Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
Seul au monde ? François Hollande ne parvient pas à reconquérir les Français.
Seul au monde ? François Hollande ne parvient pas à reconquérir les Français.
©Flickr

Chronique du pot aux roses

La haine se surmonte mais pas le mépris : pourquoi François Hollande ne parvient pas à reconquérir les Français

Contrairement à Nicolas Sarkozy, détesté par une large partie de la population à la fin de son mandat, les Français méprisent leur président actuel, notamment pour avoir réduit la France à l’état de grande Corrèze, département le plus endetté du pays.

Google et Yahoo, internet

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président d'Aimer Paris et candidat à l'élection municipale de 2020. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.

Voir la bio »

Quand Hollande parle comme un tract chiraquien des années 2000

Quitte à participer à une émission de variétés, on ne comprend pas pourquoi François Hollande a choisi Canal + et non TF1 ou France 2, mieux rompues à ce genre d’exercice et qui lui auraient valu des téléspectateurs supplémentaires. La reconquête de l’électorat bobo, assimilé à la chaîne cryptée peut-être ? En tout cas, Mou-Président et Dur-d’être-Premier-ministre, nos deux chefs, sont en train de retrouver dans les sondages leur douloureux niveau d’impopularité d’avant Charlie-Hebdo. Le drame de Hollande est, qu’en politique comme en amour, il et plus aisé de reconquérir celui qui vous déteste que celui qui vous méprise. Et beaucoup de Français méprisent leur président pour les avoir trompés avec un sourire goguenard, comme une vulgaire Trierweiler.

 

Pour faire le buzz, Hollande a griffé les communistes en assimilant leur discours économique d’antan à celui tenu aujourd’hui par le Front national. Cette agression inattendue et gratuite n’est pas entièrement dénuée de fondement mais il faudrait pousser l’assimilation jusqu’à la question de l’immigration puisque Georges Marchais utilisait autrefois le langage frontiste d’aujourd’hui sur ce sujet.

 

D’autres comparaisons seraient tout aussi instructives, notamment celle entre la logorrhée chiraquienne des années 2000 et le discours "hollandais" du temps présent. Une résignation à la domination de Berlin et Bruxelles, une pratique de filou pour entretenir malgré tout un système clientéliste dans le dos de l’Europe et de grandes proclamations sur le modèle social français : c’est la France réduite à l’état de grande Corrèze, département le plus endetté du pays, on comprend pourquoi.

 

La meilleure illustration de la semaine est le raclage des fonds de tiroir pour arroser les éternelles associations anti-racistes. Valls leur promet 100 millions d’euros miraculeusement trouvés. Hollande n’est pas en reste et veut soudain donner un chèque de cent à deux cents euros par mois à un million de jeunes qui travaillent sans gagner suffisamment leur vie. Coût de l’opération ? Pas loin d’un milliard d’euros, si d’aventure la promesse était tenue ! La mini reprise a à peine produit des petits bouts d’effets que la dilapidation recommence. Le pouvoir ne se sent exister que lorsqu’il dépense ou lorsqu’il contraint, dérive typique des régimes socialistes.

 

Ces grosses ficelles finissent par irriter le peuple, fût-il crédule. Ce sont elles qui tirent ce fameux mépris dont on ne guérit pas.

 

Réfugiés ou envahisseurs ?

L'heure n'est plus aux subtilités jurisprudentielles ni à l'examen des circonstances de chaque espèce. Selon les services de renseignement italiens, ils seraient six cent mille à attendre en Lybie et dans les pays frontaliers, plusieurs millions pourraient les suivre venant d'Afrique et d'Orient. Certains experts se veulent rassurants et minimisent ces chiffres. En vérité, les mouvements de population sont comme l’eau qui sourd du rocher et prend parfois des chemins et une force imprévisibles. On ne peut en estimer la puissance. Dans l'immédiat, il n'y a pas d'autre solution que de convaincre ceux qui montent dans un bateau qu'ils seront renvoyés, de préférence pendant la traversée même.

 

Si l'Union européenne se mettait à écouter les belles âmes de l’Onu ou des éditorialistes de Libération et laissait quelques dizaines de milliers d'entre eux s'installer le temps que leurs situations individuelles soient examinées, des centaines de milliers supplémentaires auront tôt fait de prendre la mer. Les soi-disant réfugiés politiques qui tentent de traverser la Méditerranée sont pour la quasi-totalité des individus qui veulent fuir la précarité économique. Les principes humanitaires seront submergés par ces vagues et, pour ne pas assumer la règle du renvoi immédiat, l'Europe laissera un jour systématiquement choir les embarcations, substituant une peine de mort inavouée à la reconduite à la frontière.

 

Cette triste situation nous renvoie à l'incohérence fondamentale des politiques migratoires. Si l'on prétend, comme la gauche française et une partie de la droite, défendre un modèle social fondé sur la solidarité nationale, avec des lois protectrices, des transferts et des aides en tout genre, alors l'immigration doit être strictement et sévèrement contrôlée. Il faut en finir avec le regroupement familial et tout ce qui permet l'entrée sur nos territoires autrement qu'au compte-goutte.

 

L'alternative que peu envisagent mais qui est pourtant cohérente serait de laisser l'Europe ouverte aux mouvements de population. Ceux qui veulent tenter leur chance peuvent s'y installer. Que le meilleur et le plus travailleur gagne ! Mais il faut alors être logique : cela implique la fin de l'Etat providence et de tous les systèmes de législation protectrice de la main d'oeuvre puisque, bien évidemment, de très nombreux migrants seront prêts à travailler sans salaire minimum ni droits sociaux et qu'il sera vite impossible de réprimer leurs employeurs. De même, il ne doit y avoir aucun système d'assistanat qui puisse créer une incitation à l'émigration. La logique de "gauche", libérale en matière migratoire, implique en réalité un ultra libéralisme économique que la gauche, incohérente, vomit.

 

Une Europe ouverte à tous ces réfugiés économiques devrait également adopter des politiques pénales extrêmement répressives afin que des malfrats n’arrivent avec de vilaines pratiques. Enfin, il est clair qu'un minimum de cohérence sociale impliquerait une laïcité stricte, faute de quoi des communautés extra territoriales se constitueraient vite sur des bases ethniques et religieuses.

 

Ce contre-modèle est peu envisageable avant longtemps. Ne reste donc, pour éviter une crise humanitaire de grande ampleur, voire l’instauration d’un climat de guerre civile, que l'arrêt du phénomène migratoire massif qui a débuté il y a quelques mois en Méditerranée.

 

Les clés de Saint Pépère

Est-ce provocation, clientélisme, esprit de rétorsion contre la Manif pour tous ou simple stupidité qui ont conduit Hollande à proposer comme ambassadeur au Saint Siège un homosexuel assumé et à le faire savoir urbi et orbi comme on dit à Rome ? Le pauvre Stefanini se voit ainsi au centre d’une risible polémique dont il se serait bien passé à en juger par son air accablé sur les photos.

 

A lire de l'auteur de cet article : "Français, prêts pour votre prochaine révolution ?", de Serge Federbusch, publié chez Ixelles, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !