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L’amour qui fait mal

Nick Conrad : « Paix, amour et pendaisons »

« Je ne suis pas raciste, j’ai même un ami blanc ». Dont acte.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Finalement, « l’extrême droite de droite » est beaucoup moins faux-cul que « l’extrême droite de gauche ». Elle ne vient pas expliquer post-buzz que ses délires racistes, homophobes ou sexistes n’en sont pas.

 

Zemmour, par exemple, il ne vient pas prétendre que, lorsqu’il agresse une p’tite nana sur un plateau de télé en lui reprochant de porter le même prénom que sa grand-mère sénégalaise, c’est en fait qu’il lui adresse un message de fraternité. Ou Renaud Camus, quand il tweete 25 fois par jour qu’il y a trop de noirs et d’arabes dans le métro et qu’ils accaparent toutes les places assises (en substance), il ne débarque pas sur Facebook le lendemain pour expliciter sa pensée et évoquer sa propre grand-mère exogène avec des trémolos dans la voix. Pour ne rien dire du père Le Pen, champion parmi les champions, pour qui un détail de l’histoire reste un détail de l’histoire quel que soit le jour de la semaine...

 

Ceux-là n’aiment que le saucisson pur porc et vous ne les entendrez jamais faire l’éloge d’un couscous merguez ou d’un curry d’agneau (ou alors sous la torture, mais ça reste dans leur registre). Ils assument fièrement leur méchanceté mesquine et leur manque d’aventurisme gastronomique.

 

Avec l’extrême droite de gauche, c’est tout le contraire. Quand Médine veut chanter le djihad au Bataclan, c’est en réalité pour rendre hommage aux victimes et bien hypocrite est le lecteur de ses textes à triple-fond qui lui en tiendra rigueur. Quand Houria Bouteldja s’inquiète du complot juif et de l’impérialisme homosexuel, c’est pour mieux transmettre ses bonnes vibrations. Et quand un syndicat étudiant ultra-progressiste organise des réunions interdites aux visages pâles ou aux déficitaires en chromosomes X, c’est évidemment par sens de l’harmonie et de l’universalisme.

 

D’ailleurs, le dernier à faire le coup du message d’amour en sous-texte, c’est ce rappeur pendeur de blancs et mangeur de bébés caucasiens qui se décompose littéralement à l’idée de passer pour un raciste. Il voulait juste « interpeller », il affirme en fracassant des têtes sur des rebords de trottoirs à coups de pied. Et tiens, il a même des amis blancs dans son équipe de joyeux lurons engagés, le Brassens du nouveau millénaire…

 

Je ne sais pas si Les Inrocks ou Médiapart, rarement en retard d’une explication de texte à l’intention des mal-comprenants, se précipiteront cette fois encore à la rescousse de cette énième victime de la fachosphère, allant puiser leurs métaphores chez quelque « double maléfique », mais il leur faudra pas mal ramer pour transformer ce décérébré purement, sincèrement, radicalement, intégralement, violemment raciste en néo-François Villon. Enfin, le buzz démarre à peine, hein...

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