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Chroniques du pot aux roses

La gauche française serait-elle un tantinet déséquilibrée ?

Des forcenés revendiquent leurs crimes au nom d'une idéologie religieuse. Mais il ne faut surtout pas que la population s'inquiète ! Ce sont des fous et cela n'a aucun caractère politique nous expliquent Hollande et sa bande.

Serge Federbusch

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président d'Aimer Paris et candidat à l'élection municipale de 2020. Il est l'auteur de La marche des lemmings ou la 2e mort de Charlie, et de Nous-Fossoyeurs : le vrai bilan d'un fatal quinquennat, chez Plon.

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1 - Le retour de la goulagzine
 
Pour escamoter l'opposant, rien de tel que de le déclarer fou ou même possédé, comme on disait autrefois. Le régime soviétique sut ainsi expédier à l'asile ses dissidents. Des commissions de psychiatres communistes déclarèrent "irresponsables" des milliers de malheureux. Rappelons simplement le souvenir de Mikhaïl Kukobaka, envoyé à près de 300 kilomètres à l'ouest de Moscou en 1972, dans l'hôpital-prison de Sytchovka. "Nous vivions dans des cellules fermées à clef. Les politiques étaient mêlés aux vrais fous. Les aides-soignants étaient des condamnés de droit commun qui battaient les patients. Deux en sont morts. Personne ne prétendait soigner; les médicaments servaient à punir. Les doses massives d'insuline nous faisaient perdre connaissance. Celles de sulfazine - un produit dérivé du soufre - déclenchaient de fortes fièvres et une paralysie passagère. Entre nous, on l'appelait la goulagzine." 
 
Et maintenant, quel changement ? Des forcenés revendiquent des crimes au nom d'une idéologie religieuse. Ce sont des fous et cela n'a aucun caractère politique nous expliquent Hollande et sa bande. Il ne faut surtout pas que la population s'inquiète, disent-ils. Si, au passage, les électeurs musulmans voulaient bien être un peu reconnaissants et revenir au bercail socialiste, le bonheur présidentiel serait entier.
 
Mais en politique les actes comptent plus que les paroles. C'est bien pour les avoir confondus que les lois liberticides et attentatoires au droit d'expression sont néfastes. C'est la même dérive qui voit le gouvernement et la justice s'en prendre aux mots de Dieudonné ou Zemmour et tenter de minimiser les gestes des islamistes. Dans leur monde d'anathèmes moraux et de manipulation idéologique, les socialistes et leurs affidés finissent par ne plus savoir séparer le concret du verbal. Ils en viennent à nier l'un et stigmatiser l'autre. La gauche française est un tantinet déséquilibrée. 

2 - Seul Zemmour peut sauver Canal Plus !
 
J’ai dans mon salon un grand écran de télévision donné par ma mère qui ne me sert qu’à voir des films, ce que ne me dispense pas hélas de régler une redevance aux sangsues et parasites des chaînes publiques. Je ne regarde jamais ces programmes d’abrutissement collectif et attribue en partie à ce sain réflexe le peu de lucidité et de fraîcheur mentale qui me reste.
 
Aussi est-ce par inadvertance, dans une chambre d’hôtel lors d’un déplacement en province, qu’il y a quelques semaines je découvris effaré le «Petit journal» de Canal + où un gringalet méprisant se moquait de Mireille Mathieu en arborant une perruque. Un de ses complices s’était posté à l’Olympia. il faisait tomber les fans de la chanteuse dans un traquenard en leur demandant de jouer les admirateurs venus de l’étranger s’exprimant dans un français approximatif. Les pauvres victimes, animées de l’amour de leur star, le faisaient tant bien que mal. 
 
Le public de blancs-becs invités autour du plateau se moquait d’eux. En fait, ces enfants de bobos promis au destin médiocre de la France post-soixante-huitarde en capilotade cherchaient surtout à se rassurer dans le confort du groupe. Ces déjà déclassés se sentaient enfin supérieurs. C’est bien à quoi sert l’information selon Canal + : délivrer un sentiment de supériorité à bon compte à un auditoire formaté.
 
Des pires legs de Mitterrand, Canal + figure dans le groupe de tête. A l’internationalisme de la vieille gauche, où les masses prolétaires devaient rester captives de groupes territorialisés pour avoir le droit de se mêler aux autres, le mondialisme de la nouvelle gauche a substitué une idéologie sans frontière autre que celles des marques, des labels et du béni-ouiouisme. Pour que l’individu puisse continuer d’être dominé et contrôlé sans garde-chiourme à ses côtés, il faut pousser encore plus loin son conditionnement. Il agira alors comme un mouton dans une pub Benetton là où il se trouve. L’important est d’appartenir au monde métissé où l’on change de personnalité comme de pull. Cela augmente les chiffres d’affaires.
 
Canal + a réinventé le mépris et la haine de classe pour tout ce qu’il désigne comme petit blanc et la recette a permis presque trente ans de solides profits et de dispendieuses notes de frais. Monde parfait, les matchs de foot et le porno aidaient au financement de l’entre-soi du JT des bourgeois avancés.
 
Las ! Il semblerait que la grille finisse par se consumer. L’audience chute et le pauvre De Caunes ne sait plus à quel gilet se fier pour trouver le bon ton, celui de l’impertinence flatteuse. Canal + lui chercherait déjà un remplaçant.
 
Mes bons amis : écoutez donc les conseils gratuits et désintéressés de Federbusch. Revenez aux vieux principes de l’union des contraires, de la vraie surprise, de la plus rudimentaire des provocations. Vous qui avez tant soutenu le mariage pour tous, faites donc enfin l’émission pour tous. Dégagez au plus vite De Caunes et/ou Barthès et recrutez illico Eric Zemmour pour animer vos grand et petit journaux. Le succès d’audimat sera foudroyant. Si je me trompe, je suis prêt à payer un surclassement aux taxis G7 de la famille Rousselet à chaque fois que j’en utiliserai un.
 
Canal +, ce pédalo amiral de la provocation tarifée et de la bien pensance, prend l’eau. Zemmour martyrisé mais bientôt Zemmour libéré par le peuple de gauche, voilà qui aurait de la gueule et serait dans l’air du temps de l’union nationale. Zemmour, viré pour un livre que ces censeurs n’ont pas lu et pour une phrase qu’il n’a pas dite, a prouvé par cet exploit sa remarquable capacité à provoquer des réactions porteuses d’audience.

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