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L'économie mondiale est en train de rebondir.
©Reuters

Revue d'analyses financières

Les marchés croient à un rebond durable des pays développés

Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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L’économie mondiale évoluera en 2014 autour d’un rythme de croissance modeste et d’une inflation modérée. Personne ne s’en plaindra. Cette situation est le résultat d’un ensemble de prévisions faites au début de cette année et qui ne se sont pas réalisées, notamment : 1/ les Etats-Unis ne sont pas tombés dans « le mur de la dette » et n’ont pas fait défaut, 2/ la zone euro a évité une nouvelle crise, 3/ la Chine est toujours sur les rails de la croissance, 4/ la crise syrienne ne s’est pas étendue à l’ensemble du Moyen Orient, 5/ les relations avec l’Iran sont moins mauvaises qu’elles ne l’étaient, 6/ le Japon profite du plan de relance de Shinzo Abe, le Premier Ministre, et l’inflation est sous contrôle.

Les pays développés vont donc continuer de rebondir, en particulier les Etats-Unis, l’Europe et le Japon.

Sur le marché américain, Jeremy Grantham, le très respecté patron de Grantham Mayo van Otterloo, qui gère 112Md$ à partir de Boston, pense que le l’indice S&P 500 pourrait monter encore de 20 à 30% au cours des deux prochaines années. Il le dit avec beaucoup de réserve, car il sait très bien que personne n’a encore trouvé le mode d’emploi pour dégonfler le bilan de la Federal Reserve sans provoquer une dépression dans l’économie.

L’investisseur qui souhaite acheter des valeurs en direct peut faire son choix parmi les sociétés américaines qui vont profiter de la reprise au Japon. Cela lui permet de profiter de la croissance des Etats-Unis et de celle du Japon. La liste du broker CLSA à Hong Kong est la suivante : Apple, IBM, Philip Morris, Qualcomm, Schlumberger, Facebook, Mastercard, Morgan Stanley, Caterpillar, Potash Corp, Gap, Mead Johnson, Coach, Starwood, Stanley Black &Decker, Borg Warner.

Pour ceux qui préfèrent acheter un fonds, il y en a un que l’on retrouve à l’achat dans plusieurs banques privées : Fourpoints America, géré par Béatrice Phjilippe à New York.

En Europe, les investisseurs sont sous investis dans cette zone. On peut imaginer que la BCE baissera encore ses taux, ce qui serait favorable aux actions. Pour traduire cet optimisme, JPMorgan Private Bank recommande à ses clients une exposition de 31% sur les marchés européens. Pour ceux qui souhaitent acheter directement des sociétés, les groupes d'intérim et de conseil en recrutement devraient profiter d'une reprise de leur activité sans avoir à augmenter leurs coûts. La liste des valeurs recommandées par le Crédit Suisse est la suivante : Adecco, Randstad, Hays, Michael Page, Robert Walters. Les sociétés qui correspondent au style Value sont encore attractives. Parmi les valeurs que l’on trouve dans la sicav Amundi Value figurent : ACS (Espagne), Bouygues (France), Delhaize (Belgique), Mapfre (Espagne), Natixis (France),Renault (France), Unicredit (Italie).

Le Japon profitera des effets de la politique mise en œuvre par Shinzo Abe. Pour Joyce Poon de GaveKal à Hong Kong, c’est probablement le moment de revenir vraiment sur le Japon. L’investisseur qui souhaite acheter directement des sociétés japonaises peut alors s’intéresser aux valeurs recommandées par les brokers spécialisés sur le Japon comme CLSA à Hong Kong : Toyota Motor, Softbank, Mitsui Fudosan, Yahoo Japan, Mitsubishi Electric, Rakuten, Dentsu, Sekisui House. Ceux qui préfèrent acheter des sicav peuvent regarder Comgest Japon ou Objectif Japon, géré par Guy de Tonquedec chez Lazard Frères Gestion.

Tout cela n’empêche pas Robert Shiller, l’économiste américain, professeur à Yale qui vient d’obtenir le Prix Nobel pour son « analyse empirique de la valeur des classes d’actif », de faire remarquer que son célèbre ratio « Cyclically Adjusted Price Earnings Ratio-CAPE » se situe à 25 contre une moyenne historique de 16. En 2000, au moment de l’éclatement de la bulle internet, on était au dessus de 40 !

Tous les clignotants ne sont pas au vert en France !

En France, le secteur des grands ratés de l’Etat s’agrandit encore. Il semble qu’aucun projet informatiques de l’Etat n’a pu être mené à bien. Avant Louvois, le système de paie des militaires qui vient d’être arrêté, deux autres grands projets informatiques censés moderniser l’Etat - Chorus le système de comptabilité publique, et le DMP, le dossier médical personnel - ont connu des dérives de coûts, des reports, des changement de cap. Une fois de plus, on ne peut qu’être sceptique dans la capacité de « l’Etat Stratège » pour identifier et surtout mener à bien la conduite de l’innovation.

Christian Saint Etienne, professeur d’économie au CNAM, nous explique que la France, qui a taxé beaucoup plus les revenus et les patrimoines que ses voisins, a alourdi massivement sa fiscalité à partir de 2011 d’environ 70 Md€ alors que le déficit ne s’est réduit que de 10Md€.

Il faut tout de même rappeler que les 2% de foyers fiscaux ont acquitté 39% de l’impôt sur le revenu en 2012, alors que la moitié de la population active en est exemptée. Comme l’écrit Arnaud Vaissié, fondateur de SOS International, « Jamais dans l’histoire récente il n’y avait eu une politique aussi agressivement redistributive et pourtant François Hollande a réussi le tour de force de se laisser accuser par sa gauche de mener une politique libérale ! »

Pendant ce temps, il n’y a toujours aucunes nouvelles sur le front de la réduction des dépenses. Les pensions des fonctionnaires coûtent 37Md€ par an à l’Etat. Ils ne cotisent qu’à hauteur de 25% contre 80% pour le secteur privé. Les cotisations ne financent qu’une pension sur quatre contre plus de huit sur dix dans le privé. C’est un véritable gouffre pour les contribuables. Cela n’empêche pas Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, de nous assurer très sérieusement que « la tendance est bien une tendance de sortie de crise ». Cela ressemble beaucoup à la fameuse phrase de Pierre Mauroy, le Premier ministre de l’Union de la Gauche, qui disait en 1982 « Tous les clignotants passent au vert ». A suivre.

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