, et que l’on voit clairement poindre en Europe, est la part des OPA réalisée par des « industriels » plutôt que par des fonds d’investissements. Ces « industriels » ont forcément une vision plus longue que les fonds qui achètent généralement des entreprises avec un objectif de revente à 5-7 ans maximum. En 2017, ils pèsent 70% du total des OPA en montant ! Et leur part ne fait que monter. Sur un plan financier, l’achat d’une entreprise par une entreprise d’un même secteur permet aussi plus facilement de générer des synergies dans la durée que si l’acheteur est un fonds.

En Europe, l’actualité est très riche sur le thème des opérations en capital. Depuis début 2017, pas moins de 38 opérations ont eu lieu contre 36 sur toute l’année 2016. Cela concerne aussi bien les grandes que les valeurs plus petites puisqu’en 2016 par exemple, 28 OPA avaient concerné les petites et moyennes entreprises. Cette semaine, plusieurs annonces et rumeurs sont venues animer la cote : ThyssenKrupp et Tata Steel, Unicredit et Commerzbank, Alstom-Siemens …et même L’Oréal qui pourrait faire l’objet d’un réaménagement du capital suite au décès de Mme Betancourt.

 

Nous pensons, sans en déduire de tendance sur l’ensemble de l’économie ou des indices, que les OPA vont animer certains titres et certains secteurs au moins jusqu’à la fin d’année. L’aspect « contrôlé » ou non du capital et plus généralement la caractéristique OPEable ou non d’un titre devra absolument être pris en compte dans l’analyse des positions.

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