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Le pape François a publié Laudato Si'.
©Reuters

Le Nettoyeur

Laudato Si' : la quadrature du cercle de la vision écologique du pape François

Le pape François a publié le texte de la première encyclique centrée sur la question écologique, dans laquelle il invite chacun "à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète." Le pape a indiqué que "Laudato Si'" était destiné "à tous", et pas seulement aux catholiques.

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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Hier, le pape François a publié Laudato Si' (ne pas oublier l'apostrophe!), son encyclique très attendue sur l'environnement. Comme prévu, il s'agit d'un pavé dans la mare, un appel très fort en faveur d'une “conversion écologique” (expression de Jean-Paul II reprise par François), non seulement des politiques, mais de chacun d'entre nous.

L'encyclique nous avertit que les ressources naturelles ne sont pas infinies et que nous devons changer de mode de vie pour sauver la planète. En même temps, en bon catholique, le pape nous rappelle néanmoins que cette vision écologique ne saurait être un argument en faveur de l'avortement ou de la contraception, et qu'elle est parfaitement compatible avec l'accroissement de la population.

Ceci pose alors un problème qui ressemble à une quadrature du cercle : si les ressources sont limitées, ne faut-il pas limiter la croissance de la population pour éviter de les épuiser ?

C'est ce dilemme qui se pose depuis que la question de l'écologie est posée. L'écologie n'est-elle pas, au final, une vision qui nie la valeur de la personne humaine, et se retrouve donc en porte-à-faux avec l'humanisme, que celui-ci soit judéo-chrétien ou issu des Lumières ?

Celui qui a permis de sortir de cette aporie est l'économiste Julian Simon - qui par ailleurs, ça ne surprendra personne, était chrétien - et qui a déclaré dans un livre éponyme que “les gens sont la ressource ultime.”

Et c'est cela, la clé. Nous brûlons du pétrole pour faire avancer nos voitures, ça pollue, ça met la planète en danger, soit. Et les réserves de pétrole sont limitées, soit. Mais la ressource que nous consommons, est-ce vraiment le pétrole ? Le pétrole serait encore de la boue noire enfouie sous terre, s'il n'y avait pas des hommes pour le découvrir, découvrir ses utilisations et l'extraire. Le pétrole n'est devenu une ressource qu'à partir du moment—historiquement assez récent—où les hommes ont inventé les moyens pour l'exploiter. Avant cela, ils utilisaient principalement le bois et le charbon, encore plus polluants d'ailleurs.

Autrement dit, c'est l'innovation technologique qui permet d'avoir une croissance—à la fois économique et de population—écologiquement responsable. C'est limite une tautologie : le mot “technologie” veut dire “faire plus avec moins.” Après le pétrole il y aura (sans doute) le nucléaire et (moins probable) le solaire et l'éolien. Chaque nouvelle ère technologique a permis d'extraire plus d'énergie de quantités plus réduites de ressources ; autrement dit, de faire plus avec moins ; autrement dit, de croître la population et l'économie sans (pour l'instant) épuiser les ressources de la planète.

Et d'où vient cette innovation techologique ?

Hé bien, des gens. C'est nous qui la créons, cette innovation technologique. Les scientifiques, qui découvrent les idées. Les entrepreneurs, qui les transforment en produits utilisables. Les financiers, qui permettent à ces produits d'être déployés dans toute la société. Et les consommateurs, dont les choix et les envies dirigent les marchés. Et les familles, tout simplement, qui donnent naissance aux scientifiques, aux entrepreneurs, aux financiers, aux consommateurs.

Être humain, c'est être créatif. Chacun, à notre niveau, nous aimons être un artiste, nous aimons créer. C'est cette créativité qui fait la richesse - dans tous les sens du terme- d'être humain, et c'est aussi cette créativité qui permet l'innovation qui permet une vraie croissance responsable.

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